Parasites des reins
Les parasites des reins sont assez nombreux. Dans le parenchyme on a bservé VHjjdatide à Echinocoques, le Cysticerque celluleux, le Pentatome denticulé. Dans le bassinet et l'uretère on a reconnu l'existence du
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Strongle géant et des œufs du Distome hématobie. Quant au Distome luimême, il habite les veines des bassinels, des uretères, de la vessie et les affluents du système porte (voy. Vessie). D'autres entozoaires ont été signalés : le Spiroptera hominis, le Diplosoma crenata, le Dactylius aculeatus. Ces vers sont imaginaires ou résultent d'une erreur d'observation. Lindemann a peut-être trouvé des Psorospermies à la surface des reins.
A. Kystes hydatiques, kystes à Échinocoques du rein. — Les kystes hydatiques du rein, beaucoup plus rares que ceux du foie, moins fréquents même que ceux du poumon, siègent ordinairement d'un seul côté et plus souvent à gauche qu'à droite. Leur lieu d'élection est l'extrémité supérieure ou inférieure de la glande, ils sont uniques.
Le kyste hydatique rénal acquiert de grandes proportions et se trouve en rapport avec les organes auxquels il adhère et dans la cavité desquels il peut même s'être rompu. L'issue est alors possible soit dans l'intestin, soit à la région lombaire, soit dans la plèvre ou les bronches, le plus souvent dans le bassinet, jamais dans le péritoine. Le tissu rénal présente quelquefois, surtout au voisinage du kyste, les lésions des néphrites parenchymateuse ou interstitielle; on l'a même vu suppurer. Ordinairement il est atrophié parles progrès de la tumeur; parfois il est à peine distinct sous forme de petits îlots à la surface du kyste. Il est inutile de répéter ici ce qui a été dit au sujet des kystes hydatiques du foie, de leur constitution et de leurs diverses transformations (voy. p. 327). Je noterai seulement qu'on a trouvé dans
le liquide des hydatides du rein diverses substances qui font défaut dans le liquide hydatique du foie et des autres organes, à savoir : de l'acide urique, de l'oxaiate de chaux, du phosphate de soude, du
FiG. 203. — Strongle géant ou rénal, mâle, représenté en petit.
FiG. "M. — Extrémités antérieure et postérieure du Strongle géant *.
* FiG. 204.. — Extrémités du Strongle géant, màle. a, extrémité céphalique, sans rcnnement et offrant six mamelons ou nodules, au milieu desquels est Touverture buccale; b, extrémité caudale, évasée en forme de bourse copulatricc avec le pénis saillant.
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Dhosphate ammoniaco-magnésien. Avec le kyste hydatique du rein peuvent coïncider des hydatides développées dans d'autres organes, foie, \ate, tissu cellulaire du bassin, etc.
B. Le Cysticerque celluleux,hr\e du Tœnia solium{voy. Muscles), est tout à fait exceptionnel dans le rein et mérite seulement d'être signalé ; il en est de même du Pentastome denticulé dont il a été question pour l'intestin et le foie (p. 238 et 239).
Le Strongle géant ou rénal {Enstrongylus gigas) est un parasite du rein extrêmement rare chez l'homme, plus fréquent chez les mammifères Tig. 202). Davaine en rapporte sept observations plus ou moins autlien- ;iques. Il habite l'un des bassinets, où il est presque toujours unique, j'est le plus grand des vers nématoïdes. Son corps cylindrique, d'un rouge fif, offrant des stries transversales et longitudinales, est long, chez la Femelle, de 2 décimètres àl mètre, sur 4""", 5 à 12""" de large. Le mâle es
FiG. 205 — Strongle géant femelle *.
plus petit : sa longueur est de 14 à 40 centimètres, sa largeur de 4 à B"". L'extrémité la plus mince correspond à la tête ; la bouche est entourée de
* FiG. 205. — Anatomie d'un Strongle géant femelle provenant d'un Chien. 1. L'animal réduit de moitié et dont l'appareil génital est étalé pour faire voir sa disposition et celle du tube digestif; a, bouche; b, anus; a c, œsophage recourbé en S; cb, intestin; ff, ovaire et oviducte; g y, ce dernier dilaté en quelques points h, h; ii, matrice; i h, vagin; k, vulve {Davaine, Traité des Entozoaires).
