iarcouics, flbronie!^, paiiiiloiucK^ adénomes, etc
A. Sarcomes. — Les sarcomes de l'intestin sont aussi rares que ceux de l'estomac (1). On en a décrit quelques exemples seulement. Ils proéminent et forment une tumeur à la surface libre ou interne de la muqueuse ; les tumeurs fibro-plastiques intestinales se rapportent aux sarcomes fuso-cellulaires.
Barth a présenté à la Société anatomique, en 1850. une tumeur grosse comme une coque d'amande et soulevant la muqueuse au-dessous du pylore, par conséquent, siégeant dans le duodénum. Cette tumeur était solide, de consistance charnue, n'adh(''rant point à la muqueuse ; elle était recouverte par les fibres longitudinales du côté de l'intestin. L'intérieur était d'un gris rougeâtre ; sa coupe était lisse, son tissu fragile, sans suc à la pression, ni au grattage. P. Broca pensa qu'elle pouvait être constituée par du tissu fibro-plastique.
L'examen microscopique n'ayant pas été fait, s'agit-il réellement d'un sarcome ou d'un fibro-myome?
B. Fibromes. — Les fibromes de l'intestin offrent tantôt une forme sessile, tantôt plus ou moins pédiculée. Ils résultent de la multiplication des éléments conjonctifs de la couche celluleuse sous-muqueuse ; ils sont assez fréquents à la suite de l'entérite chronique, dans les dysenteries et autour des ulcérations diverses. Les fibromes, augmentés par les éléments glandulaires ou par des fibres musculaires lisses, deviennent des fibroadénomes ou des fibro-myomes. Ces derniers sont assez souvent situés du côté delà séreuse intestinale.
Les fibromes et les tumeurs qui suivent peuvent prendre l'apparence de polypes en se pédiculisant, et leur point d'attache est parfois tordu sur lui-même.
G. Papillomes. — Les papillomes intestinaux ont la forme de choux-
(1) Voyez les figures d'un sarcome de l'estomac dans Virchow, Palliologie des tumeurs, trad. Aronssohn, t. Il, p. 345-346, fig. 57 et 58, 1809.
196 APPAREIL DE LA DIGESTION
tleiirs OU de petites tumeurs, étalées ordinairement sur les valvules conniventes de l'intestin grêle ou au bas du gros intestin. Plusieurs de ces tumeurs ont été prises pour des épithéliomes, mais elles ne sont que des hypertrophies conjonctives.
L. Corvisart a signalé dans l'intestin grêle d'un homme de '2'2ans, mort tuberculeux, des appendices flottants, ayant 3 à 4^ millimètres de relief. Dans le gros intestin, il existait aussi de ces productions, mais plus allongées. Elles étaient constituées par un tissu filamenteux et recouvertes d'épithélium cylindrique (1).
La forme des papillomes est celle d'appendices plus ou moins allongés et flottants, lorsqu'on les examine sous l'eau, dans l'intestin grêle. Dans le gros intestin, les papillomes sont formés par les couches profondes delamuqueuse liypcrtrophiécset disposées en choux-fleurs, surtout autour des ulcérations.
D. Myomes. — Comme dans l'œsophage et l'estomac, la couche musculeuse s'hypertrophie, et des tumeurs tantôt sessiles, tantôt pédiculées, en résultent, dans lesquelles dominent les fibres musculaires lisses. Ces tumeurs, formées parfois de tissu fibreux mélangé aux fibres musculaires, s'avancent sous la couche séreuse aussi souvent que du côté de la muqueuse. Rokitansky signale les myomes comme pouvant déterminer l'invagination intestinale.
Bœttcher a fait l'examen anatomique et représenté un fait rare de léiomyome polypeux de l'iléon, en faisant remarquer la confusion qui a été faite de ce genre de tumeurs avec les polypes fibreux (2).
E. Lipomes. — Les tumeurs lipomateuses de l'intestin ne sont pas grosses, mais elles sont saillantes et composées d'un tissu adipeux de nouvelle formation.
