‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 187 sur 317 · HEIN · texte numérisé non relu

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substance corticale, les cloisons fibreuses qui séparent les canalicules tortueux et les glomérules sont très-épaissies, mais non par un tissu embryonnaire, car celui-ci est passé à l'état ruso-cellulaire et même à l'état fibreux.

L'état intermédiaire du rein est suivi de la troisième période; caractérisée parla rétraction et la condensation du tissu fibreux avec diminution de volume du rein. En voici un exemple :

Femme, viiig'-lmit ans, entrée à l'hôpital Necker à la suite des accidents d'une urémie chronique. Les doux reins sont diminués de volume, d'une couleur rouge un peu bleuâtre ou violacée. Le gauche (fig. !200), atrophié et comme lobule ou mamelonné, pèse 72 grammes ; le droit, un peu plus volumineux, pèse 78 grammes. Les deux reins olïrent une dureté assez grande quand on les presse. La capsule fibreuse est épaissie et adhérente, dilficile à séparer de la substance corticale; on enlève des portions de celte substance sécrétante eu cherchant à décortiquer le rein; la périphérie est un peu granuleuse, avec de petits vaisseaux formant des traînées rouges.

Sur une coupe, je constate que la coloration de la substance corticale est plus foncée ou plus violacée qu'à l'état normal; les calices, le bassinet et l'uretère sont épaissis, blanchâtres et vascularisés. La quantité de la substance corticale est bien moindre que sur un rein ordinaire, d'où l'état raréfié et mamelonné, autour des pyramides de Malpighi ou de l;i substance médullaire à tubes droits, qui est elle-même plus condensée que sur

Pia. 200.

un

Néplirite intcrstuiellc *

rein ordinaire.

La coupe du rein placée sous l'eau montre des espaces grenus et d'autres arrondis et formant de petits kystes.

Sur des coupes minces, à l'état frais et à un faible grossissement, je trouve, dans la substance corticale formée par les tubes conlournés et les glomérules, ces derniers atrophiés en partie, mais d'autres encore normaux, et même avec leur membrane propre plus épaisse. Autour de ceux qui sont normaux, se trouvent des tubes vides, affaissés et des glomérules plissés, atrophiés. Entre ces tubes et ces glomérules, il y a une grande quantité de tissu tibreux ;ï cellules allongées, ou disposé en fibres tournoyantes conceiUriques. De là, une apparence cirrho-

* FiG. 200. — Ilein gauche à la période atrophiriiic de la néphiilc interslitiellc. UU, cnilroits rétractés par coudensalioii delà SLdjstance corticale sécrétante et donnant au rein un aspect lobulé. On voit à la surface des vaisseaux assez nombreux et, à gauche, le commencement dcl'i^rctère.

APPAREIL DE L'UP.INATION

tique des tubes, rappelant celle de la cirrhose liypertropliique du foie. Les vaisseaux ont leur lumière rétrécie par le tassement du tissu fibreux de nouvelle formation.

Les kystes proviennent des tubes contournés qui sont aplatis, atrophiés par places, dilatés en certains endroits, et aussi des gloniérules. La paroi des tubes est impossible à voir dans plusieurs points où elle est remplacée par du tissu fibreu.v de formation nouvelle. Sur les points dilatés et kystiques, la membrane est plus épaisse et le contenu colloïde et granuleux. Des grains bruns ou noirâtres d'bématine et des dépôts de nature calcaire, faisant effervescence avec l'acide chlorbydrique, existent dans les tubes droits. Les cellules de ces derniers sont granuleuses et plusieurs granulo-graisseuses.

L'urine de cette femme, examinée à plusieurs reprises avec les divers réactifs, ne renfermait point ou à peine d'albumine. Plusieurs fois, j'y ai constaté la présence de cylindres hyalins.

Le tissu de nouvelle formation, comparable à un tissu cicatriciel, se rétracte en comprimant les tubes et les vaisseaux qu'il enserre, et il en résulte une atrophie rénale. Cette atrophie peut être très-considérable, l'organe ne pesant plus dans les cas extrêmes que 50, 30 grammes et même moins. Elle avait frappé les anciens auteurs qui, en Angleterre, ont décrit la néphrite interstitielle sous le nom de rein contracté, « contracted kidney ». Comme le foie cirrhrotique (voy. p. 290) le rein atrophiées! globuleux et présente une surface finement lobulée ou granuleuse, d'où la désignation de « granular degeneration » (Dickinson).

