‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 181 sur 317 · tro|tbi«' il<^ In glande tliyréoMle · texte numérisé non relu

tro|tbi«' il<^ In glande tliyréoMle

Cette lésion générale OU partielle est loin d'être rare. Tantôt l'un des lobes est atrophié, l'autre étant normal ou même hypertrophié (atrophie partielle). Dans la majorité des cas, l'altération occupe le lobe médian ou isthme (i) ; le plus souvent elle est consécutive à une autre lésion, elle est rarement primitive.

A l'œil nu et sur une coupe, on voit au milieu d'un stroma fibreux une matière épaisse. Avec le microscope, on trouve des granulations proléiques, granulo-graisseuses et souvent une poussière crétacée, pulvérulente ou réunie en petits amas.

Néoplasmes du corps thyroïde.

-I. — Sarcome ! Épitliélloinci« et tumeurs lié(ératléniqiie><.

A. Le sarcome du corps thyroïde est exceptionnel (2).

1). Les épithéliomes primitifs (3) sont fort rares et les épithéliomes ou cancers secondaires encore plus. Ordinairement le cancer occupe un lobe, plus tard il s'étend au loin et proémine dans l'œsophage ou la trachée.

J'ai une seule fois observé, à l'hôpital Necker, une tumeur épithéliale de la glande thvréoïde chez une personne Agée :

Femme, soi.xante-huit ans, portant depuis de longues années un goitre peu considérable et devenu tout à coup, depuis six mois, déplus en plus volumineux mais i non ulcéré, sans changement de couleur des téguments. Elle succombe brusquement dans la nuitàun accès de suffocation. La tumeur, oblongue, a le volume du poing ; elle est plus développée à droite qu'à gauche, et la coupe donne l'aspect d'un sarcome ou d'un encéplialoïde assez vascularisé ; les vaisseaux périphériques sont gros et sinueux.

Par la pression et le raclage, on obtient un suc miscible à l'eau, et le microscope montre des cellules arrondies à gros noyau, réfractant fortement la lumière, des noyaux libres, des granulations graisseuses abondantes.

(I) GRiiBKR, Ueber die Glandiila thijreoniea ohiie Isllumis heim Mensclien (Arrhin fur Anal. Phijs. und ivisse7}sch. Medicin, p. 208, 1876). {"2) DOLERis, Sarcome du corps thi/ro'ide {Bull, de h Soc. anat. de Paris, p. 225, 1870). (3) GossELiN, Bulletins de la Société de Chirur(iie de Paris, 1861.

GLANDES VASCULAIRES SANGUINES. 713

Sur des coupes tlurcies, les vésicules agrandies offrent, dans l'inlérieur une grande quantité des cellules précitées et olTrant en moyenne 0"'"',Û10 à 0""%030 = U) à 30 a. De plus, les parois des vésicules étaient tapissées de plusieurs cou- 'hes de cellules, et celles-ci s'étendaient ainsi que des noyaux entre les fdDres conjonctives ou lamineuses du stroina. Dans d'autres points, sur la paroi des vésicules dilatées, existaient de véritables saillies ou bourgeons épithéliaux renl'ermant des noyaux et des cellules plus ou moins tassés et polyédriques par pression réciproque. Les cellules les plus altérées, en dégénérescence graisseuse et d'antres avec des espaces clairs, étaient celles les plus voisines du centre, près de se séparer de la paroi. Cette tumeur m'a paru un épithéliome type.

|| Le plus souvent les cancers primitifs de la glande thyroïde constituent ïine seule masse, tandis que dans les cancers secondaires il y a, dit-on, 'plusieurs noyaux épars.

Par envahissement, l'épithéliome provoque la mortification des cartilages du larynx, des perforations des organes ambiants : œsophage, trachée, artères, veines. Les nerfs récurrents peuvent être comprimés el déterminent alors des troubles graves de la phonation.

(1. Le lissu hétéradénique (voyez page 573) a été trouvé dans la thyréoïde, et peut-être plusieurs tumeurs à prolongements, décrites par les Tuteurs, sont-elles de cette espèce.

La glande thyréoïde renfermant le tissu hétéradénique, ou transformée de cette manière, peut égaler le volume du poing. Dans un cas, elle s'était :;énéralisée à la face et aux os du crâne. Avec le microscope, on constatait une mince trame fibroïde, avec peu de vaisseaux sanguins, plus une grande quantité de filaments tubuleux ramifiés, repliés sur eux-mêmes, [l'emplis d'épithélium et renfermant des corps transparents, oviformes.

