Narcomes; Fibromes; Chondromes ; Ostcomcs
A. Sarcomes. — On a trouvé dans le poumon des tumeurs sarcomateuses I de volume variahle, mais toujours secondaires, mollasses, charnues, succé- :i ;i« dant à des tumeurs de même nature de la mamelle et du tissu osseux ei i|ffs particulier. Le point de départ du sarcome est dans les fibres des alvéoles : ! ïii'l pulmonaires. D'autres fois les alvéoles sont remplis de noyaux et de corps » : fusiformes et la section des tumeurs montre les cloisons alvéolaires in- :M tactes. Le sarcome, comme l'épithéliome, se développe donc aussi aux dé- ff; pens des cellules des parois épithéliales pulmonaires. Les sarcomes infiltrés de pigment, ou mélaniques, appelés souvent cancers mélaniques du li fi poumon, renferment un grand nombre de granulations brunâtres ou noi-iij râtres.
Les sarcomes pulmonaires, appelés aussi tumeurs fibro-plastiques des poumons, sont loin d'être des tumeurs bénignes et leur générahsation esl redoutable (1). fljllijoi
esyl^e
B. Fibromes. — Les fibromes des poumons, qui ont primitivementiij été embryo-plastiques, sont de la grosseurj d'un pois ou d'une noisette. Rokitansky les a observés avec soin.
C. Lipomes. — Les lipomes sont constitués par de petites tumeurs,fl leur volume varie de la grosseur d'un grain de blé à celle d'un pois ou d'une amande. J'en ai trouvé, une fois, plus d'une dizaine sous la plèvre ; i d'une vieille femme polysarcique ; elles refoulaient le tissu pulmonaire j en faisant seulement une légère saillie. Elles étaient composées unique- ! ment de cellules adipeuses et de fibres lamineuses ou du tissu conjonctif, ' ' 1 éparses et très-rares dans les préparations. ik
D. Angiome. — Sur le corps d'une vieille femme d'une soixantaine j li d'années au moins, j'ai trouvé au bord antérieur du poumon droit, à l'hôpital Necker, en décembre 1870, une tumeur du volume d'une petite
(1) V. Poisson et Ch. Robin, Tumeurs fbro-plasliques du poumon (C. R. de la Société de biologie, -2' série, t. II, p. 149, 1855. — Hayem et Graux, Sarcome embryonnaire secondaire du poumon droit, etc. (Gaz. médicale de Paris, p. 298, 1875). .j
POUMONS
mande, et que j'ai prise tout d'abord pour un noyau de pneumonie atarrhale.
Cette portion du poumon, sous-pleurale, mais sans lésions de la séreuse, tait mollasse, d'une coloration rouge et même un peu ardoisée ; après ivage rapide elle est devenue d'un gris rougeâtre. Quand elle a été fendue l en l'examinant sur l'eau, elle m'a paru composée d'un lacis de vaiseaux capillaires, circonscrivant des mailles et qui avaient été remplis de ans'.
La tumeur a été placée dans l'alcool, mais malheureusement quand j'ai oulu l'examiner plus tard, je ne l'ai plus retrouvée. S'agit-il d'une an-
iome ou, en d'autres termes, d'une tumeur érectile pulmonaire? c'est irésumable, mais de nouvelles observations sont nécessaires pour en étailir la preuve. Rokitansky a signalé des cancers du poumon avec développement considérable des vaisseaux capillaires. Chez la femme observée
l'hôpital Necker, aucune tumeur pareille n'existait en dehors de celle |ue je viens d'indiquer.
I H Chondromes et Ostéomes. — Les tumeurs cartilagineuses du pouinon sont situées dans l'épaisseur de ces organes. Elles forment des petites nasses granuleuses ou des tumeurs irrégulières, interposées aux lobules fefoulés et atrophiés. Les chondromes pulmonaires composés de tissu cartilagineux, avec chondroplastes caractéristiques, proviennent presque oujours de la généralisation de tumeurs de même nature primitivement placées dans d'autres organes, le testicule, etc. Leur apparition primitive "^st exceptionnelle (1).
