Fi!4tule>« intestinales
Quand les perforations de l'intestin produisent la communication avec tm organe éloigné ou la peau, la fistule est externe; si une partie du îtube intestinal communique avec une autre de ses parties, il y a une fistule bimuqueuse. Mais ces fistules bimuqueuses peuvent être établies pareillement avec les autres appareils tubulaires creux, urinaire et génital, par exemple, et d'autres organes cavitaires.
Les fistules bimuqueuses les plus remarquables sont la fistule cysticoduodénale, cystico-colique, bimuqueuse entre deux anses de l'intestin .grêle, ou entre deux anses du gros intestin, ou entre un point de l'intestin grêle et un autre du gros intestin. On trouve encore des fistules néphroduodénales, néphro-coliques, néphro-rectales, entéro-vaginales, entéroytérines, entéro-vésicales, recto-vésicales, recto-vulvaîres, recto-utérines;
APl'AREIL DE LA DIGESTION.
on a VU, enfin, des fistules duodéno-et entéro-cutanées. Lesfistules rectocutanées seront étudiées plus bas (voy. Rectum).
Toute fistule intestinale a deux orifices, l'un venant et partant de l'intestin, l'autre placé sur un organe plus ou moins rapproché. Ces fistules on conduits accidentels ont un trajet ou canal fistuleux, tantôt droit et court, tantôt anguleux, sinueux, parfois large, parfois très-étroit avec des renflements et des rétrécissements alternatifs.
Corps étrangers et parasites des intestins, a. — Corps étrangers.
Les corps étrangers, venus du dehors et introduits par la bouche, sont très-nombreux; tels sont un grand nombre de ceux déjà signalés pour l'œsophage et l'estomac, les os et les arêtes, les noyaux et les graines de fruits, les aiguilles, les épingles, les pièces de monnaie, du verre pilé, des pierres et morceaux de bois, des ciseaux, une fourchette d'argent, une tête de pipe, des dentiers artiticiels, des limes, des scies faites avec un ressort démontre, etc., etc. D'autres fois, les corps étrangers ont été introduits par l'anus et ont remonté dans le gros intestin. (Voy. Rectum.)
Les corps étrangers venus du dehors peuvent provoquer les lésions de l'entérite ou bien un abcès des parois intestinales avec péritonite enkystée, ou bien une perforation avec péritonite suraiguë ; quelques-unes, comme les aiguilles, sortent jiar divers points du corps sans inflammation violente préalable.
Femme, vingt-quatre ans, atteinte de fièvre et ayant avalé une grande quantité d'épingles et d'aiguilles ; au bout de deux ans, elle éprouve en différents points du corps des douleurs violentes, sans intlammation, ni changement à la surface du tégument externe ; le médecin appelé ayant senti une dureté au-dessous de la peau, pratiqua une petite incision et en retira une épingle. Plus de deux cents -épingles et aiguilles furent ainsi retirées, dans l'espace d'environ neuf mois, de dessous la peau des doigts, des mains, des bras, de l'aisselle, de l'abdomen, des aines, des parties de la génération, des genoux. Les épingles avançaient plus vite vers la peau que les aiguilles; celles-là sortaient entourées de mucosité blauf-lïâtre; les aiguilles, au contraire, étaient comme bronzées ou légèrement oxydées; quelques-unes présentaient des inégalités qui paraissaient être dues à des parcelles de fibres musculaires. La malade distinguait les progrès que faisaient les aiguilles, qui, quoique très-lents, produisaient plus de douleurs que les épingles, qui avançaient d'un jour à l'autre. De toutes les petites plaies faites par ces corps,
INTESTINS
aucune n'a suppuré, et toutes se sont fermées, comme celle de la saignée, par adhésion primitive (1). '
Des fragments de dents de peigne, des arêtes de poisson ont été trouvés dans le duodénum, engagés dans ses parois. Dor a vu, dans une poche constituée par la dilatation de la fin de l'iléon, 92 balles, h20 noyaux de prunes et quelques noyaux de cerises (2). Cruveilliier a compté 617 noyaux de cerises, accumulés dans l6 ca?cum, le côlon ascendant et une ])artie du côlon transverse, chez une femme, et, chose remarquable, ces noyaux séjournèrent près d'un an au-dessus d'un rétrécissement considérable, sans rétention des matières fécales ; celles-ci passaient liquéfiées ou très-morcelées, comme à travers un crible (3).
On rapporte des faits extraordinaires de corps étrangers ayant traversé le tube digestif, parce qu'on les a vus expulsés par l'anus : fragments de verre, tessons de cruche, boucles de soulier, dés, couteaux, une flûte, divers instruments de fer ; ces faits doivent être examinés avec soin et acceptés avec réserve, parce qu'il est très-probable que le corps étranger avait été introduit par le rectum, et qu'il n'avait pas été préalablement avalé. Il faut aussi être en défiance à l'égard des corps étrangers rendus par les urines, ou retii'és de la vessie, et que le malade prétend avoir avalés. S'il n'est point impossible qu'un corps étranger, arrêté dans un endroit du canal intestinal, voisin delà vessie, puisse, à la suite d'adhérences, passer dans le réservoir urinaire, le fait doit être excessivement rare .
Les corps étrangers qui se sont formés dans le tube digestif sont constitués par des scybales ou matières fécales durcies, occupant le caecum et rS iliaque du côlon, ou engagées dans l'appendice vermiforme. Les bézoards humains, analogues à ceux des ruminants, sont extrêmement rares; on a cité l'exemple d'une maniaque avalant des cheveux qu'on a retrouvés feutrés dans l'estomac et les intestins. Des concrétions ayant pour base des particules végétales (caryopses d'avoine ou de graminées) ont été signalées, surtout dans les contrées où les habitants font usage de pain d'avoine ; ces calculs avénacés ne seraient pas très-rares (Monro).
