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APPAREIL DE LA GÉNÉliATION.

d'iode appliquée, siii' lui ne le colore pas en brun marron uniforme, s'ill reste des îlots jaunâtres, des traînées blanchâtres , je redoute une néo-| plasie. Je dois dire que toujours, dans ces cas, l'ulcération esta craindre :| le tissu qui ne se colore pas bien par la teinture d'iode n'étant pas un tissu ordinaire revêtu par l'épithélium stratitîé du col normal.

J'ai essayé bien souvent la teinture d'iode sur les ulcérations de 1 langue, sur les plaies des membres. La coloration iodée, dans ces partie" du corps, ne m'a rien offert de caractéristique, tandis qu'elle est si pré cicAise pour reconnaître les altérations du col utérin.

Hypertrophie et Atrophies utérines, f . Hyiiertrophie de TutéruN.

Vhyperlrophie de Vulérus a été déjà signalée en traitant de la métiile' parenchymateuse clu-onique (voy. p. 843); mais cette hypertrophie n'es' pas' seulement celle du tissu musculaire propre , elle a des éléments^ surajoutés. Vhypertrophie vraie utérine, avec ses caractères les plus nets' d'accroissement en volume et de développement nouveau des fdjres uté-' rines, se trouve dans la grossesse. C'est un type d'hypertrophie physiologique extrêmement remarquable. Les libres musculaires deviennent huit à dix fois plus longues et quatre à cinq fois plus larges que dans l'utérus!normal au moment de la conception. La production, par néo-formation, de fibres musculaires lisses utérines se fait pendant les premiers mois de , la grossesse, surtout dans les couches internes du mésutère. ■

L'hypertrophie pathologique utérine a lieu sous deux formes princi-!( pales; elle est tantôt diffuse, tantôt limitée.

Dans Vhypertrophie utérine diffuse, le tissu des parois ressemble par- i fois à celui d'un utérus pendant la grossesse; ce tissu est mou, vascu-J laire, rouge ou rosé, ou rougeâtre foncé. D'autres fois, le tissu est comme fibreux, dur, compacte, dense, peu vasculaire. Avec le microscope, onl constate dans le premier cas une prédominance des fibres musculaires lisses, tandis que dans le deuxième il y a augmentation du tissu tibreux ou de cellules embryoplastiques.

La théorie de Simpson sur l'hypertrophie de l'utérus n'est pas convaincante; il croit qu'après la grossesse il n'y aurait pas eu de travail de ] résorption, de travail d'involution suffisant. En tous cas, cette théorie ne peut s'appliquer aux hypertrophies localisées qui existent chez les filles qui n'ont jamais eu d'enfants.

J'ai observé à l'hôpital Saint-Antoine, avec mon ami Tillaux, un exemple remarquable d'hypertrophie utérine généralisée :

UTÉKUS. 847

Femme, quarante-sept ans, entrée à l'hôpital Saint-Antoine pour des pertes térines. Les couches minces de la paroi abdominale permettent de sentir une ijimeur occupant tout l'hypogastre, la région ombilicale, une partie de l'épiastre, et se prolongeant latéralement vers les fosses iliaques. Le ventre est îlui d'une femme enceinte d'environ sept mois. La tumeur, d'après la malade, tait soumise à des variations coïncidant avec les règles et avec des pertes, dans

["[itervalle elle diminuait et arrivait au niveau du pubis. En traçant une limite de tumeur, au moyen du crayon de nitrate d'argent, Tillaux et puis moi-même us nous sommes convaincus de la réalité de ce renseignement fourni par la ^alade.

[ A l'autopsie, la tumeur offrait en hauteur 20 centimètres, en travers 18 centifèlres et dans le diamètre antéro-postérieur 10 centimètres. Le poids était de eux kilogrammes. Le volume, celui d'une tète de garçon de huit à dix ans. La surface extérieure, de couleur gris blanchâtre, était parfaitement lisse, luf en deux endroits, où se trouvaient deux corps fibreux, l'un pédicule, du jlunie d'une noix, l'autre sessile, du volume d'une noisette. La tumeur n'avait jntraclé d'adhérence qu'à sa partie supérieure et avec le grand épiploon. : Une coupe verticale, pratiquée sur toute la hauteur de la face antérieure, prmit de constater que cette masse n'était autre que l'utérus hypertrophié; de )rps fibreux, point, à un premier examen du moins. Mais en faisant une coupe ir une portion paraissant engagée dans le col, on a constaté plus tard un corps ji eux du volume d'un œuf de poule, à grosse extrémité, dirigée en haut, recou- ■rte par les fibres de l'utérus, à petite extrémité engagée dans le col. La coupe . voir de plus que le corps fibreux n'avait par sa grosse extrémité aucune )nnexion avec le tissu de l'utérus, dont il était sépare par une surface séreuse. Le tissu de l'utérus était traversé par des canaux multipliés à l'infini, plusieurs 'ant jusqu'à un centimètre de diamètre. C'était un véritable tissu spongieux. \ cavité utérine agrandie offrait une hypertrophie excentrique. L'épaisseur des irois était pour la paroi antérieure 5 centimètres, pour la paroi latérale 7 centiètres; le fond de l'utérus était épais de 8 centimètres; enfin, la hauteur de la ivité interne était de 12 centimètres.

