‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 101 sur 162 · FONDATION DES ÉTATS MODERNES · texte numérisé non relu

FONDATION DES ÉTATS MODERNES

cAmACTinB Dv 8i±CLB. — FondatiOQ des nouvelles monarchies.

— Législation des peuples barbares. — Commencement de la I * grande société chrétienne.

ÉVÉNBMBNTS.

nuurcii. — 511. Mort de Clovis. — Partage du royaume. — 534.

Destruction du royaume des Bourguignons. —534-548. Conquêtes

de Tbéodebald.

SKvsBB nuMAXH n'OAiBRT. — 518. Racc Justinienne. — Justin,

— 533. Publication du Code Justinien. — 534. Conquêtes de Bélitaire. — 553. Empire des Ostrogolhs détruit par Narsès.

RAUB. — 536. Mort de Théodoric. — Fondation du royaume de Lombardie. — 568. Commencement de l'exarchat de Ravenne.

astA««B. — ^7. invasion des Yislgoths. Amalaric.

AausB. — 590. Pontificat de saint Grégoire.

BÉcouvB&TBS. — 300. ^ers à soie. — Fondation de l'église de Sami-Germain'deê'Prés à Paris, - Ei^rs.

tes (t* SIÈCLE.

OÉTELOPPEIIEMT*

Vranee.

Mort db Clovis, et partage du botaume. — Conquête de u Bourgogne. — Clovis avait à venger la mort du père de Clothilde , assassiné par Gondebaud qui s'était emparé du trône de Bourgogne. Aidé de Godegisèle, frère du dernier roi et de Tusorpâleur, il remporta une victoire facile , et Gondebaud reconnu^ la suzeraineté du conquérant et donna une partie de ses Etats à son frère qui Tavait trahi. Mais l'occasion de la vengeance s'étani présentée , Gondebaud la saisit et fit périr Godegisèle ; Clovii( reprit les armes, fut vainqueur , força le roi vaincu à abjurer la doctrine id'Arius pour embrasser le catholicisme et à céder la province de Marseille à Tliéodoric, roi des Ostrogoths, qui l'avait soutenu dans cette guerre.

Clovis mourut en 511. Ses fils , entre lesquels il avait partagé la France, régnèrent d'abord en bonne intelligence et déclarèrent la guerre à Sigismond , qui avait succédé à Gondebaud , ainsi qu'à Gondemar, son frère, qui retenaient, injustement, la dot de leur mère Clothilde. Ils battirent Sigismond et s'eioparèrent de ses Etals ; mais , barbares dans leur victoire , ils le jetèrent dans un puits que l'on combla de pierres et le firent ainsi périr près d'Orléans. Gondemar parvint à rentrer dans la Bourgogne et à se réintégrer dans les Etats de son frère. Clotaire et Clodomir se lièrent entre eux pour lui faire la guerre, le battirent l'an 524, près de Voiron ( Dauphiné) , et Clodomir fut tué dans le combat; Childebert et Clotaire achevèrent la conquête de la Bourgogne (554).

Les Bourguignons, nation siiève, qui avaient d'abord suivi la migration des Fandalesy des Suèves, des plains, s'arrêtèrent en 413 sur les rives du haut Bhin et dans rUelvélie occidentale. Leurétablissèment définitif dans la Gaule date de Tannée 456. Leur domination s'étendait alors sur la Buurgot^ne d'aujourd'hui, la Franche-Comté, le Lyonnais, le Dauphiné, la Savoie, le pays de Vaud. le Valais, tout le royaume portant le nom de Grand IJert (Aliodium) des Bourguignons. Ce royaume, dans lequel le pouvoir royal ne larda pas à devenir héréditaire, fut exposé à des troubles fréquents causés par la turbulence de la noblesse, jalouse des lois et de la proieciion qu'ils accordaient aux sujets romams. La fermeté <lu roi Gondebaud , célèbre pour avoir publié la loi gombetle (505), préserva cet Etat de la ruine dont le menaçait Clovis ; Childebert et Clotaire en firent la conquête comme nous venons de le voir, mais elle ne détruisit nullement la nalioualité des Bourguignons.

6* 81ÈCLB. S89

La mort de Clodomir fui fatale à ses enfants. Malgré la protection et les prières de Clothilde qui alors était retirée à Tours, deux périrent victimes de la cruauté et de Tambition deChildebert et de Clotaire, leurs oncles» qui se partagèrent le royaume d'Orléans. Le troisième, plus heureux, put s'enfuir et se fit moine dans Tabbaye qui plus tard s'appela de son nom Saint- Clodoald ou Saint Gloud. C'est ainsi que nous verrons, dans la soite, les grands et quelquefois les rois dépouillés se réfugier an sein de TEgliseet venir chercher , dans le cloître, un asile contre la politique cruelle de leurs rivaux , avec Tintention d'y passer paisiblement leur vie ou d*y attendre Poccasion favorable pour ressaisir ce qu'ils ont perdu.

