Plinryiigîtc chronique simple
Homme, soixante-deux ans, fumeur et alcoolique. La paroi postérieure du pharynx est d'un rouge sombre ou violacé, surtout par places. Les parties épaissies de la muqueuse ont une vascularisation très-marquée, les vaisseaux capillaires sont dilatés, variqueux. Les glandules sont pkis saillantes qu'à l'état normal; on a sous les yeux une surface inégale avec de petites élévations jaunâtres et de plus, dans les intervalles, la muqueuse apparaît pâlie ou tout au moins normale. Une couche épaisse de mucosités grisâtres ou jaunâtres est étalée sur la muqueuse et forme de haut en bas des traînées longitudinales.
Sur des coupes perpendiculaires à la paroi postérieure du larynx, durcie dans le liquide de Muller, on voit un épaississement considérable du chorion muqueux, les glandules sont atrophiées par places, dans d'autres elles sont au contraire plus grosses et les acini sont gonflés par des cellules épithéliales et des noyaux glandulaires. Les vaisseaux sont fortement dilatés, et il existe des extravasations sanguines sur quelques points.
L'épaississement porte en majeure partie sur la membrane fibreuse dont les cellules et les fibres sont très-augmentées de nombre.
s. — Pliaryn$;ite glanduleuse, nnginc gi'itnuleuse.
X., quarante et un ans, professeur de droit, m'a offert à la partie postérieure du pharynx une hyperémie sur plusieurs points, formant des sortes d'ilgts et entourant des saillies rougeâtres, parfois jaunâtres et même blanchâtres, les unes rondes, d'autres ovales, d'autres réunies et cohérentes, irrégulières. Le volume ne dépasse pas un grain de blé ou de riz. Le reste du pharynx a une teinte à peu près normale, pourtant un peu plus foncée qu'à l'état ordinaire. Les saillies sphériques sont inégalement distantes.
Une sécrétion épaisse, un mucus adhérent tapisse le fond du pharynx. La luette est un peu allongée, mais les amygdales ne sont point tuméfiées.
Pour moi, l'angine granuleuse est caractérisée par le développement
PHARYNX
anormal des glandules pharyngiennes. J'ai vu chez trois sujets atteints de cette affection et qui avaient succombé d'une manière inopinée, les glandules obturées, gonflées par un mucus épais et une multiplication exagérée de leurs cellules: celles-ci, cliargées de granulations, soit protéiques. soit graisseuses. Cet examen a été fait sur des parties fraîches.
Quand une pharyngite chronique préexiste, la muqueuse est bleuâtre ou ardoisée, les vaisseaux sont très-apparents autour des glandules. La muqueuse est tantôt comme je l'ai dit, parfois sèche et comme vernissée, ayant une apparence tannée, parcheminée.
». — Tuberculose pharyngce.
Depuis quelques années seulement la tuberculose aiguë du pharynx est bien décrite. Isamberl a contribué à cette connaissance, et m'a montré plusieurs faits très-probants.
Femme d'une trentaine d'années, atteinte de lésions tuberculeuses du poumon, encore peu avancées. Pharynx, bord des piliers, voile du palais avec de petites granulations grisâtres, donii-transparentes, d'autres jaunâtres, sous-épithéliales, semblables à des grains de semoule. Plusieurs granulations sont réunies en groupes, à bords festonnés et à surface inégale, chagrinée, mamelonnée. Sur la luette, groupe épais de granulations confluentes; sur le pilier droit, ulcération légère et en coup d'ongle. Le pourtour des granulations est de la couleur rosée du fond de la gorge, celles des plaques d'un rouge somftre.
Les granulations tuberculeuses Ibrmeiit souvent comme un semis abondant de petits points grisiltres ou jaunfdres. Le raclage ne les enlève pas, les groupes qui s'énucléent de la muqueuse laissent une ulcération superficielle ; les plaques mamelonnées résultant de la confluence d'un grand nombre de granulations sont d'un gris terne ou jaunâtre, le liséré qui les entoure est nul ou peu marqué, d'un rouge sombre.