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six papilles (fig. 204, a). L'extrémité caudale se termine, chez le mâle seulement, par une cupule renfermant le pénis (fig. 204-, b). Chez la
femelle, dont l'extrémité caudale
est arrondie, la vulve se trouve à 7 centitnètres de la tête. Les œufs sont ovoïdes, à coque épaisse, criblée de petits trous et mesurent 0"™,08 sur O-^O/^.
Les lésions que détermine la présence du Strongle sont celles de la pyélo-néphrite. Le rein peut être complètement détruit.
Je représente d'après Davaine une femelle de Strongle géant du Chien (fig. 205) et ses ovules (fig. 206).
FiG. 206. — Ovules du Strongle géant
Vices de conformation des reins.
Vabsence complète des reins et de tout l'appareil urinaire n'a été vue que chez les acéphales ; Vabsence cVun rein peut au contraire s'observe chez un individu bien conformé. La capsule surrénale correspondant existe mais les vaisseaux et l'uretère font défaut. Dans ces cas le rein uni que est hypertrophié. Vatrophie congénitale d'un seul rein ou des deu à la fois est due à un arrêt de développement des vaisseaux rénaux. Le rein peut avoir conservé longtemps après la naissance l'état lobulé qu'il présente chez le fœtus.
Un vice de conformation qui n'est pas très-rare, est la fusion des reins. Ces organes sont unis sur la ligne médiane par leurs extrémités inférieures, de manière à former un croissant dont la concavité embrasse la colonne vertébrale ; la fusion par les extrémités supérieures est exceptionnelle. Cette fusion est plus ou moins complète. Le bassinet peut être unique, mais les uretères et les vaisseaux rénaux sont doubles. Les bassinets sont placés sur un plan antérieur aux vaisseaux et les uretères descendent en avant, comme si les reins offraient antérieurement leur face postérieure.
Une autre anomalie consiste dans Vectopie congénitale. Elle est ordinairement unilatérale. Le rein déplacé peut occuper la région ombilicale ou iliaque, l'excavation pelvienne. L'artère rénale vient du tronc le plus
* Fig. 200. — OEufs du Strongle géant obseivés sur le chien, a, œuf observé dans l'eau; I), le même, traité par l'acide sulfurique concentré qui rend le vitellus apparent. Grossissement, 340 dianièlres.
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voisin : extrémité de l'aorte, iliaque primitive. La veine s'ouvre clans les grosses veines voisines. Cette disposition des vaisseaux différencie l'ecbpie congénitale des déplacements acquis.
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SECTION II
La vessie, réservoir urinaire dans lequel s'ouvrent les deux uretères et qui se termine par l'urèthre, se compose de plusieurs couches. La muqueuse blanchâtre, sans papilles, offre des cellules épithéliales superposées, aplaties et lamelleuses à la surface, arrondies ou cylindriques dans la profondeur. Le col vésical et le bas-fond sontpouvus de glandules pyriformes simples ou agrégées, à épithélium cylindrique. Au-dessous du tissu fibreux et élastique de la muqueuse, épais surtout au trigone vésical, se trouvent des faisceaux musculaires transversaux ou annulaires en dedans, longitudinaux en dehors sous le péritoine et se continuant avec l'ouraque. Les altérations vésicales sont principalement celles d'un réservoir où se déposent des corps étrangers ou calculs.
Inflammations de la vessie; Cystites, fl. — Cy.stito aiguë, superficiclllo et profonde.
La cystite aiguë peut être superficielle et bornée à la muqueuse, ou au contraire profonde ; elle peut être limitée à un point de l'organe, surtout au col, ou bien occuper toute l'étendue de la vessie.
