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CAPSULES OU GLANDES SURRÉNALES

Les capsules surrénales, dépourvues de canaux excréleui's comme outes les glandes vasculaires, soit sanguines, soit lymphatiques, sont nnexées à l'appareil porte rénal, et le sang qui les traverse revient au ein. Les capsules ou glandes surrénales ont une substance corticale jaulàîre, représentant des cylindres allant de la périphérie vers le centre, )lus une substance médullaire composée de trabécules fines de tissu cononclif ou lamineux, limitant des espaces remplis de cellules polyédriques péciales. Les vaisseaux sanguins de ces glandes, et surtout leurs nerfs, ont très-nombreux et très-développés.

Inflammation des capsules surrénales; Surrénalites.

L'intlammation est rarement observée dans les capsules surrénales. V l'état aigu, elle est sous forme d'infiltration purulente, diffuse ou ■ollectée en abcès de grandeur variable. Les abcès peuvent acquérir un ;rand volume et s'ouvrir dans le duodénum ou le côlon. Les deux capuiles ont été vues presque entièrement converties en masse purulente. Juand les abcès ne se vident pas, ils se concrètent en une mas.^e caséioi'me (Fœrster).

' La plupart des lésions purulentes des capsules s'observent chez les Qouveau-nés ; on voit généralement un seul foyer de pus, quelquefois plusieurs foyers qui coexistent avec ceux d'autres organes L'enveloppe 'xterne participe souvent au travail inflammatoire. L'altération des apsules, dans les faits de suppuration, rappelle lidèlement les lésions du thymus rattachées par Paul Dubois à la syphilis héréditaire.

L'inflammation chronique simple des capsules surrénales se traduit par une augmentation générale de volume. Les capsules sont hypertrophiées, indurées, de forme irrégulière.

Sur une coupe, les tissus médullaire et cortical se confondent ; on voit, à l'œil nu, des dépôts de substance grisâtre ou jaunâtre, parfois crétacée. Avec le microscope, la zone grisâtre renierme de nombreux éléments cellulaires en voie d'atrophie ; les cellules sont petites, irrégulières.

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Rokitansky regarde ces altérations comme se rapportant aux tubercules; mais Dickinson, Sanderson et Wilks les regardent comme des lésions spéciales à Finllammation simple.

L'inflammation chronique interstitielle des capsules surrénales se traduit par une augmentation de volume et par l'induration. A la coupe, on aperçoit des traînées de tissu conjonctif ou tibreux comprimant le tissu glandulaire. A un degré plus avancé, le tissu fibreux domine et les éléments propres delà glande sont noduleux et saillants (cirrhose surrénale). Cette inflammation interstitielle est souvent liée à la syphilis (Lancereaux) et àl a tuberculose.

Hypertrophie, Atrophie des glandes surrénales.

V hi/pertrophie simple est rare, le plus ordinairement elle se complique ( de néoplasmes ou d'épaississement fibreux. Vatrophie, quelle qu'en soit la cause, a été assez souvent observée.

Ij hypertrophie glandulaire fait le passage aux néoplasies ; elle porte sur des portions de la substance propre de la glande. Vircliow l'appelle goitre surrénal en la comparant h certaines hypeitrophies thyréoïdiennes ; on trouve des parties gonflées, égalant parfois le volume d'une noix, de la consistance de la glande ou plus dures. Avec le microscope, on constate qu'il s'est produit une multiplication des éléments tubuliformes ou cylindriques, glandulaires, qui sont très-allongés, ramifiés, contournés, avec des cellules granulo-graisseuses. Les parties dures sont constituées par du tissu conjonctif interposé entre les éléments lésés.

Néoplasmes et dégénérescences des capsules surrénales, f . — Sarcomes , É|titliélioine.<i , Ciliomes.

A. Le sarcome des capsules surrénales est la Ibrmc de cancer la moins rare. On y a vu le mélanosarcome (Kussmaull, Dœderlin).