Sur la partie postérieure du pharynx, les granulations réunies sont dures au toucher, résistantes ; parfois elles ont l'apparence de petites pustules furonculeuses, mais sans aréole enflammée à la base. Leur incision ne laisse pas sortir du pus, elles sont probablement constituées par des tubercules à l'état caséeux (voyez : Tubercules pulmonaires et tubercules en général) .
flO. — iScrofuIe <Iu pharynx et ulcérations scrofuleuscs.
L'ulcère scrofuleux est assez étendu, à bords irréguliers, peu profond, inégal, à granulations épaisses, recouvert de matières glaireuses et de
muco-pus. Érosions à fond jaunâtre sur les piliers, le fond de la gorge et dont on ne peut apercevoir la limite inférieure. La perte de substance présente à sa surface un mucus visqueux.
Souvent des ulcérations ont été suivies d'adhérences vicieuses et tiraillant les tissus.
Les éléments anatomiques consistent : en leucocytes déformés, hypertrophiés, ou au contraire racornis et en un mucus contenant de jeunes s ellules ainsi que des granulations moléculaires.
If . — iSypiiîlis <Iu pharynx.
La muqueuse laryngée est d'un rouge sombre et elle est ordinairement sèche, la rougeur est disposée suivant des bandes longitudinales.
Les plaques syphilitiques ont une coloration grisâtre, un peu bleuâtre à reflet opalin ; elles ne sont pas très-chagrinées, mais plutôt lisses. Leur aréole inflammatoire offre une coloration d'un rouge carminé clair.
Dans le pharynx, les lésions de la syphilis tertiaire consistent en 1" syphilides ulcéreuses à fond jaunâtre, à bords peu marqués, n'offrant rien de spécial dans l'évolution; 2° en syphilides gommeuses, tantôt circonscrites, tantôt en nappes diffuses. La gomme circonscrite ramollie aboutit à une ulcération à bords circulaires, tandis que la diffuse rend la muqueuse tuméfiée et comme hypertrophiée.
De plus, les gommes sous-muqueuses peuvent acquérir un grand volume et former tumeur; dès lors, leur marche ulcérative, leur envahissement arrivent à la production d'un lupus syphilitique détruisant les parties dures et amenant finalement des cicatrices, des atrésies, des adhérences palato-pharyngées.
Les gommes du pharynx n'offrent rien de spécial à cet organe ; les lésions élémentaires sont celles des gommes et de la syphilis en général, dont il sera question plus tard en traitant des muscles.
IS. — Tumeurs, IVéopIasiues pharyngés.
Les tumeurs qu'on observe sur le pharynx sont ordinairement dues au développement à'épithéliomes, de gommes syphilitiques, de lupus scrofuleuiV. L'épithéliomc, ou cancer isolé du pharynx, est rare. Ordinairement il résulte de la propagation d'un épithéliome œsophagien ou des parties avoisinantes, de l'amygdale, etc.
Il peut exister aussi dans cette région des myomes, ou tumeurs musculaires, des lipomes, des dilatations ou hypertrophie des glandules
PHARYNX
pharyngées, et quand leur conduit est oblitéré on trouve des hjstes par rétention de ces mêmes glandules.
Les li/mpJwmes ou li/mpliadenomes, dont nous verrons la constitution anatomiciuc en traitant du système lymphatique, peuvent exister dans cette région sous forme de petites ou moyennes élévations, séparées et arrondies, assez dures. C'est dans la leucémie qu'on les rencontre surtout avec de la stomatite, notée par Mosler et Isambert.
Enfin les fibromes, appelés souvent polypes du pharynx, ont été fort étudiés. Les plus remarquables sont lespoli/pes naso-phanjngiens, dont voici un exemple :
Homme, dix-huit ans, sujet depuis quinze mois à des coryza et à des épistaxis. Il s'est aperçu qu'il avait de la gène au fond du pharynx, parce qu'une tumeur a peu à peu dévié et abaissé le voile du palais et déformé la jone.
Quand on introduit le doigt profondément dans la gorge, en le recourbant en crochet au-dessus de la voûte palatine, on sent une tumeur arrondie, très-dure, indolente à la pression. Elle déborde intérieurement un peu le bord du voile du palais qu'elle refoule fortement en bas. La joue est tuméfiée. La racine du nez est déformée. La cloison des fosses nasales est déjetée; en éclairant la région et faisant usage du spmdwm nasi, on aperçoit profondément une saillie ou tumeur grisâtre, recouverte de mucus.