Yirchow mentionne les lipomes de l'estomac, du jéjunum et du côlon, et il représente un lipome polypeux du jéjunum (3). Sangalli a vu deux lipomes occupant le côlon descendant, pédiculés, de la grosseur d'un œuf de poule; ils avaient déterminé une invagination de l'intestin. Castelain a observé un homme de 43 ans, qui rendit, en allant à la selle, une masse ovoïde, de 12 centimètres de haut sur 6 centimètres de largeur, ayant l'apparence d'un tampon de matières stercorales durcies (4). Castelain pen-
{\) Corvisart, Bull, de la Société anatomique de Paris, 1811.
i^2) Bœttcher (A.). Pohjpôses iVijoni des Ileums (Arcliiv der Ileilkunde, février 1870, et Gaz. hebd. de médecine et de chirurgie, p. 319, 1870).
(3) ViKCHOW (R). Pathologie des tumeurs, t. I, p. 379 et figure 74, 1807.
(4-) Castelain, Lipome de l'intestin (Bulletin médical du nord de la France, et Gazette hehd. de médecine et de chirurgie, p. 318, 1870).
INTESTIN' s.
sait avoir sous les yeux un léiomyome, mais l'examen microscopique montra que la tumeur était constituée par un nombre considérable de vésicules graisseuses, avec quelques fibres de tissu conjonctif, des vaisseaux, et qu'elle avait la structure d'un lipome.
F. Adénomes. — Les adénomes intestinaux, assez rares dans l'intestin grêle, sont plus fréquents dans le gros intestin, surtout dans le rectum. La majeure partie des cas de colite polypeuse ont trait aux adénomes.
Dans l'hypertrophie des glandes qui constitue les adénomes, 'les tubes de Lieberkiihn sont allongés, ayant des culs-de-sac secondaires et anormaux : du tissu fibreux etdes vaisseaux composent ces adénomes, devenus impropres à la fonction de glandes intestinales.
La plupart des polypes muqueux de l'intestin sont des adénomes dans lesquels la muqueuse est épaissie, revêtue de son épithélium cylindrique, avec les glandes devenues très-grosses, parfois même kystiques (voy. Estomac, p. 1:23).
, Les kystes, soit par déplacement, soit par obturation du canal desglandules s'ouvrant à la surface de la muqueuse, ont été déjà décrits (voy. p. 164 et 188). Leur mode de production dans l'intestin rappelle celui de leur formation dans l'estomac (1).
Dans les kystes intestinaux, l'orifice n'est pas toujours absolument bouché; parfois il n'est que rétréci ou déplacé, et, quand la dilatation s'accroît, l'orifice se resserre. On voit des kystes superficiels, d'autres profonds dans la muqueuse intestinale, et ils ont l'apparence de grains de mil ou de petites perles. Il ne faut point les confondre avec la psorentésie due aux follicules clos hypertrophiés.
La production kystique la plus remarquable de l'intestin est la dilatation par réiention de l'appendice vermiforme ou vermiculaire du cœcum. Quand l'orifice par lequel cet appendice verse dans le gros intestin le produit muqueux formé à la surface interne n'est pas libre, il arrive comme pour une glandule de Lieberkiihn, que l'appendice tout entier se dilate et ses parois contenant des glandules, même des follicules clos nombreux, se distendent complètement. L'appendice est ainsi comme un gros kyste muqueux de l'intestin, et, au degré le plus avancé, il représente une poche arrondie, du volume d'un œuf; on l'a vu même du volume du poing. Le kyste reste stationnaire et provoque des adhérences périphériques, la paroi est rarement amincie; il renferme un liquide filant, ressemblant au mucus épais du col utérin. Parfois ce mucus
(I) Voyez R. ViRCHinv, Patli. des Uuneurs, t. I, p. -Ti'i, fig. 35, 1867. Celte figure a été reproduite parConiil et Rauvicr, dans leur Manuel d'hisLoloijie palholorjique, t. I, p. 297, 18tj9.
APPAREIL DE LA DIGESTION
est si tenace et si gélatiniforme, qu'il peut être coupé en fragments et qu'il ne s'étire plus.
G. Polypes intestinaux. — Le terme vague de polypes renferme toutes les tumeurs, quelles qu'elles soient, non sessiles, mais pourvues d'un pédicule et dont l'histologie n'a pas été faite. Tels sont les polypes celluleux, muqueux, etc. Les polypes les plus fréquents sont ceux du rectum, où ils présentent quelques caractères spéciaux (voy. Rectum).
Les colites polypeuses de l'entérite chronique, de la dysenterie, la rectocolite polypeuse ont été souvent décrites. On trouve le plus ordinairement des glandules et des kystes au milieu des fibromes et des adénomes polypeux. Parfois ceux-ci amènent des invaginations intestinales (1).