Thierry, que d'autres appellent Theuderic, et qui n'avait pns pris part à l'expédition de Bourgogne, mena ses soldats dans TÂuvergne, épargnée seule dans le ravage général de l'Occidenf. Les descendants des Àrvernes, si redoutables sous Jules-César, préféraient les Goths aux Francs ; mais ceux-ci étaient protégés par le clergé , et saint Quintien, évêque de Clermont, livra le château à Thierry. Ce prince alla de là aider Hermanfroi à dé* pouiller son frère Baldéric, roi de Thuringe, le fit ensuite empoisonner, et mourut en laissant la couronne à Théodebert, son fil&.

Ce jeune prince , que ses actions ont fait regarder comme le plus brave, le plus fier et le plus magnanime des rois francs de i époque , parvint à déjouer les projets perfides de ses oncles qui méditaient de s'emparer de ses Etats , et sç joignit à eux dans une nouvelle guerre contre la Bourgogne.

Justinien, empereur d'Orient, qui voulait s'attacher Théodekrt, lui avait cédé tous les droits de l'empire sur la Gaule du ■lidi. Le chef au$tra$ien passa en Italie dans le dessein de ^combattre les Ostrogoihs pour Pempereur ; mais bientôt il se Kclara contre celui-ci, parcourut l'Iialie du nord au sud, réduisit en cendres les plus belles villes et massacra , indistincte-

ent, et les Goths et les Grecs, puis fit alliance avec Totila et se

I à envahir l'empire d'Orient et à marcher sur Constanti-

»le, en descendant la yallée du Danube. 11 mourut au moment

fexécuter ce projet, en 547. Son fils, Théodebald ou Thibault,

Bt battu par les troupes de l'empereur, mourut en Italie, et

Notaire s'empara de ses Etats au détriment de son frère. Théodebert se fit représenter, sur ses monnaies , avec des

ornements semblables à cens des empereurs d*Orîent , ei lear donna, poar exergue^ le mot CONOB, que Ton trouve sur les monnaies des empereurs romains depuis Constantin , sans qa*on en connaisse la signification précise.

La mort de Théodçbert lut le terme des progrès des Francs ; les Lombards les arrêtèrent en Italie ; TEspagne ne les craignît plus; les Saxons rompirent avec eux , refusèrent le tribut de cinq cents vaches qu'ils leur payaient, et leur vouèrent une haine qui continua la lutte des Barbares qui s'accrut de siècle en siècle, et qui se manifeste encore de nos jours, par la révalte de TAngleterre et de la France.

sua CLOTIS.

La monarchie , à Vépoque où nous sommes, était pour ainsi dire élective. Les quatre fils de Clovis, pour succéder à la couronne, durent obtenir le consentement des Francs, et leurs quatre royaumes formèrent une espèce de fédération avec une assemblée commune, Clotaire, Tun des fils de Glovis, hérita de ses trois frères, après avoir tué les fils de Clodomir élevés par Clothilde. A la mort de Clotaire^ un nouveau partage eut lieu entre les quatre fils qu'il laissa, toujours avec le consentement des Francs,

Ce partage causa, dans le principe territorial , une lésion profonde dont Tefifet se fit sentir dans les deux siècles suivants.

EMPIRE ROUIÂIN D'ORIENT.

nAcs JusTiNiEnHB EN oKksNT. — jusTiH. Pendant que les peuples de la Germanie démembraient Tempire d'Occident , celui d'Orient, destiné à lui survivre malgré les vices de son gouvernement, était ébranlé par des dissensions religieuses et politiques, et ses Fron« tières exposées aux attaques successives des Huns, des Goths, des Bulgares , des Perses et des Arabes. Un gouvernement militaire et despotique des vices, de mœurs et de luxe, tel est en général Taspect qu'offrit Tempirede Byzancedans cette période, et, à peu de différence près, jusqu^à l'époque de sa destruction. Si son existence s'est prolongée maigre tant de maux qui l'affligeaient et les dangers qui le menaçaient, c'est grâce à l'heureuse situation de la capitale, aus qualités éminentes de quelques empereurs et à la désunion même de ses ennemis. Justin le Thrace, homme vulgaire , qui ne savait ni lire m écrire , établit sa domination dans l'Orient qui , depuis Jrcadius^ avait eu plusieurs souverains étrangers. Sous son règne, l'empire fui assez tranquille ; mais jànastaBe, son prédécesseur, avait excité lei Perses à prendre les armes, et ces derniers avaient enlevé PArménie ei la Colchide. La guerre était assoupie quand Justin parvint au tr6ne, àl'àge de 68 ans \ elle se ralluma vers la fin de son régne. Il voulait

6« SIÈCLE. %^i

bver la tache Imprimée au nom romain par le traité honteux ^Unastase ayait fait avec Cabadès, roi des Perses, qui avait enlevé aux Romains plusieurs provinces ; mais il ne vit pas la fin de cette guerre, et mourut presque aussitôt après ravoir commencée. Justi- Bien, son neveu, que depuis longtemps il avait appelé auprès de lui , lai succéda, en 537.