Harris, Cancer de la glande tliyioïde ayant envahi l'œsophage et les ganglions cervicaux (Saint-Barlholomew's Hosn. Reports, t. XI, p. 26;}, 1875). — V. CORNIL, Sur le développement de l'épithéliome du corps thyroïde (Archives de physiol. norm. et pathologique, 1875). — Eppinger, Carcinoma glanduke thyroïdeœ (Prager Wierteljalirsschrift, Bandll, S. 13, 1875). — A. J,\i'PiTRE, Tumeurs du corps thyroïde, thèse de Paris, n" 112, 187C.

•S. — Tiiberciilo»iO «le la glande thyréo'itle.

Les petites tumeurs de la thyréoïde données comme tuberculeuses par divers auteurs ne sont pas réellement de cette nature. Lebert, au contraire, a observé un fait de tuberculose miliaire de la glande thyréoïde (1). Gornil et Ranvieren rapportent un exemple évident (2) ; le dépôt tuberculeux s'était fait dans l'intérieur des vésicules.

(1) H. Lebert, Traité d'anat. patli. ijénérale et spéciale, t I, p. 716, 1857.

(2) Gornil et Ranvier, Matiuel cl' Itistologie pathologique, 1" partie, p. 205-206, fig. IlOetlIl,

APPAREIL DE LA CIRCULATION

J'ai une seule fois trouvé la tuberculose thyréoïdienne chez une phthisique, morte à l'hôpital Necker avec des tubercules à tous les degrés d'évolution dans le poumon :

Femme, trente-huit ans, succombant à un degré avancé de la tuberculose pulmonaire. La glande thyréoïde est légèrement hypertrophiée, plus du côlé gauche que du côté droit. Le lobe médian est peu accusé. La glande offre de petites inégalités sensibles au doigt à l'extérieur et plus sensibles encore sur la coupe.

Le tissu est placé sous l'eau ; il est plus facile de distinguer de petits amas gristâtres miliaires et d'autres ayant le centre un peu plus blanchâtre ou jaunâtre, j

Avec le microscope, sur des parties raclées, je trouve dans le liquide tbyréoï- ; dien un peu visqueux des corpuscules granulo-graisseux d'épithélium, ayant de i 0™",008 à 0""",010 = 8 à 10 p., et d'autres plus petits et ratatinés. Sur des coupes | durcies par la gomme et l'alcool, à un grossissement de 500 diamètres, j'ai acquis | la preuve que les corpuscules tuberculeux sont dans les vésicules et compriment i les cloisons fibreuses enkystées. La modification de l'épithélium des vésicules i| est saisissable sur un grand nombre de points. '

Examinées comparativement, les granulations du corps thyroïde et celles des ' poumons m'ont paru identiques.

:t. — Timiciirs ear(ilaK>n>i°orines et calciliée»«. ^

Les enchondromes et les osléomes ont été signalés dans la glande thy- ' réoïde, mais ne sont point démontrés d'une manière irrécusable.

Les tumeurs crétacées ou calcifiées ne sont point très-rares et ont été j appelées parfois goître pierreux. Elles appartiennent à l'évolution ultime de plusieurs altérations Ihyréoïdiennes.

On les rencontre à la suite des épanchemcnts sanguins, surtout des productions fibreuses ; elles peuvent former des coques (1) ou des incrustations sur les parois des kystes. Ces dépôts sont constitués par du phosphate et du carbonate de chaux, mais sans chondroplastes ni ostéoplasles.

On a vu des concrétions calcaires de la glande thyréoïde disposées en une masse compacte adhérente à la trachée et provenant d'un foyer apoplectique entouré d'un tissu fibreux calcifié. Parfois ces tumeurs dures i sont peu volumineuses, très-aplaties, dérivant d'un kyste résorbé. Enfin j la coque, ou paroi kystique pierreuse, renferme quelquefois un liquide i jaunâtre, verdàtre, visqueux, gélatineux ou colloïde. !

(t) Kf.iîbf.f,, Coque calcnire d'une tumetir Injatoide tliiifoïiHevne (The Lancet, vol. Il, p. I'2r>, ; l«77).

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