Les concrétions volumineuses de l'intestin, chez l'homme, ont presque toujours pour noyau un calcul biliaire, venu du vésicule du foie dans l'intestin, ou un noyau de fruit, un corps étranger quelconque, qui s'est encroûté de matières fécales et de sels calcaires ; on a trouvé dans l'appen-
(1) Breschet, Diclionmire des Sciences médicales, l. VII, p. 66 (Observ. de Villars).
(2) Dor, Ubserrations cliniques, thèse de Paris, n° 18, 183.5.
(3) J. Cruveilhier, Anatomie pathol. du corps humain, etc., livraison XXVI, pl. 6.
APPAREIL DE LA DIGESTION
dice iléo-c[ocal un pépin de melon, un noyau de cerise, une aiguille, elc.„ sur lesquels du carbonate de chaux s'était dépose. En les fendant, on voit le corps central et des couches superposées de matières intestinales calcifiées. Berthelot a fait l'analyse d'un corps étranger de la grosseur d'un noyau de datte, véritable entérolithe, sans noyau central, que je lui ai remis, et qui avait causé la mort par perforation. Il était composé de phosphate de chaux, de carbonate de chaux et de matière organique (1).
Un des plus volumineux calculs intestinaux de l'homme qui aient été signalés est celui décrit par Ilusset Mosander (il). Ce calcid formait une masse allongée, mesurant, à- l'état sec, 17 centimètres en longueur, et 5 centimètres dans sa partie la plus épaisse, arrondie vers le haut, terminée en pointe noueuse à l'extrémité opposée. Ce corps étranger était formé d'un calcul central arrondi, revêtu de mamelons calcaires; il remplissait le cœcum et pénétrait dans l'appendice vermiforme. On trouva qu'il était composé de fragments végétaux provenant de caryopses d'avoine, et d'éléments minéraux et organiques.
Les calculs composés de substances graisseuses, assez semblables à du suif, ou d'apparence caséeiise, dont Elliotson et Bright, entre autres, ont rapporté des observations, sont rares ; ils viennent probablement de l'accumulation et de la non-digestion, peut-être avec saponification, des matières grasses, chez des malades atteints d'affections du pancréas.
Les fines granulations de la gravelle biliaire seront décrites plus tard (voy. Foie).
Chez un grand nombre de malades atteints d'affections aiguës, on trouve des cristaux prismatiques de phosphate ammoniaco-magnésien (Schœnlein, Bellingliam, Donné, Lebert) ; j'ai souvent constaté la présence de ces cristaux et d'autres de forme moins régulière.
On voit encore rendre, par les personnes qui font un usage habituel et même abusif de magnésie, pour faciliter les garde-robes, des amas de cette substance ; il en est de même chez celles qui se purgent souvent avec des sels magnésiens. Le phosphate ammoniaco-magnésien à peu près, pur, ressemblant à de la cendre jaunâtre, est aussi rendu en assez grande quantité par des sujets ayant une alimentation presque exclusivement végétale.
(1) A. LA.BOULBÈNE. Sur le sable intestinal {Arcli. gén. de médecine, 6' série, . XXII, p. note, 1873).
(2) Muséum anatomicum Holmiense, iii-foi. fasc. I, tlg. 1 et 2, Holnii.p, \%'>ô.
INTESTINS
J'ai fait connaître et décrit (1) une matière sableuse qu'on peut trouver dans les garde-robes, que je propose d'appeler sable intestinal. Cette matière ressemble beaucoup à du sable jaunâtre ou brunâtre, dont les grains les plus gros auraient les trois quarts d'un millimètre, et même un millimètre de diamètre, et les plus petits deux à trois dixièmes de millimètre. La surface en est inégale et revêtue de prolongements en forme de cristaux irréguliers. L'examen anatomo -pathologique fait reconnaître, dans le sable intestinal, des particules siliceuses, encroûtées de matières organiques et de phosphate ammoniaco-magnésien. Dans un grand nombre de cas, en même temps que la silice, on trouve des cellules végétales, inattaquées par les liquides actil^ de l'estomac et de l'intestin.
Ce sable intestinal provient du dehors ; il paraît se former à la suite d'une alimentation trop exclusivement végétale, et par l'ingestion inaper^ eue, ou peut-être volontaire de p.articules siliceuses (voy. fig. -40).
Fif,. 40. — Sable intestinal *.
Femme, vingt-quatre ans, gastralgique, entéralgique et hystérique, ayant rendu
* Fig. 40. — Sable intestinal. 1, a, masses d'apparence cristalline, composées de petits corps agglomérés; b, b, les mêmes, plus petits et plus anguleux; c, grains siliceux à cassure nette et irrégulière. Grossissement, 100 diamètres.
2. a, b, cellules à parois épaissies et à noyau foncé, allongé, pareilles aux cellules végétales qui proviennent des grains dits pierreux des poires ; c, l'une de ces cellules plus grossie montrant sur sa paroi les canaux qui vont de l'intérieur à l'extérieur; d, fragment d'un tissu végétal, parcouru par des tubes trachéens et trouvé dans le sable intestinal. Grossissement ; fig. a, b, d, 300 diamètres; c, 500 diamètres.
(1) A. Laboulbène, Sur les sables intesthiaux (Bulletin de l'Académie de médecine, 2" série, t. II, p. 1383, 1873, et Archiv. gén, de médecine, G' série, t. XXII, p. 641, 1873).
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à plusieurs reprises du sable intestinal. A l'œil nu, cette matière sableuse était formée de petits grains, brunâtres, séparés, fins, ayant en moyenne un demimillimètre de diamètre, mais un certain nombre n'avaient que deux ou trois dixièmes de millimètre.