Le siège et le lieu d'implantation des polypes du pharynx constituent une des parties les plus importantes à connaître de leur anatomic pathologique. Si l'on a pu diviser les polypes du pharynx et de la face en nasaux, naso-frontaux, naso-maxillaires et naso-pharyngiens, ces derniei's étant les plus fréquents, une pareille nomenclature est défectueuse en ce qu'elle paraît établir une multiplicité d'origine, tandis qu'il n'existe qu'une différence dans la direction oii s'est fait le développement du produit morbide. Nélaton et ses élèves, d'Ornellas et Robin-Massé, ont très-bien montré que, quels que fussent les rapports ultérieurs des fibromes à l'apogée de leur développement, ils reconnaissaient toujours un même lieu d'origine : l'insertion est crânienne ou basilaire, plus rarement on la trouve sur le sphénoïde, au voisinage de la fosse ptérygoïde. Voilà donc l'insertion primitive. Quant aux insertions qu'on a observées sur le vomer, l'ethmoïde et le maxillaire supérieur, ce sont des insertions secondaires ou, pour parler plus exactement, des adhérences établies par un travail plastique consécutif. Cette théorie, vraie dans la majorité des cas, paraît cependant être sujette à quelques exceptions (Verneuil, Follin). Quoi qu'il en soit, c'est toujours aux dépens du périoste que se fait l'évolution du néoplasme. Lorain a insisté sur l'épaisseur considérable de la couche fibromuqueuse qui tapisse l'apophyse basilaire, siège ordinaire au début:
APPAREIL DE LA DIGESTION
Ch. Robin a montré la composition histologique spéciale de la voûte du pharynx.
L'implantation est large ; ce n'est cpie dans les fibromes très-développés que la dénomination de polypes devient exacte, et que leur base peut recevoir le nom de pédicule, eu égard au volume des gros prolongements qu'elle supporte.
La tumeur forme ordinairement une masse arrondie, mamelonnée, recouverte par une muqueuse épaissie et parfois exulcérée. La consistance est franchement libreuse, sans élasticité. Les prolongements de la tumeur sont principalement importants à préciser. Outre la tumeur pharyngienne ou nasale initiale (suivant que le fibrome s'est porté d'abord en bas ou en avant), on observe des prolongements divers. Ce sont : le prolongement naso-maxillaire qui pénètre dans l'antre d'IIighmore, le distend, détruit ses parois et peut venir faire saillie à la joue, sous les parties molles; le prolongement temporal qui s'insinue par la fente ptérygo-maxillaire et envahit la fosse zygomatique, là il se dévie sur la branche montante du maxillaire, remonte au-dessous de l'arcade zygomatique pour se développer dans la fosse temporale ; le prolongement orbitaire qui se loge en arrière du globe oculaire en passant par la fente sphéno-maxillaire, et produit rapidement l'exophthalmie ; cet embranchement offre souvent une consistance plus molle que le reste du fibrome ; enfin le prolongement crânien qui perfore les cellules ethmoïdales, ou érode le trou déchiré antérieur pour pénétrer dans la cavité crânienne.
Le fibrome ou polype naso-pharyngé est formé par un tissu blanc grisâtre ou blanc jaunâtre, criant sous le scalpel, se laissant difficilement couper. Sur la tranche, on remarque parfois des vaisseaux béants, on y distingue aussi la lobulation nette de la masse morbide.
Le microscope montre tantôt des fibres lamineuses en nappes, tantôt des fibres lamineuses entre-croisées ou tournoyantes. De plus, des corps fibro-plastiques à noyau nucléolé et de la matière amorphe existent dans les parties les plus jeunes. Contrairement à une opinion anciennement accréditée, ces productions sont très-vasculaires : les capillaires y sont nombreux, et dans les cloisons interlobulaires, on observe des vaisseaux d'assez fort calibre. La plupart des vaisseaux, toutefois, ont une paroi simple et formée d'éléments embryonnaires.
