APPAREIL DE LA LOCOMOTION
diaphyse ; sur le tibia, ils occupent la face interne, dont ils amoindrissent la concavité. La chondrocalciose donne aux os une grande friabilité ; elle est due à l'exagération do la couche chondrocalcaire normale ou à la présence, au milieu du tissu spongieux qui avoisine les extrémités diaphysaires, d'îlots de tissu cartilagineux calcifié. Dans la transformation gélatiniforme, la moelle, de teintes très-variées, depuis le rouge-groseille jusqu'au jaune-maïs, est brillante, transparente, et rappelle par son aspect certaines gelées ; la substance osseuse disparaît et la diaphyse peut se briser.
Au point de vue des lésions, la syphilis héréditaire et le rachitisme ont des points de contact. Ainsi, dans les deux cas, il y a des déformations; mais, avec le rachitisme, on voit la tuméfaction des extrémités et la courbure des diaphyses ; dans la syphilis, le gonflement est dû à des excroissances osseuses, à moins d'abcès périarticulaires. D'autre part, le tissu préformé du rachitis se médullise, se décalcifie, et celui qui est exubérant ne s'incruste pas de sels calcaires (voy. p. 905) ; dans la syphilis, la médullisation et la décalcification sont peu actives et localisées, tandis i que les parties récentes sont formées par du vrai tissu osseux.
Hyperhémies, Hémorrhagies des os.
A. La congestion ou Vhyperhémie des os est caractérisée par la couleur rouge foncé de la moelle. Pour l'apprécier, il faut se rappeler que les extrémités épiphysaires sont dans un état d'hyperhémie physiologique dans le jeune âge, et que la moelle est jaune ou adipeuse chez les personnes adultes ou âgées.
En faisant durcir la moelle dans l'acide picrique et examinant des coupes minces dans la glycérine, on trouve que les os hyperhémiés ont les vaisseaux dilatés, gorgés de globules rouges ; de plus, les vaisseaux ectasiés se trouvent au milieu de cellules multipliées. On constate l'hyperhémie des os dans l'ostéite, la carie, l'ostéomalacie, le rachitisme, enfin autour des néoplasmes.
B. Les hémorrhagies des os ont lieu principalement sous le périoste et dans le tissu spongieux. Elles consistent en de simples extravasations punotiformes ou en des taches rouges diffuses, plus ou moins étendues. Dans les fractures, l'hémorrhagie est abondante. On la trouve encore avec des maladies générales, comme le purpura, la leucocythémie, les fièvres graves, etc.
Avec le microscope, on constate l'épanchement des globules rouges dans la moelle ou sous le périoste ; dans les hémorrhagies anciennes, les
os.
hématies ont perdu leur forme arrondie et laissé échapper leur matière colorante.
Kystes; Spina ventosa; Ostéoporose.
A. Kystes des os. — On a décrit sous le nom de kystes osseux des tumeurs à une ou plusieurs poches contenant un liquide variable et différentes des hydatides, tumeurs [limitées par du tissu osseux. Ces kystes non parasitaires siègent le plus souvent dans le tissu spongieux épiphysaire des os longs ou dans les os courts (vertèbres, os maxillaires) ; la paroi est osseuse et tapissée d'une membrane séreuse ou végétante ; le contenu est un liquide séreux ou très-limpide, parfois brun ou d'une couleur chocolat.
La pathogénie des kystes des os est fort obscure et très-controversée.
I B. Spina-ventosa. — Le nom de spina-ventosa a été donné à des tuméifactions osseuses arrondies en forme de fuseau et ressemblant à ce qui se 'produit quand on souffle une bulle d'eau de savon ou une bouteille de verre (ventosa) ; celui de spina est emprunté au caractère de la douleur, qui ressemble à celle produite par une épine implantée dans les parties vivantes. Aujourd'hui, on doit considérer le spina-ventosa comme une ostéite scrofuleuse, avec des éléments de carie et de nécrose se produisant dans les petits os courts (Gosselin).
Les altérations occupent les phalanges des doigts et les métacarpiens, le plus souvent, la première phalange du médius. Dans une première phase encore peu étudiée, il y aurait vascularisation excessive et augmentation du volume de la moelle. Pendant une seconde phase, les médullocelles sont très-multipliées; il se fait une perforation du canal médullaire, et la moelle s'étale entre le périoste et la peau, ou jusqu'à l'extérieur si la peau s'est ulcérée. On trouve ainsi une sorte de hernie de la moelle à travers la petite diaphyse de l'os (Lannelongue, Gœtz) (1). On constate encore d'autres lésions : le périoste est épaissi, décollé ; la substance compacte est fragile par places, amincie, raréfiée ; ailleurs elle est hyperostosée; plus loin elle est nécrosée, surtout s'il y a de la suppuration. L'extrémité inférieure et l'articulation voisine de la diaphyse restent indemnes; c'est tout l'opposé pour l'extrémité supérieure. Le spina-ventosa est donc une ostéite suppurante cario-nécrosique (Gosselin).
G. Ostéoporose. — V ostéoporose consiste en une raréfaction du tissu osseux ; elle peut être adipeuse ou sénile.
(i) E. GoETz, Etude sur le spina-ventosa, accompagnée d'observations recueillies à l'hôpital Sainte-Eugénie et à l'hôpital des Enfants- Assistés, thèse de Paris, 1877.
APPAREIL DE LA LOCOMOTION
V ostéoporose adipeuse (Ranvier) se rencontre à la suite d'immobilisation des jointures daas les maladies articulaires chroniques. Cette lésion! consiste en une raréfaction du tissu ordinaire dans les extrémités épiphysaires des os longs ou dans les os courts. Avec le microscope, on reconnaît des cellules adipeuses siégeant dans les espaces médullaires et dans les canaux de Ilavers ; les travées osseuses du tissu spongieux s'amincissent et finissent par disparaître. L'os devient finalement à l'état d'une coque mince, percée d'orifices vasculaires très-nombreux.
V ostéoporose sénile résulte d'une raréfaction du tissu osseux avec des espaces médullaires élargis. Comme conséquence, on trouve les os trèsfriables, la colonne vertébrale s'incurve, des fractures de côtes se produisent sans le moindre effort, mais se consolident assez bien avec cal cartilagineux, qui s'ossifie ensuite. On ne constate pas la décalcification, mais la raréfaction. La lésion de la moelle osseuse ressemble un peu à celle I; qui existe dans l'ostéomalacie, en ce qu'il y a disparition des cellules adipeuses, formation de moelle fœtale et de tissu conjonclif dans les espaces médullaires.
Plaies ; Fractures , Ruptures des os.
a. — Plaies des os.
Les plaies des os intéressant le périoste et une partie de la substance < compacte sont produites par accident ou résultent de l'application d'instruments, de la gouge, du trépan, etc. Les plaies des os du crâne avaient reçu des anciens auteurs des noms particuliers, suivant que les entailles étaient superficielles ou profondes.