‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 227 sur 317 · M A M EL LE · texte numérisé non relu

M A M EL LE

de-sac glandulaires agrandis, atteignant au moins le double du volume normal et l'épitliélium non altéré. Autour des culs-de-sac sont des fibres conjonctives ou lamineuses fines, peu serrées, moins abondantes que dans un lobule sain. La consistance du tissu fibreux enveloppant est assez forte, celle du tissu de l'adénome glanduleux moindre que la glande

i normale. A mesure que l'adénome croît, cette consistance diminue, les culs-de-sac nouveaux sont mollasses, les cellules épitbéliales sont un peu plus gonflées.

Les adénomes volumineux contiennent toujours des kystes. Ceux-ci .atteignent le volume d'une noix ou d'une noisette ; leur contenu est par- |fois caséeux. L'adénome, parfois unique, peut être multiple; il est rarement aussi simple que je viens de le décrire; le plus souvent il est entouré de tissu fibreux ou myxomateux, avec des végétations dans les 'kystes. Il peut récidiver par développement concomitant, mais il n'infecte pas l'économie, comme le sarcome ou l'épithéliome.

s. — Ati'opbics «le In iiianiolle.

Udtropliie de la mamelle est physiologique après la ménopause; alors

FiG. 251. — Atrophie adipo-fibreuse do la mamelle *

* Fie. 251, ^ Alropliie de la mamelle. M, mamelle revenue sur elle-nième avec des lobes,

AIM'AIÎEIL ])!•: LA f. É N K li A T I 0 N

les granulations acineuses ont leur épilhélium desquamé, devenant graniilo-graisseux, réfringent (fig. 251), puis ces grains glandulaires disparaissent tour à tour, et il reste seulement des canaux excréteurs aplatis et rétractés. Les plus fins canalicules arrivent à se confondre avec le tissu fibreux devenu prédominant et chargé de cellules adipeuses ; les éléments glandulaires ont disparu. En résumé, chez les femmes Agées, les restes de la mamelle sont perdus au milieu d'une gangue cellulo-adipeuse et fibreuse.

Néoplasmes de la mamelle, i. — Sarcomes, Fihroinois, IHyxonioi«, Clionclroines, e<e.

A. Sarcomes. — Les sarcomes de la mamelle ont un volume variable depuis la grosseur d'une petite pomme jusqu'à celle de la tèle d'un fœtus à terme ; ils sont au début non adhérents k la peau qui peut finir par s'ulcérer à leur niveau et par laisser à nu la tumeur qui s'ulcère elle-même.

Les sarcomes présentent à la coupe un aspect multiple : tantôt blanchâtre et assez dure, la tumeur, mélangée de tissu fibreux, forme alors le fibro-sarcome. Le type du sarcome est constitué par une tumeur molle, rougeâtre et comme médullaire, c'est le sarcome myéloïde ou encéphaloïde. Celte dernière variété peut se généraliser.

Avec le microscope, on voit que le point de départ du sarcome est dans le tissu conjonctif périlobulaire. Ces néoplasmes sont constitués ou formés d'éléments cellulaires, arrondis ou fusiformes, corps fibroplastiques de Lebert, et contiennent généralement peu de vaisseaux. Le tissu adipeux manque dans les parties occupées par le sarcome.

Dans le sarcome ayant envahi toute la mamelle, les cellules épithéliales des acini peuvent être multipliées ; on trouve aussi des cellules en dégénérescence colloïde : sarcome myxomateux. Souvent on observe des kystes et on voit le kysto-sarcome, sur lequel on a beaucoup discuté. Ces kystes présentent une forme arrondie, plus souvent une apparence de fentes ou de lacunes à cause du refoulement de la paroi par des bourgeons ou des prolongements sarcomateux, tantôt simples, tantôt ramifiés.

Les sarcomes se distinguent des épithéliomes par l'absence de tissu adipeux, mais l'immunité de leur généralisation n'est pas constante. Les petites tumeurs sarcomateuses des plèvres, du poumon, des viscères

adipo -fibreux /, / ,- C, détails de ratropliie, f, f, f, fibrilles du tissu fibreux; t, t, cavité des acini mammaires, dont répithélium est desquamé, remplies de liquide filant, les cellules épithéliales, revenues sur elles-mêmes, plusieurs sont aplaties et graisseuses; o, o, altération graisseuse avancée d'acini mammaires. Les cellules sont graisseuses au milieu d'un liquide glutineux. Figure demi-schématique. Grossissement, 150 diamètres.

MAMKLLE. 87;!

ulominaux et d'autres parties du corps sont observées chez des femmes pérées d'un sarcome de la mamelle, soit myéloïde et cellulaire, soit fasculé.

Labbé et Coyne font jouer un grand rôle à ce qu'ils appellent la mem- ■ane limitante extrême de la glande. Pour ces auteurs, le sarcome sié- 3rait toujours en dehors, et les corps Obroplasliques seraient perpeniculairement implantés sur cette membrane limitante (1). Malgré cette jarticularité, les cellules du sarcome envahissent, cela n'est pas douteux our moi, tous les tissus, acini et lymphatiques; la généralisation a eu comme dans l'épithéliome, mais il faut reconnaître qu'elle est bien loins fréquente et exceptionnelle.

B. Fibromes. — Les fibromes forment des tumeurs assez fréquentes ans le sein et sont de toutes les plus bénignes. Cependant Labbé et Coyne rlmettent qu'elles peuvent être le point de départ de productions sarcolateuses.

