‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 132 sur 317 · ypbili<4 <lu iioiiaiaon · texte numérisé non relu

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La syphilis atteint le poumon de plusieurs manières; ses lésions constituent une' pneumonie syphilitique, des hyperplasies interstitielles ou (les néoplasmes gommeux.

La pneumonie syphilitique est presque exclusive aux enfants nouveaunés. Il existe alors des noyaux de pneumonie interstitielle grisâtre, d'aspect libreux. Le poumon a des cloisons alvéolaires épaissies, avec des granulations et des cellules embryo-plastiques; l'intérieur des alvéoles est insul- Hable, rempli de corpuscules granuleux et d'épithélium déformé. Les noyaux de la pneumonie syphilitique sont sous-pleuraux, avec la plèvre épaissie; ils sont parfois tachetés de pigment bleuâtre et alors plus anciennement formés, La partie centrale s'étant résorbée, il reste à la surface , pulmonaire des dépressions semblables à celles du foie syphilitique (voy. p. 319). Les bronches aboutissant à ces noyaux sont aplaties, oblitérées ou terminées en ampoule.

Dans un cas de broncho-pneumonie chez un syphilitique, Cornilet Ranvier ont décrit et figuré une altération des fibres élastiques dans les I portions du poumon atteintes. Les faisceaux de fibres élastiques étaient rigides, vitreux, réfriiigents, fragmentés par des cassures nettes et dissociés en long; les libres isolées présentaient la même facilité à se casser. Les réactifs ne les modifiaient point, l'acide acétique les gonflait un peu. Cette lésion coïncidait avec de la pneumonie lobulaire et une atrophie partielle des capillaires (I).

Les gommes pulmonaires offrent le même aspect et la même sti'ucture que dans les autres organes. Au début, ce sont des tumeurs solides, homogènes, sèches à la coupe, d'un blanc jaunâtre ou grisâtre, du volume d'une tète d'épingle à celui d'une noix, arrondies ou irrégulières. lElles sont peu nombreuses, contrairement aux tubercules; quand [elles sonC multiples, elles se groupent; le tissu pulmonaire en est séparé

(1) CoRNiLct Ranvier, Muiiuel d'Itistoloijie palliolofjKiiie, 3' partie, p. 609 et fig. 263, 1876.

APPAREIL DE LA PiESPIR ATION.

par une coque fibreuse, grisâtre et vasculairc. Plus souvent superficielles que profo'ndes, elles ne sont point spécialement localisées au sommet.

Les gommes pulmonaires éprouvent la transformation granulo-graisseiise, et le centre se transforme en bouillie jaunâtre, piiriforme ; puis elles ulcèrent les broncbes, et déversent ainsi leurs produits au dehors, de manière à former une caverne. Celle-ci est tapissée par une substance blanche, grisâtre, caséeuse, et au delà s'étend la coque fibreuse précitée. La caverne peut atteindre le volume d'une noix, d'un œuf de poule, quand elle est produite par la réunion de plusieurs gommes ; du reste elle est irrégulière et anfractueuse. On trouve des cavernes syphilitiques rétractées, et enfin des cicatrices étoilées; autour d'elles le poumon est atteint de pneumonie interstitielle.

On distinguera les gommes pulmonaires des tubercules par leur siège différent, par leur nombre, leur volume, leur coloration, leur consistance, en un mot par des caractères visibles à l'œil nu. Au microscope, on voit des éléments difficiles à différencier, surtout à l'état caséeux; les corpuscules nécrocytiques sont peut-être moins nombreux dans la gomme que dans le tubercule, le centre de la gomme est composé de plus grosses cellules granuleuses, tandis qu'au centre du tubercule caséeux sont des cellules atrophiées.

E. Lancereaux, Étiule sur les lésions viscérales susceptibles d'être raltacliées à la syphilis constitutionnelle (Gaz. licbdoni. de méd. et de cliir., p. 501, 1864). — Cuffer, Gomme du poumon, pneumonie catarrhale et purulente, etc. (Bull, de la Soc. anat. de Paris, p. 844, 1874). — A. FouRNiEii, de la Plithisie syphilitique (Gaz. hebdomadaire de méd. et de chir., n»' 28, 49 et .51, 187,5). — S. -M. SwiNEY, Plithisie syphilitique (The Dublin Journal of mcd. science, p. 4i>6, 1876). — JULLIEN, Traité pratique des maladies vénériennes. Paris, 1878.

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