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Myosïtc chronique; Sclérose, Cirrhose niiisculnire

La myosite chronique peut succéder à rinflammation aiguë ou bien elle survient d'emblée. On trouve alors les muscles indurés, grisâtres, rétractés, sillonnés ou cloisonnés par des brides fibreuses. Cet état de myosite chronique a reçu les noms de : myosite tîbreuse interstitielle, induration scléreuse, dégénération fibreuse; c'est une vraie cirrhose musculaire.

Dans la myosite chronique, le processus a lieu presque entièrement dans le tissu conjonctif ou lamineux interstitiel et avec le microscope on constate au début une multiplication des éléments cellulaires embryoplastiques, plus tard une condensation de ces éléments devenus fibrillaires. Il y a àinsi une cirrhose interstitielle qui comprime et qui atrophie les: libres musculaires propres.

A la myosite chronique se rapporte la myosite ossifiante. Le dépôt de particules osseuses se fait autour des muscles près du cal des fractures; il se fait aussi autour des articulations frappées d'arthrite sèche. Barth a vu une production osseuse, longue de 27 centimètres, large de 7 centimètres, et développée dans le muscle droit antérieur de la cuisse; elle avait pour départ une arthrite déformante de la hanche.

Avec le microscope, on aperçoit dans l'os anormal musculaire des cellules osseuses et des ostéoplastes dont les ramifications sont nettes, mais dont l'arrangement est irrégulier, comparé à celui de l'os normal. Autour des plaques osseuses, les fibrilles musculaires sont atrophiées à un degré variable.

Plougquet, Dissertatio de myositirte et neuritide, Tubingfe, 1790. — Dionis des Carrières, De la myosite, thèse de Paris, 1851. — P. Fischer, De la myosite (Union méd. de la Gironde, 1859). — Foucault, Myosite suppurée suraigiii; (Bull, de la Soc. anatoiniqiie de Paris, t. XIV, 1869). — Munchmeyer, Ueber Myositis ossilicans progressiva(Zeitschrift l'iir ration. Medicin, 1869). — G. Hayem, Étude sur les myosites symptomatiques (Archiv. de physiol. normale et pathologique, t. III, p. 81, 1870). — L. DUBOS, Du myosis, thèse de Paris, ii° 278, 1874. — R. Gerbeh, De la myosite ossifiante progressive (The Glasgow med. journal, p. 173, 1875). — Nicaise, Do la myosite infectieuse (Revue mensuelle de méd. et de chirurgie, t. I, p. 51, 1876). — G. Hayem, Articles Muscles, Mijosiles (Dict. encyclopédique des sciences médicales, "2" série, t. X, p. 728, 1876)

Dégénérescences- des fibres musculaires.

Je place ici les dégénérescences des fibres musculaires, parce qu'elles se rattachent de près aux inflammations et qu'elles ont des rapports plus éloignés avec les néoplasmes. Les principales de ces altérations remai"-

MUSCLES

'quables sonl : la dégénérescence graisseuse, la dégénérescence pigmentaire, la dégénérescence vitreuse.

A. La dégénérescetice granuleuse s'observe au début de beaucoup d'atrophies, elle est fréquente. Elle n'est appréciable qu'au microscope, et elle survient souvent avec une diminution de netteté dans la slriation transversale des faisceaux musculaires. Cette dégénérescence, confondue par Meryon avec la graisseuse sous le nom de désintégration granuleuse, répond en partie à la tuméfaction trouble de Virchow. La caractéristique est la transformation du contenu strié en fines granulations protéiques solubles dans l'acide acétique ou la potasse. Charles Robin est le premier qui l'ait bien distinguée et décrite. Avec le microscope, on voit que la fibre musculaire'est plus opaque, la striation moins nette ; la substance est parsemée de nombreuses granulations, disparaissant sous l'inlluence de l'acide acétique, qui rend le contenu plus transparent. Tantôt les noyaux des cellules musculaires sont normaux, tantôt ils sont multipliés; dans ce dernier cas la myosite est imminente. L'état de dégénérescence granuleuse avec multiplication des éléments cellulaires du sarcolemme se rencontre dans les maladies générales, telles que la lièvre typhoïde, la variole, la phthisie aiguë, etc.

Dans les degrés avancés de la dégénérescence granuleuse protéique, les fibres musculaires ont le sarcolemme vide, revenu sur lui-même. On n'y trouve que des granulations très-fines et des corps allongés que Ch. Robin compare à de petits bâtonnets. Ces derniers sont probablement des corpuscules du sarcolemme revenus sur eux-mêmes et atrophiés.

