Matières et déjections intestinales
Dans les cas de non-digestion gastro-intestinale, on voit dans les déjections alvines des matières qu'on n'y trouve pas ordinairement. Chez les enfants à la mamelle, le lait forme des masses de caséum non digéré ; chez les convalescents et dans les lientéries, des fragments d'aliments, surtout végétaux, passent inattaqués. De plus, on remarque dans les fèces une quantité de sucs intestinaux anormale, de bile en excès, de mucosités visqueuses ou fluides. Le mucus et le suc intestinal sont abondants chez les sujets ayant un anus contre nature.
Quand les deux parties supérieure et inférieure de l'intestin sont interrompues et que la dernière ne reçoit plus ni chyme, ni bile, ni suc
* FiG. 55. — Larves de Muscides du genre Anthomyia, trouvées dans les déjections alvines. a, larve pourvue d'appendices latéraux; b, larve sans appendices. La tète est dirigée en lias, le dernier segment placé en haut de la figure porte les stigmates. Grossissement, environ dix diamètres.
(1) H. Roger et Davaine, '"')sei vallon d'accidents produits par des vers et par des larves rendues par les selles {Mémot 'es de la Société de biologie, t. III, p. 88 et 112, pl. I, 1852, et A. Laboulbène, Métamorphoses de la Teichomijia fusca {Annales de la Société entomologique de France, 4" série, t. VII, p. 33, pl. V, 1867).
(2j W. F. Hope, On insects and tlieir larves occasionally observed in the human body (Transactions of the entomological society of London, t. Il, p. 256 et 265, 1840).
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pancréatique, les malades rendent des pelotes ou des sortes de cylindres durs, d'un blanc plus ou moins grisâtre, bien décrits par Lallemand, formés de mucus concret, n'absorbant l'eau qu'avec lenteur. Le microscope y fait reconnaître des granulations d'aspect graisseux, des cellules épithéliales déformées et granuleuses. Les matières arrondies et appelées scybales renferment beaucoup de mucus concret, mais en plus de la bile à l'état de granules de biliverdine.
Dans les selles de la diarrhée simple, les mucosités renferment de l'épithélium plus ou moins reconnaissable en flocons nombreux, et des leucocytes. Les déjections qui suivent l'action des purgatifs sont formées en grande partie par le suc intestinal dont la production est exagérée. Le phosphate ammoniaco-magnésien existe dans les selles diarrhéiques simples et non pas seulement dans celles de la dysenterie ou des lyphiques.
Les évacuations bilieuses, verdâtres et filantes, montrent beaucoup de matière colorante de la bile , sous forme de grains ou granules de biliverdine, globuleux ou polydriques, ayant de 5 à 10 et 20 f/. L'acide nitrique produit les changements de coloration caractéristique (voyez Foie, pigments biliaires).
Les selles des malades atteints d'altération de la sécrétion biliaire et surtout pancréatique sont recouvertes ou enduites de matières grasses et d'aspect huileux. Des lambeaux de filaments musculaires, qui ne sont pas plus digérés qu'au sortir de l'estomac, se retrouvent dans les fèces ; ils sont pris souvent par les malades pour des vers intestinaux. On voit encore des lobules de tissu adipeux, plus ou moins saponifiés, provenant des aliments et enfin des corps blanchâtres ou jaunâtres, du volume d'un pois à celui d'une petite noix, à surface unie, ressemblant à du caséum, à du suif, à de la bougie stéarique, qui sont rejetés par les malades, au miUeu de matières non digérées. Ces corps gras, dont il a déjà été fait mention (voy. page 230), se retrouvent dans les selles des individus cachectiques. Le microscope y fait constater des aiguilles cristallines propres aux corps gras.
Les mucosités intestinales gélatiniformes ont été décrites p. 162; il en est de même des évacuations du choiera (voy. p. 179), et des selles de la dysenterie (voy. p. 188).
Dans les cas d'entérites chroniques et d'ulcérations anciennes, les
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leiicocylcs sont reconnaissables et abondants dans le mucus d'aspect puriforme.
Quand l'intestin a reçu le pus d\in abcès voisin ouvert dans sa cavité, et provenant de diverses régions de l'abdomen enflammées, du foie ou du rein, des ligaments larges, de l'ovaire, etc., ces leucocytes dominent, mêlés parfois à des globules rouges du sang.