Le pédicule qui s'insère perpendiculairement sur l'os est nettement fibreux. Dans le reste de l'étendue, la composition histologique varie, elle devient complexe et la tumeur est souvent mixte ou composée ; ainsi on a trouvé dans ces fibromes des portions devenues graisseuses et des incrustations calcaires (Cloquet). Broca a signalé l'infiltration de sérosité d'une portion de la tumeur, qui lui donne parfois l'apparence d'un polype muqueux. Cruveilhier et Maisonneuve ont décrit une dégénérescence
P HAIIYNX.
kyslique. Une dégénérescence cancéreuse était admise des anciens chirurgiens, et 0. Weber dit avoir observé plusieurs fois la transformation du fibrome en sarcome. Je dois prévenir qu'il faut se mettre en garde contre une interprétation trop hâtive, basée sur l'examen histologique des portions en voie de développement. Rien ne ressemble plus à un sarcome, sous le microscope, que le tissu riche en noyaux et en corps libro-plasiiques d'un fibrome dont les éléments se multiplient.
Gerdy, Des Polypes et de leur traitement, thèse de concours, 1838. — D'Ounelles, Anatomie pathologique et traitement des polypes fibreux, thèse de Paris, 185i. — Maisonxeuve , Gazette des hôpitaux, p. 110, 1855. — Rodin Massé. Des Polypes uaso-pharyngiens, thèse de Paris, 1865. — Lorain, Bulletins de la Société de chirurgie, 1860. — Bhoca, Société de chirurgie, 28 février 1866. — Pitiia et Billroth, Handbuch der allgem. und. spec. Chirurgie, Band III, p. 207. — Postel (Émile), Des Polypes naso-pharyngiens, liièse de Paris, n° 208, 1867. — Cornil et Ranvier, Manuel d'histologie pathologique, tr I, p. 153, 1869. — Murox, C.-R. ei Mém. de la Soc. de biologie, 5' série, t. I, p. 22i, 1869. — Veillon, Des Tumeurs malignes naso-pharyngicnnos, thèse de Paris, 1874. — Ch. Bouin, Muqueuse du pharynx, Dictencyclop. des se. méd., etc., 2" série, 1876.
Hernie pharyngée, pharyng-ocèle.
Le pharynx peut ollVir une sorte de liernie de la muqueuse à travers les fibres musculaires (pharyngocèle) ou de dilatation remarquable quand l'œsophage est rétréci au point où il commence. On a, dans le premier cas, un diverticulum simple ou multiple, ressemblant à de petites poches rondes, susceptibles de s'allonger et de s'agrandir. Leur siège est principalement au tiers inférieur du pharynx, et là elles passent entre les libres horizontales du constricteur inférieur. Ces hernies de la muqueuse sont rares.
A l'autopsie d'un prêtre âgé de soixante ans, et mort après avoir éprouvé depuis longleuips uue grande difficulté d'avaler à laquelle il remédiait au début eu se comprimant le cou au moment de la déglutition, il existait un diverticulum œsophagien. Une poche de six ou sept travers de doigt commençait au haut do l'œsophage, et s'ouvrait derrière celui-ci et les vertèbres. C'était donc une sorte de hernie de l'extrémité inférieure et postérieure du pharynx. (Borsieri. Instit. med.pract. t. IV, 'i" part., et Béhier, Clin, méd., 147.
Hyperhénaies, hémorrhagies pharyngées..
Les congestions diverses du pharynx ont une grande importance, car elles se montrent dans toutes les angines et précèdent ou accompagnent
Al'l'AUElL DK LA DIGESTION.
tolues les éruptions diverses dont le pharynx est le siège, ainsi que la cavité buccale.
La classification des angines est difficile à établir. Au point de vue anatomopathologique seul, elle réunit, avec une même lésion, des maladies difierentes d'origine. Lasègue a exprimé cette idée dans son Traité des angines, et il a cherché à montrer les analogies des maladies fébriles du tégument externe avec celles de la gorge.