Les granulations ont un diamètre qui varie de i millimètre à l""", 5 suivant Gornil et Ranvier, de 1 à 5 millimètres suivant Lancereaux; leur coloration est tantôt jaune, tantôt grise ; les parties déprimées qui les séparent sont d'un rouge plus ou moins foncé. Outre ces granulations, la surface du rein présente des saillies dues à de petits kystes superficiels. Enfin une réiraction inégale du tissu conjonctif donne parfois au rein un aspect nettement lobulé. La capsule fibreuse fort épaissie, opaline, extrêmement adhérente, présente des vaisseaux très-développés qui forment des voies supplémentaires facilitant le retour du sang dans les veines rénales. Une coupe de rein montre que sa diminution de volume est due à l'atrophie de la substance corticale. L'épaisseur de l'écorce peut en effet être réduite à i millimètre et même moins (1). De petits kystes se rencontrent sur la coupe de cette substance comme à la surface et sont parfois réunis en. forme de grappes.

La substance médullaire participe peu à l'atrophie, elle est congestionnée ; il en est de même de la muqueuse des calices et du bassinet.

L'examen avec le microscope fait reconnaître les particularités sui-

(1) CoRNrr, et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, 3» partie, p. 10r)i, 1876.

REIN

vantes : Le tissu fibreux de nouvelle formation, développé surtout dans la partie périphérique des lobules, a entraîné par sa rétraction l'atrophie des glomérules et des tubes contournés. Au contraire, les tubes collecteurs et leurs divisions formant le centre des lobules ont échappé à l'atrophie et présentent même une dilatation notable. Cette distribution inégale de l'atrophie dans les lobules explique la formation des granulations : les saillies correspondant aux parties centrales des lobules, les dépressions à leurs parties périphériques. Les glomérules très-rapprochés les uns des autres, surtout à la surface du rein, peuvent être réduits à la moitié et même au tiers de leur volume. Tantôt leur capsule est plissée sur un contenu granuleux, tantôt elle a disparu.

Les vaisseaux glomérulaires dissociés, rétrécis, puis effacés par le tissu conjonctif au moment dôla rétraction, peuvent ne plus exister par places et ce qui était un bouquet vasculaire n'est plus qu'un bourgeon fibreux. Un certain nombre de capsules, au lieu d'être plissées, sont distendues par un contenu colloïde et formant de petits kystes dont beaucoup échappent à l'examen fait à l'œil nu. Les kystes qui ont cette origine offrent en un point de leur surface interne un glomérule atrophié. Les canalicules contournés sont effacés et même ont en partie disparu, ce qui explique le rapprochement, le tassement des glomérules. Ces canalicules n'offrent plus leur épithélium normal, mais denouvelles cellules cubiques ou aplaties subissant la transformation colloïde (Cornil et Ranvier). Ils présentent des dilatations kystiques remplies comme eux de substance colloïde. Il y a donc, dans la néphrite interstitielle, des kystes formés aux dépens des glomérules et d'autres aux dépens des canalicules tortueux. Quant aux tubes urinifères souvent dilatés qui occupent le centre de la granulation, c'est-à-dire le centre du lobule, il est rare qu'ils ne présentent pas quelques altérations de la néphrite parenchymateuse. Ils renferment des cylindres hyalins ou colloïdes, et leur épithélium est granulo-graisseux ; cet état de l'épithélium explique la coloration jaunâtre des granulations. Alors que la substance corticale du rein est si profondément altérée, on trouve souvent la substance médullaire peut modifiée. Le stromalamineux est médiocrement épaissi ; les éléments canaliculaires, au lieu d'être rétrécis, sont souvent dilatés. Toutefois, d'après Cornil el Ranvier, on trouverait de nombreux cylindres hyalins dans les tubes de Bellini et les tubes de Henle.

Au degré le plusavancéde la néphrite interstitielle, la substance médullaire elle-même peut être plus ou moins complètement transformée en tissu fibreux. Cette altération extrême ne s'observe, on le comprend facilement, que sur l'un des reins; l'autre organe, moins profondément atteint, suppléant dans une certaine mesure à l'insuffisance de son congénère.

Enfin, les vaisseaux du rein ne sont pas plus épargnés que les canalicules. J'ai signalé déjà le rétrécissement progressif des vaisseaux glomé-

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