‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 146 sur 317 · AL · texte numérisé non relu

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FiG. 1Î7. — Ecciiymoses et rupture (lu cœur *.

Les parois du ventricule gauche, coupées pour l'examen des parties où s'est effectuée la rupture et sur les points indiquant les ecciiymoses, montre une

* FiG. 147 — Rupture du cœur, l, e, e, ecchymoses cai-diaques volumineuses du ventricule i^auche et au-dessus ecchymoses moindres; p, perforation ayant eu lieu de dedans en dehors. '2, cavité accidentelle ouverte en dedans et située au milieu d'un endroit ecchymosé. 3, perforation s'étendant de l'intérieur à l'extérieur par un trajet ohlique.

COEUR

«iiite feuille -morte, différente de la teinte ordinaire du muscle cardiaque lin.

L'orifice auriculo-ventriculaire gauche présente plusieurs noyaux athéromaiux. L'endocai'de du ventricule paraît sain, à part quelques taches laiteuses

S Eu épaisses; mais, au point déjii indiqué, correspondant à la tache blanchâtre nticulaire, vient aboutir un noyau blanc, décoloré, composé de fragments grueleux. Ces fragments sont formés, ainsi que le démontre l'examen au microsipe, de fibrilles bien reconnaissables de fibrine, quoique plusieurs fussent graileuses et résultent évidemment d'un épancliement sanguin qui a communiqué ec l'intérieur du cœur par l'endocarde, et qui n'arrivait pas jusqu'à l'extérieur cœur, dont il était séparé par des faisceaux de fibres musculaires. L'orifice terne du trajet de la rupture ne s'aperçoit pas tout d'abord ; il est situé au mi- ,îu des colonnes charnues du troisième ordre, et en outre oblitéré par des ■lillots ; mais il est facilement mis en évidence par le passage d'une soie engage par l'orifice externe (voyez fig. 147, 3). Le ventricule droit et les oreillettes nt normaux. L'aorte montrait, par places, au-dessous de sa crosse, de larges •epôts athéroraateux et calcifiés ; mais les valvules sigmoïdes aortiques étaient [ines.

L'origine des artères coronaires est à l'état normal; une injection Irès-pénéjante, à la glycérine colorée, poussée dans leur intérieur a été retrouvée jusque ins les parties voisines de la pointe. Mais l'état athéromateux des deux artères [ironaires est évident ; car, disséquées dans la majeure partie de leur étendue, Iles présentaient des plaques athéromaleuses, calcifiées et plus ou moins épais- \s dans un grand nombre d'endroits de leur trajet.

A l'examen microscopique, l'épanchement sanguin, grumeleux, qui occupe le ajet de la rupture, a offert : des globules rouges sanguins altérés, quelques lObules blancs ou leucocytes , des fibrilles de fibrine, des granulations graisluses, des cristaux d'hématoïdine, et à l'entour des fibres cardiaques granu- :uses. Le caillot, limité par la cicatrice blanchâtre de l'intérieur du ventricule luche, était formé de quelques filaments reconnaissables de fibrine et de gra- |ilations provenant de cette substance; on trouvait aussi quelques rares globules 'Uiguins altérés. La partie d'apparence cicatricielle renfermait des fibrilles de brine tassées et de nombreux noyaux. Le myocarde a présenté dans un trèsl'and nombre d'endroits, sur les points ayant une teinte moins rouge, une dégéi'érescence graisseuse avancée. Les fibrilles musculaires avaient perdu presque )ute trace de leur striation, elles étaient granuleuses, et de plus séparées les ^les des autres par de fines gouttelettes de graisse.

I Les deux artères coronaires étaient atteintes d'artérite déformante, et sur pluleurs points des parois on trouvait des plaques faisant saillie, perceptibles au oigt, formées par des granulations. graisseuses et des dépôts de sels calcaires, es petits vaisseaux et les capillaires eux-mêmes offraient, sur un certain nomre de préparations, des parois plus épaisses et, eu outre, altérées par des graulations graisseuses. Aucun anévrysme, ni aucune rupture sur les vaisseaux de etit volume.

Le nombre des ruptures est variable, il peut y en avoir une seule, mais

APPAREIL DE LA CIUCULATION

on en a compté jusqu'à cinq sur le même cœur. EUeaume, dans sa thèse, en mentionne deux sur le ventricule gauche et une sur le ventricule droit.

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Parasites du myocarde.

Les hydatides à Echinocoques ont été constatées plusieurs Ibis dans li substance charnue du cœur et sous le péricarde ; le Cysticerque, premie état de larve du Tœnia soliiim (voyez Muscles), a été trouvé pareillemen entre les fibres du myocarde.

Vices de conformation du cœur.

Le nombre des cas de vices de conformation et des anomalies du cœur qui ont été publiés, est considérable, et leur étiologie est encore con . troversée. Je vais exposer les altérations les plus remarquables en le! réparlissant par catégories.

