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Syphilis utérine

La syphilis se montre sur le col utérin avec l'ulcération chancreuse et s plaques muqueuses. L'ulcère ou chancre mou syphilitique primitil', •dinairement multiple, est petit, le fond est t^risàti'e, les bords irréyu- [ers, taillés à pic, à légère auréole; il siège souvent profondément à la inction du col et du vagin. Le chancre induré est plus rare; Ricord a 1 l'occasion, dans un cas de prolapsus, de constater l'induration caracristique. Du reste, les chancres du col deviennent rapidement ulcéreux,

fond saignant et fongueux ; leur fond grisâtre ou jaunâtre les disngue des ulcérations simples.

Les pla(iues muqueuses paraissent rares. Les syphilomes tertiaires du prps et du col ont encore été peu étudiés au point de vue anatomique.

Hyperhémies; Hémorrhagie& utérines.

A. Vhi/perhémie de Vulérus est physiologique avant et pendant la lenstruation; elle est ordinaire autour des néoplasmes, des corps breux ou léiomyomes, etc.

I Dans les maladies avec stase sanguine, dans les lésions d'oritices dii pur, ou les dilatations cardiaques, les all'ections du poumon avec cirilation gênée, la muqueuse utérine, ou endutère, est turgescente, d'un Duge violacé, noirâtre, recouverte de mucus parfois sanguinolent.

j B. Les hémorrhagies utérines ont lieu physiologiquement pendant la lenstruation. Le sang des règles, examiné au microscope, renferme une Qorme quantité de globules rouges du sang à l'état normal, des globules lancs, des cellules d'épithélium pavimenteux du vagin, des cellules d'épilélium prismatique et de l'épithélium nucléaire de l'utérus (1). Le sang qui s'écoule de l'utérus après la délivrance est riche en leucoytes; les lochies du premier jour ne renferment guère qu'un tiers de lobules rouges par rapport aux autres éléments, leucocytes et cellules

(1) Charles Robin, Leçons sur les humeurs, édit., p. 507, 1874.

Al'l'AKEiL DE LA GÉNÉRATION

épithéliales en suspension dans le fluide séro-rauqueux des lochies, partir du deuxième jour, les leucocytes sont plus nombreux et l'emporiei en quantité sur les hématies. Alors les lochies prennent une coloratio roussàtre qui devient jaunâtre plus tard; les globules rouges sont trè; peu abondants et cessent de se montrer vers le cinquième jour. Les lei cocytes dominent et beaucoup sont granuleux.

Les hémorrhagies utérines symplomatiques de la présence de coqj m fibreux, de néoplasmes chez les femmes encore réglées ou ayant dépasii îi la ménopause, ont pour caractéristique la présence des globules rouge I i

Les épanchemenls sanguins retenus dans l'utérus par imperforatici tj de l'hymen éprouvent des modifications. Le sang est épaissi, parfoi > granuleux, épais. Il peut remplir non-seulement la cavité utérine, maj jiis celle des trompes et même s'épancher dans le péritoine. i li

Chez les femmes avancées en âge, Cruveilhier a observé des exempli|iilK d'hémorrhagie interstitielle utérine; dans un cas de phlébite utériri post-puerpérale, cette hémorrhagie était manifeste. Il a fait représenti: î I un utérus qui dans la moitié interne de son épaisseur est infiltré de sat à coagulé, entouré de fibres utérines qui ont résisté à la déchirure. te

J'ai déjà parlé des épanchements sanguins péritonéaux entourai l'utérus (voy. p. 39::^). i ils

Dilatation de l'utérus.

L'utérus se dilate quand il renferme un néoplasme développé dani couche interne, ou endutère, et encore s'il contient du sang, de la séri sité, avec oblitération de l'orifice du museau de lanche ou de l'extrémii supérieure du vagin. Les éléments du tissu musculaire, ou mésutè| se multiplient d'abord, et l'utérus lutte par des contractions énergiqt pour arriver à l'expulsion du corps étranger. Si le contenu n'est po| expulsé, le tissu musculaire ne résiste plus; l'utérus se présente comi une vaste poche à parois molles et llexible§, remplie de mucus, tant^ pur, tantôt diversement coloré.

