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Invagination intc««tiualc

L'invagination intestinale est constituée par l'intussusception de Tintes^ tin; c'est le plus fréquent de tous les déplacements qui produisent l'occlusion réelle. On trouve que le gros intestin est celui qui s'imagine ordinairement; l'invagination de l'intestin grêle est plus rare (Bucquoy).

Le déplacement par invagination se fait ordinairement de haut en bas;

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il est, presque toujours descendant, on l'a cependant trouvé ascendant ou rétrograde.

L'invagination intestinale consistant dans l'introduction, ou intussusception d'une portion d'intestin dans la partie qui lui fait suite, la première

FiG. 39. — Invagination intestinale *.

portion im aginée est engaînée dans la deuxième à la manière d'un doigt de gant retourné (fig. 39).

Cruveilhiera étudié avec un grand soin l'invagination intestinale et les rapports des surfaces séreuses et muqueuses. Il a établi qu'il y a trois cylindres, au moins, d'intestin engaînés les uns dans les autres : l'extérieur est invaginant, un autre est moyen, le dernier est interne et vient de la partie la plus élevée du tube intestinal.

De cette disposition, il résulte qu'en fendant une invagination dans le sens longitudinal, on trouve, au centre ou de dedans en dehors : 1" deux surfaces muqueuses, ap"i)artenant au cylindre interne; 2° au milieu, deux surfaces séreuses accolées, venant l'une du cylindre interne, l'autre

* FlG. 39. — Invagination intestinale, ayant lieu de haut en bas et à trois cylindres (Cruveilhier). a, séreuse de l'intestin invaginant ; h, h, les deux surfaces nuiqucuses de cet intestin; c, extrémité muqueuse de l'intestin invaginé (Collection du musée Dupuytrcn, n" 37).

APl'AUEIL DE LA DIGESTION.

du cylindre moyen; 3" plus superficiellement, deux surfaces muqueuses, appartenant l'une au cylindre moyen, l'autre au cylindre externe ou invaginant; 4" enfin, la surface séreuse du cylindre externe. De plus, dans toute invagination à trois cylindres, on voit deux culs-do-sac périphériques, ou replis de l'intestin : 1° un repli inférieur, à concavité dirigée en haut, formé par le cylindre interne et le cylindre moyen ; 2" un pli supérieur, qui peut être appelé collier de l'invagination, limitant en haut le déplacement. En résumé, l'invagination intestinale, divisée suivant la longueur de l'intestin invaginé, montre une tumeur cylindroïde, en forme de boudin, offrant en bas une ouverture en forme de cul-depoule, par laquelle s'échappaient les matières (voy. fig. 39). Les deux cylindres internes et moyens constituent le boudin de l'invagination (1).

L'invagination intestinale est ordinairement simple et à trois cylindres, cependant elle a été vue double; c'est alors une invagination, qui entre elle-même dans une autre invagination. Dans un cas, le ciecum, qui avait reçu dans sa cavité les portions lombaires droite et transverse du côlon,- ■s'était invaginé à son tour dans le commencement de la portion lombaire gauche du côlon (Moutard-Martin, Cayol). L'invagination a été vue triple.

Les variétés par rapport à l'étendue des parties invaginées sont trèsgrandes. Dans un fait rapporté par Cruveilhier, on a trouvé une invagination constituée par la fin du duodénum, qui avait entraîné le pancréas, l'intestin grêle, l'épiploon, le ca'cum, le côlon ascendant, le côlon transverse, lesquels étaient invaginés dans le côlon descendant, l'S iliaque et le rectum.

L'invagination intestinale est plus commune chez l'enHint que chez l'adulte et le vieillard. Plusieurs fois elle est trouvée sur le cadavre sans inlïammation périphérique, et elle doit être produite pendant l'agonie, sans qu'une réaction inflammatoire ait eu lieu. D'autres fois elle succède à des lésions antérieures,, polypes ou tumeurs intestinales, qui, par leur poids, enti'aînent un segment de l'intestin dans le segment inférieur.

Les lésions qui accompagnent l'invagination sont l'entérorrhagie, qui rappelle par son aspect les selles dysentériques, la perforation et l'expulsion de la portion invaginée de l'intestin. C'est par la gangrène du bout invaginé et par la séparation du boudin que la guérison peut avoir lieu. En ce cas, la portion supérieure et le cylindre externe se soudent au collet de l'invagination.