Dans la scarlatine, au début, la rougeur de la gorge est mate, vive, avec un peu de tuméfaction unilatérale ou bilatérale, partielle ou diffuse ; vers le troisième jour, Thyperhémie est d'une couleur écarlate et la turgescence augmente. Plus tard la congestion s'efface, ou bien, ainsi que l'a observé Lasègue, la rougeur devient livide, la luette est œdémateuse et le pharynx se couvre d'un mucus visqueux à la seconde période de la maladie. Lasègue admet une éruption miliaire pouvant se former sur ce fond hyperhémié, on voit alors une série de petits points blancs plus confluents que ceux de l'herpès et constituant ces plaques de matière blanche plus ou moins caséeuse, pultacée, qu'on enlève assez facilement à l'aide d'un corps émoussé.
D'autres fois ils se forme des ulcérations qui se recouvrent d'un enduit blanchâtre; ces ulcérations peuvent devenir phagédéniques dans des cas exceptionnels. Enfin dans les formes graves de la scarlatine angineuse, vers le sixième jour, les plaques diphthéroïdes gagnent en étendue ; leurs bords sont entourés d'un liséré rouge vif; la muqueuse est lisse, d'un rouge cramoisi ou vineux.
Les tissus sont bouffis, fongueux, les fausses membranes s'imprègnent de sang; la surface est ulcérée, laisse suinter im ichor sanieux; l'haleine devient très-fétide ; c'est alors que se montrent les adénites cervicales ou bul)ons scarlatineux.
Dans la rougeole, avant l'exanthème, il y a un énanthème pharyngé; dans le premier stade, le pharynx est sec, rouge par place, mais la rougeur est plus})àle que celle de la scarlatine; parfois cependant elle est cramoisie.
Dans le deuxième stade, les muqueuses nasale, oculaire, laryngée et trachéale sont prises également, et l'arrière-gorge est veloutée, rouge, luisante. Sur la voûte palatine, la rougeur se présente par îlots, par taches, ou bien elle est légèrement papuleuse.
Dans le troisième stade, la gorge est rouge, couverte d'une sécrétion catarrhale i)uriforme qui peut se propager à la trompe d'Eustachc : de là des surdi-mutités accidentelles; elle peut s'étendre jusqu'aux fosses nasales pour produire un coryza chronique ou une pharyngo-laryngite, à la suite desquels arrive, chez des sujets prédisposés, la tuberculose.
Dans la variole, l'éruption pharyngée, discrète ou confluente, n'ap-
PHARYNX. 71
paraît que du deuxième au quatrième jour 'après les pustules de la peau.
Elle est caractérisée par de petites pustules rondes, spliériques, veloutées avec une aréole linéaire, congestive; entre elles le tissu n'est point hyperhémié ; l'évolution est plus rapide qu'cà la peau.
Lasègue admet l'acwé du pharynx. Dans l'acné simple, au début, on a de petites élevures rouges, papuleuses, dans le segment sous-aniygdalien ; puis des pustules arrondies, remplies de matière jaunâtre, qui plus tard se rompent et laissent des exulcérations qui guérissent vite. Leur siège est dans lés glandes mucipares.
L'acné pustuleuse est caractérisée par des papules larges et suppurant peu ou point, du volume d'un très-petit pois; la muqueuse se congestionne ; le pus est caséeux.
L'acné indurée est formée par une pustule d'abord intacte, de consistance cornée; elle s'évacue, reste béante, donne naissance à des ulcérations, et alors on a l'apparence de petites grenades déchiquetées. Use fait des poussées successives de cette variété d'acné.
Dans les cas d'urticaire gutturale, l'érytlième ressemble assez à celui de la scarlatine ; mais il n'y a jamais ni plaques blanchâtres, ni pseudodiphthéritiques.
Enfin dans le peniphig^is, peu étudié encore et peu connu, on voit des plaques blanches, variables de dimensions, sans rougeur vive autour d'elles. Lasègue a constaté sur le pharynx la présence d'une bulle remplie de sérosité opaline, coïncidant avec un pemphigus de la face.
Isambert, dans les Annales des maladies de r oreille et du larynx (fasc. II, 187), à tenté une classification étiologique des angines. Il fait remarquer, par exemple, la diversité des diathèses qui peuvent produire l'angine glanduleuse, et j'y renvoie le lecteur.