Avec une forte loupe, on constatait que les plus gros grains, foncés en couleur, étaient inégaux à leur surface, ceux de moindre volume sont un peu moins colorés et, placés sur une lame de verre, ils offrent un aspect byalin ou un peu transparent.
Au microscope, après macération dans une eau légèrement acidulée, soit par l'acide acétique, soit par l'acide chlorhydrique, la plupart des granulations laissaient voir qu'elles sont revêtues et comme empâtées d'une matière organique, et la surface apparaît hérissée de cristallisations irrégulières. Il y a donc une partie centrale cristalline et une portion enveloppante organique, nettement isolée par une solution de potasse caustique.
Les grains petits, et un peu plus transparents au premier abord, étaient formés (par des cellules tantôt séparées, tantôt réunies en groupe, rarement arrondies, plus ordinairement polyédriques, à parois épaisses, à contenu ovoïde ou irrégujier, et d'un brun rougeâtre, placé dans la cavité de chaque cellule. Les parois étaient traversées par des canaux fort nombreux, régulièrement espacés, venant de l'intérieur et allant à la périphérie (fig. 40, 2, a, h, c).
L'analyse chimique faite par 0. Réveil a fourni les résultats suivants : La matière, composée de petits granules de la grosseur d'un grain de millet, brûle •en se boursouflant légèrement avec une flamme blanche, éclairante. Les vapeurs Tépkndent l'odeur de corne brûlée. Calcinée, elle donne 2,7 pour 100 de résidu, «'omposé en grande partie de carbonate de chaux. Après avoir repris ce résidu par l'acide chlorhydrique concentré, il reste une partie insoluble, composée de petits grains anguleux, visibles à l'œil nu, transparents, se brisant en éclats, si on les presse entre deux lames de verre. Ces petits grains apparaissent également, si on attaque la matière par une solution de potasse ou par les acides minéraux concentrés. La plupart ainsi isolés sont triangulaires ; leur caractère principal est d'être fragiles et transparents.
Ces petits calculs sont insolubles dans l'eau, l'éther ou l'alcool. Ils contiennent du carbonate de chaux, que l'on retrouve dans le résidu de la calcination.
Les acides minéraux concentrés, la potasse caustique en solution, l'ammoniaque, les dissolvent à la longue et leur donnent une coloration rougeàtre ; l'a- "cide chlorhydrique les colore légèrement en bleu verdàtre. Ils sont azotés. D'après ces caractères, on peut affirmer que la partie enveloppante est organique, imprégnée d'un peu de carbonate de chaux. Quant à la partie centrale, composée de grains remarquables par leur insolubilité dans les acides, leur transparence et leur fragilité, ces grains sont formés de silice. De plus, ces petits corps présentent des traces de fer.
Après les deux examens microscopique et chimique, il est impossible d'ad- TOeltreque le sable ait été déposé dans les matières alvines ; il avait sûrementpassé par le tube digestif. Cette femme, dont l'alimentation était surtout végétale, n'avait point l'habitude de se purger avec des sels neutres de magnésie ; elle
INTESTINS
ne prenait point de magnésie calcinée, de craie préparée, etc. Toutefois, il me parait incontestable que les grains siliceux venaient du dehors.
■ Depuis l'époque où j'ai publié les premières observations sur le sable intestinal, j'ai examiné plusieurs fois ces petites concrétions, rendues dans les garde-robes. J'ai vu avec Legroux que beaucoup d'entre elles sont constituées comme je l'avais remarqué moi-même, et comme Charles Robin l'a iiguré dans la dernière édition du Dictionnaire de Nysten (13" édition, p. 1226, fig. 387, 1873), par les concrétions dites pierreuses, que l'on trouve dans beaucoup de variétés de poires, et qui parcourent l'intestin sans être digéréës. Les grains durs sont formés parla réunion en groupes de cellules ovoïdes ou allongées, à parois très-épaisses et pourvues de canalicules rayonnant de la cavité centrale, très-étroite, de chaque cellule particulière jusqu'à la périphérie (lig. 40). Ces granulations sont extrêmement abondantes, dans certaines poires, sous la peau du fruit, et surtout autour de la partie centrale. Elles passent inaperçues, chez les sujets en bonne santé, elles sont, au contraire, remarquées par les personnes entéralgiques.
Hérard m'a remis des concrétions sableuses, rendues par l'anus, renfermant 60 pour 100 de matière organique et -40 pour 100 de matière minérale; cette dernière est presque entièrement composée de phosphate calcaire. La matière organique, amorphe, contient une petite proportion de graisse, sans acide urique, sans urates, sans cholestérine. Legouest, chez un sujet goutteux , a constaté des productions sableuses , formées ■principalement par de l'urate de chaux.
En résumé, je puis dire que la matière sableuse intestinale, différente de la gravelle biliaire et des concrétions stercorales, reconnaît pour origine des matières siliceuses, ou organiques végétales, venues du dehors. A ces noyaux, comme autour d'un centre, des couches de matières azotées ou du phosphate ammoniaco-magnésien se déposent, comme sur un corps étranger quelconque séjournant dans le gros intestin. Les granulations du sable intestinal ne sont donc point analogues aux calculs rénaux, mais, au contraire, aux calculs vésicaux, ayant pour centre, ou noyau, un corps venu dans la vessie et encroûté de substance calcaire.
De plus, il peut se former dans l'intestin, sous des influences pathologiques diverses , des concrétions très-fines et sableuses composées en majeure partie de phosphate calcaire ou bien d'urate de chaux.
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« Parasites do Pintestin.
Les corps étrangers vivants qui se trouvent dans les intestins de l'homme sont des parasites habituels entozoaires, mais parfois accidentels, appartenant presque tous à la classe des Helminthes ou vers intestinaux. Quelques-uns sont des articulés à l'état de larve, ou très-rarement à l'état parfait, et alors introduits fortuitement dans les voies digestives.
