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i APPAREIL DE LA CIRCULATION. I

dissocié par les cellules adipeuses interposées dans les mailles et les ! faisceaux fibreux.

C. Masses calcifiées, calcification du péricarde. — Les dépôts de sels calcaires, dans les tissus fibreux et séreux du péricarde, donnent lieu à des plaques, ou à des masses arrondies, calcifiées et ossiformes (1).

Les plaques étendues ont l'apparence, quand leur développement est considérable, d'une carapace calcaire recouverte d'un peu de tissu fibreux et envoyant des prolongements dans le tissu conjonctif du myocarde. Les masses calcaires, en forme de grains ou d'étoiles, partant du péricarde se prolongent aussi parfois dans l'intérieur du muscle cardiaque. Ces masses calcifiées ne présentent pas au microscope les éléments des tissus cartila- ' gineux ou osseux proprement dits.

D. Kystes. — Les tumeurs enkystées du péricarde sont rares. Les fibromes pédiculés renferment quelquefois à leur extrémité une petite collection séreuse (végétation hydropique du péricarde, Rokitansky). Ces kystes ont été trouvés libres dans la cavité. On a cité des observations paraissant ' se rapporter à des kystes dermoïdes péricardiques. '

s. — I0|ti(liéiîonic et Tuberculose péricardique.

A. Épithéliomes . — Vépithéliome, ou cancer du péricarde, esttrès-ra- \ rement primitif, Fœrster en rapporte un seul 'exemple qu'il a observé (2). • Ordinairement le cancer est propagé des parties voisines et envahit le | feuillet pariétal ; il forme des nodosités, des tumeurs arrondies, saillantes ! dans la cavité péricardique et donnant lieu à des hémorrhagies. La forme encéphaloïde est la plus fréquente.

Les nodules plats du cancer, semblables à ceux de la plèvre, et ressemblant à des gouttes de cire, sont observables avec le squirrhe de la ma- ■ melle ou des parois thoraciques. ^|

B. La tuberculose péricardique est secondaire; elle accompagne la tuberculisation miliaire des séreuses, elle ressemble à celle des plèvres, du péritoine, et provoque un épanchement. Les gros tubercules jaunes sont placés sous le péricarde, ils pénètrent sa face profonde et en même temps i le myocarde. Au-dessus, la séreuse est recouverte de fausses membranes.

(1) Ogle, Obs. de dépots calcaires autour du cœur {Trans. of the patliol. Society of Lonion, > t. XI, 1861).

(2) A. FOEiiSTEK, Handbuch der pathologisclien Anatomie, Zweile Auflage, Band 11, Seile 705,

COEUR

Dans la tuberculose péricardique d'assez longue durée, les néohymènes devenues tuberculeuses, ou les feuillets péricardiques vascularisés, donnent lieu à des épanchements et puis à des ruptures sanguines, en un mot à lii péricardite hémorrhagique.

! Hyperhémie; Hémorrhagie du péricarde, Hémopéricarde.

XJhyperhémie 'péricardique est très-prononcée à la suite des vivisections, et elle doit être violente dans les péricardites au début. Les vaisseaux sous-séreux du cœur sont tellement turgescents, que celui-ci est d'une rougeur uniforme, quand il a été mis à nu, sur les animaux à sang chaud.

Les liémorrhagies du péricarde comprennent les ecchymoses intermembraueuses de la séreuse et les sutïusions sanguines cavitaires.

Les taches sanguines, les ecchymoses sous-péricardiques sont plus fré- , queutes sur le cœur que sur le feuillet pariétal. Elles sont d'un rouge sombre, punctiformes ou grandes; parfois elles viennent du myocarde; elles soulèvent et pénètrent le feuillet séreux (voyez page 570, iig. l^T).

Les ecchymoses pourprées du scorbut, de l'hémophilie, de la leucocythémio, etc., ne s'accompagnent pas ordinairement d'un écoulement sanguin dans la cavité du péricarde.

V hémopéricarde vrai résulte de la rupture du cœur (voyez page 568), ou d'un anévrysme de la base de l'aorte, ou des artères coronaires. 11 est rapidement mortel. Quand on trouve, chez les scorbutiques et les hémophiles, du sang dans la cavité péricardique, ce sang est mêlé à un exsudât, celui-ci étant primitif ou secendaire. Les épanchements hémorrhagiques du péricarde, différents de Fhémopéricarde vrai, arrivent dans les affections tuberculeuses ou cancéreuses, constituant la péricardite avec épanchement hémorrhagique. Les pseudhymènes sont d'un rouge sombre, ou couleur chocolat, ou violacées.

Quand le sang existe dans le péricarde après rupture cardiaque, il s'y trouve en quantité, jusques à 2 et même 3 kilogrammes, et coagulé. Mais isi le sang est mélangé de sérosité, la coagulation est mal formée. Les (transformations du sang épanché donnent ultérieurement une teinte brunâtre et pigmentaire dans la cavité du péricarde.

Hydropéricarde; Hydropneumopéricarde; Pyopneumopéricarde.

