‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 102 sur 162 · MAHOMET · texte numérisé non relu

MAHOMET

OD l'origine des empires d orient.

CA&ACT]è&E DU aitcLE. — En Europe Héraclius soutient la puissance chancelante de Vempire d'Orient. Les nouveaux Etals de Tempire d'Occident sont toujours dans la confusion. Les Mérovingiens se Jaisient gouverner par les maires d'Austrasie. Vheptarchie partage toujours les Anglo Saxons; Venise prend plus de consistance; mais les lumières de Inintelligence sont toujours éclipsées. L'Asie occidentale est envahie par les Arabes sous là conduite de Mahomet et des caltfès. ses successeurs, et la doctrine mahométane s'établit par les ariLes dans TAfrique septentrionale.

ÉVÉNEMENTS

fmAvcs. — 613. Rivalité de Frédégonde et de Brunehaut. — 687. Victoire de Testri, par Pépin d'Héristal.

isMPiRB B'omisvT. —610. HéraclUis, empereur d'OrienL — Défait» de Chosroès. roi de Per^e.

ARABIE. — 6^3. HÉGIRE DB MABOMET ; Origine dil mahométisme» — Ahou-BeUrCj premier calife, publie le Coran, — 640. ConquéK de la Syrie et de PEf^ypte par Omar. — 648. Fin du second empire des Perses. — 655. Prise de Rhodes par les Sarrasins.

«lÊcouvERTss. — iOX Plumes à écrire, — Jbbajrcsde ChclUs^ de SainUDents (62:2).

DÉVELOPPEMENT

france.

Rivalité de Frédégonde et de Brunehadt. — Le second par- Cage de la monarchie venait d*avoir lieu entre les quatre fils de Glolaire. Caribert , roi de Paris , mourut après six ans de règne , et son royaume fut encore divisé entre ses frères. Contran fat roi d'Orléans et de Bourgogne; Chil'pèriCy roi de Soissons ou de Neusirie , et Sigebert , roi d'Ausirasie , épousèrent les deux sœurs, Galsuinde et Brunehaut, filles d'Atanagilde , roi des Visigolhs. Frédé^on(/e, suivante de Galsuinde, avait su par ses intrigues et sa beauté s'attirer l'amour du roi qui bientôt négli* gea pour elle son épouse légitime , et cette princesse , s opposant à Pélévalion de Tambitieuse concubine , fut trouvée morte dans sou lit. Cet assassinat ne pouvait qu'être le crime de Frédégonde» et Brunehaut^ pour venger sa sœur, alluma la guerre entre les deux royaumes d'Austrasie et de Neustrie.

Après quelques combats les deux rois firent la paix , et Sigebert alla se faire prendre par les Huns qu'il poursuivait. De retour dans ses Etats, il s'empara par surprise de la ville d'Arles, qui appartenait à Contran, Celui-ci, par droit de représailles, prit Avignon qui faisait partie du royaume d'Austrasie , et alla assiéger son frère dans Arles même. Contran et Sigebert se réconcilicrent,et marchèrent contreChilpcric qui, pendant que ses deui frères guerroyaient, avait fait envahir par son fiisClovis la Touraine et le Poitou, provinces du royaume d'Austrasie. Clovis fut chassé de Tours et de Poitiers par Mummol; mais bientôt son fils aîné, plus heureux, tailla en pièces Gondebaut, général de Tarmée de Sigebert. Ce prince, vaincu, appela à son secours plusieurs peuples d'Allemagne, ses tributaires, et Gontran, redoutant après la victoire la force d'un allié si puissant, se rangea du côté de Chilpéric. Les deux armées furent bientôt en présence; on n'ose s'attaquer, et les trois rois font de nouveau la paix. Les

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AlIemaQdStfrastrés do boiin qu'ils s'étaientpromis, se révoltèrent, el c est avec peine que Sigeberi parvint à tes faire rentrer dans le devoir. Cependant Chilpéric, aidé du roi de Bourgogne, TÎola le traité , et son filrTliéodebert fut défait et lue par deur généraux du roi d'Âustrasie. Contran , prince faible et versatile, alMindonna Chilpéric malheureux , et embrassa le parti du vainqueur. Sigebert alla ceindre le diadème de Neustrie, qui lui fut offert par quelques seigneurs mécontents, et s^avança triomphant jusqu'à Yitri pour assiéger son frère et prendre possession de son royaume.C'estlàque Tallendait Frédégonde; le poignard de deux assassins la délivra d'un ennemi si terrible et sauva la Neoslrie.En même temps cette princesse eut soin de faire arrêter Brunehaut qui ignorait encore le meurtre de son époux; mais Gondebaui parvint à lui dérober le fils de sa viclirae et le fit proclamer à Metz roi d'Austrasie, sous le nom deCbildebert II. Mérovée «'éprit des charmes de Brunehaut, prisonnière à Rouen, et Tévéque Prétextât bénit leur union. Frédégonde profila de cette occasion pour perdre ce fils de Chilpéric et d'Andouère , qui pouvait disputer le trône à ses enfanis , le fit raser , enfermer dans un monastère, et bieniôt massacrer après qu'il s'en fut échappé. Clovis, son frère, éprouva le même sort, et Chilpéric lui-même, ayant découvert une intrigue de sa femme avec un seigneur de la cour, tomba sous les coups de celte princesse qui redoutait sa colère.