Le nombre et la détermination exacte des animaux parasites de l'intestin humain n'étant pas encore rigoureusement établis, il ne peut être question ici que d'un aperçu sommaire de ces espèces diverses; j'indiquerai d'une manière abrégée les caractères de chacune d'elles et leurs transformations.
A. Ascarides. — Les Ascarides rencontrés chez l'homme sont l'Ascaride lombricoïde {Ascaris Imnbricoides) et V Ascaris mystax, ce dernier très-rare et tout-à-fait exceptionnel.
a. \J Ascaride lombricoïde (fig. M) est un ver nématoïde, fréquent dans l'intestin grêle de l'homme, où il se tient de préférence. Les faits d'helminihiasis, autrefois très-nombreux, se rapportent à ce ver. La longueur ordinaire de l'Ascaride est de 20 à 30 centimètres de longueur chez la femelle, et de 45 à 47 chez le mâle. La forme est cylindrique, arrondie, atténuée ou effilée aux deux extrémités. La couleur est d'un blanc jaunâtre ou rosée. La partie antérieure du corps offre une bouche petite, avec trois renflements disposés en triangle, < un renflement supérieur, les deux autres infé rieurs (fig. 42), tous sont denticulés en dedans. La tête, séparée du corps par une légère dépressioQj circulaire, est ainsi garnie de trois boutons, oua valvules, au milieu desquels est l'ouverture buccale
riG. 41. — Ascaride loinb ricoide femelle *
* FiG 41. — Ascaride lombricoïde, îfemelle, ouverte dans toute sa longueur, a, tète pourvue de ses trois mamelons; h, e.xtréniité postérieure. L'intestin rectiligne s'étend de a eu fty fixé par des fibres transversales, d, cl, dans les portions antérieure et postérieure ; c, orifice viilvo-vaginal e, e, ovaire et trompes continus sous forme de deux longs tubes repliés un grandnombre de fuis. Grandeur naturelle.
INTESTINS
FiG. l"2. — Bouclie (ler.-Vscaridelombricoïde *.
Fii;, 4:1. — (Jl
Mil' di' IWscai
■idc louilii
iciiidc
L'extrémité postérieure offre, près de l'extrémité et en dessous, l'ouverture anale. Le corps est couvert de fines stries transversales.
Le mâle, plus petit et beaucoup plus rare que la femelle, a l'extrémité postérieure du corps recourbée en crosse et deux spicules courts, aigus, légèrement arqués. La femelle présente l'ouverture génitale, ou vulvaire, en dessous et en avant du milieu du corps ; elle est. pourvue de deux ovaires, longs, contournés. Les œufs de l'Ascaride lombricoïde sont ovales, longs de 0'"'",075 = 75 ^z, larges de 0'"°',058= 58 la coque n'est i)as épaisse, elle est lisse et revêtue d'une enveloppe muriforme transparente , blancbàlre , mais devenant opaque et brunâtre après la ponte (fig. 43).
L'œuf rendu avec les garde-robes est dans un état d'inertie. L'embryon se montre lentement dans l'œuf, et sous l'influence de la. température, restant l'hiver et l'automne sans oftrir de segmentation du vitellu^. Lorsqu'il peut pénétrer dans son milieu, c'est-à-dire dans les voies digestives de l'homme, cet œuf se développe rapidement. J'ai observé récemment la larve de l'Ascaride lombricoïde habitant l'intestin humain et dépourvue d'organes génitaux. Cette larve doit grandir très-vite et acquérir de bonne heure des organes sexuels.
L'Ascaride lombricoïde émigré, soit chassé par les efforts de l'intestin, soit spontanément, et ou l'a rencontré dans les cavités viscérales, dans un conduit excréteur en communication avec le tube digestif, dans l'épaisseur des parois abdominales, etc. Les faits, de vers engagés dans les voies biliaires, dans les canaux respiratoires, ne sont pas très-rares. Toutefois, il ne faudrait pas croire que les vers rencontrés à l'autopsie dans un organe s'y trouvaient pendant la vie du malade, car ils résistent plusieurs heures après leur hôte, et leurs mouvements leur permettent de pénétrer facilement par des orifices qui n'offrent plus la résistance ordinaire. Les Ascarides ne perforent pas les parois saines de l'intestin, mais ils peuvent passer par une perforation déjà établie ou près de l'être.
La multipfication excessive des Ascarides offre un danger et les pelotons des lombrics peuvent nuire et causer des accidents nerveux ; cependant l'occlusion intestinale est rarement observée, en admettant qu'elle
* Fig. 42. — Bouc-he grossie et vue de face de l'Ascaride lombricoïde; on voit les trois renflements mamelonnaires, ou valves, l'un supérieur, plus grand, et les deux autres inférieurs.
* Fig 43. — OEuf de l'Ascaride lombricoïde. «. œuf crossi 107 fois : h. œuf srossi 340 fois.
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soit possible. Aiijourdlmi. gi'àce aux progrès de l'hygiène et à l'usage domestique des fontaines liltrantes, les œufs de l'Ascaride entraînés dans l'eau restent sur les parois des filtres et les Ascarides deviennent relativement rares.
b. V Ascaris myslax, commvm chez le chat, le lynx, et d'autres espèces de félins, a peut-être été rencontré exceptionnellement chez l'homme. Il est beaucoup plus petit que l'Ascaride lombricoïde ; le mâle est long de 3 à G centijiiètres, la femelle de 5 à 10 centimètres. La tète de ce ver est infléchie et pourvue de deux ailes membraneuses formant un triangle à base postérieure ; les mamelons ou valves de la bouche sont arrondis et petits.