La partie de l'intestin placée au-dessus de l'invagination est ordinaire-

(1) J. CruveilhieI!, Analomie pathologique du corpx Inunain, etc., livraison XXII, planelies 5 et fi, et Traité (l'anat. patitol. générale, t. I, p 516, 18i9.

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ment distendue par les matières et par les gaz. Cette portion de l'intestia se développe beaucoup, et elle remplit une grande partie de Fabdomen ; au moment de l'autopsie, elle fait irruption, comme une masse gonflée et. demi-transparente, quand on incise la paroi abdominale. Au contraire, le bout inférieur situé au-dessous de l'invagination est aplati, revenu sur lui-même et recouvert par la masse du bout supérieur.

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APPAREIL DE LA DIGESTION

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Plaies, ruptures, perforations, fistules, i . — Plaïciîi et ruptures des intestins.

A. Plaies des intestins. — Les parties des intestins le plus souvent lésées par plaie externe sont l'intestin grêle et le côlon transverse. Le caecum peut être blessé sans que le péritoine soit intéressé, celui-ci ne le recouvrant pas dans toute son étendue.

Les plaies peuvent être suivies de péritonite, par suite d'un épanchement alimentaire ou stercoral ; elles donnent lieu à une fistule stercorale, si des adhérences empêchent l'épanchement intestinal; enfin, les plaies peuvent occasionner un anus contre nature, si les adhérences ont lieu entre l'intestin blessé et l'ouverture abdominale.

B. Ruptures. — Les ruptures de l'intestin sont ordinairement traumatiques, survenant à la suite de chute ou bien d'un effort violent pour tousser, éternuer, etc. ; on les a vues sans lésion extérieure, après un coup sur l'abdomen, coup même léger, ou sur une hernie après des efforts de taxis.

De même que pour l'œsophage (voy. p. 104), les ruptures intestinales sont probablement facilitées par un état de lésion antérieure de l'intestin. Les ruptures ont lieu dans les points dilatés au-dessus d'un obstacle, dans les invaginations près du collet de celle-ci, enfin, dans les cas de rétrécissement par l'épithéliome ou par un néoplasme produisant soit la fragilité, soit l'amincissement des parois intestinales.

L'ulcération moléculaire et la gangrène sont les causes les plus efficaces de la perforation intestinale, que ce soit l'ulcération aiguë de la fièvre typhoïde, ou l'ulcération lente de l'épithéliome, ou, enfin, la pression d'un corps étranger qui la cause.

Les deux endroits où la perforation est le plus à craindre sont le duodénum et le Ccccum dans son appendice.

Les perforations ulcératives sont redoutables, parce qu'elles donnent lieu à une péritonite aiguë, si des adhérences ne se sont pas établies entre l'anse intestinale et un organe voisin, protégeant ainsi la cavité périto-

INTESTINS

iiéale. D'autres fois, lorsque la perforation fait entre une anse intestinale rapprochée, il s'établit une fistule bimuqueuse.

La pression lente d'un corps étranger, produite par une tumeur solide, un abcès ou toute autre coUeclion liquide, par des calculs biliaires comprimant l'abdomen, etc., peut ulcérer, de dehors en dedans, les paiois intestinales et produire une perforation.

Les causes de perforation extérieure sont très-nombreuses et les lésions parfois inattendues. On a vu des épanchements pleuraux traverser le diaphragme et se faire jour dans l'intestin ; les abcès du foie, des reins, des fosses iliaques, des ligaments larges, etc. , les hématocèles rétro-utérines, les Jvystes hydalides du foie et des autres viscères abdominaux, divers ané- •vrysmes, se sont ouverts dans le canal intestinal. Les altérations néoplasiques (épithéliomes, ou tubercules pariétaux et viscéraux) viennent encore, par continuité avec les parois intestinales, perforer l'intestin de dehors en dedans.

Les perforations intestinales ont pour caractères anatomiques d'être lantôt taillées comme par un emporte-pièce, à bords tranchés et élevés, ^u bien d'être formées en biseau, aux dépens de la muqueuse, qui autour est hyperémiée et enflammée, les bords sont de niveau ou, au contraire, plus ou moins saillants; dans les perforations lentes, le pourtour est sou- Tent dur et inégal.

Les épanchements qui accompagnent les perforations sont formés par des matières hquides jaunâtres, ou, quand la perforation vient du gros intestin, par des matières fécales. Parfois, enfin, on constate des perforations qui aboutissent au loin par des trajets fistuleux, qui vont nous ■occuper.

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