Kiiithéliolues pulnionaires
L'épithéliome pulmonaire, ou cancer du poumon, est primitif ou secondaire, le premier plus rare que le second.
La variété la plus ordinaire de l'épithéliome pulmonaire est l'encéphaloïde, offrant une coloration d'un gris rosé, envahissant au loin les tissus pulmonaires et même les deux poumons successivement.
Femme, soixante-huit ans, succombant dans le marasme après avoir rendu des crachats rouges, semblables à de la gelée de groseilles, sans fièvre pneumonique. Xes deux poumons sont parsemés de tumeurs mollasses, d'un gris rosé, situées isous la plèvre ; quelques-unes même sont saillantes et recouvertes de fausses membranes. La coupe des deux poumons fait constater les mêmes tumeurs dans l'intérieur du parenchyme. Le nombre de ces tumeurs est de quatre à droite, et de neuf à gauche, tant à la surface qu'à la périphérie, mais celles de l'exlérieur s'avancent dans la profondeur du poumon et ne sont pas simplement pleurales et sous-pleurales. La grosseur varie d'un pois à une grosse noix ; la forme n'est ipas régulière; elles sont inégalement arrondies, plusieurs résultent de la fusion de tumeurs plus petites et voisines. La plèvre est fort épaisse et dépolie îLes deux tumeurs les plus volumineuses sont ramollies, avec des points, ides plaques hémorrhagiques et des cavernes dans l'intérieur, remplies de détritus mou, sans odeur putrilagineuse.
Sur la coupe fraîche, on fait sourdre du liquide lactescent par la pression et le raclage; ce liquide est miscible à l'eau et la rend blanchâtre. A la loupe, ou
(1) KoLLiKER, Berlin, med. Centraheitung , n" 13, 1839 et Mikrosc. Anatomie, Leipzig, t. II, p. 172.
APPAREIL DE LA RESPIRATION
distingue le tissu pulmonaire épaissi, avec des grains blanchâtres de 1 millimètre à de diamètre, représentant le moule épitliélial des alvéoles et des bronchioles remplies d'épithéliome.
r Sur des pièces durcies par le liquide de Mûller, on voit nettement les alvéoles
pleins de gros noyaux et de cellules, les premiers ayant 0'"'",010 k 0""",012 = 10 à 12 f/, les secondes 0'"'",Olb à 0'"'",025 = 15 à 25 //, dans leur diamètre. Les cellules sont polygonales par pression et tassées, remplissant les intervalles libres des alvéoles dont les parois sont plus épaisses. Point d'éléments épithéliaux interposés aux fibres élastiques, mais seulement des granulations. Les vaisseaux des alvéoles sont très-dilatés, remplis de globules rouges du sang. Il n'existe pas d'épithéliome dans les autres organes, ni dans la mamelle, ni dans l'utérus ou l'estomac. Les ganglions bronchiques seuls sont volumineux et atteints secondairement.
L'épithéliome encéphaloïde diffus peut former des masses considérables qui constituent de volumineuses tumeurs intra-thoraciques, mais alors le point de départ est difficile à préciser et le poumon n'en est pas sûrement l'origine. La masse épithéliale homogène fait disparaître le tissu pulmonaire ; les bronches et les vaisseaux de gros calibre résistent en partie. La coupe du tissu néoplasique est d'un blanc jaunâtre ; Graves l'a comparée à celle du cerveau durci.
La compression qui résulte de ces masses pour les organes voisins est redoutable. Elles peuvent aplatir les bronches, la trachée, l'œsophage, les vaisseaux du cou et même déplacer le cœur. On a prétendu que le cancer primitif était toujours unilatéral. L'observation que j'ai rapportée montre que cette donnée est trop absolue.
Quand l'épithéliome, ou le cancer pulmonaire, est secondaire, c'est-àdire coexiste avec celui d'autres organes, on trouve la forme correspondante à l'épithéliome primitif. Le squirrhe se montre avec des granulations dures, envahissant la trachée, les bronches, la plèvre où il ressemble à des gouttes de cire. Les lymphatiques pleuraux sont gonflés de cellules. On trouve encore l'épithéliome, ou cancer colloïde, assez fréquent, et ses granulations demi-transparentes, molles, se réunissent en tumeurs considérables. Dans ces deux formes, les cloisons alvéolaires ne sont pas détruites et les cellules pressées du squirrhe, celles infiltrées de ; matière colloïde (voyez pages 140-141) sont renfermées dans les infundibula pulmonaires terminaux. On a ici la preuve que l'épithéliome vient l| directement de l'épithélium dégénéré des cloison^ et non de la prolifération des cloisons conjonctives elles-mêmes. :
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POU.\IO?JS.
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