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Foie cireux ou en dégénérescence auiyloïde

La dégénérescence lardacée, cireuse, ou amyloïde du foie, vue par j Portai en 1813, fut étudiée par Rokilansky en 1846, puis par Budd, Wilks, Virchow, II. Meckel, etc. Elle a deux formes : elle est diffuse oui en foyer, et compliquée de sclérose ou de stéatose. j

A un degré extrême, le foie lardacé ou cireux offre à la coupe unef surface lisse, unie, un peu luisante, douce au toucher, pâteuse, d'unj rouge tirant surle jaune, rappelant la teinte du saumon fumé. L'extérieurj paraît exsangue comme l'intérieur, le volume est accru et les bords sont! mousses, arrondis. A un degré moindre, on voit des espaces isolés, cireux,' lardacés, de grandeur variable, et autour le foie est stéatosé, graisseux.^ ou bien à l'état d'induration chronique, cirrhotique. C'est alors quej les bords sont arrondis par le développement de la graisse; parfois

FOIE

enfin, le foie est ratatiné par le resserrement cirrhotique, avec des portions d'un gris pale translucide, analogues à de la cire et comme vitreuses^ par places.

Au microscope, on trouve une altération des cellules hépatiques et d'autres altérations le long des vaisseaux.

Les cellules hépatiques devenues amyloïdes sont plus ou moins remplies de granulations spéciales, et finalement infiltrées en totalité par une matière vitreuse, translucide, qui leur donne la forme de petits corps irréguliers, ou de masses inégalement sphériques, avec les bords mousses,, réunies entre elles, et formant des sortes de blocs irréguliers, parfois fendus (voy. fig. 77).

On ne voit plus, dans les cellules transformées par l'infiltration amyloïde, ni noyau, ni granulations protéiques ou graisseuses. L'iode en solution aqueuse colore les petits blocs amyloïdes en brun foncé acajou, et l'addition d'acide sulfurique les rend verdâtres, bleuâtres ou violacés.

Les capillaires surtout ceux des artères hépatiques ont, au début, les éléments externes de leurs parois et leurs fibres musculaires lisses infiltrés de substance amyloïde. Le canalicule sanguin devient alors rigide et réfiingent à la lumière. Le vaisseau reste perméable, puis les cellules hépatiques contiguës sont infiltrés secondairement de la même manière que la paroi vasculaire.

Au microscope, une coupe faite dans l'intérieur d'un nodule de foie cireux montre très-nettement que le dépôt ou l'infiltration de la substance amyloïde, au début et dans un degré moyen, a lieu dans le foyer de l'artériole hépatique, c'est-à-dire vers le milieu de l'acinus, entre la zone extérieure des radicules porte et la zone interne de la veinule centrale sushépatique (fig. 78). Le point intermédiaire répond nettement à la région de l'artère hépatique. Le dépôt vitreux, cireux, amyloïde, est dans les cellules moyennes, et chemine plutôt vers le centre que vers la périphérie (fig. 78).

* Fig. 77. — Cellules du foie atteintes d'infiltration amyloïde et transformées en blocs de cette substance spéciale, a, cellules isolées et diversement atteintes; h, fragment constitué par des cellules hépatiques soudées et dont les contours sont peu distincts. Grossissement, 300 diamètres. (E. Rindfleisch.)

Fig. 77. — Cellules du foie amyloïde *.

APPAREIL DE LA DIGESTION

A un degré avancé, la région des veinules sus-hépatiques est envahie, puis enfin la région des veinules porte. Dans les cas extrêmes, l'acinus entier est infiltré, toutes les cellules hépatiques sont remplies de substance amyloïde ayant les réactions spéciales déjà indiquées.

FiG. 78. — Foie amyloïde, degré moyen *.

La dégénérescence amyloïde du foie coexiste souvent avec celle de la rate, des reins et d'autres organes ; elle procède comme la dégénérescence graisseuse des maladies chroniques et cachectiques : tuberculose, scrofule avec carie, suppuration des os, syphilis invétérée, etc. ^

ScHRANT, Over dcr gocd en Kwaaciradige Gezwellen. Amsterdam, 1851. — Ch. Bernard et LaboulbÈne, Altération spéciale du foie et de reins (Comptes rendus de la Société de biologie, t. IV, p. 160, octobre 1852). — ViRCHOW, Archiv fur patliolog. Anatomie. — La pathologie cellulaire, traduction française, édition, par le docteur I. Straus, Paris. 1874., p. 431. — Meckel (H.), Die Speck oder Cholestrin Kranklieit (Annalen des berliner Charité Krankenhauses, Band IV, p. 264', 1853). — ROKITANSKY, Lerbucli der patholog. Anatomie, 3° édition, Wien, 1855. — WiLKS, Cases of lardaceous tumour and allied affections (Guy's Hospital Reports. London, 1856). — Charcot, Altération lardacée ou cireuse du foie, de la rate, etc. (Comptes rendus de la Société de biologie, 3" série, t. I, p. 140, 1858). — Pagenstecher, Die Amyloidc-Degeneration. Wiirzburg, 1858. — Friedreich und Kekulé, Ziir Amyloïd-Frage (Archiv fur pathol. xinatomie, t. XVI, p. 50, 1859). — CoRNiL, Dégénération amyloïde du foie et des reins (Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie, 3" série, t. IV, p. 108, 1862). — CoRNiL, Dégénération amyloïde du foie et des reins (Comptes rendus de la Société de biologie, 3" série, t. V, p. 31, 1803). — Mac-Donnell, Recherches sur la matière amylacée des tissus fœtaux et du foie (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LX et LXI, 1865). — Greenhow, Case of lardeceous diseasc of the Liver, Spleen and Kidncys (Med. Times and Gazette, p. 36, 1865). — Jaccoud, article Amylo'ide (Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. II, p. 173, 1865). • — Chevillion,

* Fig. 78. - Foie dont les lobules sont, à un degré moyen, envahis par l'infiltration amyloïde. A, artériole hépatique dont les parois sont infiltrées de substance amyloïde; v, v, veinules interlobulaires sus-hépatiques ; p, veinule porte ; les cellules hépatiques- de la zone moyenne des trois lobules, l'un central, les deux autres latéraux, sont infiltrées de substance amyloïde; G, G, canaux biliaires. Grossissement, 300 diamètres. (Riudllcisch.)

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Étude sur la dégénérescence dite amyloïde, thèse de Paris, n° 279, 1868. — Lancereaux et Lackerb.auer, Atlas d'anatomie pathologique, p. 81 et pl. II. Paris, 1869. — H. Cazalis, De lu dégénérescence amyloïde et de la stéatose du foie et des reins dans les longues suppurations et dans la septicémie chirurgicale, thèse de Paris, 1875. — HAYDEn, Dégénérescence amyloïde

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