B. Oxyures. — VOxyure vermiculaire {Ascaris ou Oxyuris vermicularis) est petit, blanchâtre, allongé, filiforme, offrant à la partie antérieure du corps deux renflements ou lobes vésiculeux (fig. 44, c). Ce ver nématoïde se tient dans le rectum et de là se porte dans les parties génitales externes surtout chez les petites filles.
On rencontre presque toujours les femelles ' des Oxyures, longues
de 9 à 10 millimètres sur une largeur de 0""",5. Le rnàle, extrêmement rare, mais que j'ai trouvé et donné à Davaine, est long de 2""", 5 à 3 millimètres. La femelle a le corps terminé en pointe aiguë, d'où le nom du genre (ô^'j:, aigu, t/ùoa, queue), tandis que le mâle a l'extrémité postérieure ÊÊà recourbée et obtuse (fig.
Les œufs des Oxyures vcrmiculaires sont ovales, aplatis sur un des côtés, ayant 0,053 = 53 de long sur 0,028 28 p. de large, la coque est lisse. Ces œufs, pondus
I iG. U. — Oxyure vermiculaire \ ^^^^ j^g j^gpjjg (Jg \^ muqueUSC rCCtalc à (IcS
])rofondeurs variables, éclosentà des intervalles irréguliers.
C. Ankylostome. — VAnkylostome ou Ancylostome duodénal k (iyxvlo;^ courbe et <7Tôy.a, bouche), est un ver nématoïde qui, découvert * à Milan en 1838, a été observé en Egypte, puis de nouveau en Lslande (fig. /*5 et 46).
* Fig. Al. — Oxyure vermiculaire. a. m;ile, de grandeur naturelle ; h, femelle, de grandeur Miiturclle; c, portion antérieure du corps grossie avec les renllements latéraux; d, portion postél icure du corps, recourbée et obtuse cliez lemàlo; e, portion postérieure du corps cflilée chez la l'cmelle; f, reuf, très-grossi.
INTESTINS
Le corps est cylindrique, peu courbé, d'une coloration blanchâtre, transparente en avant, jaunâtre en arrière, long de 5 à 8 millimètres chez le mîde, de 9 à 13 chez la femelle. La tête, arrondie, est séparée du cou par un étranglement. La bouche, placée à la face inférieure du corps, est armée d'une capsule cornée, grande, tronquée obliquement, ayant sur la marge quatre dents fortes, au moyen desquelles ce ver s'attache sur la muqueuse. L'extrémité postérieure du corps du màle est dilatée en cupule copulatrice , soutenue par onze digitations. La femelle est atténuée en arrière ; la vulve est située un peu au-delà du milieu du corps (fig. 46 c)-. 11 habite le duodénum et surtout le jéjunum, parfois en petit nombre, quelquefois par centaines et par millieis (Griesinger).
L'Ancylostome se fixe dans la membrane muqueuse et même le tissu sous-jacent. Une forte ecchymose indique l'endroit où le ver était fixé, la muqueuse est percée comme par une aiguille et le sang s'écoule librement dans l'intestin. Parfois la muqueuse olfre un nombre considérable d'éle-
Fig. 45. — Aiicyloslome duodéiial màlu Fig. 46. — Ancylostomo diiodiinal femiile *.
vures de la grandeur d'une lentille, d'un rouge brun, et le ver est recouvert de sang et plus ou moins profondément enfoncé. D'après Griesinger,
* I''iG. 45. — Ancylostome diiodénal màle. A, grandeur naturelle; B, le même grossi; u, extrémité antérieure; h, extrémité postérieure; C, Détails très-grossis de cette extrémité postérieure et copulatrice, disposée en forme de capsule, avec les rayons qui la soutiennent.
■* Fig. 4'6. — Ancyloslome duodénal femelle. A, grandeur naturelle; B, la même grossie; a, extrémité antérieure; b, extrémité postérieure; c, orifice vulvaire ; C, tête très-grossie, montrant la disposition de rarmature dentée buccale.
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rAncylostome détermine l'anémie par des saignées incessamment renouvelées.
D. Trichocépliales. — Les Trichocéphales de l'homme diffèrent suivant les sexes, ce qui fait caractériser l'espèce par la dénomination de Trichocephalus dispar (ôptÇ, cheveu, et xtarAh, tète).
Le Trichocéphale est un ver nématoïde du gros intestin, du cœcum principalement. Sa forme est remarquable, la partie antérieure est effilée ( omme un cheveu et la postérieure est renflée et cylindrique (fig. 47). La couleur du corps est brunâtre ou jaune foncé. La longueur du mâle est de 37 millimètres, dont 24 sont applicables à la partie filiforme, la femelle a jusqu'à 50 millirnètres avec 33 millimètres de portion capilliforme. Le corps est finement strié en travers, avec une bande latérale de petites papilles. La bouche est nue, sans valves, l'anus est terminal, (ihez le mâle, l'extrémité postérieure est enroulée en spirale, avec une cupule d'où sort un pénis corné. La vulve est située chez la femelle au point de jonction des parties filiforme et renflée. L'œuf est ovoïde, allongé, avec deux renflements en bouton, placés aux deux extrémités du grand axe (fig. -47, e).
Fig. 47 . — Trichocéphale de l'homme.
Morgagni avait remarqué le Trichocéphale, mais c'est Rœderer et Wagler qui, sous le nom de Trichuride, l'ont observé pendant l'épidémie de fièvre muqueuse de Gœttingue, en regardant l'extrémité amincie du ver comme l'extrémité caudale. Goeze redressa l'erreur et donna le nom de Trichocéphale.
