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Foie niélaniquo, iiigiiicntation du foie

Le foie est pigmenté dans les fièvres intermittentes surtout, et les g ranules pigmentaires venant de la rate traversent le foie par la veine porte et se répandent dans divers organes : le cœur, le poumon, le eervcau. La inélanémie se montre surtout dans la rate, le foie et le cerveau.

Le foie est augmenté de volume au début, mais plus tard il retourne à ses dimensions normales- ou même il s'atrophie en devenant amyloïde, ([uoique rarement. La teinte extérieure est gris de fer, brun grisâtre, marbré de taches foncées brunes, parfois d'une teinte chocolat, avec quelques extravasations sanguines, etc.

; Au microscope, sur des coupes minces, montées dans la glycérine, el avec un faible grossisement, on trouve que les granules pigmentaires sont déposés dans les régions de la veine porte et des veines sus-hépatiques. Les réseaux de l'artère hépatique peuvent offrir également des matières i pigmentaires, les cellules du foie ne sont pas touchées ordinairement, i mais elles s'infiltrent plutôt de graisse, de pigment biliaire jaune, de substance amyloïde. Je crois être sûr d'avoir vu, dans un cas de foie ; pigmenté, la matière pigmentaire contenue dans les cellules, mais le fait n'en est pas moins très-rare.

Avec les lésions du foie mélanique, on trouve constamment celles de la rate (voyez Kate). Les poumons, le cerveau, les reins, renferment de 1 même du pigment dans les fièvres intermittentes anciennes. Le sang est riche en matière pigmentaire, et surtout celui de la veine porte.

s. — Tubcrculoitie du foie.

Rarement on trouve de gros tubercules du foie. J'en ai vu, il y a longtemps, un bel exemple sur un sujet de l'amphithéâtre de Glamart, et ayant des tubercules pulmonaires. Je trouve dans mes notes que la production isolée jaunâtre égalait le volume d'une noix ; elle siégeait dans le lobe droit et elle était recouverte par un centimètre de tissu paraissant à l'état , sain. La masse caséeuse, mais résistante, peu facile à écraser et à disso-

APPAREIL DE LA DIGESTION

der, offrail les cellules du foie ratatinées, anguleuses, et d'autres cellules plus petites à l'état caséeux. Il n'existait nulle part ailleurs de gommes ou de productions syphilitiques, ni d'infarctus. Le cœur paraissait à l'état normal. La rate n'était point tuberculeuse, tandis que l'intestin grêle présentait des ulcérations qui paraissaient dues à la tuberculose. Barth a observé un fait semblable dont j'ai fait le dessin.

Dans la tuberculose aiguë, il n'est pas rare, chez les enfants surtout, (le trouver des granulations tuberculeuses, miliaires, sous-péritonéales, et parfois des tubercules dont le centre est caséeux, arrivant jusqu'au volume d'un pois. Fœrster n'admet pas la tuberculose isolée du foie; il parle de tubercules de la grosseur d'une noix à une pomme, à détritus granuleux, à caverne centrale, avec destruction du tissu du foie et des voies biliaires.

Dans les cas de tuberculose miliaire aiguë, le foie est jaunâtre, et il faut une grande attention pour reconnaître les granulations qui se trouvent entre les acini ou lobules hépatiques : en enlevant la capsule de Glisson sur la surface, on les voit dans cette membrane regardée à contre-jour. C'est dans la zone des vaisseaux terminaux porte que se trouvent les granulations, et une cirrhose commençante enveloppe ordinairement la granulation miliaire.

Chez l'adulte et dans la tuberculisation ordinaire, Thaon (1) a démontré que les granulations tuberculeuses du foie sont moins rares qu'on ne l'aurait cru. Elles forment des lignes ou des traînées grisâtres sur le trajet ■des canaux veineux porte interlobulaires.

La tuberculose des canaux biliaires doit être distinguée avec soin de celle du parenchyme hépatique.

». — Syphili»; «lu foie.

La syphilis du foie, appelée aussi hépatite syphilitique, détermine au début un gonflement de la glande, mais ordinairement elle se produit <3omme accident tertiaire ou éloigné.

La syphilis précoce, ou aiguë, du foie n'est pas encore entièrement connue dans ses manifestations. Toutefois, on a trouvé le foie très-congestionné et hypertrophié chez les nouveau-nés, les très-jeunes sujets, et en même temps des produits spéciaux ou syphilomes en voie de formation.

Les formes de V hépatite syphilitique sont variables, car tantôt elle est superficielle, constituant une périhépatite, plus souvent elle se traduit

(1) Thaon, Noie sur la tuberculose du foie (Bulletins de la Société anatomique de Paris, 5= série, t. Vil. 187;2).