B. Les fibromes sont exceptionnels, surtout dans la substance médullaire (Saviotti).

C. Les hémangiomes, les lympJiangiomes caverneux (Klebs), les née- | * plasmes lymphatiques (Vogel, Seilz), ont été observés dans les capsules j ' surrénales. '

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GLAMDES VASCULAIUES SANGUINES. 721

D. Wépilhélionie ou le cancer des capsules surrénales esl extrêmement arc et presque toujours encéphaloïde ; Klebs a vu la forme épitliéliale ■\ lindrique. Le carcinome encéphaloïde quelquefois primitif (?) ou cylin- Irique et sûrement secondaire, coïncide avec le cancer des organes exuels ou de la thyroïde; toutefois, il ne paraît pas y avoir de relation onstante entre le siège de ces lésions organiques.

E. Gliome. En raison de l'abondance des nerfs dans les capsules surrélales, surtout dans la substance médullaire, Virchow a pensé que ceraines tumeurs de ces capsules étaient des gliomes. Il décrit des tumeurs lobuleuses, de la grosseur d'un pois ou d'un grain de millet, d'une cou- 3ur rouge pâle, qui proviendraient de la névi'oglie.

E. Calcification. Dans des cas exceptionnels, on a trouvé les capsules urrénales ayant l'aspect et la consistance du cartilage ; d'autres fois, elles talent volumineuses et calcifiées par places. Enlin, dans d'autres faits, n a signalé la présence de petits graviers dans l'intérieur des glandes urrénales.

•i. — Tuberculose et iSypiiilix de.s capitules surrénales^.

A. La tuberculose surrénale est la plus fréquente des lésions de la laladie d'Addison. La tuberculose commence ordinairement par l'appaition de granulations grises. D'abord éparses, elles deviennent conlîuentes t constituent alors des masses qui subissent la métamorphose caséeuse. es capsules acquièrent parfois le volume d'un œuf ou d'une pomme, et jsqu'à 'H centimètres de largeur.

Par suite de cet état caséeux, appelé autrefois état scrofuleux des cap- Liles surrénales, le tissu conjonctif formant le stroma des deux substances e l'organe est atteint et se multiplie ; la capsule s'épaissit, d'autant plus u'ici comme ailleurs ce travail morbide's'est accompagné de phlegmasie. l'enveloppe extérieure est le siège d'une inflammation chronique; elle ontracte des adhérences avec le foie et le pancréas. Suivant Virchow, il iirviendrait une altération des plexus nerveux.

Dans la majorité des cas, les granulations miliaires sont corticales au ébut, mais elles envahissent rapidement la substance médullaire. Au egré extrême, la glande est jaune, ramollie, devenue pulpeuse. Quand le ssu conjonctif ou lamineux trabèculaire ne s'hypertrophie pas, mais au ontraire disparaît, il ne reste qu'une masse jaunâtre et graisseuse.

La plupart des autopsies des sujets succombant à la maladie d'Addison ffrent une altération caséeuse ou plutôt fibro-caséeuse des glandes

APPAKKIL DE LA CIHCULATION.

surrénales, ordinairement des deux côtés, mais parfois d'un seul. J'en ai observé un bel exemple à l'hôpital Saint-Antoine :

Homme, vingt-sept ans, atteint depuis deux ans d'un affaiblissement considérable, très-amaigri, ayant des douleurs abdominales et lombaires, de la coloralion ardoisée de la peau, très-marquée aux parties génitales, assez forte partout sur la face et les mains. Pas de goitre.

Quelques tubercules dans le sommet des deux poumons, principalement à gauche et à l'état de crudité, une seule petite caverne.

Pas de tubercules du foie, ni de la rate, ni des ganglions lymphatiques, mais ces derniers sont congestionnés et hypertrophiés dans la poitrine et l'abdomen. | Estomac et intestins sans lésions tuberculeuses ni ulcérations. |

Reins paraissant à l'état normal, mais teinte pâle delà substance périphérique. Capsules surrénales volumineuses des deux côtés; la droite pèse 12 grammes, la ; gauche 10 grammes. Le contenu des deux capsules est d'un jaune blanchâtre >] opaque, ressemblant à celle des ganglions lymphatiques tuberculeux et calcifiés- ' La capsule est épaisse, résistante, l'aspect des deux substances dans la glande fendue a disparu. Des cloisons fd)reuses, irrégulièrement disposées parcourent ! la glande surrénale et sont nettement visibles sur la surface de section. Il y a, ' de plus, des endroits plus durs et d'autres comme pétrifiés ou calcifiés.