L. Dégénérescence graisseuse. — Chimiquement un muscle en transformation graisseuse, ne contient pas plus de graisse, qu'un muscle à l'état normal (Rindlleisch). Lorsque cette graisse se montre sous la forme de nombreuses granulations, l'état morbide prend le nom de dégénérescence graisseuse ou granulo-grais-

^CUSe. FiG. 273. — Dégéné-

A l'œil nu, le muscle est pâle, d'une couleur jau- rescence graisseuse nâtre ou feuille morte ; il est devenu plus friable. Avec '^^^ muscles. * le microscope, on voit des granulations de graisse disposées en séries longitudinales, la striation transversale est moins nette; c'est au voisi-

* FiG. 273. — Dégénérescence des fibres striées musculaires. On voit à gauclie la dégénérescence commençant autour des noyaux, elle est plus avancée à droite. Grossissement 3U0 diamètres (E. Rindileisch).

APPAREIL DE LA LOCOMOTION

nage des noyaux que débute la lésion graisseuse (fig. 273), le sarcolemme a conservé sa îransparence. Les granulations, en grossissant de plus en plus, rendent la fibre opaque et empêchent d'apercevoir le contenu strié.

Tantôt les faisceaux atteints de dégénérescence graisseuse à un degré faible reviennent à l'état normal, tantôt ils se détruisent. Alors les granulations remplissent le sarcolemme, puis elles deviennent de plus en plus fines et disparaissent peu à peu en laissant voir les gaines vides. Cette dégénérescence se rencontre dans une foule de maladies, dans la paralysie infantile, l'atrophie musculaire progressive, dans les fièvres, et surtout dans certains empoisonnements par le phosphore, l'arsenic, etc.

G. Dégénérescence pigmentaire. — Cette altération est caractérisée par des granulations anguleuses ou arrondies, siégeant dans la substance musculaire des fibres primitives ; elles proviennent de l'hémoglobine transformée ; on les voit se produire autour des infarctus, des abcès métastatiques. Cette dégénérescence n'est point primitive comme les précédentes.

D. Dégénérescence calcaire. — La dégénérescence calcaire des fibres striées est rare chez l'homme. Elle a été signalée par Meyer et Rokitansky dans le cœur et dans les muscles des extrémités.

E. La dégénérescence vitreuse, appelée d'abord cireuse par Zenker, ne doit pas être confondue avec certaines altérations dues à la préparation des fibres ; elle est très-remarquable.

A l'œil nu, le muscle est couleur de chair de poisson, mais le microscope est indispensable pour apprécier la transformation vitreuse. Les faisceaux augmentent tout d'abord de volume et se brisent facilement, d'où les ruptures ; les noyaux des corpuscules vasculaires sont plus apparents ; le carmin et la fuchsine colorent fortement la matière vitreuse ; l'acide acétique la gonfle et ne la dissout pas. L'aspect du bloc vitreux est celui d'un verre dépoli et moins transparent qu'à l'état normal.

Les fibres devenues vitreuses sont gonflées, turgides, formant des blocs qui se morcellent facilement (figures 274 et 275). Cornil et Ranvier pensent même que les fibres saines voisines déterminent sur les fibres en dégénérescence vitreuse des cassures qui donnent l'aspect des pierres d'un mur (1).

Les fragments vitreux sont morts et doivent disparaître ; ils deviennent de plus en plus petits, puis la résorption commence. On constate cette ré-

(1) Cornil et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, 2' partie, p. 482, fig. 212, 1873.

MUSCLES

)rpUon dans les fièvres, où, comme l'a bien vu Zenker, il s'opère une 'génération de fibres musculaires à l'aide des cellules des fibres muscuires et non du tissu conjonctil'.

La dégénérescence vitreuse provient de causes locales ou générales. On l'observe ordinairement dans les cas de tumeurs néoplasiques, d'abcès, de phlegmons chroniques, mais surtout dans la variole, la fièvre typhoïde et d'autres fièvres ou maladies infectieuses.

27i. — Dégénérescence vitreuse des fibres musculaires. *

FiG. 275. — Myosite typhique avec dégénérescence vitreuse. *

Hypertrophie et atrophie musculaires.

Hypertrophies et atropbics musculaires.

Il est très-difficile d'apprécier histologiquement l'hypertrophie des mscles, excepté pour les fibres lisses de l'utérus en gestation (voyez

* FiG. 274. — Dégénérescence vitreuse des fibres musculaires dans la myosite typhique ; )upe longitudinale éraillée a, fibre réduite en bloc vitreux; b, b, b, fibres de formation nouille, elles sont striées à tort par la gravure, mais elles devraient être simplement ponctuées ;

sarcolemme rempli de cellules, avec des restes de substance musculaire. Grossissement )0 diamètres (RindHeisch).