La dilatation des petites glandules du col formant les tumeurs kystique! en miniature, appelées œufs de Naboth, sont isolées ou peuvent faii^ partie des polypes muqueux utérins (voy. p. 857).

Déplacements de l'utérus.

Les déplacements de Vutérus sont nombreux et peuvent affecter totalité de l'organe, ou bien n'avoir lieu que par rapport à l'axe normi

UTÉRUS

a grand axe de l'utérus. D'autres l'ois, une partie seule de la matrice il déplacée par rapport aux autres.

A. Les déplacements en totalité consistent dans l'élévation de la maice, due à des tumeurs qui la soulèvent ou à des adhérences qui la fixent 1 haut. L'abaissement, ou prolapsus, est l'état opposé ; on le trouve plus 1 moins considérable et ses degrés sont : Yabaissement commençant, /ec refoulement vaginal, le col ne paraissant pas à la vulve ; la descente^

col utérin paraît à la vulve, le vagin est retourné en doigt de gant; le wlapsus, chute ou précipitation, la matrice a franchi la vulve et se trouve itre les cuisses, elle est recouverte par le vagin retourné.

Les hernies de l'utérus sont extrêmement rares; un déplacement en italité pourrait avoir lieu pour l'utérus gravide entre les muscles droits ;artés par des grossesses successives.

B. Les déplacements par rapport a l'axe de la matrice sont connus lUS les noms : d'obliquités, d'inclinaisons, de déviations. Ils comprennent mtéversion, la rétroversion et la latéroversion. Ces noms s'expliquent eux-mêmes ; toutefois, il faut expressément reconnaître que le déplaceent s'indique pour le corps de l'utérus et non pour le col. Ainsi, dans mtéversion, le corps est porté en avant; dans la rétroversion, le corps j;t dévié en arrière; dans la latéroversion, le corps est incliné à droite |j à gauche : dextro et sinistro-version. Ces obliquités sont isolées et mples, ou, au contraire, unies à un certain degré de prolapsus.

: G. Les déplacements d'une seule partie de Vutérus par rapport aux autes comprennent les flexions utérines et les renversements. Les flexions ' l'utérus sont des déplacements partiels dans lesquels le col fait un angle ec le corps, si bien que l'utérus a l'air courbé sur lui-môme, concave ■ms un sens et convexe dans l'autre. Avec Vanté flexion, le col est à pprès en place normale, mais le fond de l'utérus est coudé ou replié lavant et forme un angle avec le corps. Dans la rétroflexion , le corps ;t replié en arrière et la courbure de l'utérus est postérieure, la con- Ixité est en avant.

Le renversement de la matrice, appelé aussi introversion, et que Cru* pilhier a comparé aux invaginations, s'observe à k suite de l'accouche- |ent. Les rapports de l'organe sont changés, la face externe de la matrice evient interne, elle se retourne à la manière d'un doigt de gant ou un bas. Delpech en a distingué quatre degrés. Dans le premier^ le tnd de l'utérus est devenu concave au lieu d'être convexe, et, suivant Expression de Mauriceau, il ressemble «au cul d'une fiole de verre ». rrivé au second degré, le déplacement consiste en ce que le corps re-

864 APPAREIL DE LA GENERATION

tourné de ruLéi'us est placé dans la cavité du col et l'ail saillie entre les lèvres du museau de tanche. Au troisième degré, le col lui-même est renversé, le museau de tanche seul a résisté, la matrice est lo!j;ée dans le vagin. Le quatrième degré, le plus rare de tous, monti'e l'utérus pendant entre les cuisses , renversé , très-volumineux, servant de réservoir à desi intestins, même aux trompes et aux ovaires.

Plaies; Ruptures utérines.