Les fibromes offrent deux formes principales : celle de tîbromes diffus, |éphantiasis de la mamelle, hypertrophie généralisée (voy. p. 868), et 'S fibromes circonscrits. Ces derniers renferment une partie des corps l)reux mammaires de Cruveilhier, et Velpeau rangeait tous les fibromes ;\ns les tumeurs adénoïdes. Le fibrome circonscrit ou lobulé est constitué n tumeur ovoïde, dont le volume ne dépasse pas ordinairement celui 'une petite pomme ; il est séparé du tissu ambiant par une sorte de ^utrage du tissu cellulaire périphérique, et il est par conséquent facilelent énucléable. Ces tumeurs siègent surtout sur le segment externe I supérieur delà mamelle.

xV la coupe, le fibrome de la mamelle présente une surfjice d'un blanc osé, et elle est formée par du tissu conjonctif disposé en faisceaux, en- Durant les acini et les lobules. Quand la tumeur acquiert de grosses iniensions, on y voit des cavités kystiques parfois recouvertes sur 3urs parois internes de végétations papillaires. Dans ces cas, le volume e la tumeur arrive à égaler les deux poings; on peut y trouver alors es dépôts crétacés.

Virchow fait mention d'une variété de fibromes endo-canaliculaires léveloppés dans les conduits de la glande, très-dilatés et offrant des végétaions papillaires. Le fibrome péricanaliculaire, de beaucoup le plus fréquent, produit souvent par sa rétraction une sorte d'ectasie des canaux '.landulaires. Les vaisseaux ne sont pas très-nombreux dans les fibromes.

Avec le microscope, on trouve dans les fibromes du sein une grande

(1) Larbk et Coyne, Traité îles tumeurs bénignes du sein, p. 291 et 293, fii^-. Il], 2i cl 25, 87G.

APPAREIL DE LA GÉNÉRATION

quantité de fibrilles de tissu conjonctif ou lamineux. Labbé et Coyne donnent un rôle considérable au fibrome dans leur livre, et c'est en effet une des tumeurs les plus bénignes du sein ; mais le lîbrome pur,' formé seulement de tissu fibreux, est relativement rare ; il est ordinai-s rement accompagné d'éléments cellulaires, de tissu muqueux, de kystes! de diverses espèces.

C. Lipomes. — Le tissu adipeux formant tumeur est peu fréquent dansle sein. A. Gooper en cite un exemple, ainsi que Birkelt, Scanzoni el] Velpeau. " |

D. Angiomes. — Les tumeurs composées de vaisseaux, angiomes simples ou caverneux, sont extrêmement rares dans la mamelle, en exceplant celles de la peau sus-jacente. Albers, Langenbeck, Hake, rapportent des observations de ce genre de néoplasme. |

E. Mijxomes. — Les myxomes du sein ne diffèrent des sarcomes que i par la nature de leur tissu. Les myxomes kystiques sont les plus ordinaires, j (les tumeurs n'adbèrent pas à la peau et sont isolées facilement à cause de^ leur enveloppe libreuse, condensée en membrane. Le myxome peut être diffus, ou bien lobulaire, très-rarement le myxome est simple.

Le développement papillaire des végétations des canaux galactophores et des culs-de-sac, formant alors des cavités lacunaires, sont les mêmes que dans les fibromes, où ils ont été fort étudiés par Labbé et Coyne (1), et dans les sarcomes. Les kystes lacunaires sont tapissés par des épithclinms ])avimenteux ou cylindriques. Le contenu des végétations est d'apparence colloïde, il renferme un réseau de cellules, des vaisseaux san-i guins et il est revêtu par l'épithélium.

F. Chondromes, Osteomes. — Les chondromes mammaires sont trèsrares, et on connaît seulement quelques exemples de ces tumeurs, dûs à Astley Gooper, Busch, E. Wagner. Les enchondromes sont simples, ou bien, comme dans le fait de Wagner, ils sont associés à une autre espèce de tumeur. Les osteomes, ou plutôt les plaques calcifiées mammaires, dans les encliondromes et les libromes, ne sont point fréquentes. Auguste B(''rard et Velpeau en ont cité des observations.

G. Myomes. — Des amas foi-més par des libres musculaires striées ou rhabdomyomes ont été rencontrés dans la mamelle par Billrotli ; ils faisaient partie d'un sarcome médullaire complexe*

(I) Lauhk ot CoYNF. Traité des tumeurs bénignes du sein, p. 252 et siiiv., fig. 17, iH, 19, 187(j.

MAMELLIi.

H, Mélatiose. — La mélanose simple, consistant en dépôt de granulaons m(Maniques dans les cellules épithéliales des acini mammaires, a été jltudiée et figurée par Gornil et Ranvier (1). La mamelle présentait des liches visibles à l'œil nu, la matière mélanique s'était formée, non dans ' tissu conjonctif, mais dans les culs-de-sac et les acini glandulaires ,ig. 252). Dans des préparations avec l'acide tartrique, on aperceait les acini de la glande tantôt normaux, tantôt comme injectés en pir. Avec un fort grossissement et sur des coupes faites après durcisse-

nent de la pièce dans l'alcool, on voyait que la production des granules nélaniques avait eu lieu dans le protoplasma des cellules épithéliales, m tour du noyau (fi g. 252).

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