Atrophies cérébrales
Vatrophie cérébrale a lieu quand le cerveau, le cervelet ou une des parties de l'encéphale, offre un volume moindre qu'à l'état normal.
ENCÉPHALE
atrophie générale ou partielle du cerveau joue un grand rôle dans la lithologie cérébrale ; elle est congénitale ou acquise et l'une des causes Yi plus fréquentes de l'idiotie. Le mot agénésie ne peut rigoureusement ;ippliqucr à l'atrophie cérébrale et congénitale infantile; il ne désigne ,icun processus pathologique spécial; le plus souvent, l'agénésieest con- ••cutive à une maladie cérébrale, ramollissement, hémorrhagie, etc. Vatropltie cérébrale, congénitale ou infantile, tantôt unilatérale, tant bilatérale, observée chez un enfant idiot, montre ordinairement que Urophie porte sur les circonvolutions qui sont absentes, ratatinées, con- ■rties en kystes; parfois les ventricules sont ouverts, ou bien les hémi- : hères sont remplacés par un kyste indépendant des ventricules. Il faut > stinguer ces cas de l'hydropisie ventriculaire congénitale, dans laquelle la lûte kystique est formée par les méninges et une mince couche de sub- ; mce cérébrale. Lorsque la couche optique et le corps strié sont atroliés, il y a aussi atrophie des hémisphères; mais la réciproque n'est pas ':acte.
Dans l'atrophie cérébrale infantile il y a souvent microcéphalie; l'atrolie porte sur la masse encéphalique et sur le crâne. On doit en distiniier plusieurs variétés : 1° microcéphalie sans cpanchement séreux dans crâne, celui-ci étant réduit au tiers, au quart de sa capacité normale, ec une ossification avancée ; dans ce cas, la substance nerveuse forme 1 cerveau en miniature, le cuir chevelu présente de nombreux replis, microcéphalie avec épanchement séreux ou micro-hydrocéphalie; Crâne est encore atrophié; il peut y avoir microhydrocéphalie par rophie du cerveau occupant à peine la moitié du crâne, et le vide est nnpli par la sérosité sous-arachnoïdienne. Cette sérosité n'est point la luse de l'atrophie, mais bien un effet du retrait du cerveau. La microj^drocéphalie par atrophie du cerveau sans hémisphères est accompalée de sérosité remplissant la presque totalité de la cavité crânienne; s hémisphères ne sont plus représentés que par les débris de quelques rconvolutions delabase. Ordinairement, dans ce cas, on trouve des traces e lésions anciennes du cerveau avec induration ; lorsque la destruction u cerveau est presque complète, on dit qu'il y a anencéphalie hydrocéhalique, coïncidant le plus souvent avec un développement considérable u crâne; les corps striés et les couches optiques sont à nu. Il faut noter avec soin, dans l'atrophie cérébrale, les lésions primitives tles'lésions secondaires que l'on peut trouver. Les lésions primitives ant des plaques jaunes, provenant le plus souvent de ramollissement ortical. A leur niveau, il existe une dépression, d'autant plus accusée, ue la plaque est plus profonde, jaunâtre ou ocrée, avec rétraction et roncement des circonvolutions. Parfois un hémisphère entier est envahi lar une vaste plaque jaune, résultat d'un ramollissement étendu ou de
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ramollissements successifs. Les kystes, tantôt petits, tantôt volumineux, ; occupent les régions 'centrales et sont tapissés par une mince membrane i celluleuse, plus ou moins teintée parla matière colorante ocrée; ils sont r traversés par (les brides; lorsque les parois des kystes sont affaissées, plis- , sées sur elles-mêmes, elles représentent assez bien l'aspect d'une dentelle. Les circonvolutions adjacentes sont déformées et indurées. Les kystes peuvent résulter de ramollissement et d'hémorrhagie; les kystes de ■ l'hémorrhagie sont réguliers, d'une couleur jaune-brun, ou bien forment |; des cicatrices linéaires colorées. L'infiltration celluleuse occasionne des w sortes de cavités irrégulières, traversées par des cloisons incomplètes et limitant des espaces remplis d'un liquide laiteux qui finit par devenir i; transparent.