Enfin dans mes Recherches sur les affections pseudo-membraneuses, j'ai moi-même, dès 1869, cherché à dresser un tableau des affections aiguës bucco-pharyngées, sans me dissimuler que cette tentative faite à un point de vue nécessairement exclusif ne pouvait comprendre qu'un côté des questions. L'anatomie pathologique n'est pas toute la médecine.
Les hémorrhagies du pharynx sont moins importantes que les hyperhémies pharyngées. Lasègue mentionne des individus qui crachaient du sang provenant de varices de l'aiTière^bouche. Le pharynx était d'un rouge bleuâtre, la luette était le siège de varices, le voile du palais offrait des veines dilatées. J'ai vu plusieurs faits semblables.
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Vices de conformation du pharynx.
Le pliarynx peut être terminé en cœciim et ne pas être suivi par l'œsophage. Ce vice de conformation est, on le comprend, incompatible avec la vie. On a constaté l'atrésie du pharynx ; le simple rétrécissement porté à l'excès devient mortel comme la malformation précédente.
Il n'en est point de même des diverticules ou des prolongements ordinairement congénitaux que le pharynx envoie dans les parties voisines. En voici un exemple remarquable :
Un diverticulinii pliaryngieu présentait une ouverture étroite, de 4 millimètres au plus de longueur, située sur le pilier postérieur du voile du palais, deri ière l'amygdale ; cette ouverture donnait accès au diverticulum consistant en un tube large.
Il se portait en dehors, séparant le muscle stylo-pharyngien du nerf glosso-pharyngien, passait entre les carotides secondaires, puis croisait et couvrait eu descendant le nerf hypoglosse, et s'appliquait enfin devant les gros vaisseaux et les muscles sous-hyoïdiens pour descendre jusqu'à la fourchette sternale. Là, ce tube progressivement dilaté se terminait en cfecum.
Cet appendice pharyngien présentait une tunique muqueuse revêtue d'épithélium pavimenteux et une tunique musculaire à fdjres longitudinales en majorité rouges et striées ; il recevait deux artères, l'une de l'occipitale, l'autre de la thyroïdienne supérieure (Watson).
Les fistules congénitales du cou, provenant du défaut de réunion des troisième et quatrième fentes branchiales de l'embryon, sont parfois en continuité avec le pharynx sur les parties latérales. Dans un cas de Neuboefer, les deux conduits fistuleux présentaient chacun une dilatation ampullaire, et ce fait tend à expliquer la formation des kystes congénitaux du cou. Le diverticulum congénital de l'œsophage est probablement une fistule borgne interne par réunion incomplète des fentes branchiales.
Lapins commune des fistules congénitales du cou s'ouvre ordinairement sur le côté externe à 15 millimètres au-dessus de la clavicule, puis se dirige en haut et en dedans pour arriver dans le pharynx à la hauteur de l'os hyoïde.
CoFFiN, Dilatation en cul-de-sac du pharynx (Bulletin de la Soc. anat. de Paris, 184-7). — P. Brucher, Études sur les kystes congénitaux du cou (Thèse de Paris, n° !213, 1868). — G. Chrétien, Des fissures congénitales de la voûte palatine et de leur traitement (Thèse de Paris, 11° 48, 1873). — Watson, Note sur un cas remarquable de diverticulum pharyngien (Journal of Anat. and Physiolog. t. XV, 1875). — S. Duplay, Des fistules congénitales du cou, fistules branchiales (Arcli. gén. de médecine, janvier 1875).
PHARYNX
VOILE DU PALAIS Inflammations. — Néoplasmes.
Le voile du palais comprend à la fois le voile proprement dit et la • luette.
Les inflammations aiguës du voile du palais et surtout de la luette, le gonflement œdémateux et la terminaison par abcès n'ont rien de spécial; l'inflammation chronique peut amener la procidence de la luette. Les afleclions diverses, simples ou diathésiques sont'les mômes que celles du pharynx. J'ai signalé plus haut la déviation de la luette et son altération dans la diphthérie. (Voy. p. 62.)
Les néoplasmes du voile du palais et de la luette méritent de nous arrêter.