«uansiBH. — Justinien avait alors quarante-cinq ans. Son règne Alt une des plus brillantes époques du Bas-Empire; sa longueur, sa gloire et ses désastres le rendirent digne de Tintérèt le plus vif. L'empereor était doué d*une belle figure; il avait de la grâce et de la dignité dans ses manières , et donnait à ceux qui rapprochaient l'idée de cettema/e<lé, objet de toute son ambition. Il avait l*art de choisir et d*employer les hommes : c*est ainsi qu*il donna la direction des Cnances à Tadroit Jean de Cappadoce ; qu'il confia la législation d rérudit Tribonien , et qu'il mit à la t^te de ses armées , qu*il ne com- ■anda jamais, l'intègre et vaillant Bélisaire, l'habile et rusé Narsès . dont le courage lui conquit la Lombardie et dont la perfidie la fit perdre à aon successeur, et Germain, son neveu, qui brilla même i rôté de deux rivaux si redoutables. Naturellement pacifique, il fit pourtant respecter les armes romaines, depuis longtemps objet de la risée des Barbares, et releva la gloire de l'empire d'Orient tombé si bas dans l'esprit des peuples. Il termina heureusement la guerre que son oncle avait commencée contre les Perses, et dicta en maître les conditions du traité. Il s'occupa du commerce, de la science économique , introduisit la culture du mûrier, fit construire des fabriques de soie et des manufactures.

Mais les périodes de gloire ne sont pas toujours pour les peuples des périodes de bonheur. On a remarqué que chacune des trente-huit années de son règne fut marquée par quelque invasion des Barbares, et que chaque invasion coûta cent mille sujets à l'empire. D'autres ' Héaux semblèrent se réunir pour faire expier leur gloire aux Romains. Deux cent cinquante mille personnes furent écrasées sous les somp* tneux monuments d'Antioche, métropole de TAsie, détruite entièrement le 30 mal 536 par un affreux tremblement de terre qui se renouvela ^ de courts intervalles jusqu'à la Hn du siècle ; la peste, apportée de Péluse, décima encore la population , en sorte « que cette période. • illustrée par tant de monuments , peut être considérée avec effroi « comme celle des funérailles de l'espèce humaine. »

A tous ces malheurs venaient se joindre encore les dissensions in-

.teitines inséparables du gouvernement absolu, surtout tel qu*il était

] dans le Bas-Empire, où les chefs de l'Etat se mêlaient des dispute^

théologiques, et prétendaient imposer leurs opinions comme 4e^

aKides de foi. Ce fut une des faiblesses de la vieillesse de Justinien

qui se jeta dans les obscures subtilités mises à la mode dans ce siècle

dbérésieSf aussi bien par le clergé orthodoxe que par les novateurs ,

et les doctrines d'Eulychès, qui depuis plusieurs années'bouleversaient

IVmpire, furent de nouveau un sujet de troubles et de discorde.

Un autre motif vint encore «Humer une quasi-guerre civile, et

ait 6^ SIÈCLE.

causer de grands malheurs. Dans les courses de cbars, au €irt,tie# les cochers étaient revêtus d un uniforme, les uns verty les autre* bleu, 11 y avait entre eux rivalilé, et la populace se partageait entr» les deux couleurs ; de là deux factions, la faction des bleus et la fac« tion des verlSy chacune applaudissant et défendant ses héros. Jusquelà on s'en était tenu à des vociférations ou à quelques engagementt partiels qui avaient été facilement réprimés.

Mais Jusllnien eut Timpolitique de faire de cette rivalité une affaire d'Etat en embrassant l'un des partis , de compromettre la dignité impériale et la majesté de la justice t^n se déclarant pour la faction des bleus, et en poursuivant les verts pendant tout son règne. I| faillit être la victime de son imprudence; car, en S'^S, il s^éleva unej révolte terrible que l'on désigne sous le nom de son cri de guerre NiCtty ou victoire. La capitale fut, pend )nt cinq jours , livrée à la fu-^ reur de la populace excitée par les neveux d^Anastase, qui préten*' dâient au trône , et Justioien ne dut son salut- qu'à la fermeté de Tiiéodora, sa femme.

CODE DE JriTSTIIVIElV.