La dimension de la vessie reste la même dans la cystite catarrhale aiguë, ou elle diminue. Dans les cas simples, la muqueuse est rouge ou rosée, injectée, par places, avec de fines ponctuations. Elle est épaissie,
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et néanmoins ramollie, friable. Au trigone vésical, de petites saillies sont constituées par les glandules plus développées. Avec le microscope, on trouve que les cellules épithéliales superficielles de la muqueuse sont desquamées et, dans les glandules, l'épithélium très-multiplié distend la cavité glandulaire.
La cystite profonde ou phlegmoneuse aiguë, intense, est caractérisée parla suppuration du tissu conjonctif ou lamineux sous-muqueux et du tissu entourant la vessie (péricystite) . Les parois vésicales sont alors épaisses, indurées. Lepusest infiltré dans les tissus ou collecté en foyers, tantôt isolés, tantôt formant une couche étendue au périnée, sur les côtés du rectum, fréquemment autour du col (Cliopart). Les plans charnus musculaires sont dissociés. Le pus périvésical peut communiquer par des perforations soit avec la cavité vésicale, soit avec d'autres foyers purulents de l'excavation pelvienne, ou s'ouvrir dans le vagin, l'intestin, etc.
s. — Cystite pseudo-meinbrancuso ou pscuclhyménique.
A la suite de l'absorption cantharidienne et dans d'autres circonstances, on trouve la muqueuse vésicale hyperhémiée, ecchymosée, parsemée ou revêtue de fragments pseudomembraneux, mollasses, blanchâtres, frangés, parfois d'une couche blanchâtre rosée ou grisâtre et fort adhérente. Cette couche déposée sur la muqueuse est une fausse membrane ou pseudhymène, car en l'enlevant on voit la muqueuse non altérée au-dessous d'elle ; sur une coupe on distingue les deux membranes superposées.
Dans les cas d'empoisonnement cantharidien, on a observé des fausses : membranes molles ou tenaces dans la vessie, ainsi que dans d'autres parlies des voies urinaires (reins, bassinet). Je n'ai vu aucun fait de ce genre, mais je présume que les pseudhymènes doivent renfermer de la fibrine et des cellules plus ou moins déformées et qu'elles ne sont pas seulement constituées par des cellules en dégénérescence dite fibrillaire (voy. p. 60).'
, 3. — Cystite chronique.
Dans la cystite chronique, s'accompagnant de pyélo-néphrite, la capacité de la vessie est ordinairement réduite, les parois sont épaissies. La membrane muqueuse est d'un rouge sombre, violacée ou ardoisée, parfois encroûtée de dépôts calcaires. Elle est ramollie, très-hyperhémiée, avec de légères saillies, tomenteuse, parfois exulcérée ou ulcérée. Les tuniques sous-jacentes ont une épaisseur souvent considérable, de ^ à 3 jusqu'à 4 centimètres. Les glandules du trigone sont hypertrophiées,
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ressemblant à des têtes d'épingle de i à '2 millimètres de diamètre. Le développement des fibres musculaires sous-jacentes à la muqueuse détermine la formation de plis ou de loges (voy. Hypertrophie de la vessie).
Les altérations des membranes vésicales, dans la cystite chronique, l'épaississement du tissu conjonctif sous-muqueux, la formation de loges entre les faisceaux musculaires rendent le réservoir urinaire inhabile à se vider complètement. L'urine stagne, elle renferme des leucocytes ou globules purulents nombreux, elle tend à devenir alcaline et elle est apte à la formation de dépôts calcifiés et de calculs urinaires.
Le microscope fait reconnaître dans les parois vésicales chroniquement enflammées une multiplication des éléments de la couche sous-muqueuse et une grande quantité de cellules et de noyaux embryonnaires ou embryoplastiques. Les vaisseaux de ces membranes sont très-dilatés et souvent avec des ectasies latérales. La teinte ardoisée provient du dépôt de substance mélanique, ne résistant pas à l'action de l'acide sulfurique, ainsi que je m'en suis assuré.
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