L'examen avec le microscope a démontré que le jtissu de cet utérus hypertrolié était entièrement composé de fibres musculaires lisses. Le corps fibreux inlenait des fibres musculaires de même nature et un plus grand nombre d'éléents fibro'plastiques (1).

L'hypertrophie limitée, partielle, utérine, porLaiil sur la paroi anLéeure ou postérieure, ou sur ie col, est depuis longtemps connue sous le Dm vague d'engorgement. Le développement anormal d'une partie du )rps de l'utérus occasionne des déplacements de son axe dans le bassin, et accompagne souvent d'agrandissement de la cavité. Cette hypertrophie 'Suite d'une métrite antérieure, ou vient après la grossesse.

(Ij TiLLM'N, Hijijdi'liophie [(jénéixde de l'ulerus, etc. {Bulletin (jiiiiéral de lliérapeiilique éd. el chir., t. LXXV, p. 444 et suiv., 1868).

Al'PARKIL OE LA GÉNÉRATION.

La plus lacilc à voir des hypertrophies limitées de l'utérus est Vhypen Irophie parUelle antérieure du col utérin. Les lèvres sont volumineuseg bosselées, ressemblant au début d'un carcinome. Tantôt les deux lèvrq sont prises à la fois, tantôt une seule ; de là des formes diverses : le cq

FiG. 239. — Allongement liypertropliique du col de l'utérus *.

tapiroïde décrit par Ricord, ou col en forme de trompe de tapir. On trouve encore le col étalé comme un éventail, le col en forme de champignon. La rnuqueuse du col est quelquefois sillonnée de dépressions, de cryptes, ce qui fait ressembler un peu le col à une amygdale hypertrophiée.

Enfin, on connaît, depuis les travaux d'IIuguier, une hypertrophie totale avec élongation du col utérin ; le col est de la sorte hypertrophié en totalité et considérablement allongé; on croirait à un prolapsus : c'est un allongement hypertrophique du col (voy. fig. 239 et 240). Le col, en s'allongeant et en sortant même par la vulve, peut être hypertrophié seulement dans sa portion sous-vaginale ; le vagin conserve ses rapports normaux et le corps est en place. Dans les faits d'Huguier, le corps saillant hors de la 1

* Fig 239. — Allongement liyperlropliiquc du col de l'utérus montrant les rapports avec la vessie et le vagin. V, vessie; M, orifice du méat urinaire avec une sonde pour indiquer la direction de l'urèthre, ainsi que la portion de vessie entraînée au dehors et située dans la partie antérieure de la tumeur; C, orifice externe du col; U, corps de l'utérus (Gallard).

UTÉKl'S. 849

ailve s'esl allongé dans sa portion sous-vaginale, enlrainaut avec lui h' pgin et les viscères voisins (voy. fig. ilS9 et 240).

a'UCHET III'.. t.vumsoniEN m.

Fig. "HO. — Alloiigcnicnl liypc'rlrij|iliii|iic du col *.

«. — Corps ni»rcii.v; liéioiiiyoïncs ii(crin!«.

Les tumeurs appelées communément corps fibreux de Vutérus confinent à la l'ois à l'hypertrophie limitée et à la néoplasie. Je les décris immédiatement après les hypertrophies, comme à leur place la plus naturelle. Du reste les corps fihreux utérins, léiomyomes ou hystéromes, résultent d'une néoformation de libres-cellules musculaires lisses, et non pas d'une hypertrophie vraie ou d'un accroissement de cellules musculaires préexistantes.

Il faut soigneusement distinguer les myomes utérins (hystéromes de iiroca) des tumeurs polypiformes constituées par le tissu de la muqueuse utérine ou endutère. Les vrais myomes, dits corps fibreux, sont formés uniquement ou principalement de fibres utérines lisses, ainsi que je l'établirai bientôt.

* Fig. ^40. — Allongement hypertrophique du col de l'utérus ; même pièce que la fii;ui'e précédente, mais l'utérus a été séparé des organes voisins. (Dessiné par Kosapelly. Gallard, Leçons cliniques.)

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