Justlnien avait construit une foule d'édilices superbes et il rebâtii avec plus de magnificence, sur la fin de sa vie, la cathédrale de Sainte-, Sophie qui avait beaucoup souffert et avait été presque entièrement détruite dans la sédition qui avait eu lieu au commencement de sool règne ; mais ce qui lui assure une gloire plus solide que ses conquêted et ses monuments somptueux, ce qui fait oublier les maux de son règne et pallier ses torts, c'est la collection et la publication de Tan** cien droit romain. Il voulut faire un choix parmi les lois qui existaient déjà, et confia le soin de ce grand ouvrage à dix des plus sages et des plus habiles magistrats, présidés par le savant Tribofiieiu Les Pandectes et le Code qui furent mis en ordre et promulgués par l'autorité de Justinien, contiennent l'immense dépôt de la sagesse des. âges précédents. N'est-il pas étonnant de voir une législation tout entière publiée par un Barbare sorti de la fange du peuple au milieu de la Grèce, aux descendants de Rome ? Un cachet servtle est sans doute quelquefois imprimé à ce beau travail des lois antiques ; maif ce n'en est pas moins un monument admirable qui doit perpétuer le nom de Justin ien et le recommander à l'estime de la postérité.

Quatre publications eurent lieu successivement :

lo Le Code de Jusiinien, ou Recueil des constitutions impériales depuis Adrien Jusqu'en 539.

2» Les JnsHtutes, éléments du droit romain à Tusage des écoles 15.55) ; 3* les Pandectes (538) ; 4» les NoveUes ou Authentiques (531 et 536), de Justinien lui-même.

Justinien mourut en 566 , quatre ans avant la naissance de Mahomet. Son sceptre fut successivement transmis à Justin le Jeune (565- 574), prince faible et sans caractère, qui se laissa gouverner par SophiCy son épouse, dont l'orgueilleuse vanité mécontenta Narsès, et tit perdre ritalie à l'empereur d'Orient. Il ne lui resta plus qu'une

tvincc de peu d'éfendue que Longtn , envoyé pour remplacer

rsès, parvint à soustraire aux Lombards et qu'il gouverna sous le

•D ^exarchat de Bavenne. Tibère li , prince doux et pacifique

4-582); Maurice, qui rétablit sur le trône de Perse Choiroès,

louillé de ses Etals, et eut en lui un allié fidèle et un redoutable

igeur (582-602) ; Phocas, soldat de fortune, assassin de Maurice

baltu par le roi de Perse qui voulait venger son bienfaiteur (602-

iiO); enfin Héraclius que nous verrons au 7» siècle.

coHQuÉTss D£ BÉLxsAïKE, général dcs urméet de Justinten.

p hétisaire , né d'un paysan de la Thrace , avait fait ses premières

^— les sous Justin. La route des grandeurs lui fut préparée par sa

me ^91 toftma^ confidente et amie de Tirapératrice Théoilora.

le et Paulre de mœurs dépravées et filles de cochers du cirque. Il

lïçot Tordre de passer en Afrique pour combattre Gélimer. homme

pmbitieux qui avait détrôné «tWMc, fils de Genaénc. Après avoir

terminé heureusement la guerre contre Cabadès, roi des Perses^ par

«0 traité de paix conclu en hfîO , BélUaire conduisit l'armée navale

tfestmée à conquérir T Afrique, prit Carthage, marcha contre Gélimer,

pétruisit le trône des Vandales y prit possession du royaume et se fit

rvir par les «flaciers du prince. Les jlfore* le reconnurent roi , et

«de temps après il défit le reste des Vandales, prit Gélimer

- 534), et le mena à Constantinople. Ce malheureux prince fut un

ornements de son triomphe. C'est ainsi que finit la monarchie des

'àndales ariens. Nous devons rendre justice à Justinien qui assigna

">uis de vastes domaines en Gaiatie à Gi^limer, et ce roi des YâQ<-

les effaça, par son repentir, le crime de son usurpation.

Bélisaire, ayant détruit ce royaume en Afrique, fut envoyé avec

fundus pour renverser celui des Goths en Italie. Depuis longtemps

'empereur d*Orient désirait ressusciter Tempire d'Occident , et cher-

idjait Toccasion de faire valoir ses prétentions; Théodat la lui fournit

liienlôt en disant étrangler, dans un bain , Amalasonthe, sa femme ,

cousine de Tempereur, et à laquelle il devait le trône. Ce fut sous

prétexte de venger sa parente que Justinien envoya une armée en

[Italie. Arrivé sur les côtes de Sicile avec sa flotte , Bétisaire s'empara

yieCalaDe, de Syracuse, de Panorme et de plusieurs autres villes, par

|f»rce ou par composition ; il courut ensuite à Naples et la prit (536).