Les 'pluies utérines sont rares, excepté celles faites par la main du chirurgien. Les solutions de continuité produites par l'amputation du col et; l'opération césarienne sont exceptionnelles. 1

Les ruptures utérines sont fréquentes, celles du col sont ohservées après l'accouchement; quand elles sont bornées aux lèvres du col, elles sont peu importantes ; si elles le dépassent, intéressent l'utérus et surtoutij le péritoine, elles ont de la gravité. La rupture de l'utérus gravide estétu-' diée dans tous les livres d'accouchement. Les bords de la rupture sont irréguliers, déchiquetés, et la plaie est d'une étendue variable. Cruveilhier l'ait remarquer, après avoir vu un fait de rupture de l'utérus, que dans un certain nombre de cas les ruptures de la matrice sont la conséquence d'un ramollissement préalable (i). Sans attacher au terme ramollissement une valeur autre que celle de désigner une lésion antérieure, je rappelle que j'ai émis une opinion analogue pour les ruptures de l'œsophage et; du cœur (voy. p. 104 et 568). '

Les ulcéi alions diverses et les pertes de substance qui en résultent,! qu'elles soient produites par la compression de la tête fœtale pendant Faccouchement, ou par la destruction d'un néoplasme tantôt utérin, tantôt péri-utérin, occasionnent des solutions de continuité, des communications anormales, souvent avec des trajets fistuleux. Les fistules utérinetj peuvent être de la sorte : entéro-utérines, recto-utérines, vésico-utéro-l vaginales, utéro-vésicales. |

Parasites de l'utérus.

Les hydatides à echinocoqucs, ont été trouvées dans les parois de^ l'utérus, entre les fibres musculaires, par Laennec, en même temps que^ dans le foie et sous le péritoine. Rokitansky a observé un fait analogue, Les hydatides tantôt s'échappent par le vagin, tantôt elles tombent dans k

(1) J. Ckuveilhier, Tiailé d'anatomie pathologique générale, t. I, p. 112, 18-i9.

UTÉl'.L'S.

péritoine. Giiarcot a trouvé une vésicule hydatiquc près du col de l'utérus. Il faut distini^uer soigneusement ces faits authentiques de parasitisme des échinocoques, des môles hydatiques ou liydropisie placentaire. Un kyste hydatique du petit bassin s'est ouvert dans l'utérus par la j trompe. Des Ascarides migrateurs paraissent avoir pu passer dans la cavité utérine.

Les parasites végétaux qu'on a indiqués sont une algue : le Lepiomitus uteri, et une autre espèce d'entophyte : le Lomm uteri, observée par Wilkinson.

Vices de conformation.

V absence complète de l'utérus est tout à fait exceptionnelle ; la réunion incomplète des deux moitiés primitives de l'utérus chez l'embryon peut

Iôtre observée sous forme de un ou deux corps allongés, situés derrière la vessie, dans les replis péritonéaux. L'utérus bi/Ule consiste en deux rudiments utérins creusés en demi-gouttière, se prolongeant vers les trompes, et plus ou moins réunis sur la ligne médiane. Si l'un des côtés de ces utérus imparfaits se développe, on a un utérus unicorne ; si les deux côtés sont également développés, on trouve l'utérus bicorne, normal chez plusieurs espèces animales. Au moindre degré de division supérieure, l'utérus est biloculaire, sensible au dehors par un sillon ou même normal à l'extérieur. La cavité est cloisonnée plus ou moins haut. [Parfois, on trouve deux vagins, chacun ayant un museau de tanche ou une membrane hymen.

Le col utérin peut être nul ou avecatrésie, fermeture de l'orilice externe, par imperforation d'hymen ou par soudure de parties utérines. Dans les cas d'utérus cloisonné ou double, une partie peut être libre et iirautre imperforée (Puech). Les positions anormales et congénitales de "l'utérus doivent être distinguées de celles qui sont acquises.

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APl'ARElL DE LA GÉNÉRATION.

SECTION IV

La mamelle est une glande cutanée, type des glandes en grappe composée. Elle renferme un grand nombre de lobes formés de lobules, terminés par des acini ou culs-de-sac réunis entre eux, et dont les petits troncs, partant des lobules, se réunissent finalement en un canal excréteurs ou galactophore. Tous ces lobes ont un canal distinct et représentent unei petite glande. Les canaux galactophores, au nombre de dix-huit à vingt, i s'ouvrent isolément sur le mamelon, sans s'anastomoser, mais après s'être' dilatés légèrement en ampoule. Les acini glandulaires renferment des* noyaux ou des cellules cubiques ; les gros canaux galactophores ont un épithélium pavimenteux. Les mamelles sont rudimentaires chez l'homme; elles se développent chez la femme pendant la période d'activité sexuelle et acquièrent leur maximum pendant la lactation.