FiG. 275. — Coupe transversale des fibres musculaires dans la myosite typhique. a, fibres itreuses, elles sont entourées de cellules semi-lunaires destinées à la régénération ; b, sarcoimmc renfermant une jeune fibre musculaire, circulaire sur la coupe ; c, une jeune fibre smi-circulaire avec une lacune ; d, sarcolemme rempli de cellules à côté des restes de l'anienne fibre musculaire ; e, tissu conjonctif interstitiel infiltré de cellules. Grossissement 00 diamètres (E. Rindlleisch .

Al'PAREIL DE LA LOCOMOTION.

p. 840). J'ai fait remarquer cette difficulté pour le cœur (voyez p. 553). Néanmoins l'hypertrophie vraie existe réellement pour ces deux organes, ainsi que pour les muscles soumis depuis longtemps à un travail considérable : muscles des membres supérieurs de certains artisans, gastrocnémiens des danseurs, etc. L'examen à l'œil nu guide sûrement: dans ces cas d'hypertrophie très-marquée.

Le microscope montre que les muscles varient de grandeur pour leurs dimensions. Les faisceaux primitifs mesurent environ de 30 et 40 p- à 70 p. • et plus. Il s'ensuit qu'un faisceau de un dixième de millimètre =100 p. est hypertrophié, et qu'un de moins de un centième de millimètre = 10 ' serait atrophié. Le degré d'atrophie est bien marqué à 6 et 8 fj, il peut descendre à 4 ^ et même à 3 [x. Je répète encore ici que la néoformation des i fibres musculaires constatées depuis Zenker est une cause d'hypertrophie i vraie. Mais il faut se garder de regarder comme hypertrophiés certains i musçles dans lesquels le tissu conjonctif ou lamineux prédomine, et de 1 même ceux renfermant beaucoup de tissu adipeux, des capillaires et des e lymphatiques dilatés. La fausse hypertrophie paralytique des muscles qui ij va être décrite en est un exemple.

3. — - Hypertrophie inyo-sclérosique ; Pt^cudo-liypertroptaie musculaire; Paralysie pseudo-bypertropliiquc des muscles.

Le caractère particulier de la j^seudo-hi/pertrophie musculaire paralytique est l'hyperli'ophie musculaire apparente de certains muscles, tels que ceux des jambes, des mollets, des fesses, etc., avec l'amaigrissement de plusieurs autres, surtout aux membres supérieurs. L'observation du malade de J. Eergeron est remarquable par sa précision (1). Les muscles donnent d'abord une sensation de mollesse, défausse fluctuation lipomateuse. Plus tard, ils sont assez durs, et même indurés, comme sclérosés.

A l'œil nu, le muscle disséqué se montre d'un blanc jaunâtre, ou jaune par places, comme un lipome. Dans la phase initiale, et avec l'aide du microscope, on a constaté la multiplication conjonctive interfibrillaire; les faisceaux musculaires sont séparés par des travées épaisses dans lesquelles on voit des noyaux et des cellules fusiformes. Les fibrilles offrent aussi l'atrophie simple, sans dégénérescence granulo-graisseuse. Cette période correspond à l'affaiblissement musculaire.

(1) J. Bebgeron, Enfant de dix ans, remarquable par le développement de ses masses musculaires (Bull, de la Soc. médicale des hôpitaux de Pans, t. IV, p. 157, 1867. — Duchenne (de Boulogne,), De l'Ëlec Irisât ion localisée, etc., 3= édition, p. 602, pl. III, 1872. — I. Stuaus, article Muscle {Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie -pratiques, t. XXIII, p. 339, fig. 44, 1877).

MUSCLES

Dans une seconde phase, on trouve l'hypertrophie musculaire appante ; mais, avec le microscope, on constate que les vésicules graisseuses Interposent entre les fibrilles conjonctives (fig. 276 et 277) et s'y substi" ^ent peu à peu; c'est donc cette adipose qui prolit l'hypertrophie apparente. La strialion des près primitives est moindre et l'atrophie évidente, s fibres sont moins larges. L'ali ophie et la dispation des fibrilles musculaires marchent parallèleent à l'hyperplasie fibreuse, qui ne provient nulment, comme le croyait Gonheim, des gaines vides du sarcolemme ; il existe une néoformation fibreuse et un dépôt interl'asciculaire adipeux, une seléro-adipose. Dans une phase ultime, les fibrilles c. ^77. — Coupe du muscle disparaissent par atrophie

atteint de fausse hypertro- et par COllipreSsion du tisSU

■ fibreux interstitiel.

Les centres nerveux et les nerfs ont été trouvés normaux (Gonheim, harcot) dans quelques autopsies; mais de nouvelles recherches sont néessaires pour établir une intégrité constante du système nerveux. Il est robable que celle-ci n'est qu'apparente et qu'une lésion sera découorle.

FiG. 27G. — Fausse liypiTti'ophie musculaire. *

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