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I. — nypcrti'opliios Iié|iatîqiics

Ainsi que je le dirai plus bas, le terme hypertrophie, désignant l'augmentation de volume du foie, s'applique à un grand nombre d'états anatomiques différents; il est môme utile de discuter l'existence de Vhypertrophie vraie des éléments du foie, c'est-à-dire l'augmentation de volume ou de nombre des cellules hépatiques.

Frerichs (1) n'hésite pas à admettre que le foie peut être tuméfié par ses propres cellules atteignant le double ou le triple des dimensions normales, contenant deux et quelquefois trois noyaux volumineux, et que les lobules hépatiques ont grossi proportionnellement à l'accroissement de leurs cellules. Dans d'autres circonstances, le même auteur dit avoir observé des cellules petites, rondes, pâles, intimement unies entre elles, munies d'un noyau volumineux et d'un contenu transparent ou seulement un peu trouble ; il existe, en outre, dit-il, un grand nombre de noyaux granuleux, de forme ronde et ovale. Cette jeune génération cellulaire formait parfois la plus grande partie du parenchyme hépatique.

* FiG. 64. — Foie cirrhose et divisé en lobules, vu par sa face supérieure (Frerichs). ** FiG. 65. — • Le même foie que dans la figure précédente 6i, vu par la face inférieure (Frerichs)

(I) F. Th. Frerichs, Traité pratique des maladies du foie, 3= édition. Paris, 1877, p. 554.

APPAREIL DE LA DIGESTION

Le fait de l'augmentation de volume des éléments cellulaires ou des cellules hépatiques (hypertrophie véritable, hyperplasie) et celui de leur augmentation de nombre (hypergenèse) est moins nettement appréciable dans le foie que dans le cœur. Cette question sera élucidée à propos de ce dernier ogane ; toutefois l'hypertrophie vraie du foie me paraît devoir être admise. Les conditions de sa production sont obscures, mal connues encore, liées parfois à une atrophie de certaines portions, avec d'autres points en tuméfaction vraie des cellules ; on l'observe encore dans le diabète sucré, la leucocythémie, les maladies palustres. La congestion de l'organe ne produit pas l'augmentation de volume des cellules, comme on serait porté à le penser.

A côté de cette hypertrophie ou hyperplasie vraie et rare, viennent se placer les états hypertrophiques, qui ne peuvent être compris dans une description générale. Les mots d'hépato-mégalie, d'intumescence, d'hypertrophie mégalique du foie, n'indiquent rien d'autre que levolume exagéré de l'organe hépatique, sans préciser les dimensions réellement augmentées des éléments anatomiques {propres et cellulaires. Certains états qu'on regarde comme hypertrophiques, tenant à une forte congestion par exemple, sont, en réalité, atrophiques et avec une diminution de volume des cellules; d'autres, tels que les néoplasmes, ne constituent qu'une apparence d'hypertrophie, tandis que beaucoup d'éléments glandulaires ont disparu.

De tout cela il résulte que l'hypertrophie peut être vraie ou fausse, et, de plus, dans cette dernière, constituée par les états hypertrophiques, par l'hépato-mégalie, on doit reconnaître et apprécier attentivement plusieurs formes d'une grande utilité pratique.

Dans l'état normal, le foie de l'adulte s'élève jusqu'à la cinquième ou sixième côte, par sa partie supérieure convexe, et le bord inférieur ou antérieur, dirigé de bas en haut et de droite à gauche, se trouve situé entre le rebord des fausses côtes et le gros intestin (Sappey).

Dès que le foie dépasse ces dimensions, il est mégalique ou agrandi de volume, quelle qu'en soit la cause. Sur le vivant, par la percussion, et à première vue dès l'ouverture du cadavre, la figure 66 fournira des données importantes pour les états hypertrophiques du foie. Les lignes II et Y indiquent le foie normal. Le foie dont la limite inférieure (ligne VI) passe au-dessus de l'ombilic est ordinairement gras; la ligne VII s'élevant obliquement par l'ombilic est celle que l'on trouve avec le foie amyloïde; enfin, la limite inférieure VIII se rapporte au foie palustre, à la leucocythémie, surtout à l'épithéliome. Ce dernier néoplasme refoule le diaphragme en haut jusqu'à la ligne I des états hypertrophiques les plus prononcés et dépasse le bord inférieur de la cinquième côte (voy. fig. 66).

FOIE

Après cette revue abrégée des fausses hypertrophies, d'agrandissement de volume, en dehors des éléments cellulaires normaux du foie, il convient de regarder comme les plus ordinaires : Thypertrophie congestive ou

FiG. 66. — Dimensions du foie dans plusieurs élats liypertropliiques *.

hyperhémie du foie, le foie agrandi dans tous ses diamètres et à bords arrondis de la cirrhose ordinaire granuleuse, les foies gras, palustres, amyloïdes, et surtout les foies à épithéliomes ou cancers du foie.

* Fie. 66. — Dimensions du foie à Tétat normal et dans divers états liypertropliiques, La ligne II indique la position normale du diapliragme, la ligne III, la ligne de matité supérieure et la ligne V, la limite inférieure du foie normal.

La ligne IV montre la rétraction du foie dans la cirrhose a.rophique ou granuleuse; la ligne VU, la limite agrandie du foie amyloïde, enfin le rebord VIII est commun au foie palustre, à la leucocythémie et surtout à répithéliome ou cancer hépatique. La ligne I montre la position du diaphragme au maximum des états hyperlrophiques du foie (figure schématique).

APPAREIL DE LA DIGESTION

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