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Uangrène vésicale

La gangrène vésicale, heureusement rare, a des causes multiples. Elle peut résulter de la violence du processus inflammatoire, de la présence d'un corps étranger, de la paralysie vésicale par rétention d'urine prolongée ; on fobserve aussi dans les maladies générales, entre autres la fièvre typhoïde.

APPAREIL DE L'URINATION.

La muqueuse est noirâtre ou brune, les tissus sous-jacenls plus ou moins atteints, parfois perforés. La surface est un peu déprimée ou seulement irrégulière, avec des débris de tissu. On trouve aussi des dépôts de sels calcaires. Le microscope permet de reconnaître les "éléments des tissus infiltrés de matières pigmentaires, de cristaux d'acide gras, surtout de microcytes et de spores diverses.

Ulcérations vésicales.

•Les ulcérations de la vessie 'se trouvent dans les fièvres graves, je les ai vues dans la fièvre typhoïde, dans la variole ; on les a signalées dans la ; pyohémie. i

Le processus des ulcérations vésicales ne diffère pas de celui des autres j ulcérations des muqueuses : l'inflammation nécrosique, l'hémorrhagie, j l'infarctus embolique, peuvent produire une nécrohymène qui se détache.

Le développement de pustules varioliques laisse une ulcération trèsappréciable de la muqueuse vésicale et que j'ai constatée deux fois : à ! l'hôpital Saint-Antoine, sur un homme, et à l'hôpital Necker, sur un enfant de vingt mois.

Les ulcérations des néoplasmes n'ont besoin que d'être indiquées.

Hypertrophie et atrophie vésicales.

A. V hypertrophie vésicale est secondaire et résulte d'une inflammation chronique affectant la muqueuse, ou d'un obstacle au cours de l'urine épaississant alors les couches musculaires. Elle accompagne aussi les néoplasmes.

La membrane muqueuse gonflée et avec ses éléments accrus est rarement atteinte d'hypertrophie considérable. L'hypertrophie des fibres musculaires de la vessie, figurée par Cruveilhier (I), est bien plus remarquable ; les couches musculaires de la vessie, composées de fibres lisses, peuvent acquérir 10 à 20 millimètres et plus. Cette hypertrophie montre comme avec les verres grossissants la disposition des plans musculaires. La membrane muqueuse ne suit pas le développement de l'hypertrophie musculaire, elle demeure presque normale et peu hypertrophiée.

Les couches musculaires, dans l'hypertrophie vésicale, sont continues

(1) J. Cruveilhier, Anatomie patliologique du corps humain, liv. XVI, pl. 5, cl liv. XXXIX, pl. 1.

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forment à rintérieur sous la muqueuse de grosses colonnes charnues, s sortes de cloisons circonscrivant des espaces aréolaires. Entre les 3res charnues, il peut se former des poches extérieures par hernie de la uqueuse (voy. plus bas, p. 782).

Les deux formes d'hypertrophie vésicale sont les suivantes : 1" vessie '60 hypertrophie concentrique, petite et revenue sur elle-même ; 2° vese avec hypertrophie excentrique, capace et dilatée. La première forme îbserve avec la liberté du col vésical, àlasbite d'inflammation, de sonde demeure, de calculs; la seconde avec des obstacles au col ou dans irèthre. L'hypertrophie vésicale est quelquefois très -rapide à se anifester.

L'hypertrophie excentrique et qui paraît, à cause de la distension vésile, s'accompagner d'amincissement est réellement hypertrophique. La ilance démontrerait l'augmentation réelle des fibres musculaires par pport à une vessie normale (voy. Cœur, p. 553).

B. Vatrophie de la vessie se reconnaît anatomiquement à la pâleur et à imincissement des membranes. La muqueuse est plus fine, moins résis- Qte, la couche musculaire moins appréciable qu'à l'état normal.

Néoplasmes vésicaux.

