nyiiertropltioiti généralisée et partielle
L'hypertrophie normale de la mamelle, qui se produit au moment de i la lactation, est comparable à celle de l'utérus en gestation, et les deuxit organes ont leurs éléments accrus de nombre et de volume. Les cellules ï épithéliales des acini du sein gonflent et se multiplient comme les fibres j lisses utérines. Nous avons vu dans l'utérus des portions de la matrice ^ rester volumineuses et d'autres devenir le siège de tumeurs spéciales formées de tissu utérin : les léiomyones ou corps fibreux. Dans la mamelle, . les acini glandulaires se modifient, quoi qu'on en ait dit, s'hypertrophient, . se déforment, et donnent lieu à des hypertrophies partielles de leur tissu, |, prenant un aspect p.articu]ier, devenant kystiques, etc. Ce sont les tu- m meurs appelées adénomes; mais elles sont compliquées, et l'adénome vrai ou simple est fort rare.
l.'liyperlropJiie généralisée de la mamelle n'est en réalité qu'une fausse > hypertrophie portant sur les élémenls fibreux de la glande. Les deux seins -i peuvent être affectés à la fois ou un seul être hypertrophié, le gauche plus ' souvent que l'autre. Ce développement excessif de la mamelle (1) arrivant | ainsi chez les jeunes filles pubères ou chez les jeunes accouchées, donne < l'aspect représenté dans la figure 250.
La peau offre des veines énormes; la couche adipeuse n'est pas s épaisse, elle est même diminuée ou presque disparue. On remarque des i vergetures, des éraillures ressemblant à celles de l'abdomen après l'ascite i ou la grossesse. Les glandes lymphatiques de l'aisselle ne sont pas hypertrophiées. A la paipation, les lobules glandulaires de la mamelle sont très-appréciables et mobiles. Sur une coupe, on voit un tissu blanchâtre ou grisâtre, résistant, élastique, laissant suinter par la pression un suc visqueux renfermant souvent les éléments du lait. Dans le fait observé par Manec, et après la double et remarquable opération à laquelle j'ai i
(Ij Eu. Lauarraque, Elude sur l'hijpeiiropliie générale de la glande mammaire chei la femme, llièse de Paris, 1875.
MAMELLK.
assisté, les canaux galactophores étaient dilatés et pouvaient admettre l'extrémité du petit doigt.
A l'examen microscopique, on constate que le tissu conjonctif ou lamineux, périacineux et périlobulaire, est extrêmement abondant; il est plus condensé autour de chaque lobule de la glande. Les culs-de-sac glandulaires sont tapissés par des cellules formant une couche régulière. Les canaux du lait se sont allongés et dilatés pour suivre l'hypertrophie lami- |neuse ou conjonctive, mais l'épithéliuni n'est pas altéré.
Fille, dix-sept ans. Les mamelles représentaient deux énormes masses renflées et pédiculées (fi j-. 250) descendant sur la poitrine et le ventre qu'elles
l''iG. 250. — Hypertrophie mammaire considérable *.
recouvraient presque en totalité jusqu'au pubi-. Mesurées dans la partie qiu
j * FiG. 250. — Hypertrophie considérable des deux mamelles chez une jeune fille de dixt sept ans, opérée par Manec à deux reprises. Gazette des hôpitaux, 29 janvier 1859.
870 APPAIIEIL DE LA GÉNÉRATION
présente le plus grand développement, elles avaient pour le sein gauche une circonférence de 75 centimètres, et pour le sein droit de 72 centimètres. La circonférence de leur pédicule était de 50 centimètres environ. Leur poids, autant qu'il a été possible de l'apprécier, était de 7 kilogrammes pour la gauche et de, 6 kilogrammes et demi pour la droite. La peau recouvrant ces immenses glandes mammaires n'avait subi aucune altération notable.
L'ablation de ces deux mamelles a été faite en deux fois par Manec ; j'y ai chaque fois assisté et servi d'aide. La première opération a eu lieu le 24 novembre 1858 et la seconde le 26 décembre suivant. Les suites de cette ablation ont été des plus satisfaisantes. La malade a guéri (1).
On remarquera la très-grande analogie de l'hypertrophie mammaire généralisée avec la cirrhose hypertrophique du foie (voy. p. 284). Dans les deux, on trouve les conduits soit biliaires, soit lactés, de toute dimen sion, tiraillés et dilatés. Mais ici, pas plus que pour le foie, je ne crois à la formation de canalicules nouveaux.
Vhypertrophie vraie partielle de la mamelle constitue Vadénome mammaire, et son étude a donné lieu aux controverses les pins animées Sa réalité est même contestée.
En envisageant sans parti pris celte question difficile, on doit recon' naître que le fibrome seul, diffus ou limité, ne saurait rendre compte dejj toutes les modifications des tumeurs mammaires, appelées tour à tour : tumeurs mammaires chroniques, tumeurs fibrineuses, corps fibreux délai mamelle, tumeurs adénoïdes, cysl:osaixomes, etc., etc. Si l'on réfléchit i que la glande mammaire, comme l'utérus, s'hypertrophie normalement, facilement à chaque grossesse, il n'y a rien de bien étrange, ni de bien extraordinaire à ce que l'acinus de cette glande s'hypertrophie ou se développe anormalement par une cause excitante locale. Il y a plutôt une question de mots qu'une différence absolue d'appréciation. On reconnaît l'hypertrophie glandulaire ; mais, pour les uns, cette hypertrophie, cet adénome, est dominant; pour les autres, il n'est que secondaire.
Les adénomes au début sont lisses, tantôt sphériques, tantôt ovales, entourés par une membrane fibreuse. La tumeur est mobile, roulant sous les doigts. A la coupe, elle offre un grand nombre de culs-de-sac glandulaires semblables, ressemblant à ceux de la mamelle normale. Dans l'adénome très-développé, la coupe montre des granulations très-apparentes; la tumeur est divisée en lobes, rattachés néanmoins à un lobule de la mamelle, comme l'ont démontré Verneuil et Broca.
Avec le microscope, on voit dans l'adénome peu volumineux les culs-
(1) Manec, Hijpertrophie mammaire énorme chez, line jeune fille de dix-sept ans {Gazelle des hâpitam; n" 12, p. 45, 1859.