Périnéiilirites
. La périnépJirite ordinaire est l'inflammation du tissu cellulaire périrénal. L'inflammation spéciale de la capsule de Malpighi est de tous points comparable à l'inflammation de la capsule de Glisson du foie et à celle de la rate (voy. pages 29:2 et 680). Le plus souvent lapérinéphrite est unilatérale et siège à droite. Elle est en général secondaire et se produit par propagation. On observe alors des lésions du rein et de ses conduits excréteurs. Beaucoup plus rarement la lésion procède du foie, du côlon, de la colonne vertébrale, du psoas et même de la plèvre. Les altérations primi-
APPAREIL DE L'URINATION.
tives de voisinage peuvent manquer dans certains cas où la périnéphrite s'est développée directement sous l'influence de certains étal& généraux, ou par traumatisme.
La périnéphrite peut se terminer par résolution (périnéphrite primitive) ; elle peut donner lieu à l'induration du tissu et alors on trouve une coque fibreuse plus ou moins épaisse. Ordinairement il y a suppuration. On peut trouver le pus infiltré ;' le plus souvent il est réuni en foyer. L'abcès récent montre une surface tomenteuse d'où se détachent incomplètement des masses cellulo-fibreuses flottantes. S'il est ancien, on voit au contraire sa surface lisse et tapissée par une membrane ; rarement il est limité aune portion de l'atmosphère adipeuse. La collection purulente i s'ouvre au dehors, soit à travers le carré des lombes dont les fibres sont ' bleuâtres, ramollies, en partie détruites, soit par le triangle de J.-L. Petit, ' soit enfin au pli de l'aine, en suivant le muscle psoas-iliaque. L'abcès peut communiquer avec le côlon et, dans ce cas, si la perforation est | primitive, on ne trouve pas de matières fécales dans la poche. D'autres parties du tube digestif, le rectum et le duodénum, rarement l'estomac ^ (Rivière), sont parfois intéressées. L'ouverture dans le péritoine est excep- | tionnelle. On a vu l'abcès communiquer avec la plèvre, les bronches, ou j s'ouvrir dans le vagin (Féron), dans l'urèthre (Charnal). Le pus, devenu > très-fétide, d'une odeur stercorale, peut renfermer du sang et des grumeaux de fibrine ; ordinairement il est jaunâtre, phlegmoneux, quand la ! périnéphrite est primitive. Si la périnéphrite est consécutive à la perfo- ! ration du tube digestif ou des voies d'excrétion de l'urine, elle peut se i terminer par gangrène. C'est dans ces circonstances qu'on trouve mêlés | au pus des lambeaux sphacélés, de l'urine, des calculs, des vésicules hydatiques, des gaz, des matières fécales.
Si l'abcès périnéphrétique est primitif, le rein est parfois tout à fait ! sain, la capsule fibreuse étant seulement épaissie. D'autres fois la glande ! a subi secondairement une dégénérescence graisseuse plus ou moins i complète. Enfin la capsule fibreuse peut être perforée en un ou plusieurs i points, surtout en arrière, et le rein suppuré ou- même gangrené. Les | calices, le bassinet, l'uretère présentent souvent les lésions de la pyélitecal- j culeuse. Enfin onpeut trouver, dans les organes voisins ou plus ou moins ! éloignés, des lésions qui ont été le point de départ de l'abcès périnéphré- j tique ou le résultat de son extension et de l'évacuation de son contenu. :
c. — ■ Pyélitcs diverses.
Auprès des phlegmasies du rein et de son enveloppe viennent se i placer celles du bassinet et des calices, ou pyélites. La nature inflam-
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natoire des altérations et leur association fréquente nécessitent ce approchement.
k. Pyélile catarrhale. — La pyélite catarrhale accompagne souvent a néphrite catarrhale ou superficielle. Elle reconnaît les mêmes causes, ptamment l'élimination de la cantharidine à la suite de l'application des ésicatoires. La muqueuse est injectée, molle, boursouflée; son épithélum desquamé et de nombreux globijles blancs se trouvent en suspension ans l'urine contenue dans le bassinet et la vessie.