Avec le microscope, je constate que les reins sont infdtrés de graisse. Les capsules surrénales offrent une multiplication du tissu fd^reux périphérique et de l'intérieur. Les éléments cellulaires de la pulpe ou des substances centrale j et médullaire sont ratatinés, un très-petit nombre offre des noyaux. Presque t tous sont des corpuscules remplis de granulations grisâtres ou jaunâtres, ayant i | en moyenne 0"™,00G à 0""",008 = 6 à 8 p.. L'acide acétique les pâlit beaucoup |f et finit par les rendre difduents en laissant les granulations visibles.

J'ai examiné avec soin le plexus solaire. Les ganglions semi-lunaires étaient > moindres qu'à l'état noi'mal. Les cellules nerveuses étaient de petit volume, beaucoup avec des granulations grisâtres et même pigmentaires. On fragment de > peau du scrotum et un autre de la partie postérieure du cou offraient très-nettement, sur des coupes perpendiculaires, une forte pigmentation des cellules i profondes du réseau de Malpighi.

11 est difficile dans l'état actuel de la science de rapporter à une cause : anatomique toujours identique la coloration bronzée de la peau dans la ' maladie d'Addison. Il n'y a point sûrement un état pathologique toujours le même des capsules surrénales. Toutefois, la tuberculose fibro-caséeuse de ces glandes, avec destruction des éléments cellulaires, paraît être une i des conditions les plus ordinaires de la maladie bronzée ou melasma supra-renale. Les autres altérations des capsules ne la produisent pas, à beaucoup près, aussi fréquemment. L'altération des capsules retentit sui , le système nerveux abdominal (1). ^ i

(I) JACCOUD, article Maladie broiizce {Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. V, p. 678 et 718, 186G]. ,

I GLANDES VASGULAIRES SANGUINES. 723

B. sypJlilis, en atteignant les capsules surrénales, détei'niinc une utlammation interstitielle, une sclérose. Bœrcnsprung a décrit les i^ommes ou syphilomes. Les néoplasies étaient formées de petites masses le tissu conjonctif ou lamineux, remplies de cellules embryonnaires. Le centre de ces îlots élait en dégénérescence caséeuse. Ces îlots se trouvaient dans la substance médullaire peu modifiée, mais la capsule était îpaissie et adhérait aux parties voisines, aux ganglions ainsi qu'aux nerfs lu grand sympathique.

' La métamorphose ultime de ces productions gommeuses est la liquéfaction et d'autres (ois la calcification atteignant les productions fibreuses coexistantes.

!l. — Dégôuéi-esccncc grai»«scuse, aiiiyloïdc Kystes^

A. Dégénérescence graisseuse. — Les cellules épithéliales de la substance corticale des capsules soqt infiltrées de graisse à l'état normal. La surcharge graisseuse n'est point spéciale à la maladie bronzée ou d'Addison; elle s'observe dans les maladies infectieuses et dans les cai hexies, en parliculier dans la tuberculisation. Ordinairement la glande n'a pas augmenté de volume. Sur une coupe, on voit une teinte jaunâtre 'très-accentuée, soit par petits groupes ou généralisée.

Avec le microscope, on trouve de nombreuses granulations grais- 'seuses. Les cellules sont tuméfiées et rendues opaques par la graisse; dans les points très-jaunes, les éléments graisseux sont très-abondants et la glande ressemble au foie gras.

î Par la teinture d'iode sur un fragment de capsule malade, on n'obtient pas la couleur vineuse offerte par les capsules saines.

B. La dégénérescence amyloïde est rare. On l'a observée dans la paroi des vaisseaux, coexistant avec des altérations pareilles de la rate, du foie et des reins.

