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Ostcoinalacic

L' ostéomalacie, qui atteint les adultes, et surtout les femmes après les couches, est caractérisée par un ramollissement progressif de tout le système osseux et par des déformations consécutives à la diminution de résistance des os; elle est assez fréquente en Allemagne. La première observation est celle de Gschusius, médecin arabe ; une des plus célèbres est celle de la femme Supiot, relatée par Morand fils.

Un manque de nutrition de l'os, qui aboutit à la résorption des sels calcaires et à la dissolution des travées osseuses, caractérise l'ostéomalacie. Dans une première période, les os ont conservé leur volume sans raréfaction, mais ils se laissent déjà couper avec l'instrument tranchant; ils sont manifestement ramollis ; les sels calcaires disparaissent de la périphérie au centre des travées. La moelle est rouge et foncée, ce qui tient au grand développement vasculaire (osteomalacia rubra, Solly) ; les vaisseaux peuvent se rompre et produire des foyers hémorrhagiques ou des ecchymoses ; la graisse diminue et la moelle est remplacée par une substance colloïde ressemblant à celle du corps vitré. Le périoste se détache alors plus facilement et des ecchymoses se produisent souvent audessous de lui. Dans une seconde période, il y a décalcification et résorption des travées osseuses : de là des déformations, soit par affaissement de l'os (type déformant, Kilian), soit par fracture (type fracturant); ces deux types sont réunis sur le même individu. Les espaces médullaires agrandis se trouvent remplis d'un magma rouge brunâtre, moelle fœtale qui a de la ressemblance avec la pulpe sph'mique. Souvent les fractures ne se consolident pas ; cependant on a cité des exemples de cal osseux (Volkmann) . 'À

L'examen à l'aide des verres grossissants fait constater d'abord sur un os atteint d'ostéomalacie la disparition périphérique des sels calcaires des trabécules (lig. 258). Les régions décalcifiées se colorent seules par le carmin, tandis que les portions d'os intactes ne se colorent point. Les vaisseaux de la moelle sont dilatés et gorgés de globules rouges et blancs; les cellules médullaires sont arrondies et plusieurs irrégulières, fusiformes ou à prolongements. Plus tard, on voit que dans les espaces médullaires, de plus en plus agrandis par les progrès de la décalcification et

os.

de la résorption, les cellules médullaires ou médullocelles renferment une matière colorante pigmentaire jaune, rouge ou brune. Cette pigmentation résulte des extravasations sanguines des vaisseaux capillaires.

Le mécanisme de la décalcilication et de la résorption n'est pas facile à expliquer. On s'est préoccupé de l'action d'un acide qui dissoudrait les

FiG. "258. — Ostéomalacie *.

sels de chaux. Rindfleisch pense que l'acide carbonique en excès pourrait agir de la sorte ; il y aurait congestion des veines de la moelle, stase sanguine et excès d'acide carbonique; pour Weber. ce serait l'acide lactique ; pour Schmidt, l'acide phosphorique ; enfin, Follin et Virchow pensent que l'ostéomalacie serait une ostéite spéciale avec destruction du tissu osseux et absence de réparation. Bibra, Schmidt ont trouvé une diminution des sels de cliaux, et Pagenstecher admet que ces composés calcaires sont éliminés par les bronches, d'où résulte la fréquence des catarrhes chez les sujets atteints d'ostéomalacie.

Morand, Mémoires rie l'Académie des sciences, p. 511, 174-3. — Histoire de la maladie singulière et de l'examen du cadavre d'une femme devenue en peu de temps toute contrefaite par un ramollissement général des os, Paris, 1752. — S. Solly, Remarks on tlie pathology of moUities ossium (Med.-chir. Transactions, vol. XXVII, p. 435, London, 1844). — A. -S. Buisson, De l'ostéomalacie, tiièse de Paris, 1851. — G.-K. Stanski, Du ramollissement des os en- général, thèse de Paris, 1839. — Recherches sur les maladies des os désignées sous le nom d'ostéomalacie, Paris, avec 6 planches, 1851. — Beylard, Du rachitis, de la fragilité des os et de l'ostéo-

* FiG. 258. — Fragment de la substance osseuse d'une côte ostéomalacique. a, a, a, tissu osseux normal; 6, 6, b, tissu osseux n'ayant plus la substance calcaire; c, c, canaux de Havers; d, espace médullaire; (/*, espace médullaire rempli de moelle rouge, avec les capillaires béants. Grossissement 300 diamètres (E. Rindfleisch).

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malacie, thèse de Paris, avec planch., 1852. — R. Virchow, Ueber cine parenchymatosc Enlzimdung der Knoclien (Archiv fur pathoL Anat. und PhysioL, Band IV, S. 261, 1852). — Litzmann, Die formeii des weiblichcn Beckens nebst einem Anhange iiber die Osteomalacie, Berlin, 1801.— Pagenstecher, Ueber Osteomalacie (Monatschrift fUr Geburtskunde, Band XIX, Berlin, 1862. — SCHUTZENBERGER, Observation d'Ostéomalacic (Gazette médicale de Strasbourg, 1861). — E. RiND- FLEiscH, Traité d'iiistologie pathologique, trad. F. Gross, p. 609 et fig., 1873). — Paul Bouley, De l'Ostéomalacic chez l'homme et les animaux domestiques, thèse de Paris, 1874. — Bouley et Hanot, Observ. d'ostéonialacie (Archiv. de physiologie norm. et pathol., 1874). — Mondan, Un cas d'ostéonialacie (Lyon médical, n° 22, 1876). — A. Trousseau, Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu, 5= édit t. III, p. 521, 1877. — Ed. Schwartz, Nouveau Dictionnaire de méd. et de chir. pratiques, t XXV, p. 414, 1878.

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