Ce ver se trouve rarement hors du cœcum, cependant il a été rencontre
* Fig. 47. — Trichocéphale mâle et femelle, a, le mâle de grandeur naturelle, avec l'extrémité postérieure enroulée; b, la femelle de grandeur naturelle; c, extrémité antérieure grossie, finement striée en travers; d, extrémité postérieure du niàle grossie avec le spicule, saillant; ■e, œuf très-grossi. ^
INTESTINS
dans le côlon et même dans Tinteslin grêle, jamais dans l'estomac. Un Trichocéphaleaété trouvé dans l'amygdale gauche et rapportéau T.affinis, qui vit chez le mouton; probablement, d'après Davaine, il s'agit d'un Trichocéphale humain chassé de l'intestin et de l'estomac par le vomissement.
Les Trichocéphales étaient, il y a quelques années, très-communs chez tous les sujets morts ou non de maladies aiguës, même succombant dans l'état de santé (Mérat). Aujourd'hui, ils sont rares, excepté chez les gens qui vivent à la campagne sans faire usage d'eau fdtrée.
E. Trichines. — Les Trichines (OrA^, -rpi^ôç, cheveu), dont les migrations ne sont bien connues que depuis peu d'années, arrivent dans l'estomac et l'intestin avec la viande où elles sont enkystées. Ces vers acquièrent le développement ultime des organes sexuels dans les voies digestives, et y pondent leurs œufs; ceux-ci donnent naissance à de petites larves filiformes qui perforent les parois intestinales et arrivent ainsi dans un vaisseau sanguin. De là, les larves de Trichines sont transportées de tous côtés, à l'aide du courant du sang, et elles se fixent dans les faisceaux musculaires. (Voyez Muscles.)
F. Échinorhynques. — Les Echinorhynques (è;;(îjo.:, héi isson, et p^^yx'^?^ bec ou trompe), communs chez plusieurs animaux domestiques, n'ont pas été trouvés d'une manière sûre chez l'homme. L'Échinorhynque géant, qui habite dans le canal intestinal du sanglier et du porc, a été spécialement étudié par J. Cloquet. Il est très-facile à reconnaître à sa trompe mobile, couverte de plusieurs l'angées de crochets. Les mâles sont plus petits que les femelles.
G. Ténias. Vers rubannés de V homme . — Les deux principales espèces jde Ténia (raivta, bandelette, ruban), appelés aussi vers solitaires, sont le Ténia inerme (Tœnia inermis), qui nous vient du bamf, et le Ténia <irmé {Tœnia solium), qui nous est donné par l'ingestion de la chair de porc ladre.
a. Le Ténia inerme (1), actuellement très-commun à Paris, est long •d'environ 6 à 8 mètres, large, épais, d'une coloration blanc-jaunàtre,
(1) Ce Ténia, ponr lequel je préfère et propose le nom de Tœnia inermis, déjà employé par JVIoquin-Tandon, au lieu du nom hétéroclite de Tœnia mediocanellata, donné par Kuchenmeister, ■et qui ne répond à aucune configuration du ver, a des caractères tranchés. 11 se développe dans 4'intestin grêle quand la viande de bœuf crue, dont on a tant abusé, y parvient avec les Cysti- ■cérques du boeuf {Cysticercus tennicollis). J'exposerai à la Société médicale des hôpitaux plusieurs remarques sur la fréquence de ce Ténia et son développement (Voyez Bulletins de la Société ■ médicale des hôpitaux de Paris, séances d'octobre et de notembre 1876).
240 APPAREIL DE LA DIGESTION
avec les articles terminaux rappelant un peu la forme des semences de
FiG. 48. — Ténia iiieinie de l'homme *.
citrouille ou de courge, d'où le nom de cucurbitains qui leur est souvent appliqué (fig-. 48).
La tête inenne, sans rostre àvancé, sans crocluis, large de ^2 millimètres, fréquemment pigmentée en arrière, inclinée sur le cou, a quatre ventouses trèsgrandes et un cou foi-t court. Les anneaux du corj)S s'étalent jus([u'à 15 à 18 millimètres de largeur, avec les pores génitaux irrégulièrement alternes, deux ou trois se suivant du même côlé du corps (fig. 48,
Fig. 49. — Anneau, cucur- C,d,e,f,g).
ïS?>^^mf'f''*'^" Les Cucurbitains, ou Proglottis, sont grands, vivaces, s'échappnnî d'eux-mêmes el malgré la volonté
' Fig. 48. — Ténia inernie. i», (èti', on srolex, et cou avec les premiers anncanx ; anneaux n'étant pas sexués ; c, (/, anneaux transversaux commençant à montrer les pores génitaux latéraux; e, /, anneaux carrés et sexués de la partie moyeime du corps; g, anneaux allongés de la partie postérieure. Grandeur naturelle. (C. Davaine.)
* Fig. 49. — Anneau ou cucurbilain du Ténia inernie, montrant les nombreuses ramifications des ovaires. Grossi troi^ fois. (Lcukart.)
liSTESTINS.
esi
du malade; les divisions de l'utérus, très-nombreuses, et jusqu'à trente de chaque côté, sont parallèles, bifurquées au sommet (fig. 49). Œufs un peu ovales, longs de 36 fx, larges de 28 à 33 fx, avec la coque assez épaisse.
b. Le Ténia armé (1) est plus petit dans toutes ses parties que le Ténia inerme (fig. 50) ; il est beaucoup plus rare que ce dernier à cause du soin que l'on prend pour la recherche des porcs ladres. Sa longueur de 5 à6mètres et plus, sa coloration blanche et seulement un peu jaunâtre après la mort.
La tête est droite sur le cou et large de 0'"'",56 à 0'°"',75, avec deux rangées de crochets, un rostre proéminent, pigmenté, quatre ventouses foncées en couleur (fig. 51); le cou est allongé. Anneaux du corps caducs, d'autant plus allongés qu'ils sont plus éloignés de la tête, avec les pores génitaux régulièrement alternes, placés successivement à droite et à gauche du corps.