L'absence du cœur a été constatée chez des monstres acéphales; elli démontre que les organes circulatoires naissent sur place et que les vais seaux ne croissent pas, comme des bourgeons, du cœAir vers la périphérie La duplicité du cœur a été vue dans des cas de diplogénèse d'un fœtus: jamais chez Tadulte. La forme anormale plus globuleuse ou plus cylin drique, très-allongée du cœur, n'a qu'un médiocre intérêt. La situatio: changée au milieu de la poitrine, avec la pointe cardiaque tournée à droit , (dexiocardie), ou l'inversion viscérale plaçant le cœur à droite est plu; importante. Vectopie du cœur consiste dans son refoulement en avaij (ectopie pectorale), à travers une fissure congénitale du sternum, ou a '

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evanl du cou, à la base du crâne (ectopie céphalique), dans la cavité de abdomen (ectopie abdominale). Au devant de la fente sternale, le cœur t placé sous la peau, mais on l'a vu protégé seulement par le péricarde même à nu ? ■ '

Les vices de conformation et les anomalies de l'intérieur du cœur peuent porter : sur les cloisons, les orifices et leurs valvules, les vaisseaux rtériels et veineux. Ces lésions ne sont point isolées, mais associées, de L une grande difficulté dans leur étude.

La cloison des oreillettes perforée montre la persistance du trou de otal, liée au rétrécissement de l'artère pulmonaire. L'biatus du trou vale est large et sans repli, ou ce dernier est incomplet, ou il existe mais erforé, ou enfin le repli a ses deux extrémités mal insérées et le bord îtérieur ne s'entre-croise pas avec l'anneau de Vieussens. La cloison des

eillettes bo^ichée prématurément, pendant la vie intra-utérine, est

compagnée d'une énorme dilatation de l'artère pulmonaire.

La cloison des ventricules manquant en entier donne un cœur à trois îvités comme celui de la grenouille. Zehetmayer aflirme qu'en pareil as il n'y a pas eu de cyanose, les gros vaisseaux de la base du cœur étant ormaux. La cloison interventriculaire rudimentaire, on incomplète, esl lus fréquente à la base qu'à la pointe, où le cloisonnement commence à se aire.

Uabsence de cloisons auriculaires et venlriculaires fait commimiquer bs quatre cavités, et le cœur est analogue à celui des poissons.

Les anomalies des orifices montrent ces ouvertures dilatées d'une maière secondaire; les rétrécissements résultent de la soudure des valvules !t surtout du resserrement des anneaux fibreux juxta-valvulaires, ou de jinfundibulum du ventricule droit.

Le plus commun de tous les rétrécissements fœtaux, ou congénitaux, est elui de l'artère pulmonaire, s'accompagnant d'une bypertrophie du ven- * ricule droit et de la persistance du trou de Botal. Le rétrécissement de 'orifice aortique, et celui de l'orifice auriculo-ventriciilaire suilout, sont ares. Les valvules soudées et coalescentes, leur nombre porté à quatre )u cinq pour les sigmoïdes, à trois ou quatre pour les mitrales et tricus- )ides, indiquent un travail pathologique atteignant le lœtus, ou une anojTialie de nombre. L'absence des valvules est très-rare, i Les gros vaisseaux ont des anomalies de développement, de situation, ie perméabilité par cause pathologique; leur exposition spéciale serait ongue et fastidieuse, je suis obligé de renvoyer aux ouvrages faits sur ce sujet.

Les vices de conformation du cœur ne peuvent être rapportés exclusivement à un arrêt de développement; cette ingénieuse explication ne

APl'APiKlL DK LA CIUCULATION

s'applique sûrement qu'à un petit nombre d'entre eux. Souvent il y a eu maladie du fœtus, les altérations se sont établies sur les restes anatomiques de lésions persistantes et alors le rétrécissement, ou l'oblitération, d'un des gros troncs artériels basilaires du cœur, a déterminé la dilatation en amont ainsi que la persistance, ou la non fermeture, desorifices^ béants à cette époque. D'après les faits recueillis, le mélange des deuxi sangs artériel et veineux n'est pas, pendant la vie, le résultat obligé d'un i cloisonnement incomplet du cœur ; ce mélange est peu marqué lorsquei, la force des parois cardiaques .est équilibrée. Les rétrécissements d'ori-i lices, de l'orilice pulmonaire en particulier, donnent lieu à la cyanose plutôt que le sang artériel et veineux, mélangés dans les cavités cardiaques' communicantes.

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ENDOCARDE.

L'endocarde revêtant l'intérieur du cœur présente une épaisseur très- i diiïérente dans les divers points de son étendue. Le maximum estpouri les valvules, surtout à la face auriculaire de la mitrale et à la face aortiquej des sigmoïdes; puis viennent les oreillettes, enfin les ventricules. Unei couche épithéliale, très-caduque, une line couche de cellules plates, une trame lîbro-élastique, forment l'endocarde ventriculaire : ces mêmes, parties sont adossées dans les valvules, avec une grande différence d'épais- j seur, tant pour la ftice auriculaire que pour la face aortique de ces mêmes valvules (i).

(I) Voyez CoRNiL et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, 2" partie, p. 517 et fig. 219 i 1873. ■ I

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