matières Aifs voinisscinents. Ejection»; stomacales
Les mucosités rejetées par les personnes atteintes de gastrorrhée, les pituites des individus alcooliques, les 'vomissements des hystériques, rendus à jeun sont ordinairement constitués par un mucus épais, filant, de réaction alcaline, grisâtre ou incolore, assez fluide, avec ou sans petits grumeaux blanchâtres.
Au microscope on y observe des filaments ou des flocons de mucosine, des petits amas de granulations moléculaires et des cellules épithéliales prismatiques venues de l'estomac.
Les vomissements bilieux sont de couleur jaunâtre ou verdatre, parfois porracée, d'autres fois brunâtre. Les vomissements où se trouve la bile renferment de la biliverdine et parfois, ainsi que les précédents, des Cryptococcus, des tubes d'Hygrocrocis et rarement des Sarcines.
Les vomissements muco-purulents contiennent du pus venu de l'œsophage, de l'estomac ou parfois des parties avoisinantes par une perforation, ils offrentune teinte jaunâtre, et l'analyse microscopique y fait reconnaître des leucocytes plus ou moins altérés. Dans la gastrite chronique les matières renfermées dans l'estomac offrent très-rarement des leucocytes et cela quand la réaction du liquide n'est pas acide.
Les vomissements sanguinolents et sanguins diffèrent entre eux : les uns sont rouges, rutilants ; les autres sont noirâtres et en caillots ; d'autres enfin ont la couleur du marc de café ou de la suie.
(1) A. Laboulbène, C.-R. de la Société de biologie, 2= série, t. III, p. 8, 1856.
ESTOMAC
Si le sang est resté très-peu de temps dans l'estomac sans avoir le conlact des sucs gastriques, il est reconnaissable à sa couleur et le microscope y montre les hématies caractéristiques et peu altérées. Il est digne de remarque que si de la bile existe en même temps qu'un peu de sang relui-ci est dissous, les hématies n'existent plus et ont laissé échapper leur matière colorante.
(Juand le sang est en caillots récents, il est facile à reconnaître, et au centre de ceux-ci la fdjrine et les globules tant rouges que blancs sont parfaitement appréciables.
Mais lorsque le sang s'est épanché par de petits vaisseaux et que peu à peu il a été en contact avec le suc gastrique, l'apparence de suie délayée devient très-nette. Presque toutes les hématies sont crénelées et même dissociées en granules irréguliers larges de 1 tj. à ^ ou 3 millièmes de millimètre.
Les vomissements des cholériques sont acides tout à fait au début et renferment une petite quantité d'aliments (cellules et fibres animales ou végétales), la quatrième ou cinquième éjection est alcaline et floconneuse, riziforme, blanche. Dans l'estomac du cholérique mort à la période asphyxique les matières excrétées sont alcalines ainsi que la muqueuse. Les grains blanchâtres renferment des épithéliums prismatiques, des leucocytes peu nombreux, des granulations moléculaires.
Knfin, les vomissements qui se produisent après la dilatation de r estomac et chez les sujets ayant un obstacle au pylore sont composés d'un liquide à réaction acide, rarement clair, mélangé d'aliments, de sang, etc. Dans ces liquides de composition variable on trouve souvent des éléments végétaux particuliers, Cryptococcus, Hygrocrocis, Oidium et la Sarcine, Sarcina ou Merismopœdia ventriculi de Goodsir et Ch. Robin.
Vices de conformation de l'estomac.
Vabsence congénitale de l'estomac a été observée chez les monstres acéphales ; les faits de double estomac paraissent résulter de l'accolement de deux ventricules dans les monstres doubles. Pigné en a rapporté un exemple.
L'estomac a été vu renversé (Fleischmann) de telle façon que la grande courbure se trouvait en haut du viscère et la petite courbure vers l'ombilic. Dans l'inversion viscérale, la grosse lubérosité est à droite, tandis que, en sens opposé, c'est-à-dire à gauche, on voit le pylore.
APPAREIL DE LA DIGESTION
Les ouvertures anormales de l'estomac onL été (.roiivées au cardia (|ui communiquait à la fois avec l'œsophage et avec l'intestin (Fleischmann). D'autres fois le ventricule ne s'ouvre pas dans l'œsophage et se termine en caecum de ce côté; au contraire, dans d'autres cas, c'est du côté du pylore qu'est la portion bouchée. L'interruption tantôt entre l'œsophage, tantôt entre l'intestin, peut être complète, ou bien un cordon ligamenteux représente le conduit qui manque.
Le pylore peut s'ouvrir dans le canal pancréatique (Crooks).
Pagenstecher a fait connaître un cas de monstruosité fort rare de l'estomac :
Enfant mort le quatrième jour, n'ayant rien pu avaler. L'œsophage se terminait en cul-de-sac près de la bifurcation de la trachée-artère, à quatorze lignes au-dessous du pharynx. Une petite bandelette cellulo-fibreuse prenait naissance à la paroi antérieure du cul-de-sac et se terminait à l'extrémité de la portion de l'œsophage qui était attachée à l'estomac et qui avait un pouce et neuf lignes de longueur. L'estomac présentait une structure poreuse; ses membranes muqueuse et musculeuse constituaient une espèce de fdetdont les mailles étaient formées par la tunique péritonéale qui, elle-même, était percée en quelques endroits. Les mailles avaient de un quart de ligne à une ligne de diamètre et étaient au nombre de plus de cent. On remarquait, en outre, le manque complet du grand cul-de-sac de l'estomac ; il était comme enlevé par une section perpendiculaire descendant de l'embouchure de l'œsophage vers la grande courbure de l'estomac. L'intérieur de cet organe était enduit d'un mucus jaune rougeàtre. On ne trouva pas d'autre altération (1).
I. F. Meckel, Tabula anatomiee pathologicœ, etc. Fasciculus III, Lipsiee, 1822, — G. Martin, Anomalie de l'estomac (Bull, de la Société anat. de Paris, t. I, p. 39, 1826). — Scemmering, Denkschrift des K. Akad. d. Wissenschaftcn zu Miinchen, t. VIII, et Arch. gén. de méd., t. XVII, 1828. — Crooks, Estomac se terminant en cul-de-sac (Medic. Zeitung, Band XI, 1827, et Arch. gén. de méd,, t. XVII, 1828). — Pagenstecher, Archives gén. de méd., t. XXI, p. 116, 1829. — PiGNÉ, Duplicité de Festomac chez un anencéphale (Bull, de la Société anatomique de Paris, t. XXI, p. 109, 1846). — Struthers (.T.), Observ. d'estomac double (Edinburgh monthly Journal of med. Science, février 1851). — Barth, Estomac biloculairo (Bull, de la Soc. anat., t. XXVI, p. 30, 1851), — P. Broca, Estomac biloculaire chez un supplicié (Buil. de la Soc. anat. de Paris, t. XXVII, p. 25, 1852). — A. Luton, Descript. d'un fœtus monstrueux, etc. (Mém. de la Société de biologie, 2"^ série, t. I, p. 323, 1855). — Sous, Hypogénèse de Pestomac, etc. (Gaz. méd. de Paris, 1859).
(1) Pagenstecher, Archives générales de médecine, 1" série, t. XXI, p. 116, 1829.
ESTOMAC
SECTION VI