A. V hydropéricarde n'est qu'un phénomène d'hydropisie générale, il est très-rarement dû à un obstacle au retour du sans: des veines coro-

naires. Chez la plupart des sujets morts après une longue agonie, on trouve du liquide dans la cavité péricardiquc, ainsi que dans les plèvres. Mais pour qu'il y ait un hydropéricarde véritahle, il faut que la quantité du liquide soit d'environ 100 grammes, et chez les sujets hydropiques ou morts d'anasarque, il y a au moins 200, 500, 1000 grammes et parfois beaucoup plus.

La qualité du licjuide et les matières qu'il renferme caractérisent l'hydropisie du péricarde. Nous avons vu que dans la pleurésie aiguë, le liquide offre de la fibrine et environ 60 pour 100 de matières fixes, tandis que l'hydrothorax est dépourvu de fibrine et ne contient que peu

de matières organiques. De même dans l'hydropéricarde il n'y a pas de fibrine, ou très-peu, et le chiflre des matières fixes est peu élevé.

fflv MPk Le liquide hydropéricardique, ne contenant "■-l'.-.ÏCïs"'^» •=-o'F'*° pas ordinairement de fibrine, présente à l'exa-

FiG. 155. — Épithéiium gra- microscopique des cellules épithéliales

nuio-graisseux dans l'iiydro- dcsquamécs, recouvcrtes de granulations mopericarde *. léculaircs et graisscuscs. Ces granulations en-

vahissent aussi l'intérieur des cellules, qui finissent par se désagréger et se dissocier, sous forme de granulations plus ou moins fines (voyez fig. 155).

Homme, soixanle-deux ans, mort d'anasarque par néphrite albumineuse. Le péricarde est distendu et il renferme 1300 grammes d'un li(iu!de citrin, clair, transparent. Le cœur est sans aucun dépôt, ainsi que le feuillet pariétal, qui n'est pas sensiblement épaissi et qui a conservé sa résistance, mais sa couleur est plus pâle qu'à l'état normal, il est en quelque sorte macéré. Les fibres musculaires sous-jacentes et les plus superficielles sont elles-mêmes un peu pâlies et imbibées de liquide (post morteml).

Le liquide examiné au microscope renferme des cellules desquamées, isolées, quelques-unes groupées. Ces cellules sont gonflées, la plupart sont recouvertes et pénétrées de granulations protéiques et graisseuses. Le tissu fibreux du péricarde est lui-même gonflé, les fibres sont écartées. La striation des fibres musculaires sous-jacenles au péricarde est moins appréciable que sur des fibres normales du cœur. %

B. Le pneumopéricarde n'a jamais lieu primitivement, il ne peut arriver que par suite de la décomposition d'un liquide putride péricardique, ou

*FiG. 155. — Cellules de l'épiUiélium du péricarde devenues granulo-graisseuses dans l'Iiydropéricarde. a, cellules reconnaissablcs à leur disposition et leurs contours encore normaux, mais se remplissant de granulations graisseuses; b, cellules devenues granuleuses, celle de droite montrant encore une partie du noyau; c, corpuscules granuleux en voie de désagrégation et se résolvant en granulations graisseuses (E. Rindileiscli).

ARTÈRES

accidentellement, si des gaz venus du dehors pénètrent dans le péricarde à la suite de plaie ou de rupture. Le pneumopéricarde simple, survenu à la suite d'un coup de couteau ou par pénétration de l'air arrivant du poumon, de l'œsophage, etc., par une ouverture accidentelle, est rapidement suivi de l'épanchement d'un liquide. Il y a dans ces cas un mélange de liquide et d'air.

G. L'hydropneumopéricarde offre à considérer la présence simultanée des gaz et du liquide; ce dernier est rarement séreux, plus souvent il est sanguinolent. Ces gaz, mêlés au liquide et agités par les battements du cœur, donnent lieu pendant la vie à un bruit de gargouillement métallique comparé à celui d'une roue hydraulique ou d'une roue de moulin.

D. Le pyopneuniopéricarde arrive lorsque le liquide purulent de l'épanchement péricardique est mélangé d'air, spontanément développé par putréfaction. Mais, le plus ordinairement, les collections de pus se font jour dans le péricarde par une ouverture artificielle et viennent de pleurésie purulente, d'abcès du médiastin, du foie, etc., après ulcération péricardique et perforation. Il y a, dès lors, pénétration de pus et d'air. Le pyo-pneumopéricarde peut être suivi de fistule communiquant avec l'extérieur.

"Vices de conformation du péricarde.

L'absence du péricarde pariétal a été constatée dans l'ectopie du cœur. Les dilatations, qui ont été trouvées au-dessus du péricarde, ayant l'aspect de poches pédiculées, sont probablement des hernies de la séreuse à travers le tissu fibreux proprement dit (Rokitansky, Cruveilhier), ou des diverticules péricardiques.

