Myosite aiguë simple
La myosite traumatique aiguë, ayant lieu dans une plaie d'amputation par exemple, offre les caractères anatomiques d'une production de bourgeons charnus aux dépens du tissu conjonctif ou lamineux interfasciculaire et intrafibrillaire ; le muscle est plus pale et s'atrophie. Avec le microscope, on voit les capillaires sanguins trôs-dilatés, s'avancant et formant des replis ou des anses vasculaires dans une couche cellulaire embryonnaire ou embryoplastique ; ces cellules revêtent la surface de section du muscle, elles s'insinuent entre toutes les divisions du périmysium. Les faisceaux musculaires montrent sur les coupes minces faites en long et en travers : des faisceaux primitifs atrophiés en grande partie, dirigés irrégulièrement et non dans un seul sens. La striation des faisceaux est nulle ; le sarcolemme est rempli d'une masse granuleuse ou granulo-graisseuse, et ses parois sont couvertes de noyaux. Enfin, à une période plus avancée, au milieu du tissu de bourgeonnement, se trouvent des fibrilles résultant de la modification des cellules fusiformes embryoplastiques en tissu de cicatrice commençant à se former.
Quand sur les animaux on étudie expérimentalement la myosite traumatique, on voit que, en s'élevant successivement au-dessus de la plaie, le tissu lamineux interfasciculaire est de moins en moins rempli de cellules
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embryoplastiques, de leucocytes ainsi que de globules rouges du sang ou de grains d'iiématine. Le sarcolemmc offre des noyaux disposés en série ; enfin, à une hauteur suffisante, les fibres musculaires primitives et leur sarcolemme sont à l'état normal.
La myosite spontanée aiguë peut être diffuse ou circonscrite. Elle est tantôt primitive, tantôt secondaire, subaigiië, aiguë franche ou suraiguë et infectieuse. L'inflammation du muscle est tantôt propagée, tantôt symptomatique d'une affection générale (I).
La myosite est rarement étendue à tout un muscle ; cjuand elle n'est pas nettement circonscrite, la portion malade se confond avec les parties saines. Les foyers inflammatoires sont souvent multiples.
Le muscle ou les portions du muscle atteintes de myosite sont gonflés, tuméfiés, très-fortement vascularisés, et la congestion va parfois jusqu'à l'hémorrhagie, formant des ecchymoses ou de petites suflfusions sanguines étalées.^ Le tissu musculaire est devenu plus cassant et ramolli; par la pression il se réduit en bouillie : de là, une grande facilité des ruptures musculaires, qui sont tantôt tibrillaires, tantôt lasciculaires, tantôt occupant tout le muscle, de là aussi les hémorrhagies secondaires (voy. Ilémorrhagies des muscles). Les fibres musculaires ont un aspect terne, grisâtre ou jaunâtre. Le muscle coupé est un peu granuleux. Dans les formes les plus légères de la myosite, ces altérations sont peu marquées, à l'œil nu.
A l'aide du microscope, on distingue dans la myosite, au début, l'hyperhémie, la tuméfaction des fibres et la dégénérescence granuleuse avec striation irrégulière. A un degré plus avancé, la dégénérescence granuleuse acquiert plus d'intensité ; il y a aussi des blocs vitreux ; les noyaux des corpuscules musculaires du sarcolemme se multiplient et apparaissent en séries plus ou moins nombreuses ; les cellules du tissu conjonctif ou lamineux périphérique augmentent également de nombre. Les fibres musculaires sont très-friables. Plus tard encore on voit la multiplication des éléments se continuer et la disparition complète de la striation ; à la suite de la dégénérescence granuleuse et vitreuse, il se produit de l'atrophie par résorption ; les gaines de sarcolemme sont parfois remplies déjeunes éléments cellulaires. Les vaisseaux eux-mêmes prennent part au processus ; la membrane adventice s'infiltre de noyaux, tandis que l'interne se gonfle ; il y a diminution du calibre vasculaire.
La terminaison du processus de la myosite simple aiguë se fait par régénération du tissu musculaire (Zenker) : les fibres altérées disparaissent et il s'en forme de nouvelles aux dépens de jeunes éléments cellulaires.
(1) G. Hayem, article injlammalion des muscles (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales; 2-= série, t. X, p. 728, 1876).
MUSCLES
S. — illyosUc suppurât I vc ; Abcès des luuscleç^.
La myosile suppurative est circonscrite, formant alors les abcès musculaires, ou bien elle est diffuse.
Le phlegmon musculaire circonscrit, abcès musculaire collecté, est unique ordinairement et alors entouré de parties saines ou à peine enflammées. C'est une collection purulente, en quelque sorte enkystée par le muscle ; on la trouve parfois ainsi dans la psoïtis. D'autres fois, de petits abcès entourent ce foyer principal. Il n'est pas rare que le pus s'étende au loin.
Les abcès musculaires sont produits par des processus divers. Tantôt c'est la terminaison d'une myosite simple ; on voit des nappes jaunâtres de pus. Le plus souvent le tissu ambiant est infiltré de sérosité puriforme, ou bien on constate un abcès hématique par inflammation autour d'une collection sanguine ; d'autres fois les abcès sont métastasiques, multiples, disséminés, très-petits, avec des infiltrations de sang et des thromboses. Rnlin il existe un abcès phlegmoneux primitif.
La myosite suppurative diffuse aiguë survient h la suite des grands Iraumatismes, dans la maladie arthrito-suppurative (Quinquaud), dans certaines affections purulentes. Le pus est infiltré dans le tissu lamineux interfasciculaire ; on voit le muscle tuméfié et grisâtre. Dans la forme subaiguë ou même chronique, avec les abcès froids ou par congestion, le pus est infiltré dans les tissus interstitiels. A l'œil nu, on voit le muscle fortement pigmenté, gris noirâtre, et avec le microscope on constate la dissection des fibres musculaires par le pus, leur transformation granuleuse et granulo-graisseuse.
En étudiant le processus au microscope dans ses stades, on trouve dans |a myosite suppurative : à un premier degré, des leucocytes infiltrés dans le tissu lamineux; en même temps, les fibres musculaires deviennent granuleuses et plus opaques. Plus tard, l'altération de ces fibres devient plus nette, le protoplasma musculaire se ramollit, prend l'aspect vitreux, <'t le sarcolerame se trouve couvert de cellules multipliées.
En résumé, tantôt le pus existe entre les gros faisceaux musculaires, on a ainsi le phlegmon interm.usculaire ; tantôt les fibres musculaires sont disséquées par le pus donnant lieu à la forme absolument diffuse. La terminaison de la myosite suppurative se fait par résorption du pus ou bien par évacuation du foyer. On observe dans ce dernier cas une intersection intra-musculaire et le raccourcissement du muscle ; quelquefois il se produit une calcification des poi'tions de tissu entourant l'abcès musculaire.
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