Les tumeurs les plus fréquentes du voile du palais sont d'abord : le prolongement hyper tropliique de la luette^ les syphilomes (gommes syphilitiques) et les adénomes (tumeurs adénoïdes), dont voici un exemple :
Homme, vingt-huit ans. Tumeur arrondie, du volume d'une noiseUe, saillante du côté de la cavité buccale, à base large qui n'arrive pas jusqu'à la ligne médiane, en sorte que la tumeur est nettement latérale ; pas de changement de couleur de la muqueuse ; au toucher la consistance est dure, nullement fluctuante. Pas d'engorgement des ganglions cervicaux.
La iimieur ayant été enlevée, je constate à la coupe que la production morbide n'est pas adhérente à la muqueuse qui peut être facilement détachée. Le tissu est ferme, blanc jaunâtre, sensiblement lobulé. Il n'y a pas de suc à la pression ou au raclage.
Les lobules sont bien distincts quand on déchire des fragments de la tumeur. Plusieurs présentent l'apparence gélatiniforme ou colloïde.
Au microscope, je constate la présence de cellules épithéliales di.sposées eu gaîne et de noyaux glandulaires , de cellules embryoplastiques ou conjonctives, de fd)res lamineuses. Enfin dans les culs-de-sac glandulaires sont de petits calculs faisant effervescence avec les acides chlorhydrique, azotique et acétique, formés de carbonate de chaux et de phosphate de chaux.
Le volume de ces tumeurs Varie depuis la grosseur d'une noisette jusqu'à celui d'un œuf. La majorité des histologistes reconnaît que ces tumeurs sont constituées par une hypertrophie des glandes en grappes disséminées sous la muqueuse staphyline. Une opinion inverse a été récemment soutenue et, à propos d'un cas où l'examen clinique, l'étude du développement et de l'évolution morbide paraissaient caractériser un
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adénome, Coyne a vu un sarcome glandulaire. En résumé, pour moi, les adénomes sont constitués par la multiplication des éléments des glandes du voile du palais et ils peuvent renfermer assez fréquemment des kystes par rétention. Plusieurs follicules offrent souvent des concrétions calcaires. Ces tumeurs ont été rapprochées, en Allemagne, de celles que Virchow a désignées sous le nom de psammomes; mais elles sont, en réalité, constituées par une hypertrophie glandulaire, avec crétification surajoutée.
Les fibromes, les enchondromes, les sarcomes ont en général leur point de départ dans le périoste ou la voûte osseuse. Les épithéliomes sont extrêmement rares dans le voile du palais ainsi que les tumeurs vasculaires et érectiles. Plusieurs des tumeurs précitées portent dans divers ouvrages le
FiG 18, — Tumeur polypiformc siégeant au côté gauche de la luette (Mandl).
nom vague de polypes, c'est ainsi que Mandl a figuré une petite tumeur de nature indéterminée, siégeant au côté gauche de la luette (voy. lig. 18).
MiCHON, Bull, de la Soc. de chirurg., janvier 1852. — Galliet et Bauchet, Gaz. des Hôpitaux janvier 1852. — Ch. Robin, Moniteur des hôpitaux, 1856. — Parmentier, Gazette médicale 1856. — ■ RouYER, Moniteur des hôpitaux, 1857. — Letenneur (de Nantes), Journal de méd. de l'Ouest, avril, 1870. — Thaon, Myxome lypomateux du voile du palais (Bull. Soc. anat., 1872j. — Clérault, Tumeur congénitale de la voûte palatine (Bull. Soc. anat de Paris, 1874). — Coyne, Note sur une tumeur du voile du palais considérée comme un adénome (Gaz. méd. Paris, 1874).
Vices de conformation du voile du palais et de la luette.
Les vices de conformation de cette région consistent : en Vahsence du voile du palais; la division m-édiane congénitale accompagnant souvent le bec-de-lièvre, avec ou sans division de la voûte palatine osseuse et de la luette.
Vahsence de la luette, sa division médiane en deux parties (luette bifide), tantôt isolée ou tantôt accompagnant la division du voile du palais, peuvent être observées.
l'HAUYlSX.