SECTION II

ARTÈRES

Les vaisseaux artériels, quel que soit leur diamètre, sont composés de trois tuniques. La couche interne sous-épithéliale, formée de cellules étoilées, à prolongements et à noyaux, est souvent atteinte isolément. La tunique moyenne composée de fibres élastiques anastomosées, est presque continue en dedans contre la couche interne (lame élastique interne);

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elle est perforée en dehors et traversée par les fibres musculaires lisses, transversales. Dans les artérioles, la tunique moyenne est uniquement musculaire. La tunique externe, seule pourvue de vaisseaux sanguins et lymphatiques, est formée de tissu conjonctif ou lamineux à fibres longitudinales. Chacune des tuniques artérielles peut être lésée à part, d'où les altérations endartérielles, mésartérielles et périartérielles.

Inflammations diverses des artères ; Artérites aiguës et chroniques, i. — B^ndartéritc aiguë.

La membrane inlerne des artères est fréquemment altérée ; on la trouve ainsi chez la presque totalité des vieillards et même sur quelques jeunes gens. Rokitansky a fait voir que cette altération est à peu près en raison inverse du calibre des vaisseaux et il en a tracé le tableau suivant : aorte abdominale, aorte thoracique, artères spiéniques, iliaques internes, coronaires cardiaques, carotides internes, vertébrales, utérines, brachiales, sous-clavières, etc.

Uendartérite aiguë, inflammation aiguë de la tunique interne des artères, appelée aussi endartérite déformante ou noueuse, peut tantôt être isolée, tantôt envahir une grande étendue du système artériel. A l'état isolé, sur l'aorte par exemple, on trouve à l'œil nu que la tunique interne est épaissie, gonflée par endroits, et sous la forme d'espaces ou de plaques circulaires, d'étendue variable, avec des contours assez réguliers. L'épaississement atteignant un quart à un demi-millimètre est transparent, opalin, un peu rosé, ou au contraire diffus et opaque; la consistance est molie, parfois élastique, cartilaginiforme.

Les saillies les plus petites sont arrondies et bombées, d'autres sont constituées par la réunion de petites plaques rondes, aussi ont-elles des dépressions séparant des élevures, et donnant à la membrane près de l'origine des artères collatérales un aspect noueux, spécial {endartérite noueuse). Les plaques étendues, molles et comnjie gélatineuses, ont reçu le nom de plaques gélatiniformes. Parfois le dessus de ces plaques est dépoli, la surface interne de l'artère est alors finement chagrinée. A la coupe, les plaques gélatiniformes sont constituées par une matière diaphane, ressemblant à une gelée résistante, ayant parfois la consistance de l'albumine de l'œuf bien coagulée par la cuisson. Le soulèvement et la demi-transparence de la plaque, mis en évidence sur une coupe verticale, font voir que la membrane interne est atteinte, tandis que la rnembrane moyenne est respectée par le processus morbide ; on enlève, par

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lambeaux, des feuillets de la membrane interne qui est seule hypertrophiée et ces lambeaux ont une apparence fibroïde.

Avec le microscope, on constate que les plaques à l'état frais sont formées de cellules ayant environ 0""",0'10 à 0""",012 = 10 à 12 f^, pourvues d'un gros noyau, visible surtout par l'acide acétique, cellules embryonnaires ou embryoplastiques. Parmi elles, on trouve des cellules à prolongements et aplaties, qui occupent normalement la profondeur de la couche interne artérielle. Après la dessiccation, les plaques font relief et se montrent nettement comme un épaississement, ou une saillie, de la membrane interne; cet épaississement est considérable quelquefois. Le microscope sur des coupes minces, colorées par le carmin et placées dans la glycérine, montre que les néocytes, ou les éléments cellulaires nouveaux, sont trèsabondants sur la surface ; ils diminuent vers la profondeur de la membrane interne au voisinage de la couche moyenne, ou lame élastique de l'artère. Leur disposition est stratifiée, ou par séries parallèles les unes aux autres. %

Les plaques gélatineuses des artères sont non-seulemenl chagrinées, mais encore érodées ou fongueuses. Cet état vient d'une très-légère ulcération de leur surface. En effet, si on fait des coupes perpendiculaires et qu'on examine toute la préparation à la fois, on voit à la superficie, répondant à l'intérieur du vaisseau , des fibrilles de fibrine retenant des globules blancs et rouges du sang. Sur des coupes durcies après faction de l'alcool et de la gomme, on ne peut conserver le moindre doute, la surface est exulcérée, le dépôt de fibrine revêt les anfractuosités de la membrane interne, épaissie par des éléments cellulaires de nouvelle formation.

s. — l'ériartérite niguë.

Cette forme d'arlérite existe presque constamment en même temps que l'endartérite, ou bien elle se trouve seule.

ij&périartérite liée à Vendartérite, tandis que la membrane moyenne interposée est encore indemne, se caractérise par la tunique externe de l'artère devenue épaisse, homogène, de couleur jaune foncé ou rosée. L' épaississement de cette tunique est formé par des cellules embryoplastiques dissociant les fibres conjonctives.

périartérite isolée se montre dans le phlegmon. Les éléments propres de la tunique externe sont baignés par le pus et remplis de leucocytes. Les tuniques moyenne et interne ne sont pas modifiées ; il n'y a point de coagulation sanguine, ni de dépôts fibrineux à l'intérieur.

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