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Rétrécissement île l'estomac

Le volume de l'estomac peut être fort réduit et d'une manière uniforme, ce viscère ressemble alors à un intestin. Je l'ai vu tel à la Salpétrière chez une malade qui était morte d'inanition, en refusant la nourriture depuis longtemps. Les rétrécissements ont parfois la forme d'une série de resserrements et le ventricule est disposé en chapelet. Meckelavu la grosse tubérosité absente et remplacée par un développement pylorique correspondant. Le rétrécissement circulaire siégeant à la portion moyenne de l'estomac lui donne la forme en bissac. Les cicatrices internes résultant soit de l'action des caustiques, soit d'ulcères simples guéris peuvent occasionner également la forme en bissac plus ou moins régulière. Ces rétrécissements médians sont dangereux (voyez page 145). Le rétrécissement pylorique est de tous le plus redoutable, car il peut donner lieu, quelle que soit sa cause, au développement total de l'estomac par dilatation hypertrophique ou atropbique. Billard a insisté sur les villosités qui se développent sur la muqueuse stomacale dans le cas de rétrécissement, chez les jeunes sujets.

a. — Hernies de restomac.

Les hernies de l'estomac, c'est-à-dire le déplacement s'accompagnant de l'issue du viscère hors de l'abdomen par une ouverture de celui-ci, sont rares. Elles occupent quatre points spéciaux : le diaphragme, l'épigastre, l'ombilic, la région inguinale.

La hernie diaphragmatique est congénitale ou accidentelle et, dans le premier cas, le diaphragme offre des fentes ou des perforations qui permettent aux viscères abdominaux de pénétrer dans la cavité thoracique. P. Bérard a trouvé l'ouverture plus fréquente <à gauche qu'à droite : les bords sont lisses, l'estomac s'engage dans l'ouverture et peut y passer avec la rate, le colon, le foie, etc., comprimant le poumon. Des sujets ont pu vivre malgré ce déplacement. Quand la hernie est le résultat d'un accident, on trouve pour condition la rupture ou la déchirure du diaphragme ; celle-ci est causée par une plaie diaphragmatique, par une pression exagérée de l'abdomen et même, d'après Cruvcilhier, le refoulement

APl'AT. EIL DE LA DIGESTION.

possible de la cloison diaphragmatique par faiblesse ou relâchement de cette cloison.

La hernie stomacale épigastrique se produit au-dessous de l'appendice xiphoïde, soit dans un endroit où la ligne blanche est écartée, soit auprès de la ligne médiane et par une éraillure aponévrotique. Ces tumeurs petites, réductibles, augmentent après les repas.

La hernie de l'estomac par l'ombilic est rare en dehors de l'exomphale congénital et des éventrations. L'estomac est toujours largement déplacé.

La hernie inguinale renfermant l'estomac est authentique. Aux cas de Yvan, de Fabre, cités par Bérard, je puis ajouter celui observé par Rayer d'un malade à grosse hernie inguinale, donnant à la percussion un son clair quand le malade était à jeun et devenant mate dès que le malade venait de boire.

Plaies, perforations, ruptures, fistules stomacales.

A. Les plaies de Vestomac ne s'observent qu'à la suite de blessures directes, ayant intéressé les parois abdominales et même traversé la rate. On voit souvent la muqueuse herniée dans les plaies larges et la muqueuse stomacale vient se montrei' au dehors. On trouve les signes d'une péritonite suraiguë quand les matières renfermées dans l'estomac ont pénétré pendant la vie dans la cavité abdominale.

B. perforations sont produites par les progrès d'une tumeur perforante, épitliéliome et surtout ulcère perforant ou simple. L'ouverture ressemble dansée dernier cas à un orifice arrondi, taillé à l'emporte-pièce. Cette solution de continuité est souvent petite et, comme pour les plaies, des altérations de la muqueuse et des signes anatomiques de péritonite montrent que la perforation a eu lieu pendant la vie et non après la mort.

C. Les ruptures ont été considérées longtemps comme fréquentes à la suite delà gangrène, de l'érosion, de l'action de poisons caustiques et surtout du ramollissement. Beaucoup de ces lésions sont douteuses comme cause de ruptures, la dernière surtout attribuée au ramollissement qui est une lésion cadavérique. La rupture après distension et amincissement des parois est très-rare pendant la vie.

Le siège est d'une grande importance. Une perforation est plus souvent pylorique dans l'ulcère simple ; dans la région gauche et au grand cul-desac, c'est plutôt une rupture ou une déchirure par ramollissement cadavérique.

L'état antérieur des parois domine la question des ruptures stomacales. Quand les parois sont très-altérées il est possible qu'un effort de toux et de

ESTOMAC

défécation, c{ue la distension par des gaz et les aliments, et enfin que les efforts de vomissement puissent la produire, mais plus rarement qu'on ne l'avait admis.

D. Fistules stomacales. — Quand la perforation de l'estomac ne laisse pas écouler dans le péritoine les matières du ventricule, mais que par hernie ou adhérences établies, l'ouverture s'est maintenue vers la peau ou dans les cavités qui se trouvent juxtaposées à l'estomac, il y a fistule gastrique. La plus célèbre de ces fistules est celle qui résulta d'un coup de feu ayant enlevé une partie du côté gauche de la poitrine chez un jeune (Canadien, A. St-Martin, et dont la relation nous a été faite par W. Beaumont. Je donne la figure de celte lésion remarquable (voyez fig. 31). Je ne puis que rappeler les fistules pratiquées, dans un but d'études physiologiques, chez le chien et d'autres animaux, et qui ont rendu de grands services à la science.

Fig. 31. — Fistule gastrique d'Alexis Saint-Martin observée par W. Beaumont *.

La plupart des fistules gastriques sont gastro-cutanées ; on en connaît cependant de gastro-coliques établiesavec le côlon tranverse, de gastro-duodénales allant de l' estomac dans la troisième portion du duodénum, et d'autres cystico-gastriques mettant en communication la vésicule du foie et l'estomac (1) .

Fig. 31. — Côté gauche de la poitrine et du flanc, l'ouverture est bouchée par la muqueuse stomacale formant valvulve. AAA, bords de l'ouverture; B, insertion de l'estomac à la partie supérieure de l'orifice; c, mamelon; d, face antérieure du côté gauche de la poitrine; E, cicatrices produites après l'ablation d'un cartilage; F, F, F, cicatrice de Tancienne plaie. (1) J. Cruveilhier, Traité (Vanatomie pathologique générale, t. II, p. 539 et suiv., 1852.

APPAUEIL DE LA DIGESTION

Corps étrangers et parasites.

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