Les ostéomes et les calcifications se voient dans le poumon qui a été sclérosé ou atteint d'induration interstitielle. Parfois ce tissu est ostéoïde, cartilagineux et en partie seulement ossitié.
Z. — IMélanosc ; Corps amyloïdes ; Kystes du poumon.
A. Mélanose pulmonaire. — La mélanose pulmonaire infiltrée existe dans les lobules pulmonaires au point de jonction des lobules, dans les cloisons alvéolaires, dans les ganglions bronchiques où elle se rend après avoir pénétré dans les vaisseaux lymphatiques du poumon.
Les tumeurs mélaniques pulmonaires secondaires sont constituées, au I microscope, par des granulations noires, arrondies, qui par leur multi-
(1) WiEGHAM Legg, Enchondrome ■primitif du poumon {Saint Bartholomew's hospit. Reports, vol. XI, p. 77, 1875).
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plication forment des amas considérables pouvant obstruer les vaisseaux, comprimer les bronches et môme altérer les os du rachis.
B. Corps amyloïdes. — J'ai observé une fois dans un poumon, longtemps refoulé par un épanchement pleural, des corps amyloïdes placés en grand nombre dans les cloisons pulmonaires épaissies, entre les fibres conjonctives de nouvelle formation. Je les ai montrés à Monneret et à Damaschino.
Homme, qiiarante-lrois ans, ayant succombé à l'hôpital Saint-Antoine. Poumon droit refoulé et retenu contre la gouttière costo-vertébrale par une coque pseudo-membraneuse épaisse. Le poumon atélectasié présente une pneumonie interstitielle. Les corps amyloïdes sont très-nettement apercevables sur toutes les préparations fraîches que Ton en fait. Ils se montrent (fig. 129, a, a, a, a]
dans les cloisons alvéolaires très-épaissies, entre les fibres abondantes de tissu conjonctif ou lamineux. Leur forme est elliptique, leur grand diamètre est de 0""",03 à 0'"'",0i - 30 à 40 p., leur petit diamètre environ de moitié moindre; ils sont transparents et réfringents, blanchâtres ou grisâtres, paraissant formés de couches concentriques. L'eau iodée ajoutée à la préparation leur fait prendre une coloration d'un jaune verdâtre, la teinture d'iode les colore en brun foncé, un peu violacé; avec addition d'acide sulfurique, la teinte devient i plus violacée.
* Fig. 129. - Corps amyloïdes dans im poumon atélectasié, longtemps comprimé par un épanchement pleural, a, a, a, a, a, a, corps amyloïdes situés dans les cloisons alvéolaires; h, b, b, b, ces cloisons très-épaissies et composées de fibres conjonctives hypertrophiées et parsemées de fines granulations; les corps amyloïdes sont placés entre ces fibres; c, c, c, c, alvéoles pulmonaires, aplaties, comprimées, vides, renfermant des granulations et des cellules tassées, les unes sont épithéliales, les autres formées par des leucocytes, la plupart sont granulo-graisseuses. Grossissement 150 diamètres.
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I Je n\ii jamais retrouvé les corps amyloïdes dans d'autres lésions pulmonaires.
C. Kystes. — Il a déjà été question des cavités kystiques produites par l'oblitération des bronches (voyez page 4-73) au milieu des poumons. Les kystes séreux peuvent résulter de foyers sanguins résorbés. Les kystes gazeux sont dus à l'emphysème sous-pleural (voyez Emphysème pulmonaire).
Les kystes dermoides sont extrêmement rares. Une observation de kyste dermoïde, recueillie par Mohr, a été décrite avec soin par Kôlliker (i). Il existait dans les deux lobes du poumon gauche, plusieurs kystes pilifères dont les parois renfermaient des glandules sudoripares.. La surface interne dermoïde de ces kystes, offrait en outre de l'épiderme, !des papilles du derme et du tissu graisseux sous-cutané.