Les néoplasmes vésicaux charnus, anciennement connus et désignés us le nom de fongus ou de polypes, appartiennent pour la plupart à des ipillomes, à des sarcomes, à des épithéliomes. F. Guyon m'a dit n'avoir mais observé ni le lipome, ni l'ostéome vésical.

f . — Paplllonies ; !§iarcomes t Encliondroines ; Kysteis.

A. Papillomes. — Le papillome de la vessie occasionne une grande irtie des fongus de cet organe; il se développe avec rapidité, malgré ' ibsence de papilles vésicales normales. Les papilles de nouvelle forma- Dn sont vasculaires et ressemblent à des fibrilles ou à de petites salifies longées, parfois renflées à leur extrémité. On les trouve surtout autour 1 col vésical et dans le trigone. Les papillomes sont de volume variable îpuis celui d'une légère excroissance jusqu'à la grosseur d'une pomme, mlôt uniques, tantôt multiples ils sont parfois répandus sur presque ute la vessie ; ils saignent très-facilement, étant pourvus de vaisseaux parois minces.

Avec le microscope, on trouve que les papillomes sont composés de ùsseaux capillaires formant des anses, revêtus d'une couche mince de

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fibres conjonctives ou lamineuses et de matière amorphe. Le revêtement est formé de cellules épithéliales plus ou moins abondantes et tassées. La base du papillome s'avance jusqu'au tissu sous-muqueux, le papillome représente ainsi une sorte de verrue ou de prolongement du chorion /, qui est à l'état sain et sans multiplication anormale ou très-marquée de

ses éléments. ^

B. Les sarcomes vésicaux, à composition fusocellulaire ou tumeurs fibroplastiques de Lebert, sont rares. Guyon en a observé quelques exemples. Ils devaient être confondus autrefois avec les polypes et les fongus. \

G. Les myomes de la vessie consistent en tumeurs formées par des fibres musculaires, ces tumeurs ne sont pas diffuses comme les hypertro- 1 phies proprement dites, mais limitées (l).

D. Enchondromes. — Les enchondromes des parois vésicales sont ex- ' ceptionnels (2). Ordonez en a observé un fait indubitable et un autre a été ' signalé à la Société anatomique par Landeta : il y avait, dans ce cas, propa- i gation d'un enchondrome des os du bassin (3). I

E. Les myxomes ne sont point isolés, mais compliquent d'autres altérations vésicales (4). l

F. — Kystes. J'ai signalé les petits kystes vésicaux qu'on observe à la suite des cystites aiguës et surtout chroniques ; d'autres se développent chez la femme par voisinage d'un cancer utérin. Paget fait connaître un fait de kyste dermoïde (5).

J'ai observé un kyste placé à côté de la ligne médiane sur le bas-fond de la vessie (voy. fig. 207) chez un homme mort de bronchopneumonie à l'hôpital Saint-Antoine. La vessie était rétractée, l'urine offrait des leucocytes et filait par l'ammoniaque comme dans les catarrhes vésicaux.

Cruveilhier a remarqué le développement kystique des follicules du j bas-fond de la vessie, principalement dans le cas de cancer du col utérin.

(1) . GussENBAUER, Extirpation d'un mijome de la vessie, etc. (Arch. fur klin. Chirurgie, , Band XVHI, p. 4.11, 1875). — Volkmann, Mijome pédicule de la vessie gros comme un ; citron, etc. (Langenbeck's Arch. fur Idin. Chir., Band XIX, p. 682, 1877). '

(2) . Ordonez, Transformation cartilagineuse de la vessie chez un vieillard, (Gazette médicale \ de Paris et C. R. de la Société de biologie, série, t. III, p. 179, année 1856, Paris, 1857). '

(3) J.-B. Landeta, Enchondrome du bassin (Bulletins de ta Soc. anat. de Paris, 2" série, t. VI, p. 195, 1861).