Inflammations de la mamelle, Mastites.

Les injlammalions aiguës de la mamelle produisant les abcès mammaires peuvent avoir leur siège dans la glande elle-même, dans le tissu cellulaire ou lamineux séparant en avant la glande mammaire de la peau, ainsi que dans la couche cclluleuse située en arrière. Presque toujours, c'est de la glande que part l'inflammation, qui se propage ensuite dans diverses directions.

A. La mastite aiguë parencJitjmateuse ou glandulaire arrive pendant la lactation, surtout chez les femmes qui ont commencé à nourrir. Elle débute par une rétention du lait produisant l'engorgement laiteux dit : poil. D'autres fois, les canaux galactophores sont atteints à la suite de gerçures ou d'excoriations du mamelon, et Tinllammation est propagée à l'intérieur. Parfois enfin l'inflammation, s'étendant au loin, suit les lymphatiques superficiels et même profonds.

Les canaux galactophores et les acini enflammés forment une tumeui' oblongue; la pression fait sortir par le mamelon du lait et du pus. L'abcès une fois formé s'ouvre à l'extérieur, mais presque toujours il a une forme en bouton de chemise, signalée par Velpeau et tenant à ce que le foyer, dans le canal galactophore, communique par un petit trajet avec un

MAMELLE

l'oyci' soLis-cutané, qui liii-mème s'ouvre ;i roxt(h'ieiu'. Dans les aeini, c'esl presque to-ujours dans le segment externe de la glande, dans les portions supéiieure ou inlerieure, que siègent les inflammations.

Les abcès parenchymateux peuvent être nombreux et se renouveler à plusieurs reprises, par succession. Ils contiennent à la fois du lait et du pus. Avec le microscope, on distingue très-bien les globules laiteux caractéristiques, à réfraction forte, dont les bords sont fortement ombrés et le centre brillant, d'avec corpuscules purulents ou leucocytes de diverses variétés.

B. Les abcès superficiels de la mamelle se trouvent dans le tissu conjonctif ou lamineux et dans les lymphatiques. Ils n'offrent rien de spécial.

C. Les phlçgnions profonds contenus dans les mailles du tissu conjonctif ont leur siège, pour quelques auteurs, dans la bourse séreuse rétro-mammaire décrite par Chassaignac. Abandonnés à eux-mêmes, ils provoquent la perforation de la peau sur plusieurs points et font ressembler le sein à une pomme d'arrosoir. Quelquefois il se forme une cavité sous-cutanée communiquant par un petit orifice avec la cavité primitive et profonde ; c'est là encore une variété des abcès dits en bouton de chemise par Yelpeau. Les abcès sous-mammaires peuvent présenter les caractères des abcès froids ou subaigus ; ils sont symptomatiques de lésions osseuses et ils provoquent des épaississements de la plèvre correspondante, qu'on a même vue perforée. Du reste, les fistules mammaires résultent d'un abcès de la glande et communiquent avec la peau, trèsrarement avec la cavité pleurale.

' La mastite chronicjue provient de la mastite aiguë, et les abcès guéris occasionnent des indurations lamineuses ou conjonctives qui forment des tumeurs fibreuses plus ou moins étendues.

Cruveilhier, Verneuil, etc., ont signalé une sorte de sclérose de la mamelle ; mais, en pareil cas, la lésion atteint surtout la peau , qui s'épaissit et devient en quelque sorte atteinte d'éh'phantiasis.

L'inllammation suraiguë ne se terminant point par suppuration et occasionnant ce qu'on a appelé V engorgement chronique d'un seul ou de plusieurs lobules, aide à la formation des néoplasmes fibreux.

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AlM'AllEIL DE LA GÉNÉRATION.

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Hypertrophies, Atrophies mammaires.

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