1^ là il marcha sur Rome et en envoya les clefs à l'empereur. Théo-

i 4at, roi des Goths, ayant été assassiné pour avoir offert sa couronne

au poids de l'or, Viiigès, son successeur, vint assiéger Rome; Réli-

taire le vainquit, le força de se renfermer dans Ravenne, le prit et le

mena à Constantinople, après avoir refusé la couronne que les vaincus

offraient à leur vainqueur. Tout le peuple de Constantinople avait le

noin de Bélisaire à la bouche, et ses grandes actions dans la mémoire.

On le regardait comme le libérateur de Pempire.

Il fut bientôt obligé de quitter la capitale pour aller combattre Cbosroès V", roi de Perse. Après l'avoir mis en fuite , il retourna ea Italie contre Totila, élu roi des Golhs,dont la bouillante valeur secondait Tambition, et qui rêvait, aidé du roi franc Théodebert, non-seulement la délivrance et la conquête de L'Italie tout entière, mais le

tTé 6* SIÈCLE.

renversement de Vempire de Gonstantinople. L*envle s^était déjà i quéeàla gloire de Bélisaire, et, soit par sa propre jalousie, m rinstigation des ennemis du grand bomme, Justinien ne lui donna j peu de troupes et d*argent pour vaincre un des capitaines les ] courageux et les plus liabiles que les armes romaines eussent ei combattre depuis longtemps. Trop inférieur en nombre, Bélisaire | plusieurs fois battu; mais, malgré ses revers, il sut encore assez! poser au vainqueur pour rengager à ne pas détruire Rome doir avait déjà fait abattre les murailles» parvint à y rentrer lui-m^me] la répara. Cependant, comme la cour de Gonstantinople, infloeJ par ses envieux, ne faisait pas droit à ses réclamations et ne lui | voyait pas les secours qu'il demandait pour terminer la guerre f bonneur, il se démit du commandement et abandonna ritalie reprit encore les armes dans sa vieillesse contre les Huns , qui ava lait une Irruption dans l^empire en 559, les chassa et les fit red dans leur pays.

Les grands, de plus en plus jaloux des succès de Bélisaire, Pal sèrent (561 ) auprès de Justinien d'avoir voulu s'emparer du tri L'empereur, ombrageux, lui 6ta la dignité de patrice, lui retra^ ses gardes et Taccabla de cruels traitements, qu^le conduisirea tombeau la même année.

On a dit, sur rautorité de quelques historiens du 11« et da siècle, que Justinien poussa la barbarie juàqu^à faire crever les 1 au vainqueur des Perses, des Goths et des Vandales,etqu*on vitTill^ aveugle, alors âgé de-plus de quatre-vingts ans, conduit par un ea devant le couvent de Lauros, présentant un plat de bois pouri mander Taumône d'une obole. Cette opinion , reproduite par savant biographe anglais, lord Mahon, est aujourdHiui attaquée regardée comme une fable. On croit même que la clameur pubi^ fit repentir Justinien qui reconnut la malice de ses courtisans*" rendit à Bélisaice ses bonnes grâces. Ce que Ton sait , c'e^t que héros mourut le 15 mars 56S. huit mois avant Pempereur.

Lkctdre. — Gibbon, Décadence de Vempire Romain^ tome IX Le Beau, Histoire du Bas- Empire; Biographie de Bélisairey pi lord Mahon ; tragédie de Bélisaire y par M. de Jouy; Bélisaire i ttarmooiei.

Italie.

TBÉoooRic. —Trois frères, rois des Ostrogoihs, Walamir, Thè demir et Wildimir, après la mort ^"Atlilay occupèrent les contré désolées de la Pannonie, et maintinrent par leur habileté et leur co rage Tindépendance qu'une victoire venait de rendre à leur natio Ce fut de Théodemir que naquit Théodoriç, au moment où Ton appa tait la nouvelle de la victoire de Walamir sur les Huns qui avai« fait une irruption dans ses Etats. Livré pour otage à Tâge de huit ai il fut élevé, avec soin, à Constantinople ; mais, dédaignant les letti et les arts, il ne s'appliqua guère qu'aux exercices du corps et a manœuvres de la guerre. Quand il revint en Pannonie, toute la n lion des Ostrogoths reconnaissait le père de Théodoriç pour £on r