(4) . F. ScHATz, Polgpe fibro mtjxomateux télangiectasique delà vessie, etc. (Arch. fur Gijnàkol, Band X, Heft 2, 1877). \

(5) Paget, Lectures on Surgical Pathology, vol. II, p. 44, London, 1853. :

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1 n'avait jamais vu ces kystes acquérir un grand volume (1). Guyon n'a las observé de kystes vésicaux d'une grosseur notable. Il faut distinguer ivec soin les kystes de la mulueuse des kystes postvésipiux, situés derrière la paroi Dostérieure , développés aux lépens d'organes embryon- |iaires, par dilatation de quelque portion des glandes séminales, etc. (^).

|8. — Épitbélioino ou euncei* vésical.

L'épithéliome vésical est primitif ou secondaire ; le cancer vésical primitif est tantôt fibreux, tantôt encéphaloïde.

On trouve alors une masse aplatie, une infdtration cellulaire épithéliale du bas-fond et du col. L'épaisseur de la plaque peut atteindre jusqu'à un centimètre. Le tissu conjonctif ou lamineux est épaissi comme dans les cancers en plaque de l'estomac et les fibres musculaires sont hypertrophiées en nombre. Sur la muqueuse on remarque des prolongements villeux ou des ulcé-

I rations plus ou moins prononcées.

I Homme, cinquante-quatre ans, souffrant depuis longtemps de douleurs vési- I cales, ayant eu des hématuries et l'urine bourbeuse, observé avec FoUin.

La vessie a les parois épaissies sur les parties antérieure, latérale gauche et I un peu vers le bas-fond, rien sur le col. Les parois en ces points sont épaisses I de 1 centimètre au moins, ayant l'aspect lardacé. La muqueuse et les fibres musculaires sont confondues et à la surface vésicale nous trouvons des végétations formant un bourgeonnement avec villosités. En plaçant les parois de la vessie dans l'eau, on voit des prolongements vascularisés, les uns rougeâtres ou noir ardoisé, les autres grisâtres, et en même temps des points ulcérés.

Avec le microscope, nous avons trouvé de grandes cellules et des noyaux à contenu réfractant fortement la lumière; elles remplissaient les parois vésicales

(1) J. CnuvEiLHiER, Traité cVanatomie pathologique générale, t. III, p. 355, 1856.

(2) J. Englisch, Ueber Cijsten an der hinteren Blasenwand bei Mânnern (Stricker's Jarhb'ûcher, p. 127, 1874.).

* FiG. 207. — Cystite chronique avec kyste de la grosseur d'un grain de groseille dans le bas fond. Les parois vésicales étaient épaissies, hyperhémiées. V. intérieur de la vessie fortement vascularisé; I, kyste inséré un peu sur le côté droit de la ligne médiane. Demi-nature.

FiG. 207. — Kyste de la vessie

APPAREIL DE L'URINATION.

entre les fibres de tissu cellulaire ou conjonctif. Les fibres musculaires étaienti i séparées par de grosses cellules et les mêmes noyaux. Les papilles bourgeon-' nantes étaient très-vascularisées et recouvertes de lamelles d'épithélium.

L'épithéliome secondaire atteint la vessie après avoir débuté dans l'uté-'i rus ou le rectum. Le tissu lamineux, les couches musculaires vésicales, 1' enfm le tissu sous-muqueux et la muqueuse sont envahis. Des prolon- ' gements d'épithéliome devenant végétants, papilliformes, vascularisés,! * riches en vaisseaux, dépassent la muqueuse qui est enflammée autour.' * D'autres fois l'épithéliome est mamelonné et parmi les saillies du trigone?! " on peut trouver de petites utricules ou vésicules, qui ne sont que desij j glandules dont le col est oblitéré et devenues kystiques. *

L'épithéliome vésical, quelle que soit sa forme, squirrheuse, encépha-i^ l loïde ou cylindrique, est constitué, quand on l'examine au microscope, par! i des cellules à divers degrés de développement et par des noyaux libres, base indurée des végétations et surtout le prolongement dans les tissus i i profonds de la vessie des lésions propres à l'épithéliome, différencient les| li papilles de ce néoplasme elles distinguent des filaments du papillome. i ï

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