IVéphritc cntarrbalc
La néphrite catarrJiale a été appelée néphrite parenchymateuse légère ou superficielle par Lécorché (1) . Cette forme est caractérisée anatomiquement par les modifications portant principalement sur l'épithélium des tubes droits, tubes de Bellini et tubes collecteurs de Ludwig, exceptionnellement sur les tubes contournés.
Le rein est un peu plus volumineux, il est congestionné ; à sa surface se montrent des marbrures dues à la teinte foncée des étoiles de Verheyen distendues par le sang veineux. La capsule fibreuse externe se détache
I facilement. Sur une coupe parallèle aux faces, on trouve la section de la substance corticale parsemée de petits points rouges indiquant l'injection des glomérules de Malpighi. Dans plusieurs endroits, surtout dans la substance médullaire, on remarque des ecchymoses. Une pression exercée
I sur les pyramides fait sourdre au niveau des papilles un liquide louche et blanchâtre.
Avec le microscope, on voit que le liquide louche sorti des papilles renferme des cellules d'épithélium isolées ou réunies en cylindres. Ces cellules épithéliales se retrouvent dans les tubes de Bellini et les tubes collecteurs de Ludwig. Non-seulement les cellules sont desquamées, mais elles présentent l'état de tuméfaction trouble et très-rarement une dégénérescence graisseuse. Il est aussi fort rare de rencontrer l'altération de
(1) M. Lkcorché, Traité den maladies des reins, etc., p. 131t et l-iO, 1875.
APPARKIL DE L'URINATION.
l'épithélium des tubes flexucux et de surprendre ainsi le passage de la néphrite catarrhale à la néphrite parenchymateuse profonde.
Dans la néphrite légère, accompagnant quelquefois l'ictère simple prolongé, les cellules épithéliales qu'entraîne l'urine sont infiltrées de pigment biliaire. Quand la néphrite catarrhale succède à l'absorption de certaines substances médicamenteuses, comme le copahu, la térébenthine et surtout la cantharidine, elle s'accompagne d'inflammation catarrhale des calices et du bassinet (voy. Pyélite catarrhale). Outre ces causes, la néphrite catarrhale reconnaît toutes celles qui provoquent le développement de la néphrite parenchymateuse profonde; elle s'accompagne d'une très-faible quantité d'albumine et guérit assez rapidement.
9. — IVéphritc^ parcncliyinateuses ; !l'éphrite>i nlbiiiiiiiicuKe»* : Filaments oti cylindres urinaircs.
La néphrite parenchymateuse proprement dite, ou néphrite parenchymateuse profonde (Lécorché), néphrite diffuse, néphrite profonde, gros rein blanc, consiste essentiellement dans l'altération de l'épithélium qui tapisse les capsules des giomérules et les portions contournées et ansiformes des canalicules urinaires. Les lésions du début s'observent rarement; elles consistent dans une hyperhémie de l'organe, altération qu'on rencontre au début de toutes les néphrites et sur laquelle je reviendrai (voy. Hyperhémie et Ilémorrhagies des reins).
L'aspect du rein, dans cette forme de néphrite, est bien rendu par la dénomination de gros rein blanc. L'organe est notablement plus volumineux, il a une teinte blanche comparée à celle de l'ivoire, de la chair d'anguille ou de veau, et uniformément répandue à sa surface. Plus rarement, cette coloration forme des marbrures avec la teinte d'un rouge foncé qui caractérise la période d'hyperhémie. La capsule s'enlève facilement et laisse voir une surface parfaitement lisse, sans granulations. Sur la coupe, la substance médullaire ou des pyramides est peu modifiée et seulement congestionnée. La substance corticale est d'un blanc mat et son épaississement considérable explique l'augmentation du volume du rein. Sur la teinte pâle, anémique, se détachent encore de petits points rouges, indiquant la distension des vaisseaux des giomérules.
L'examen microscopique montre dans les parties contournées et ansiformes des canalicules urinifères, dans la capsule des giomérules, et quelquefois dans les tubes droits, un épithélium tuméfié et infiltré de fines granulations grisâtres, protéiques, se dissolvant par addition d'acide acétique. Cet épithélium peut être encore en place, ou bien il est desquamé et forme des bouchons cylindriques obturant complé^tement les canali-
REIN
( les. Ceux-ci présentent, surtout dans leur partie tortueuse, où les dét tus épithéliaux sont difficilement déplacés par l'urine, des dilatations i.mplies de cellules granuleuses en voie de désintégration. Les canali- ( les renferment encore des cylindres hyalins, dits à tort fibrineux par (lelques auteurs, et fréquemment de petits amas de globules rouges dûs files hémorrhagies inlracapsulaires ou intracanaliculaires. Le plus soumt, un certain nombre de cellules et de cylindres épitiiéliaux montrent (S granulations graisseuses, fortement réfringentes, solubles dans l'étfir, insolubles dans l'acide acétique.
Telle est la néphrite parenchymateuse profonde offrant le gros rein Imc, lésion encore curable et qu'on observe avec une albuminurie (i n'est pas très-ancienne, ainsi qu'à l'autopsie des scarlatineux, des luvelles accouchées, des typhiques, etc.
Le rein scarlatineux présente des lésions parenchymateuses et en ihne temps des lésions interstitielles décrites par plusieurs auteurs, a^ez récemment, parKelsch (1). En divers endroits de la substance cortic'e, le tissu conjonctif des lobules est infiltré de cellules embryonnaires c embryoplastiques qui en dissocient tous les éléments : les tubes coll'teurs droits qui sont au centre, les tubes contournés ou labyrinthiques eles vaisseaux glomérulaires qui en forment la périphérie. La constation de cette altération engagea Kelsch et d'autres auteurs à considérer emme une néphrite interstitielle spéciale, subaiguë, l'inflammation penchymateuse du rein chez les scarlatineux.
Le rein atteint d'inflammation parenchymateuse profonde ne se rcnntre pas toujours avec les caractères que je viens de décrire. Le gros r n blanchâtre ne représente qu'une des phases de ce processus inflamiiLtoire. Quand l'évolution est plus complète, à la multiplication des élélîînts cellulaires, à la transformation granuleuse succède la transformatn graisseuse des épithéliums ; l'aspect du rein n'est plus le même. Intôt l'altération graisseuse envahit toute la substance corticale et l'orgae, restant lisse, présente une coloration jaune chamois, uniforme : est le gros rein graisseux ; ou bien, la dégénérescence n'atteignant que aHains groupes de tubuli, ces groupes se détachent sur un fond blanc SIS forme de taches jaunâtres plus ou moins saillantes et l'on observe iJ caractères du rein gras et granuleux (Johnson).
Dans les deux cas, on constate au microscope que la coloration jaunâtre rjond à Tinfillration graisseuse de l'épithélium dans les canalicules tortuix et les glomérules. L'épithélium granuleux ou graisseux, les goutte-
jl) A. Kelsch, Revue criUque et Recheiche.i anatomo-pathologiques sur la maladie de Briglil iichives de Phy.iiologie normale et pathologique, 2= série, t. I, p. 72-2 et 744, 1874).