Les infusoires et les œufs de vers intestinaux, surtout ceux des Trichocéphales et des Ascarides, sont plus fréquents dans les selles des malades atteints d'affections aiguës ou chroniques de l'intestin.
Les selles noires du melœna sont constituées par les éléments altérés du sang et réduits à l'état granuleux ou pigmentaire (voy. Hémorrhagies intestinales, p. 206).
Les gaz intestinaux, par leur production exagérée, constit uent la tympanite intestinale ou le météorisme intestinal. C'est dans les cas de paralysie des fibres lisses de l'intestin accompagnant les maladies graves que cet état se produit ordinairement, ou bien par la décomposition de plusieurs espèces d'aliments. Les gaz intestinaux sont à peu près les mêmes dans l'état de santé et de maladie ; toutefois l'azote, l'acide carbonique et l'hydrogène sont les plus abondants. L'oxygène, l'hydrogène protocarboné et l'hydrogène sulfuré sont exceptionnels. L'absence de gaz dans toute l'étendue du tube digestif chez les cholériques a été constatée plusieurs fois.
Vices de conformation de l'intestin.
Les vices de conformation du tube digestif sont très-nombreux et souvent fort compliqués ; en voici un aperçu général et résumé :
L'intestin manque très-rarement en entier tant chez les fœtus anencéphales que chez ceux qui ont une conformation extérieure régulière ; mais si V absence totale de l'intestin est exceptionnelle, V absence partielle est assez fréquente.
La terminaison en cul-de-sac ou borgne de l'intestin grêle dans la partie supérieure, et surtout vers le côlon ou à la fin de celui-ci, avec l'absence du rectum, sont des anomalies assez ordinaires.
Les atrésies (a privatif, rpriTn, trou) ou imperforations, surtout celle de l'anus (atresia ani) sont très-fréquentes ; l'atrésie consiste en une occlusion de l'orifice anal portée plus ou moins haut, mais parfois la malformation atteint à la fois l'anus et le rectum, et alors on a les restes d'un état embryonnaire. L'anus est placé trop en avant et imperforé, ou bien il paraît
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bien conformé, mais il est imperforé, ou bien il y a tout à la fois absence complète d'anus et de rectum.
Quand il y a évenlration, ou fissure abdominale, on peut trouver l'intestin formant une anse qui vient se souder à la paroi abdominale ou s'arrêter dans la vessie, l'urèthre ou le vagin. On a vu des abouchements anormaux de l'intestin dans ces conditions se faire à des hauteurs différentes. L'ouverture de l'intestin dans la vessie et le vagin sont plus fréquentes que celles dans l'urèthre. De plus, l'ouverture commune avec les organes génitaux forme un cloaque simple ou compliqué avec l'ouverture de la vessie extrophiée. La formation d'un cloaque se complique de hernie ombilicale. Enfin, dans d'autres cas, ce sont les voies génito-urinaires qui viennent s'ouvrir dans l'intestin.
Les diverticules de r intestin sont remarquables. Le diverti cule vrai, i appelé aussi diverticule de Meckel est constitué par un appendice en cul-de-sac tenant à l'iléon, inséré plus ou moins loin de la valvule iléo- ! cœcale et provenant du canal omphalo-mésentérique de l'embryon. Sa longueur égale 15 à 20 centimètres, il est tantôt plus étroit ou plus large que l'intestin, conique, cylindrique ou en massue, parfois libre, parfois soudé à la paroi abdominale, et ouvert à l'ombilic. Quelquefois le diverticule fait partie d'une hernie et il est renfermé dans un sac.
Le rétrécissement congénital de l'intestin a lieu dans toute sa Ion- I gueur, mais le plus souvent l'intestin n'est rétréci que dans quelques points.
Les déplacements congénitaux ont lieu par défaut de réunion de la ligne blanche ou de l'ombilic, de là, certaines hernies abdominales et ombilicales. La perméabilité du canal inguinal permet la hernie inguinale congénitale, et l'absence d'une portion du diaphragme donne lieu à la hernie diaphragmatique (voy. Hernies).
Enfin, la transposition des viscères place le caecum à gauche, l'S iliaque ' à droite, le pylore, le duodénum et le foie à gauche, etc.
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