B. Pyélite pseudo-membraneuse ou pseudliyménique. — • Si l'inflamïiation est plus intense, il existe à la surface de la muqueuse une couche le fibrine concrète renfermant des cellules' épithéliales desquamées et les leucocytes. Cette pseudo-membrane ou pseudhymène, souvènt colorée lar du sang extravasé, s'étend à l'uretère où elle prend une forme tubulée, [t souvent à la vessie elle-même.
! Une forme légère de pyélite pseudhyménique succédant en général à [application d'un vésicatoire n'est pas la seule; il existe une forme grave ui se rencontre à une période avancée des alTections typhoïdes, dans 3 choléra, la pyémie, le charbon. Les pseudhymènes ont une couleur lie e vin. La muqueuse sous-jacente offre un aspect tomenteux, déchiqueté ; lie peut présenter des ulcérations, des eschares {pyélite ulcéreuse, ganréneuse). Parfois il existe des perforations. Les portions voisines du tarenchyme rénal peuvent être réduites en putrilage. Le contenu du lassinet est un liquide brûnâtre et fétide en partie formé de sang altéré; lest parfois constitué par des caillots {pyélite hémorrkagique). Enfin lans les cas de pyélite chronique due à des calculs du bassinet ou à la ré- |ention ordinaire de l'urine, on rencontre fréquemment à la surface des oassinets, des uretères et de la vessie, des fausses membranes grisâtres ou ïolorées en noir par le sang. Elles coexistent avec la suppuration, parfois- Ivec des ulcérations et des perforations.
G. Pyélite purulente ou suppurée. — La pyélite purulente reconnaît les causes nombreuses et multiples. Telles sont les aflcctions chroniquesïela vessie et de l'urèthre, la blennorrhagie, le cancer utérin propagé à a vessie et aux uretères, les calculs, les parasites, kystes hydatiques,. îtrongles, etc., retenus au-dessus de l'uretère, les altérations cancéreuse ît tuberculeuse du rein et du bassinet, les infections purulentes. Suivant fa cause et le point de départ de l'inflammation, on comprend qu'elle 3eut n'intéresser qu'un seul côté ou envahir les deux, plus ou moins symétriquement. La pyélite suppurée peut être aiguë ou chronique.
Dans la pyélite suppurative aiguë la muqueuse des calices et du bas-
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sinet est dépouillée de son épithéliiim, elle présente une forte injeclion et souvent des ecchymoses; elle est épaissie, œdématiée ou infiltrée de pus ; parfois elle est le siège de petites collections purulentes semblables à des pustules. Le tissu cellulaire sous-muqueux participe souvent à Finfdtration œdémateuse ou purulente. Enfin la muqueuse peut offrir des ulcérations. Les cavités des calices et du bassinet, s'il existe un obstacle à l'écoulement de leur contenu, sont remplies de pus et plus ou moins dilatées. Le pus est souvent coloré ]iar le sang qui s'écoule deg ulcérations. Habituellement le rein est le siège d'une néphrite suppurative (voy.p. 735); on trouve alors les lésions complexes de la pyélo-n&plmtel suppurée.
La pyélite purulente chronique détermine aussi un épaississement délai muqueuse des calices et du l^assinet. Tantôtlamuqueuse est injectée, pré-i sentant des taches brunâtres ou ardoisées ; tantôt elle est pàle et blanchâtre ; elle est souvent ulcérée et les ulcérations, plusprofondes que dans la forme aiguë, intéressent parfois toute l'épaisseur de la paroi. Les alté-i l'ations guéries laissent des cicatrices blanchâtres et rayonnées. Quand il| existe des calculs (pyélite calculeusc) la muqueuse du bassinet est sou-: vent infiltrée de sels calcaires, soit partiellement, soit dans toute son'i étendue. La tunique musculaire ou moyenne du bassinet, envahie pan l'inflammation, subit la dégénérescence graisseuse.
