llos»<î(c chfoni(|iic et glo^tsitc «lisséquantc
La ghssile chroiiique pont (Mro superficielle et détermine des sillons plus ou moins marqués entre les papilles devenues saillantes; en ce cas elle est donc papillaire et ne mérite pas de description spéciale, mais c'est à elle que se rattachent les cas curieux des prétendus poils de !a langue et la glossite disséquante de Wunderlicli.
Les poils de la langue ne sont, en réalité, qu'une hypertrophie papillaire. J'en ai examiné deux exemples hien nets. En voici le résumé :
La surface supérieure de la langue est couverte de prolongements filiformes, plus marqués en arrière et au milieu qu'à la pointe et sur les bords. Los prolongements ressemblent h un gazon on à du velours peu fourni. Plusieurs sont couchés, entrecroisés. La pointe est plus foncée que la base et l'ensemble est d'une coloration d'un roux sombre, à fond plus clair.
Au microscope j'ai trouvé constamment les papilles revêtues d'une couche de cellules imbriquées et formant un prolongement anormal.
Les cellules appartiennent à l'épithélium pavimenteux corné; les lamelles sont contournées, dissociées par uue solution de soude ou de potasse, offrant une coloration périphérique par l'acide picrique, et rarement uu noyau visible ; les fdaments souvent pénicillés de l'extrémité de ces prétendus poils rappellent, grossis de 3 à G ou 8 diamètres, l'état figuré par beaucoup d'histologistes, entre autres Kœiliker (Voyez Éléments (Vliistologie humaine, p. 453, 2'' édition française].
Ordinairement il existe, en môme temps que l'état poilu de la base de la langue, une coloration brune ou brunâtre appelée mgrilie UngKale. Cette coloration est due au dessèchement et à l'état corné de l'extrémité du revêtement papillaire et, de plus, à des végétaux parasites. Gubler, Ferréol et Maurice Raynaud eu ont fait connaître plusieurs faits; celui que Rayuaud a décrit dans les Mémoires de la Société médicale des hôpitaux de Paris (2" série, t. VI, p. i-13, 1869) était remarquable par la coloration noire; le travail est accompagné de figures.
Landouzy, A. Gubler, M. Raynaud et Féréol ont parlé des hypertrophies épithéliales piliformes ou des poils de la langue, constituant une sorte de gazon comparé, par Gubler et Raynaud, à des épis ou à du foin couché par la pluie. De plus Raynaud et Féréol ont insisté sur la coloration noire de la langue siégeant à la partie postérieure de l'organe en avant du V lingual, sur la partie médiane, et s'avançant en un autre V àpointe dirigée en avant. Raynaud admet des spores, ainsi qu'il a été dit, et un mycélium "d'espèce indéterminée ; dans d'autres cas, au nombre de cinq, observés
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par Gubler et Féréol, les parasites faisaient défaut; ils ne sont donc pas indispensables, mais constituent un élément surajouté.
Avant ces auteurs, il a été question de la coloration noire de la langue, mais sans rigueur scientilique aussi précise. Bertrand de Saint-Germain a décrit une nigritie linguale, avec coloration noire comparée à celle de la langue des perroquets et de la girafe. Il l'a rencontrée chez quatre sujets en santé, ayant débuté par une tache noire de la partie moyenne. Cette tache s'est étendue pendant quelques jours, et elle était d'un noir d'ébène. Eulenburg a vu la coloration noire due, suivant lui, à des corpuscules l^igmentaires entourant les cellules épithéliales.
La glosai le disséquante, qu'on peut aussi ixppelev fissurante profonde, ne serait qu'une glossite papillaire, en différant seulement par la profondeur des sillons ou crevasses dont la surface de la langue est alors couverte. Les papilles devenant mamelonnées donnent souvent à la langue un aspect capitonné (Dechambre).
Demarquay a décrit un cas de glossite disséquante qu'il a figuré et dont je reproduis le dessin (voy. fig. 5) :
Yieillartl souffrant depuis de longues années d'une glossite chronique disséquante et provoquant des douleurs tellement intolérables que la moitié antérieure de la langue dut être amputée, opération qui réussit très-bien et dont le malade guérit parfaitement.
La maladie pouvaitètre prise pour un épilhclionie papillaire, maisrancicnneté du mal, l'absence d'adénopathies, même après les traitements irritants et multi pliés auxquels on avait eu recours depuis plusieurs années, tout militait en faveur d'une glossite disséquante. L'examen de la pièce après l'opération confirme ce diagnostic {DicL de méd. et de chir. pratiques, i. XX, p. 142, fig. 11).
Malgré cette appréciation de Demarquay, je conserve des doutes sur la nature de la tumeur linguale, et l'examen de la figure me donne l'idée d'unépithéliome superficiel, papillaire, fissuré, étalé, au lieu d'être ulcéré et arrondi.
Entre la glossite chronique et l'épithéliome viennent se placer des productions épidermiques remarquables, les plaques des fumeurs et le psoriasis buccal.
Les flaques des fumeurs sont formées par une induration avec épaississcment de l'épithéliurn, siégeant à la pointe et sur les bords, sujette à se desquamer. On trouve alors des plaques grises, parcheminées, avec des fissures légères, et Tépithélium épaissi qui s'en va par lambeaux laisse une ulcération à contours peu réguliers.
Le psoriasis buccal est constitué par des taches opalines et transparentes
APPAREIL DE LA DIGESTION
au début, qui deviennent opaques et nacrées par dépôt successif d'épithélium. Les papilles volumineuses sont confondues et réunies par une petite masse épithéliale. La forme est, ou bien arrondie, nummulaire, formée par des taches de 5 à 6 centimètres de diamètre, ou bien une grande plaque occupe le tiers antérieur de la langue jusqu'au V lingual ; ou, enfin, toute la face dorsale de la langue est recouverte de psoriasis. Ces plaques sont tantôt lisses, tantôt fissurées plus ou moins profondément.
FiG. 5. — Glùssite disséquante; épithéliome superficiel et fissuré de la langue.
La chute de l'épithélium amène une -ulcération bientôt recouverte de nouvelles couches épithéliales pavimenteuses.
Du simple psoriasis lingual jusqu'à l'épithéliome confirmé et profond, il existe au seul point de vue anatomique, bien entendu, de nombreux intermédiaires. La constitution propre du sujet, sa réaction organique, le
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siège du mal, expliquent la généralisation dans un cas et la localisation dans l'autre des lésions formées par l'épithéliomc pavimenteux lingual, et dont il sera bientôt question. (Voyez Ëpithéliome de la langue.)
Mais la plaque des fumeurs est une cause d'irritation et de production épithéliale plus profonde, ainsi que Ulysse Trélat l'a précisé.
Bridou, Sur une affection innominée de la muqueuse linguale (état lichénoïde du professeur Gubler). Thèse de Paris, n» 23G, 1872. — G. M. Deboye, Le psoriasis buccal. Thèse de Paris, n» 493, 1873. — Mauriac, Du psoriasis de la langue et de la muqueuse buccale. (Union médicale, 1873 et 1874.) — R. Weir, Ichthyosis (Psoriasis) of the Tongue and vulva (New- Yorii médical Journal, mars 1875).