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Métrîtc post-puerpérale

Les lésions de la métrite post-puerpérale ne s'étendent pas en général nx veines ni aux lymphatiques. L'utérus est moins volumineux que dans \ métrite puerpérale, à moins qu'il ne contienne des débris fœtaux ou les fragments de placenta. Souvent on constate de lapérimétritc, c'est-àlire une inflammation de la séreuse péritonéale, qui entoure l'utérus et les annexes. Il en résulte alors une pclvipéritonitc adhésive, parfois purulente ou enkystée, qui apparaît sous la forme d'une collection puribrme pouvant s'ouvrir dans les divers organes creux voisins. Dans cerainscas, on trouve un phlegmon des ligaments larges ou de la fosse iliaque.

I Inflammations chroniques de l'utérus; Métrites chroniques.

I Les métrites chroniques, désignées souvent sous les noms d'engorgenent et d'induration de l'utérus, sont dues à l'inflammation de cet organe inccédant à la métrite aiguë ou s'établissant lentement. Les métrites hroniques occupent le corps ou le col utérin ; elles affectent la membrane

,Si"J APPAREIL l)L LA OKNÉRATION '

muqueuse ou endulère (éVîov, dedans, matrice) , le muscle utérii

ou mésiitère, et parfois toutes les parties constituantes utérines.

Dans la métrite généi'alisée, ayant envahi la muqueuse et le tissu miisi culaire, on trouve l'ensemble de rutériis augmenté de volume d'une ma nière générale ou partielle. Alors le segment postérieur, le fond de 1; matrice ou le col, sont particulièrement développés. L'utérus est plu convexe et plus arrondi, tantôt plus mollasse, tantôt plus dur ou plus ré sistant à la pression des doigts.

On a voulu, en se basant sur l'étendue de la cavité utérine, établir uD' métrite avec hypertrophie concentrique ou excentrique (Rokitansky). Gei , formes ne reposent sur rien de très-précis, et le plus souvent il y a uij t agrandissement de la cavité dans la métrite chronique. L'utérus enflammi chroniquement prend une forme globuleuse. Quand il existe une des dê^ viations qui seront signalées plus bas (voy. Déplacements de l'utérus), 1(1, segment, dont la circulation se trouve gênée par déclivité, est le plul ordinairement éngorgé, accru en volume.

Le col utérin atteint d'inflammation chronique (métrite ancienne dii col) est plus gros, moins conique, plus cylindroïde, plus allongé etcomm( , renflé. Chez les femmes multipares , les deux lèvres de ce col sont épais-<|)j ses, écartées, renversées, avec l'orifice cervical béant. L'apparence di jij museau de tanche est alors complète. Quelquefois la lèvre supérieure es beaucoup plus avancée, et souvent les deux lèvres sont excoriées, ou gra j ' nuleuses, ou ulcérées (voy. Ulcérations de l'utérus). L'inflammation dr col existe autour des néoplasmes, et quand des éruptions diathésiquei ! diverses occupent cette portion de l'utérus. ^

La muqueuse utérine atteinte à' inflammation chronique est d'un rouge brun foncé, parfois ardoisé; elle est plus épaisse, son épithélium est desquamé par places; on trouve même des ulcérations superficielles. j Avec la pression des doigts, on fait sourdre un liquide épais par les ori-| fices glandulaires. Dans le col, il y a des dilatations kystiques des glan-; dules, dilatations produisant des œufs de Naboth. ;

Déplus, il faut rattacher expressément à la métrite muqueuse chronique les végétations papilliformes, les fongosités utérines (voy. Néoplasmes utéi'ins) ainsi que les petits polypes fibro-muqueux et tlbro-glandulaires. Le liquide qui sort de la cavité utérine et du col utérin, dans; l'inflammation chronique de ces parties, excorie la muqueuse vaginale du col; il provoque des érosions épithéliales, puis des granulations rosées | ou rouges, provenant des papilles enflammées du chorion du col existant i sous l'épithélium. Ces papilles sont analogues à celles des bourgeons charnus. Enfin, dans la métrite chronique du col, il peut aussi arriver que ce dernier, exulcéré ou ulcéré, se rétrécisse, ou bien que les deuxi

UTEKUS. 848

lèvres s'accolent. La cavité cervicale disparaît par soudure, et le liquide du corps s'accuniulant dans l'utérus en provocjue la distension.

Vinflammatio chronique des couches musculaires utérines , ou mésutère, offre deux formes principales, suivant qu'on examine la lésion ^peu avancée ou la lésion très-ancienne. Dans le premier cas , on constate jime augmentation marquée du muscle utérin, avec mollesse générale : le 'doigt qui corùprime lentement le tissu y laisse une empreinte ; les parois ont la résistance du muscle frais; elles se déchirent et se laissent sectionner sans grande difficulté. Sur la coupe, on remarque une vascularisation très-marquée et l'interposition d'une substance amorphe et mollasse.

Avec le microscope, on constate que les fibres utérines n'ont pas augiiiienté de volume; beaucoup sont granuleuses. De plus, elles sont entouîrées d'une matière glutineuse, parsemée de granulations protéiques, do Inoyaux et de cellules embryonnaires disséminées et plus ou moins nombreuses.

Quand la métrite profonde, la mésométrite ou la myométrite chronique est avancée, la condensation du tissu embryoplastique donne une dureté considérable au muscle utérin. Le tissu est dur, résistant, fibroïde ou fibreux; l'utérus est devenu plus petit dans ses divers diamètres; il y a une sorte de cirrhose myo-utérine. Les parties indurées ont une teinte jaunâtre ou grisâtre, les artères et les veines utérines sont moins appréciables, le tissu moins vascularisé. Les verres grossissants font constater une grande quantité de tissu embryo-plastique et de fibres lamineuses ou conjonctives ; de plus, les fibres musculaires utérines sont moins nombreuses, et comme étouffées ou comprimées.