6* SIÈCLE. t75

I après quelques heureuses expéditions, fi monta sur ta trône des lales que lui laissait la mort de Théodémir en 475. Sa rapacité âtée par le besom le forçait à opprimer les vastes provinces qu'il ■it envahies, et déjà, d*accord avec ses sujets, il avait quitté son np de Pannonie pour 8*élablir dans de riches contrées situées aux rirons de la cour de Byzance et que leur avait cédées la lâcheté I empereurs, qui confièrent aux Barbares la défense de la partie i du Danube. Après avoir aidé Zenon à remonter sur le trône de rient et avoir reçu de lui les dignités de patricien et de consul, il l^révolta, répandit le feu de la guerre de Constantinople à la mer iaiique, et fit d^affreux ravages dans la Thrace. Zenon parv int k aiser, et,afin d'occuper son infatigable activité et son humeur inété, rengagea à attaquer une tribu de Goths qui avait soutenu «liiscus dans sa révolte. La perfidie romaine et l'adresse du fils de hriarius, qui commandait celte tribu, forcèrent Théodoric à em* asser le parti de Thriarius et à partager l'empire avec son rival. Ce . Dier étant mort, toute la nation reconnut la suprématie des aies , et l'empereur eut à craindre de nouveau leur puissance et ur valeur. Haï des Romains et suspect aux Barbares , Théodorie ma un projet digne de son courage et de son ambition ; il obtint I Zenon Tautorisation de conquérir l'italie et de la gouverner selon I lois de l'empire. Il se mit en m.arche avec toute sa nation, I 448, entraînant avec lui tous les aventuriers et les tribus errantes t pays qu*il traversait. Nous avons vu, dans le 5« siècle, Odoàcre , f des HéruleSf prendre le titre de roi d'Italie. Tbéodoric marcha itre lui, le défit successivement près d^Jquilée , à f^érane, sur les »rds de l'Adda, et l'assiégea dans Ravenne où il s'était retiré. Il Iconsentit d'abord à partager l'Italie avec son rival ; mais peu de I temps après Odoacre fut assassiné, dans un festin , de la main même f do roi goth, qui fit périr encore toute la famille et tous les amis de ce . prince Infortuné qu'on accusa, selon l'usage, d'avoir conspiré.

Tel était Teffet de l'ancienne gloire de Rome, que tous les vainqueurs , du grand peuple voulaient se faire Romains. ▲ peine Théodoric eut-il [ pris Ravenne, qu'il se revêtit de la pourpre impériale, et, maître de , Rome, il établit dans sa cour barbare toutes les charges de la cour d'Orient et s'arrogea tous les privilèges et toutes les prérogatives des empereurs. Il mit à profit les connaissances qu'il avait acquises pendant son séjour à Constantmople et se conduisit avec autant de sagesse que de modération. Le partage des terres de l'Italie, dont le tiers échut à ses soldats, est peut-être le seul reproche qu'on ait à lui faire dans les commencements de son règne, et partout ailleurs il «kontra un génie profond et une politique consommée. 11 laissa subsister la police, les coutumes et les lois romaines ; modéra, sans réteindre, l'ardeur de ses soldats, protégea l'industrie de ses nouveaux sujets, dans le but de maintenir la séparation entre les Goths et les Italiens et de réserver les uns pour les arts de la paix, et les aalres pour le service de la guerre; il s'arrêta au milieu de l'enivrement de la victoire»- Txssàra les Barbares de l'Occident chez lesquels saconquëte avait répandu i*alanne en leur montrant qu'il désirait

tf6 6** SIÈCLE.

la paix et n'en voulait pas à leurs possessions ; et s*il eut , dans te cours de son règne, quelques guerres à soutenir, ce fut toujours pour se défendre ; sa sagesse aussi bien que son courage le rendirent partout vainqueur. Diverses alliances unissaient sa famille aux plus puisaantes monarchies de rOccident ; les peuples les plus lointains envoyaient solliciter son amitié. Dans le gouvernement de ses Etats il avait pour maxime, dit un grand historien, de faire oublier qu'un Barbare étaii sur le tréney et sous sa domination , Rome et ritalie tout entière, le peuple et les nobles iouirent d^une prospérité qu*ils n*osatent plus espérer. Barbare, il défendit le duel; arieji, comme presque tous les Goths, il toléra longtemps les catholiques dont les prêtres recevaient des honneurs dans son palais, et ce fut par la justice, par la sagesse de ses lois et de son administration, qu*il affermît un empire qui, outre Tltaiie et la Sicile, embrassait une grande partie de la Pannonie, de la Rhétie , du Norique, PEspagne et ta Gaule méridionale jusqu'au Rhône sur laquelle il régnait comme tuteur de son petit-fils. On pense que la nation des Ostrogoths seule comptait deux cent mille hommes capables de poKer les armes ; mais on ne sait quelle était la population romaine des Etats de Théodoric.

Nous ne pouvons finir cette notice sans citer les crimes dont ce prince souilla sa vieillesse, et qui ont un peu terni sa gloire. Les mauvais traitements qu'il fit essuyer au souverain pontife qu'il envoya A Constantinople pour arrêter la persécution commencée contre les ariens , et Pordonnance par laquelle il défendit Texercice du cnlte catholique après un jour fixé , démentent la modération qu^il avait montrée jusqu'alors, et l'on ne pardonnera jamais au roi goih la mort de l'intègre et savant tioëce, le dernier des Romains, dit Gibbon, que Caton ou Cicéron eussent reconnu pour leur compatriote ; ni le meurtre de Symmaque, dont le crime fut de pleurer son ami, et dont la tête sanglante, apparaissant sans cesse à Théodoric, éveilla ses remords et avança sa dernière heure, il mourut le 30 août 526, après un règne de trente-trois ans, qui passa comme un brillant météore, sans laisser aucune influence durable. Nous avons une volumineuse collection des lettres de ce prince, écrites en son nom par Cassiodore, rhéteur un peu emphatique, mais qui nous a du moins laissé des documents précieux sur les relations politiques des nouveaux Etats.