C. Les kystes des capsules surrénales sont de plusieurs sortes : séreux, hématiques ou purulents, de volume très-variable. Les kystes parasitaires à échinocoques sont des plus rares. Perrin en a signalé un exemple (1); le kyste était volumineux et situé dans la capsule surrénale droite. Iluber rapporte un fait d'hydatide multiloculaire (2).

(1) M.Peurin, Kijste hijdatique du petit bassin, etc. (Comptes rendus (le la Société dehiologie, série, t. V, p. 157, 1853).

(2) HuBER, Archiv fùr klin. Medicin, Band V, S. 139, 1868.

Al'l'ARElL UE LA C I IICU LA T 1 0 N.

Hyperhémie et Hémorrhagies des capsules surrénales.

A. Lliyperhéniie surrénale est assez fréquente chez le nouveau-né; elle est beaucoup plus rare chez l'adulte et ne se constate que dans les maladies avec stase veineuse. ,

B. Les hémorrhagies des capsules surrénales ne sont pas très-rares, et alors ces organes sont plus ou moins fortement atteints; dans les cas extrêmes, elles constituent des tumeurs du flanc et de la région lombaire. Tantôt, il existe un seul kyste sanguin, tantôt plusieurs. Rayer i rapporte un exemple d'épanchement sanguin où la capsule surrénale pe- \ sait deux kilogrammes.

En ouvrant l'abdomen, on constate une tumeur plus ou moins volumineuse, lisse ou bosselée, tantôt adhérente, tantôt libre dans la cavité abdominale. Cette tumeur est fluctuante, en rapport avec le foie et surtout le rein qu'elle comprime et déforme. Si on fend la tumeur, il s'en écoule du sang liquide, et dans son intérieur on voit des caillots à divers âges : les uns sont noirs, d'autres rouges ou jaunâtres, d'autres d'un jaune de cire. Toutes ces coagulations sont irrégulières, les unes dures, les autres molles ; mais, vers les parois, elles présentent souvent des couches concentriques comme dans un anévrysme. L'enveloppe externe est formée par ce qui reste des capsules surrénales. La forme générale du sac rappelle le rein distendu, mais on peut toujours rencontrer ce dernier sur un point de la périphérie du kyste sanguin.

Les collections sanguines surrénales se transforment, par résorption des matières colorantes du sang, en kystes renfermant du sérum à peine coloré.

p. Haïek, Heclierches aiiat.-i)atliul. sur les capsules surrénales (Journal l'Expérience, t. I, p. 17, 1837). — Addison, On the conslitutional and local eflfects of Diseases of tlie suprarenal Capsules. London, 1855. — Ciiarcot et Vulpian, Gaz. médicale de Paris, 1858, p. 113. — S. WiLKS, On Disease of tlie suprarenal Capsules (Guys' Hospital Reports. London 1862). — L. Martineau, De la maladie d'Addison, thèse de Paris, 1863. — R. Mattei, Recherches sur Fanât, normale et patliologi(|ue des capsules surrénales (Gaz. hebdom. de méd. et de chirurgie, 1864). — DucLOS, Étude sur la maladie bronzée d'Addison. Tours, 1864. — E. Lancereaux, article Capsules surrénales (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 3* série, t. 111, p. 157- 167, 1875).

Vices de conformation.

Les capsules surrénales peuvent être augmentées de nombre ; on en a observé quatre chez un homme dont les reins étaient réunis en fer à

GLANDES VASCULALRES SANGUINES.

heval.Les capsules surrénales surnuméraires ou accessoires sont, dit-on, tarfois contenues dans l'enveloppe fibreuse du rein.

Otto a trouvé les capsules surrénales confondues et réunies. L'état :udimentaire ou l'absence complète de ces glandes a été constaté plusieurs fois.

Les vices de conformation des capsules surrénales ne coexistent pas vec ceux des reins, fait important à signaler (1).

(1) E. Lancereaux, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 3* serin, t. lil, p. 157,

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