Dans certains faits, on a remarqué la réunion des deux formes de myométrite chronique ainsi que le passage de l'une à l'autre : des parties étant rouges et molles, d'autres d'un gris jaunâtre et indurées.

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84i APPAREIL DE LA GÉNÉRATION.

Gangrène utérine.

• Cette lésion est rarement primitive et n'a lieu que dans les fièvres gravel et les maladies infectieuses. On la constate après dos traumatismes et del manœuvres pour provoquer un avortement. Elle survient aussi dans i^l métrite puerpérale, et elle est fréquente dans certaines épidémies. Gett^ dernière forme de gangrène, dont le développement est rapide peu aprèl l'accouchement, a pour caractère un détritus noirâtre, glutineux, très! adhéient, d'une horrible fétidité, et occupant les parties internes dej l'utérus dans une épaisseur plus ou moins grande. Tantôt elle existe au point où adhérait le placenta, parfois sur toute l'étendue de la cavitdl interne, et le col est encore plus atteint que le corps (1). ^

Granulations et Ulcérations diverses du col de l'utérus.

La muqueuse du col utérin , tant dans sa portion vaginale visible au spéculum que dans sa portion cervicale refléchie et cachée dans l'intérieur, du col, est le siège d'inllammations aiguës et chroniques. Cette muqueusepeut offrir des colorations ainsi que des éruptions diverses; on a décrit! des vésicules d'herpès, des bulles pemphigoïdes ; j'y ai sûrement vu dei§j vésico-pustules varioliques. Les rougeurs spéciales des fièvres éruptivesf ont été signalées, ainsi que des productions pseudhyrnéniques, et de plusi les ulcérations de la scrofule, celles du chancre, des plaques muqueuses' syphilitiques, etc. (Voy. Syphilis de l'utéras).

Dans le catarrhe aigu et chronique de la muqueuse utérine, le liquide sortant par l'orifice du col baigne les lèvres de celui-ci, et surtout la lèvre inférieure. Dans ces cas, on trouve une desquamation épithéliale, puis une exulcération, suivie du dépouillement de la couche superficielle et finalement d'ulcération. Alors les papilles duchorion muqueux deviennent^ turgides et représentent des granulations et des petits bourgeons saillants, rouges ou d'un rouge foncé (fig. 23G, i237 et ^8(S). L'ulcération s'étale sou- n(| vent des lèvres du col à l'intérieur de la cavité cei'vicale ; elle est d'autant | il plus étendue et forte sur les lèvres du col et dans la cavité que l'état général | m constitutionnel est plus appauvri. Les follicules de la cavité cervicale i i s'hypertrophient et forment ce que l'on a appelé les œufs de Naboth. 1 1

Les ulcérations simples, non diathésiques, sont ordinairement superfi- ij ii( cielles, à bords irréguliers, non fongueuses, non taillées à pic, placées i il sur l'une ou sur les deux lèvres, et ayant le point de départ à l'orifice : externe du col. L'intérieur de celui-ci est rouge et toujours plus ou moins '

isé.

(I) Danyau, Essai sur la nuHrite (jiuifjréneuse, etc., tliùse Paris, n" (240, 1829.

UTÉ RUS.

3i'ol"ondément ulcéré. Cerlaines ulcérations sont très-vascularisécs, saignant abondamment au moindre contact; on les a même appelées vaii- ]neuses, pour exprimer leur richesse en vaisseaux. Les ulcérations succédant cà des vésicules d'eczéma, d'herpès, etc., en

l'iG. i'M, '23'i cl '■l'iS. — CiraïuiliiUoiis et ul<-ératioiis légères du col de l'utérus *

m mot à une éruption facile à reconnaître sur le tégument exlernc, n'ont as de signes spéciaux. Les ulcérations, d'abord végétantes et puis ti'èsrofondes, surviennent avec l'épithéliomc du col qu'elles caractérisent voy. Epithéliome de l'utérus) ; les ulcérations de la tuberculose, que ai vues avec soin, ne sont jamais très-profondes {yoy. Tuberculose utéine) ; celles de la syphilis offrent généralement des caractères tranchés, Omme chancres et plaques muqueuses (voy. Syphilis de l'utérus).

Je tiens à consigner ici un fait que j'ai remarqué depuis longtemps, et ue je n'ai vu signalé nulle part : c'est l'action de la teinture d'iode appliuée sur le col à l'aide d'un pinceau de charpie, et agissant d'une manière Dute différente suivant que ce col est à l'état normal ou, au contraire, 'sé. Quand le col est sain, la teinture d'iode le colore en brun marron Dncé, uniforme; mais, pour aussi peu que le col soit ulcéi'é, la teinture 'iode laisse les parties à nu, avec une leinte jaunâtre plus ou moins claire t qui tranche sur la coloration brune des parties saines. Si le col est grauleux ou végétant, tous les tissus néoplasiques résistent à la coloration rune et restent jaunâtres. Après l'application du fer rouge, moyen xcellent et dont je retire de grands avantages, la coloration des parties acorc non revenues à l'état normal est toujoui's jaunâtre; mais, dès que ^- col se guérit, la teinte devient de plus en plus foncée. Enfin, quand le olgros, rouge, ne paraît pas cependant granuleux ni ulcéré, si la teinture

* FiG. 236. — Follicules enllammés et tuméfiés, mais non encore ulcérés, d'après Becquerel. FiG. 237. — Ulcérations foUiculeuses d'après Becquerel.

FiG. 238. — Follicules enflammés et commençant à s'ulcérer, d'après Huguier.

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