AMALAsoHTBa, sft filIc, héritière de ses talents, gouverne d'abord avec sagesse comme tutrice d'Athalaric, âgé de cinq ans, qu'elle avait eu d'Evaric de Mœsie,mort depuis quelque temps. Quoique les Goths, comme tous les autres peuples guerriers du Nord, n^eussent jamais placé de femmes à leurs têtes, Âmalasonthe resta pourtant sur le tr6ne après la mort de son fils, et se montra digne de la confiance des Gottis. Cependant elle crut devoir s^associer au trône te neveu de Théodoric, Théodat, qui s*était engagé à lui laisser l'administration suprême de l'Etat. Mais bientôt l'ambition du nouveau roi et Tes intrigues de Théodora, femme de Justinien, firent reléguer dans une île du lac de Bolsena, et bientôt étrangler dans un bain, Amalasonthe qui appelait la vengeance de Justinien sur un époux ingrat.

6* SIÈCLE. «Tl

Nous venons de voir comment Bélisaireet Narsès par leurs yictoires mirent fin à Tempiredes Oslrogolhs (553), dont les Etals passèrent aux Grecs.

rOMOATlOM 9V &OTAVMB BBS LOMBARB8. — LfS Lomhards,

qui habitaient anciennement la partie septentrionale de la Germanie, surPElbe, s^étaienl enfin fixés dans la '"^«monie, après avoir chanfpé plusieurs f6is de demeure. S*étant ligii«:6 avec les Jvares contre les Gépides^ ils les vainquirent. Suivant le traité qu'ils avaient fait, ils abandonnèrent le pays des vaincus à leurs alliés, bien qu'ils y fussent établis depuis quarante-deux an.^, et rassemblant leurs femmes, leurs enfants, leurs vieillards, leurs esclaves, ils brûlèrent leurs maisons et se mirent en marche pour une nouvelle patrie. L*eunuque Narsès, dont^ la vanité de Sophie, femme de Justin, avait méconnu les services et blessé rorgueil en lui envoyant une quenouille et le faisant rappeler de son gouvernement, se déclara Indépendant et appela les Lombards à son secours. Ceux-ci se dirigèrent vers le nord delitalie et s'en rendirent maîtres sous Alboin^ leur chef. Longin, envoyé pour succéder à Narsès, ne put leur arracher qu'une petite province qui prit le nom d'exarchat de Ravenne et qu'il gouverna au nom de l'empereur. Tout le reste, depuis les montagnes de Jren/e jusqu'aux portes de Ravenne et de Rome, se soumit sans siège ni hataille. PatJte seule résista à ses armes, mais elle fut prise après un siège de trois ans, et les Lombards en firent la capitale de leurs Etats.

Mboifty leur premier roi, n'eut pas le temps de voir fleurir son nouvel empire ; Rosemonde^ sa femme , le fit assassiner. 11 l'avait contrainte à boire dans le crâne de son pèreCunimond, roi des Gépides, qu'il avait tué dans une bataille. La coutume de ces peuples était de se servir du crâne de leurs ennemis comme de coupe dans leurs festins solennels. Ce furent les successeurs (Tjilboin qui consolidèrent la monarchie qu'il avait fondée en 568, et que Gharlemagne détruisit en 774, ainsi que nous le verrons au 8« siècle. I LicTCRX. — Eginhard. — yie de Charlemagne,

Espagne.

IWASIOZf BES V1S1G0TH8 EN ITALIE, Elf OAITLB ET BB

ESPAGHE. —Pendant que les Vandales, les Suèves et les Alains dévastaient les Gaules et s'établissaient en Espagne, l'Italie fut envahie une seconde fois par les Visigoths sous le roi Alaric de ta race des Baltes (408) ; il venait sous le prétexte de venger l'assassinat commis par les ordres de Tempereur sur la personne de Sliltcon. La lâcheté et la mauvaise foi d'Honorius furent la cause du pillage de Rome, qu'Alarie avait deux fois épargnée. Ce roi mourut à Cosenza en Galabre, lors* I qu'il allait passer en Sicile (410).

L'arrivée des Visigoths dans la Gaule méridionale (412) fut Peffet d'une convention entre le roi Astolphe^ beau-frère (ÏÀiaric, élu par la nation, et l'empereur Honorius, privé de l'autorité nécessaire pour combattre Tanarchie qui désolait ces provinces. Ces désordres donnèrent lieu aux premiers établissements des Bourguignons dans la Gaule orientale (413).

t78 t* SlfcCLB.

