‹ Nouveaux éléments d'anatomie pathologique, descriptive et histologiqueChapitre 251 sur 317 · Encépbalites chroni(|ue · texte numérisé non relu

Encépbalites chroni(|ue

Uencéphatite chronique, sclérose du cerveau ou induration cérébrale de Charles Robin, est produite par laphlegmasie chronique du tissu interstitiel, cpii comprime les éléments parenchymateux du cerveau.

ENCÉPHALE

Les foyers limités d'encéphalite chronique primitive et vraie ont été •onfondus pendant longtemps avec les phases diverses du ramollissement •érébral. Cette encéphalite se montre par îlots assez durs, d'une couleur ;risàtre ou jaunâtre, coloration due à la graisse et au pigment. Les parties linsi altérées sont tantôt tuméfiées, tantôt atrophiées, plus ou moins adhérentes aux méninges ; parfois elles ressemblent extrêmement aux plaques aunes du ramollissement cortical.

Avec le microscope on établit la différence. Dans l'encéphalite, on constate une multiplication considérable de noyaux, de volumineux éléments cellulaires à plusieurs noyaux, un réticulum fdirillaire net, des vaisseaux de nouvelle formation ; des granulations graisseuses et pigmentaires. Les éléments nerveux subissent des transformations dans l'encéphalite chronique primitive : les tubes nerveux s'atrophient ou sont en dégénérescence graisseuse, le cylinder-axis et les cellules nerveuses résistent longtemps.

La seconde forme d'encéphalite chronique est la sclérose cérébrale, qui consiste dans une multiplication des éléments conjonctifs, myélocytiques, et dans une altération des tubes nerveux, se traduisant par de l'atrophie ('t de l'induration grise.

On en distingue deux formes : l'une est la sclérose cérébrale à foyers disséminés; l'autre est la sclérose en nappe ou lobaire.

Dans IsLSclérose cérébrale à foyers disséminés, les nodules aplatis, ou les Iplaques scléreiises,(\e l'encéphalite chronique coexistent souvent avec celles de la moelle et se montrent surtout dans la substance blanche, plus rarement dans la substance grise. Ils sont exceptionnels à la surface des circonvolutions. Leur teinte est ambrée ; ils sont durs à la pression.

Les foyers scléreux sont très-rares dans les corps striés; ils occupent les parois des ventricules latéraux, le centre ovale, le cervelet, les pédoncules cérébraux, la protubérance; sur le bulbe, les noyaux scléreux intéressent les pyramides ou les olives. Le nombre varie beaucoup, ainsi que la dimension. liasse en a compté plus de deux cents. Ils peuvent atteindre 3 ou 4 centimètres dans leur plus grand diamètre quand ils sont ovales. La consistance est celle de l'albumine coagulée ou même du tissu fibroïde.

Avec le microscope, on constate que les limites sont mal établies ; le tissu fibreux s'étend assez loin. Il y a un réticulum de libres conjonctives ou lamineuses, serrées au centre, avec des noyaux, des corps granuleux, des granulations pigmentaires, des cylindres-axes sans myéline. Les vaisseaux sont épais, la tunique externe a des noyaux multipliés, enfin beaucoup de corps amyloïdes se trouvent dans les préparations.

Dans la sclérose lobaire, la moelle n'offre pas ordinairement de' sclérose en plaques. Le siège est surtout dans les circonvolutions cérébelleuses, puis, par ordre de fréquence, dans les circonvolutions cérébrales, le bulbe,

APPAREIL DE L'INNERVATION

la protubérance et les pédoncules, les noyaux centraux, les planchers des ventricules, la corne' d'Ammon. Le tissu a augmenté de consistance. Il semble que la substance cérébrale ait macéré dans l'alcool ou l'acide nitrique; le tissu est élastique, résistant à la dilacération, la substance blanche est devenue un peu grisâtre.

Avec le microscope, les tubes nerveux paraissent moins nombreux, plus minces, plus irréguliers qu'à l'état normal; il existe entre eux beaucoup de substance granuleuse; on y voit principalement des nappes de fibrilles de tissu conjonctif, de plus, des granulations graisseuses, hématiques etpigmentaires.

L'encéphalite chronique se produit d'une manière secondaire dans plusieurs circonstances : consécutivement aux foyers de ramollissement, une encéphalite périphérique chronique entoure les vieux foyers sanguins. L'encéphalite chronique et circonscrite est développée autour des néoplasmes de l'encéphale.

PiNEL, Recherches d'aiiat. path. sur l'endurcissement du système nerveux, 1822. — J. Cru- VEILHIEK, Nouvelle bibliothèque médicale, t. IX, p. 314, 1825, et Anat. pathologique du corps humain, livr. XXII. — Calmeil, Dict. de méd. en 30 vol., art. Encéphale, Paris, t. XI, 1835. — Ch. Robin et Miltenberger, Observation de sclérome cérébral (Mémoires de la Société de biologie, 2" série, t. I, p. 125, 1854.). — Hirsch, Fall von Sklerosis Cerebri (Prager Vierteljahrschrift, Band III, 1854). — Goldschmidt, De cerebri sclerosi, Vratislavioe, 1855. — Zenker, Sklerose des Hirns und Rûckenmarks (Henle und Pfeufer's Zeitsclirift fur rationn. Medicin 1865). — Ordenstein, Sur la paralysie agitante et la sclérose en plaques généralisée, thèse de Paris, 1867. — G. Hayeîi, Etudes sur les diverses formes d'encéphalite, thèse de Paris, 1868.

— 0. Larcher, Sclérose de la protubérance, thèse de Paris, p. 96, 1868, et Éludes cliniques et anatomo-pathologiques, p. 17, Paris, 1869. — Bourneyille etGuÉRARD, De la sclérose en plaques disséminées. Paris, 1869. — Jaccoud, Leçons de clinique médicale. Paris, 1867, 2° édition, 1869.

— W.-A. Hamsiond, A Treatise on diseases of the nervous System, p. 274, 1871, trad. franç. par Labadie-Lagrave, Paris, 1878.

Page 1