Les cucurbitains sont moins vivaces que ceux du T. inerme, ils ne sortent pas spontanément, mais sont rendus avec les matières alvines. Les divisions de l'utérus sont dendritiques , formées de six à treize branches subdivisées plusieurs fois. Œuf rond, ayant 0'"'",033 = 33 f-t de diamètre.
Malgré leur nom de ver solitaire , les Ténia sont assez souvent au nombre de deux ou trois. J'en ai fait rendre plusieurs fois en assez grand nombre à des malades.
c. Outre les deux espèces de Ténia qui précèdent quelques autresonl été trouvées chez l'homme:
Un malade qui avait habité longtemps les États- Unis et qui avait fait la guerre de la sécession, a rendu avec l'écorce de grenadier un Ténia de couleur noire-ardoisée et voisin du T. inerme. J'ai donné à ce ver le nom de Tœnia nigra.
d. Une espèce de Ténia de la grosseur d'une aiguille, long de treize à vingt millimètres est le Tœnia nana. Il est caractérisé par la tête relativement grosse, obtuse en avant, avec une rangée de crochets bifides ;
Fig. 50. — Ténia armé ou Tœnia soliurn de riiomme*.
* FiG. 50. — Ténia armé, a, tète ou scolex avec les premiers anneaux; b, c, d, anneaux transversaux de la région antérieure du corps ; e, anneaux montrant le pore génital alterne ; f. anneaux carrés de la portion muqueuse du corps, à pore génital alterne; g, anneaux allongés de la partie postérieure. Grandeur naturelle. (C. Davaine, Sijnopsis, fig. 14.)
(1) A. Laboulbène, Bulletins de la Société médicale des hôpitaux de Paris, séances d'octobre et novembre 1876.
APPAREIL DE LA DIGESTION
le corps OU strobile, formé d'anneaux élargis vers la partie postérieure,
et portant les pores génitaux tous du même côté. Cette espèce a été rencontrée en Egypte chez un jeune homme mort de méningite.
e. Les Tœnia elliptica, ou cucumerina, et T.marginata, qui vivent ordinairement chez le chien, le chat ou le loup, sont très-exceptionnels chez l'homme; le Tœnia flavopunctata est une espèce douteuse ; le T. madagascariensis a été découvert à Mayotte (Iles Comores) chez deux enfants âgés de dix-huit mois (1).
FiG. 51. — Tcte ilu Ténia
armé de riiomme *. H, Hydatides entières et débris d'Hydatides. — A la suite des Ténias, ou vers rubannés, observés à l'état strobilaire ou sexué, qui nous sont donnés par la chair du bœuf ou du porc ladres, viennent se placer les vésicules hydatiques, ou les hydatides, qui développent chez le chien un ténia spécial : le Tœnia echinococcus . Les malades envahis par les hydatides sont donc atteints d'une véritable ladrerie hydatique. Cette question sera reprise (voyez Hydatides du foie); il ne sera fait mention présentement que des vésicules ou membranes hydatiques de l'intestin, parvenues dans sa cavité et rendues avec les selles.
Il existe quelques rares exemples d'hydatides des parois extérieures du tube digestif, mais le plus ordinairement les vésicules hydatiques arrivent dans le canal intestinal (2) par une perforation ou une ouverture des
FiG. 52. — Fragment de membrane hydatique **.
* FiG. 51. — Tête du Ténia armé vue sous deux aspects; h, tète vue de face montrant les quatre ventouses et la double rangée de crochets ; î, tête vue de trois quarts. Grossissement, 12 diamètres. (G. Davaine.)
FiG. 52, — Fragment de membrane hydatique, vu par la tranclie, montrant la disposition lamellaire ou fibroïde; 1, membrane enroulée; 2, membrane étalée; a, aspect lamellaire ou fibroïde, bien visible de Textérieur à Fintérieur; 6, b, membrane granuleuse placée en dedans, 1, et en dessous, 2. — Grossissement, 300 diamètres.
(1) G. Davaine et Grenet, Note sur une nouvelle espèce de Ténia recueillie à Mayotte (Archives de médecine navale, 1870).
(2) G. Davaine, Tro.ilé des entowaires, etc., chap. 11, p. 522, 2" édition, Paris, 1877.
INTESTINS. 243
parois, établissant une communication avec un kyste hydatique voisin (foie, rate, plèvre, rein, etc.). Les hydatides même du moindre volume, examinées sur un fragment de leurs parois et par la tranche, sont reconnaissables à l'aspect particulier, lamellaire ou fibroïde, en un mot à la stratification de la membrane hydatique (fig-. 52). Les vésicules hydatiques non stériles sont.pourvues d'une membrane granuleuse (fig. 52, bb) proligère, d'un liquide et d'Échinocoques qui sont caractéristiques (voyez Foie et Rate).
L Bothriocéphales. — Les Bothriocéphales diffèrent des Ténias par la forme de leur tête et par leurs pores génitaux placés au milieu des anneaux ou segments du corps (fig. 53 et 54).
a. Le Bothriocéphale large, très-rare en France, fréquent en Suisse, en Russie et en Pologne, habite l'intestin grêle. C'est un longver rubanné, épais, dont les anneaux sont élargis en travers, ayant par conséquent plus de volume dans le sens transversal que dans le sens longitudinal. Les pores ou orifices génitaux se trouvent sur la partie médiane des articles (fig. 53).
La taille du B. large est de six mètres et plus (jusqu'à vingt mètres? Dujardin), la couleur est blanchcàtre, devenant dans l'alcool d'un gris terne ou jaunâtre. La tête effilée, allongée, est ovoïde, large de deux millimètres et demi, sans rostre ni crochets, ayant deux fossettes latérales et profondes, longitudinales, faisant l'office de ventouses.