L'atrophie cérébrale arrive à la disparition complète de la substance !nerveuse (Cotard) : lesméninges et la membrane ventriculaire sontpresque accolées; entre elles existent des vaisseaux avec quelques tubes nerveux et autour les circonvolutions sont ratatinées. S'agit-il en pareil cas d'une encéphalite traumatique, le plus souvent intra-utérine?
Enfin, on peut trouver une atrophie par sclérose lobaire (induration < du cerveau de Pinel), primitive ou secondaire, et due à des altérations S diverses. Le tissu nerveux se montre gris cendré, dnr et ratatiné; les circonvolutions sont petites, blanches; si on les presse, on sent une consistance élastique analogue à celle du caoutchouc. Avec le microscope, on trouve de nombreuses granulations, des fibres lamineuses,des coi'psamyloïdes et des éléments nerveux altérés, en un mot, la multiplication des '* éléments connectifs avec atrophie des cellules et des tubes nerveux.
Un grand nombre de lésions secondaires accompagnent les atrophies cérébrales : telles sont les atrophies des nerfs périphériques, par exemple le nerf olfactif, les nerfs optiques, etc. ; parfois les nerfs rachidiens sont sclérosés et les ganglions atrophiés. L'encéphale offre l'épanchement séreux intra-cranien; les os du crâne sont épaissis avec déformation et aplatissement, tantôt sur le côté, tantôt en avant.
Vatrophie cérébrale sénile est à peu près constante chez les vieillards, mais à des degrés différents. Le poids du cerveau, qui à l'Age de 30 ans est, suivant Huschke, de i 4^'^ 4 grammes pour l'homme et de 127:2 pour la femme, descend dans la vieiUesse à 1254 chez l'homme et à 1429 chez la femme. Chez beaucoup de vieillards il y a, de plus, une accumulation de névroglie qui comprime les éléments nerveux qui alors s'atrophient.
Cazauvielh, Atrophie cérébrale (Archives gén. de méd., t. XIV, 1827). — Bheschet, Atrophie et anencéphalie (Arch. gén. de méd., t. XXV et XXVI, 1831). — J. Cruveilhier, Anat. path. du corps humain, liv. V, pl. 4 ; liv. VIII, pl. 5 et 6; liv. XV, pl. 4 et 5. — Lallemand, Recherches anatomico-pathol. sur l'encéphale, 18:3i. — Robert Boyd, Atropiiie of the Brain (Med.-chir.
ENCÉPHALE
frransactions, vol. XXXIX, 1856). — Turner, De l'atrophie partielle ou unilatérale du cer- ■velet, etc., thèse de Paris, 1856. — Erlenjieyer, Die Gehirnatrophie der Erwachenen, dritte Aulliige, N'euwied, 1857. — J. Cotard, Etude sur l'atrophie partielle du cerveau, thèse de Paris, 1868. — C. PoTAiN, Dict. encyclopédique des sciences médicales, t. XIV, p. 293, 1873.
Néoplasmes et Dégénérescences.
Les néoplasmes cérébraux, distincts de ceux des membranes cérébrales, constituent des tumeurs fort diverses par leur composition histologique, mais ces tumeurs présentent au point de vue clinique des caractères communs, à cause de la compression intra-cranienne qu'elles provoquent.
* . — iSai'comes du cerveau ; Glioincs.
Les sarcomes du cerveau ne ressemblent pas les uns aux autres et on ipeut en distinguer plusieurs variétés. Les uns sont mollasses et d'aspect dit médullaire, les autres consistants et assez durs.
