‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 129 sur 317 · I II · texte numérisé non relu

I II

La gangrène pulmonaire, type de gangrène humide, se trouve dans ■ |'i presque tous les points du poumon, principalement dans les parties •! n profondes et dans les lobes supérieurs, mais elle peut être exclusivement îjjj corticale. m

La gangrène ne résulte peut-être jamais de la pneumonie franche, mais , iji elle a pour causes le traumatisme, l'embolie, l'impression du froid chez Mi, les personnes fatiguées ou surmenées ; on la voit incontestablement dans . h la pneumonie catari^hale. , U]

La gangrène circonscrite est la plus fréquente. On trouve, en fendant le ' | poumon, des foyers de couleur noirâtre ou verdâtre, en nombre variable, de la grandeiu" d'une noix ou d'un œuf, et d'une horrible fétidité. La consistance est mollasse, permettant néanmoins de reconnaître les dispositions anatomiques du poumon normal ; les bronches sont perméables et remplies d'une matière sanieuse. Les parties gangrenées sont adhérentes au tissu normal périphérique, hyperhémié ou œdémateux.

Dans d'autres faits, la gangrène a produit un séquestre pulmonaire. La portion sphacélée ou mortifiée est limitée, séparée par un sillon, soit entièrement, soit en partie seulement , du tissu pulmonaire environnant très-hyperhémié et œdématié. Parfois une membrane molle et grisâtre s'est formée sur le poumon autour du foyer gangreneux dont les vaisseaux sont obturés, les bronches sont coupées et largement béantes.

Dans les parties mortifiées, verdâtres ou brunâtres, les vaisseaux sont obturés. Il me paraît hot^s de doute qu'ils le sont primitivement. On trouve ■! dans le foyer, en partie éliminé, des brides formées par les vaisseaux obturés et par les bronches qui ont résisté.

Les foyers corticaux et situés près de la plèvre ont été vus recouverts de cette membrane, quoiqu'ils eussent coexisté avec une pleurésie puru-

POUMONS

lente. Mais ordinairement la plèvre elle-même est sphacélée ainsi que le poumon, et la gangrène est à la fois pleuro-pulmonaire avec pyothorax d'une grande fétidité (1).

Les lésions anatomo-pathologiques de la gangrène montrent les fibres L'iastiques pulmonaires, les éléments des bronchioles et des vaisseaux jplus ou moins reconnaissables. On remarque beaucoup de cristaux d'héjmatoïdine et un pigment verdàtre, des cristaux de matières grasses, ^celles-ci en granulations ou cristallisées, et enfin des végétaux inférieurs : Leptothrix, Bactéries, Vibrions, Micrococcus, ou spores diverses.

Les crachats dans la gangrène pulmonaire peuvent renfermer une sanie gangreneuse et des détritus pulmonaires, des libres élastiques, des cristaux d'hématoïdine et de margarine ; mais la gangrène peut exister sans que des crachats aient été rendus et sans que l'haleine ait présenté l'odeur de macération caractéristique, ni même une odeur alliacée particulière.

La gangrène pulmonaire peut être diffuse et occuper irrégulièrement |un lobe entier ou un poumon. 11 n'y a point de délimitation tranchée; (tout l'organe forme une masse putrilagineuse, sans inflammation élimipatrice périphérique. Les matières putrides pénétrant dans les veines pulmonaires et de là dans le cœur gauche vont former des embolies capillaires redoutables.

La gangrène sèche des poumons décrite par Cruveilhier (2) avec induration tuberculeuse du poumon, est relative à la tuberculisation pulmonaire et n'est point comparable à celle qui vient de nous occuper.

La gangrène pulmonaire n'est pas seulement circonscrite ou diffuse. Ë. Boudet a insisté sur des foyers petits, multiples, gangréneux. Walshe a décrit une gangrène en noyaux multiples et lobulaires. Dans cette forme lobulaire, on trouve à l'autopsie des noyaux de petites dimensions, constituant des cavités anfractueuses au fond desquelles se voient des débris pulmonaires d'un gris ardoisé. Le contenu est un liquide fluide, grisâtre, grumeleux, exhalant une odeur fétide caractéristique.

La pneumonie catarrhale, dans ces cas, a été primitive et la gangrène secondaire, car autour des noyaux gangréneux se trouvent les lésions de la pneumonie catarrhale et de plus ces dernières prédominent dans la majeure partie des poumons.

Si on examine au microscope les débris grisâtres placés au centre des noyaux gangréneux lobulaires, on reconnaît des vaisseaux et des fibres ! élastiques entourés de leucocytes, de granulations pigmentaires, parfois de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, de margarine, etc. Ces

(1) J. BucQUOY, La pleurésie dans la gangrène pulmonaire (Mémoires et Bull, de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 2' série, t. XII, p. 33, 1875).

(2) J. Cruveilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, t. IV, p. 311-312, 1862.

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divers produits se rencontrent dans les crachats. Dans la zone périphérique de pneumonie catarrhale, les alvéoles contiennent des leucocytes et de gros corps granuleux qui donnent l'opacité et la couleur jaunâtre ou grisâtre.

Néoplasmes des poumons.

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