FO lE.

par des gommes ou syphilomes. Enfin, la dégénérescence amyloïde ou cireuse peut être le produit terminal de la syphilis du foie.

Chez les sujets qui succombent avec la syphilis constitutionnelle, on voit à la surface du foie des brides ou adhérences néohyméniques avec les organes voisins; de plus, sur fenveloppe extérieure de la glande, on remarque des cicatrices, soit froncées, soit déprimées : le foie est alors diminué de volume. Ces cicatrices occupent ordinairement la surface convexe du foie; leur nombre est variable, parfois peu nombreuses, elles peuvent être presque confluentes et donnent au foie un aspect irrégulicr et lobulé (fig. 79). Les cicatrices (peuvent pénétrer profondément dans le tissu hépatique ; elles sont formées par un tissu fibreux serré, peu vasculaire (fig. 80 et 81), mais au début le tissu est assez mou et riche en vaisseaux. On trouve là tous les caractères d'une véritable cicatrice résultant d'un travail organisateur qui a précédé. Du reste, dans cette forme, les vaisseaux sanguins et biliaires ne sont pas souvent atteints.

Les gommes syphilitiques tertiaires du foie représentent ordinairement

Fig. 79. — Foie syphilitique, offrant des cicatrices extérieures et intérieures *.

Fig. 80. — Coupe de la cicatrice représentée Fig. 81. — Coupe de cicatrices formées dans dans la figure précédente, lettre c **. l'intérieur d'un foie sypliilitique *'''*.

des masses jaunâtres ou blanchâtres, résultant de la réunion de petites

* Fig. 79. — Foie sypliilitique. A, lobe droit; a, lobe gauche; 6, vésicule biliaire; c, cicatrice lyant déprimé le foie et l'ayant rendu lobulé-; d, cicatrice froncée; e, ligani'^nt suspenseur. lE. Lancereaux.)

** Fig. 80. — Coupe de la cicatrice de la ligure 79; c' tractus libreux pénétrant dans la kibstance du foie. (E. Lancereaux.)

! ***Fig. 81. — Cicatrices formées dans un foie syphilitique; li, h', cicatrices étoilées. (E. Lancereaux.)

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tumeurs moins volumineuses, de la grosseur d'un grain de chénevis à un pois. Leur forme est anguleuse ; elles sont consistantes, dures, entourées de tissu sclérosé, comme feutré autour d'elles, de néo-lormation, et d'où elles peuvent souvent être énucléées. Au-dessus de ces gommes, acquérant parfois le volume d'une noix, existent les cicatrices déjà indiquées.

Une coupe faite à travers les gommes laisse voir un tissu caséeux à l'intérieur, sans suc, ferme, ayant une élasticité marquée à la pression des doigts. Plusieurs gommes montrent une résorption d'une partie de leur contenu. Leurs éléments consistent en cellules petites, tassées, ratatinées, et en dégénérescence granulo-graisseuse. Les cellules de la périphérie sont plus volumineuses, souvent fusiformes ou elliptiques, moins serrées, et mêlées de noyaux embryo-plastiques.

FiG. 82. — Tumeurs gonimeuses de la syphilis du foie

Les lésions gommeuses sont très-apparentes le long de l'insertion du ligament suspenseur du foie ; on y remarque souvent des cicatrices^'ou bien on y voit des tumeurs de différentes grandeurs (voy. fig. 8i2). La fonte des gommes donne lieu évidemment aux cicatrices étoilées.

Parfois, on a trouvé dans tout le parenchyme du foie, chez les syphilitiques, un grand nombre de granulations gommeuses^ disséminées, ^ressemblant à des grains cartilagineux ; le microscope y montre la structure caractéristique et de grandes cellules renfermant un grand nombre de<

* Fig. 82. — Syiihilis hépatique, tumeurs £;ommfuses. a, lohe gauche du foie; h, lobe droit; c, c, tissu fibreux étendu depuis le bile jusqu'au ligament suspenseur, et renfermant des tumeurs gommeuses, irrégulières, de diverses grandeurs. Demi-nature. (E. Rindfleiseh.} ^1

FOIE

noyaux. Leur siège est périlobulaire, les vaisseaux ne sont pas atteints en général, sauf les lymphatiques, entourés par le tissu de ces gommes. Parfois, quand il y a ictère, surtout chez les nouveau-nés, les vaisseaux biliaires paraissent eux-mêmes altérés, déformés, remplis de cellules tassées, épithéliales ; en même temps que les gommes, il me paraît y avoir de la cirrhose disséminée augmentant le volume du foie. C'est ce que j'ai noté sur des enfants nouveau-nés, ayant succombé rapidement avec du pemphigus des membres, à l'hôpital Necker.

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Hyperhémies. — Hémorrhagies hépatiques.

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