L'inertie des parois, l'évacuation plus ou moins difficile du contenu, | déterminent presque toujours la distension des calices et du bassinet. ■ Dans des cas mentionnés par Rayer, les tumeurs dues à la distension des , bassinets renfermaient 35 et 45 livres de liquide puriforme. Souvent le i pus est visqueux, ce qui est dû à l'action de l'ammoniaque provenant de la décomposition de l'urine ; il peut être coloré par le sang ou former ' une sorte' de bouillie blanchâtre par son mélange avec des phosphates, avec des carbonates de chaux. Dans la pyélite calculeuse, on trouve re- 1 tenus dans le bassinet ou engagés dans l'uretère des calculs variables par | leur nombre, leur volume, leur composition (voy. Lithiase rénale). Dans t des cas beaucoup plus rares, le pus renferme des masses fibrineuses, restes \ d'une hémorrhagie, ou enfin des vésicules hydafiques. '
Le rein est profondément modifié ; on n'aperçoit plus les saillies correspondant aux pyramides, mais souvent de grandes cavités purulentes j formées par les calices distendus. Le parenchyme atteint de néphrite interstitielle, atrophié, aplati, est étalé de façon à constituer une portion de la paroi de la poche. Celle-ci a contracté des adhérences avec les organes voisins plus ou moins refoulés par elle. Elle peut être ouverte dans leur cavité. On la voit communiquer avec le côlon, avec le duodénum, le péritoine, la plèvre, les bronches, ou encore avec des abcès consécutifs du foie, de la rate. Le pus peut ègalem.ent s'être ouvert une issue à la ré-
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ion lombaire ot même, après avoir suivi la fosse iliaque, au voisinage de arcade crurale.
Hypertrophies et atrophies des reins.
— Ily|torti'Oiihie»!i des reins.
VdiV hypertrophie rénale il ne faut pas entendre toute augmentation
torjuale du volume du rein, mais seulement l'hypei trophie de volume . de nombre de ses éléments normaux à la suite d'un processus imitant accroissement pbysiologique. J'ai longuement insisté sur ce point à repos du foie et du cœur (voy. p. 293 et 553, 557) ainsi que sur les lusses hypertrophies.
L'hypertrophie du rein réelle e1 vraiment remarquable est presue toujours unilatérale. On la trouve dans les cas d'absence ou d'atrohie congénitale de l'un des reins, quand existent des lésions entraînant insufllsance ou la suppression fonctionnelle de la glande congénère, et nfm quand la néphrotomie a été pratiquée. Cette hypertrophie réelle îst compensatrice (1).
L'hypertrophie vraie a, dit-on, été observée dans le diabète rein peut être doublé de volume ; il conserve sa coloration, sa forme, la consistance. Y ti-t-il hypertrophie simple ou hypergenèse des éléments du rein? la question est controversée. L'hypertrophie porte surjout (Perl) sur les canaux tortueux et leurs épithéliums, sur les gloméi'ules de Malpighi (Lancereaux). Lea canaux droits, leurs épithéliums Cylindriques, les tubes de Renie seraient h peine augmentés de volume ^Perl). Le rein hypertrophié contient une plus grande quantité de sang. Dans quelques autopsies de reins diabétiques, j'ai constamment trouvé de fa fausse hypertrophie ; tout récemment encore, à la Charité, j'ai constaté bur des reins paraissant atteints d'hypertrophie simple chez un diabétique des altérations profondes. L'épithélium des canalicules urinipares était devenu granuleux; les cellules gonllées, tassées, semblaient se confondre et leur noyau ne se colorait plus par le carmin. Les tubes en* plusieurs points offraient sur leur section transversale la lumière
! (I) L. Peiu-, Avalomische Stiulien ilber compensatorische Niei-enhijpertrophie (Archiv fur tpathol. Anat. uncl PhijsioL, Baml LXVl, — E. Lanxereaux, Atlas d'analomie pallwlogique, !p. 52 et 318, fig. 30 et 31, 1870 et article lleiiis {Diet. cncijdop. des sciences médicales, 3" série, t. m, |). 18-2, 1875).
(2) Klein, Du diabète sucré {Revue des sciences médicales, t. VH, p. 797, 1876). — Miquel- D.VLTON, Des lésions des organes génito-urinaires dans le diabele sucré, thèse de Paris, 1877. — E. LÉCORCHÉ, Traité du diabète, in-8", Paris, 1877.
APPAREIL DE L'URINATION.
obstruée par un délrilus granuleux. Les giomérules de Malpighi resté distincts pour la plupart montraient une augmentation de nombre de
noyaux. Le tissu conjonctif oi lamineux séparant les tubes uni pares était dans beaucoup d'en droits le siège d'une multipli.
cation abondante de cellule embryonnaires, ou embryo-plas tique, se colorant fortement pa le carmin et indiquant une né phrite interstitielle.