Les articles sexués , larges de 13 à 25 millimètres, sont un peu plus foncés à cause de la couleur des œufs , et l'ovaire se dessine en forme de rosace ou de dentelures irrégulières (fig. 53 et 54). Les derniers anneaux sont ordinairement vides et flasques. Les œufs sont ovoïdes, longs de 0""",068 = 68 p, larges de 0""",0U = M La coque est peu épaisse et présente un opercule qui se soulève pour la sortie de l'embryon. On rend cet opercule visible par la potasse caustique sur 53 HoUiiiocéphaie les œufs trouvés dans les garde-robes. i''"'ge *■
La tête du Bothriocépkale large prend des formes variées en se con-
* Fie. 52. — Botriocépliale large, a, tête et cou; h, petits anneaux du corps carrés; €,d,e, f, anneaux élargis et sexués; g, anneaux terminaux du corps, vides et revenus sur euxmêmes. Grandeur naturelle. (C. Davaine, Sijnopsis, fig. 21).
APPAREIL DE LA DIGESTION
tractant ; les anneaux du ver ne se séparent pas en cucurbitains comme ceux des Ténias, ils sortent par fragments allongés et à intervalles irréguliers. Les œufs sont pondus dans l'intestin, aussi les derniers anneaux sont-ils vides (fig. 53, g). La série du développement de ces œufs est encore inconnue, on sait qu'il sort de l'œuf une larve ciliée, d'où pro-
FiG. 54. — Anneaux sexués de Bothriocéphale large*.
vient un embryon hexacanthe, mais le ver a-t-il ensuite un état cystique dans le corps des poissons du genre Saumon ? c'est ce qui n'est point démontré.
b. Outre le Bothriocéphale large, on trouve encore chez l'homme une nouvelle espèce : BolJiriocephalus cristatus, récemment distinguée par Davaine (1). De plus, on a retrouvé au Groenland une espèce qui vit aussi chez le chien, le phoque et le morse, c'est le Bothriocephalus cordatus, qui a la tête dilatée à la manière d'un cœur de carte à jouer, dont la pointe serait placée en avant.
* Fig. 54. — Trois anneaux, ou proglottis, grossis du Bothriocéphale large, vus par leur face inférieure, a, orifice génital mâle, médian; le pénis est rétracté ainsi que sur l'anneau supérieur, il est saillant sur l'anneau inférieur ; b, orifice vaginal servant à la copulation. Plus en arrière est l'orifice utérin par lequel s'effectue la ponte. (Van Beneden.)
(1) C. Davaine, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, article Cestoïdes, t. XIV, p. 589, et fig. 12, 1873.
J. Distomes de rintestin. — Plusieurs observations de Distomes dans les intestins, provenant sans doute des voies biliaires, sont consignées dans la littérature médicale. Chabert et Bucholz ont trouvé dans le duodénum le Distome lancéolé et Busk une espèce très-voisine sinon identique. Ces Distomes diffèrent peu du Distome hépatique ou Douve du loie (voyez Parasites du foie, Distome). Bilharz a rencontré en Egypte, et en très-grand nombre, dans l'intestin grêle d'un enfant, une autre espèce : le Distome hétérophye ou inégal.
K. Linguatules ou Pentastomes. — Les Linguatules, singuliers animaux à métamorphoses, ressemblant à des vers, mais rapportés aujourd'hui aux crustacés dont ils représentent la forme helminthoïde, ont été rencontrés dans plusieurs parties du corps de l'homme (1) et enkystées ou non dans les tuniques de l'intestin.
La Linguatula denticulata, Pentastomum denticulatum, a été trouvée dans un kyste du caecum ; Lsl Linguatula serrata, Pentastomum constrictum, était libre dans le duodénum.
L. Les parasites protozoaires des intestins sont peu nombreux en espèces, mais extrêmement répandus comme individus dans certains liquides intestinaux. Le corps formé d'une substance molle, transparente et contractile, véritable sarcode, ne peut être vu qu'avec l'aide du microscope.
Le Cercomonas hominis ou intestinalis est fréquent dans les déjections récentes du choléra, de la fièvre typhoïde, etc. Sa longueur varie de O^^Ol à0,012=:10f.àl2p.
Le Paramecium coli est ovoïde, long de 0""",1 = 100 couvert de cils assez serrés et disposés en séries obliques ; il a été observé dans les matières des diarrhées, surtout chez les dysentériques.
II. A la suite de ces parasites, dont Texistence est liée à un milieu spécial qui est la cavité intestinale, il s'en trouve que je ne ferai qu'indiquer ici. Ce sont les petits animaux arthropodes, ou autres, avalés par mégarde et qui rentrent dans la catégorie des corps étrangers accidentels.
Des insectes à l'état de larve, ou dont les œufs ont pénétré avec les aliments dans le tube digestif, ont pu y vivre en causant des accidents variés. On a observé et déterminé les larves de Diptères, de Syrphides,
(1) A. Laboulbène, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, article Linguatulc, 2» série, t. II, p. 615, 1869.
APPAREIL DE LA DIGESTION
de Muscides, des genres Anthomyia, Teichomyza (1), Sarcophaga et quelques autres. Il en est de même des chenilles de Lépidoptères
surtout du genre Aglosse, et enfin des Coléoptères de diverses espèces. Hope (3) a donné, en 1840, un mémoire contenant la totalité des faits observés. Depuis cette époque il en a été publié qui semblent authentiques ; mais, il faut se tenir en gai'de contre les cas extraordinaires dus à des erreurs d'interprétation ou à des observations superficielles : tels sont les faux helminthes et les faux parasites.
III. Les Parasites végétaux qu'on rencontre dans les matières intestinales ont déjà été indiqués en grande partie. On trouve des filaments d'Oïdium, des Leptothrix ou Bactéries, des Yibrimiens, des Spirillum, des Cryptococcus et Microccocus , quelquefois des Sarcines (voy. page 151).
FiG. 55. — Larves de Muscides *.