Le sarcome mou, plus fréquent dans le jeune âge que chez l'adulte, est i2;risàtre ou rosé, offrant des arborisations vasculaires très-nombreuses. Avec le microscope, on le trouve formé par des cellules arrondies ou fusiformes et par des noyaux nombreux, nucléolés. Wagner a décrit des cellules à prolongements, formant des gaines autour des vaisseaux. Ceux-ci sont fréquemment ectasiés, à parois minces, et leur rupture occasionne des hémorrhagies. Dans la couche optique et le corps strié, on l emarque parfois des cavités, des sortes de géodes remplies de liquide jaunâtre au milieu de sarcomes qui ont pris l'aspect du ramollissement jaune cérébral. Il est parfois impossible de distinguer à cette période un 1 sarcome d'un syphilome.
Le sarcome dur se rapproche des fibromes; la couleur est blanchâtre, (l'un blanc un peu bleu, ou jaunâtre ; la forme est arrondie, la surface lisse ou un peu mamelonnée ; autour d'eux, la substance cérébrale estvascularisée. Ils peuvent être facilement énucléés. La coupe montre un tissu plus compacte, plus dense que le sarcome mou ; des portions ont même parfois une dureté cartilaginiforme. La surface de section est peu vascularisée. Le microscope lait voir sur des coupes fines des cellules fusiformes serrées, compactes. On a décrit des sarcomes avec un tissu composé de fibrilles (i). Dans ce cas, la tumeur me paraîtrait rentrer plutôt dans la catégorie des fibromes que dans celle des sarcomes.
Le sarcome angiolithique de Cornil et Ranvier n'est pour moi qu'un
(1) Ball et Krishaber, article Tumeurs du cerveau {Dictionnaire encijclopédique des sciences médicales, t. XIV, p. ~m, 1873).
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épithéliome très-remarquable. Le sarcome névroglique est une dernière variété de sarcome, comprenant les tumeurs cérébrales appelées gliomes par Virchow.
Les sarcomes névrogliques ou gliomes, distingués, englio-sarcomes, en sarco-gliomes, en fibro-giiomes, en glio-myxomes (1), se trouvent dans le • cerveau, aussi bien dans la substance blanche que dans la substance grise, sur le trajet des nerfs crâniens et sur la rétine. Ces tumeurs, tantôt dures, tantôt molles, parfois même un peu colloïdes, doivent leur consistance à la s matière unissante, au stroma plus ou moins abondant ou épaissi. Les gliomes mous ou médullaires, les gliomes durs ou fibro-gliomes, les | gliomes télangiectasiques, sont des sarcomes par leur constitution histo- -] logique et leur développement. '
Les sarco-gliomes mous sont formés de cellules ayant de 0""",006 à i-, 0"™,010 et 0""'",012 = 6 à 10 et 12 p, à noyau très-volumineux. Plusieurs il cellules ont des prolongements très-longs et très-fins, visibles sur les pièces .-l durcies dans l'acide cbromique ou même dans l'alcool. Les sarco-gliomes durs ont une gangue fibroïde, fasciculée, et renferment les mêmes éléments cellulaires que les gliomes mous. 11 est incontestable que ce sont de véri- -j tables sarcomes dont l'organisation ultérieure en fibromes d'aspect scié- ■ rosé serait la dernière évolution. Quant au sarco-gliome télangiectasique, le sang épanché dans la tumeur forme de petits caillots, qui par la suite se || décolorent en suivant la marche ordinaire des transformations hémorrhagiques, sans qu'il soit utile de regarder comme des chloromes les tumeurs | à teinte sanguine plus ou moins ancienne, plus ou moins accusée. '|
Quand les sarco-gliomes siègent à la surface du cerveau, la tumeur a j l'apparence d'une circonvolution très-hypertrophiée ; quand la tumeur est i dans une masse grise cérébrale, elle tend à se porter dans la cavité ventriculaire avoisinante.
Les sarcomes cérébraux des diverses variétés portent différents noms dans la littérature médicale; ils forment une partie des tumeurs à myélocytes de Ch. Robin, des myeloid tumours de Paget et des tumeurs fibroplastiques de Lebert.