Pneumothorax
Le pneumothorax résulte de la présence de fluides aériformes, ou d'air, dans la cavité pleurale ; si on constate en même temps de l'air et du liquide, il y a hi/dropneumot1iorax.
Le pneumothorax est produit ordinairement par perforation de la plèvre viscérale ou pariétale, par des cavernes tuberculeuses, des foyers gangréneux, des abcès péripleuraux ouverts, des vésicules emphysémateuses rompues, etc. Dans ces cas, il y a bientôt hydropneumothorax, et, si le liquide pleural est purulent, pyopneumothorax. Mais l'hydropneumothorax peut résulter aussi d'un abcès, de la décomposition des liquides épanchés et du dégagement gazeux qui en résulte. J'ai observé un fait qui ne m'a laissé aucun doute à cet égard.
Les gaz pleuraux sont renfermés dans la cavité pleurale, et la perforation peut quelquefois être aperçue assez facilement. Mais souvent il est extrêmement difficile et même impossible de retrouver l'ouverture, soit en examinant la plèvre, soit en insufflant le poumon sous l'eau. On n'observe pas d'ouverture fistuleuse parce qu'elle s'est bouchée assez rapidement par suite d'inflammation et par dépôt de pseudhymènes.
La quantité des gaz aériformes du pneumothorax varie depuis quelques centimètres cubes jusqu'à 2 litres et même davantage. Le gaz renfermé dans la plèvre est dans une seule cavité, ou dans plusieurs loges communiquantes, et il est placé au-dessus du liquide rarement séreux, plus souvent purulent du pyopneumothorax. L'analyse des gaz montre l'azoLe prédominant, l'acide carbonique et un peu d'oxygène seulement. Quand le pus s'est décomposé, les gaz sont fétides par suite du mélange d'une petite quantité d'hydrogène sulfuré.
La présence de l'air et du liquide dans la plèvre empêche les vibrations thoraciques de se produire et donne lieu aux phénomènes si remarquables du tintement métallique et de la succussion hippocratique.
Itard, Dissortation sur le pneumothorax ou les congestions gazeuses qui se forment dans la poitrine, thèse de Paris, 1803. — Laennec, Traité de l'auscultation médiate, 4e édition, t. I, Paris, 1836. — G. Andral, Clinique médicale, Paris, 1840, t. IV, p. 514. — Louis, Recherches anat., patholog. et thérap. sur la phthisie, 2^ édit., Paris, 1843. — Saussier. Recherches sur le pneumothorax, thèse de Paris, n" 193, 1841. — Hughes, London med. Gazette, janvier 1844. - MoNNERET et Fleury, Conipend. de médecine prat., t. VII, p. 129, 1846. — Puchelt, Heidelberger med. Annalen, t. VII, p. 554. — Wintrich, Krankheiten der Respirationsorgane, Erlangen, 1854. — Dowei.l, On an unusual form of Pneumothorax (Dublin hosp. Gazette, 1850. — A. Proust,... Du pneumothorax essentiel ou sans perforation, thèse de Paris, 1862. — Leconte et Demarquay, Sur les gaz de rhydropneumothorax (Comptes rendus de l'Acad. des se, 1863)
PLÈVRE
— Jaccoud, Du pneumothorax sans perforation (Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1864). — Boisseau, Du pneumothorax sans perforation (Arch. gén. de méd., 1867). — B.-M. Thomas, Du pneumothorax par cause interne, thèse de Paris, n° 219, 1868. — A. Laboulbène, Pleurésie purulente, suivie de pyo-pneumothorax, etc. (Bulletin général de thérapeutique, t. LXXXll, p. 97, avec fig., 1872.)
Corps étrangers et parasites de la plèvre.
Les corps étrangers pleuraux sont arrivés du dehors et consistent en projectiles ou corps vulnérants, ou bien ils ont été formés dans l'organisme et, dans ce cas, on comprendrait qu'ils pussent devenir libres dans la cavité pleurale.
Les parasites sont des échinocoques rarement développés dans la plèvre; Davaine en rapporte un exemple (1), j'en ai observé un pareil. Le plus souvent les hydatides viennent du foie, du médiastin, des parois costales, etc., et elles ont gagné la plèvre par perforation. Les membranes hydaliques et les échinocoques sont faciles à reconnaître (voyez pages 329-331 et fig. 87-89).
Vices de conformation.
Le manque absolu de la plèvre est extrêmement rare et son manque partiel plus fréquent. Rokitansky a trouvé une duplicature anormale du sac pleural droit. J'ai vu, sur un poumon droit, les incisures des lobes très-peu marquées et la plèvre ne s'y prolongeait que de 2 centimètres. Il n'existait point de pleurésie ayant réuni les feuillets opposés. Les soudures anormales doivent être distinguées avec soin des anomalies congénitales.
C. Rokitansky, Lelirbuch der pathologisciien Anatomie, dritle Auflage, Band III, p. 38, 1861. — Otto, Monstrorum sexcent. descript. anat., n» 545, Tafel 29, fig. 4. — C. Davaine, Traité des ento&oaires, etc., 2° édition, p. 350, obs. I, 1877.