Les Goths, sous Jstolphe, û'^ahoré maîtres des pays entre les Alpes, le Rhône, la Médilerraaée, la Garonne, les Pyrénées, où ils furent bientôt les auxiliaires des Romains et tantôt leurs ennemis, se fixèrent ensuite au delà de ces dernières montagnes , et firent de Barcelone la capitale de leur empire.

f^allia, successeur à^Àstolphe^ obtint TAquitaine pour prix de ses services, et choisit Toulouse pour résidence (415). G*est Pépoque de la fondation de la monarchie des Visigoths dans la Gaule méridionale, et dans cette partie de TEspagne qui comprend aujourd'hui la Navarre et la Catalogne. Les successeurs de J^allia lui donnèreoC une plus grande extension.

La défaite et la mort d'Alaric II , à Youglé (507), entraînèrent la perte d*une partie des provinces que les Visigoths avaient possédées dans la Gaule; néanmoins, par Tintervention de Théodoric , rot des Ostrogoths en Italie, ils conservèrent le Languedoc ou la SepHmanie. A la mort (TjémalariCf qui avait régné sous la tutelle de Théodoric^ s^éteignitla dynastie d'Alaric, et la couronne devint purement élective (5^6). Après le règne de Léovigilde (568-5SÔ) qui acheva la conquête de l'Espagne par la destruction du royaume des Suèves , et releva Tâutorité royale (584), la monarchie des Visigoths subit les conséquences funestes que le ckrgé exerçait sur te pouvoir politique, depuis la conversion de Récarède, fils de Léovigilde , k la religîoo catholique. La plupart des rois visigoths , jusqu^à Roderic (5S6-6t^f}, périrent de mort violente.

LKCTURE. — Jornandès, Origine des Goths.

Égalise.

L'Eglise de Rome profita du double avanjtage d'avoir été fondée par saint Pierre, le-prince dès Apôtres, et de compter parmi ses membces des personnages considérables auxquels leur rang et leur naissance donnaient une grande intiuence à lu cour.

La translation du siège de l'empire fit naître une vive jalousie entre l'évèque de ^ancienne résidence impériale et celui de la nouvelle, entre le plus puissant patriarche de TOrient et le premier évèque des pays occidentaux. Ces deux prélats se disputèrent longtemps la prééminence, enfin révêqiie de Rome l'emporta. Eloigné de la cour« il tenait le premier rang dans Tancienne capitale du monde , et dirigeait seul son vaste diocèse dont le zèle des missionnaires reculait sans cesse les limites. Plusieurs événements préparèrent la grandeur du saint-siége et la supériorité de l'Europe sur les autres parties du monde.

L'histoire nous montre les premiers papes inébranlables par la foi, toujours prêts à subir le martyre, prodigues de leur patrimoine envers les pauvres, attentifs à rendre le culte public plus imposant et à maintenir leur dignité par des mœurs austères. Parmi eux nous remarquerons Grégoire le Grand, qui fut élevé presque malgré lui au pontificat , dans le temps que Rome était ravagée par la peste (590)« Il était fils du sénateur Gordien, d'une illustre origine patricienne; il fut préteur, et il eui> pour mère salnie S/lvie. Aux avantages de la

naissance, Grégoire joignait une figure noble, des manières affables, des talents supérieurs, et des vertus dignes du pontificat. Il succéda en 590 à Pelage 11. Il mérita le surnom de Grand par son zèleinfiitigable et sa politique habile. Il envoya des missionnaires qui convertirent une grande partie de TAngleterre et le roi de Kent. Il étendit de tout son pouvoir la religion chrétienne, et fit à Rome de sages institutions. Il voulait qu'on employât la douceur, et non les voies de ligueur, pour ramener les hérétiques. Ce sage pontife donna Texemple I du gouvernement ecclésiastique. Cest celui de tous les papes dont il : BOUS reste le plus d^écrits.

Ce fut au sixième siècle, en 529, que saint Benoit de Nursia établit sur le mont Cassin une société de cénobites, destinée à devenir le chef- Keà d*une immense congrégation ; approuvée par saint Grégoire, elle se répandit rapi<lement dans toutes les provinces de TEglise latine, et dans la suite d'immenses services furent rendus par les bénédictins à la religion , à l'humanité et aux lettres. Jusqu^à cette époque les moines n^étaient pas encore membres du clergé , et on les regardait plutôt comme des laïques. On connaît bien parmi eux des prêtres et des évêques, mais c'est seulement au commencement du sixième siècle que les moines furent regardés comme faisant partie du clergé proprenent dit.

ucTUKE. — Esquisses historiques; Biographie de Bfichaud; Procope , historien de Justinien.

7« SriECLE.

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