Cbildcbert , sous prétexte de venger son oncle , se présenta devant les murs de Paris ; Contran , qui l'avait devancé , lui en refusa l'entrée et fit proclamer roi de Neuslrie le fils de Chilpéric, Glotairell. Alors le roi d'Austrasie, à la prière de Maurice , empereur d'Orient, dirigea ses armes contre les Lombards , leur vendit la paix une première fois, repassa de nouveau les Alpes y et rendit tributaire Aulharis, qui régnait à celte époque sur la Lombard ie.

De retour dans lesCaules, il succéda à Contran qui l'avait déclaré son héritier, fit la guerre aux Neustriens, fut vaincu par Frédégonde et périt. Brunehaut gouverna ses Etats sous le nom de Théodebert, roi d Austrasie , et de J/iterry , roi de Bourgogne, qui eut Garnier pour maire du palais. La guerre se ralluma entre les deux reines régentes; Biunchaut fut vaincue, Frédégonde s'empnrade Paris cl mourut. La veuve de Sigebert ,

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poursuivie par la haine des grands d*Âustrasie, fut abandonnée de son fils , et obligée de se retirer à la cour de Bretagne ; mais elle n'^en domina pas moins les conseils de Théodebert et le ligua avec son frère contre Clotairc qui fut battu et forcé de leur céder une partie de ses Etats. Les Vascons ou Gascons , qui avaient descendu les Pyrénées, furent aussi vaincus et reçurent Génialis pour duc, de la main des rois francs.

La guerre éclata entre Théodebert et Thierry à qui Brunehaut , dans son ressentiment , avait persuadé que le roi d^Austrasie n'était ni son frère , ni le fils de Sigebert ; la concorde se rétablit et fut détruite bientôt après. Théodebert, défait à Tolbiac malgré le secours des Allemands, fut enfermé dans un cloître et ses deux neveux furent massacrés. Thierry mourut à la suite d'une querelle avec sa mère , qui gouverna alors au nom de ses trois petits-fils les royaumes d'Âustrasie, de Bourgogne et d'Orléans. Mais Clotaire , mettant à proHt la haine des grands contre la reine et la trahison de Warnachaire , s'empara de tous les Etats de Thierry , mit à mort deux de ses fils , et fit traîner Brunehaut elle-même à la queue d'un cheval , après Tavoir exposée aux insultes et à la risée de son camp. Telle fut la fin de cette guerre qui causa tant de maux aux Francs et coûta tant de sang à la famille de Clovis.

Au milieu de toutes ces guerres civiles et de ces dissensions intestines, la royauté perdit de sa force et s'avilit; les grands, qui se sentaient nécessaires et faisaient pencher la balance du côté où ils se mettaient , accrurent en prétentions et en auioriiô , et les Maires du Palais acquirent cette influence qui fit déjà pressentir leur élévation et la chute des princes qu'ils gouvernaient. Ce fut surtout à l'époque de la minorité simultanée des trois rois de Neustrie , de Bourgogne et d'Austrasie, que grandit et se consolida cette puissance excessive qui fit de simples ministres de vrais souverains, et qui, devenant héréditaire, les conduisit naturellement au trône occupé par des monarques avilis , incapables et fainéants.

Les vices de Dagobert, les impôts dont il accabla le peuple, les victoires des Virides, malgré la protection que les Saxons accordèrent au roi franc qui leur fit remise du tribut imposé par ses j)rédécesseurs , achevèrent d'affaiblir et de discréditer la royauté.Ce prince , à son avènement, avait cédé une partie de

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rAqaitaine et de la Gascogne à son frère Aribert ; à la mort de ee dernier, il donna à ses fils TAquitaine avec titre héréditaire à condition d'hommage et de tribut, et posa ainsi la première pierre de cet édifice féodal qui devait peser si longtemps sur la France. 11 favorisa aussi Tinflucnce romaine ecclésiastique, se conduisit d après les avis de Torfévre saint Eloi et du référendaire êaint Ouen, fonda des couvents, fit fabriquer des ornements d'église et écrire pour la première fois les lois barbares par ses scribes. Ce fut, dit M. Michelet, le Sa/omon des Francs. Ses deux fils,Sigebert II et Glovis II, se partagèrent la Gaule en Neustrie et en Awirasie, ne s'occupèrent que de choses pieuses, fondèrent des monastères, et laissèrent le gouvernement entre les mains des maires Ega et Pépin de Landen, qui tous deux en profitèrent pour préparer leur avenir.

LscTUBE. — Grégoire de Tours. Histoire de Fronce, par M™» Tastii; Histoire de l'Europe, par Lacépëde, 3« et 4« période; les Reines de France de Tauteur ; la Géographie historique^ par le même.

Querelles des Neustriens et des Austrasiens. — Déjà sous Dagobert, qui voulait être seul roi des Francs, les Austrasiens avaient demandé un souverain particulier, et Dagobert avait été obligé de leur donner Sigebert II. Les deux royaumes furent de nouveau réunis sous Glovis H, après le supplice de Grimoald qui avait dépouillé le fils de Sigebert pour placer le sien sur le trône. A la mort de Glovis, la modération d'Erchinoald ou Archambault, qoi exerçait les trois mairies, jointe à la douceur et à la sagesse de la reine-mère Bathilde, qui avait laissé le royaume indivis entre ses trois fiIsGlotaire III, GhildéricII et Thierry III, maintint pendant quelque temps cette union. MaisrambitieuxEbroîn ayant succédé à l'adroit Archambauld , Bathilde fut obligée d V Inndonner la conduite des affaires ; et les grands d'Austrasie , dont le nouveau maire voulait réprimer les prétentions et abattre la puissance, se séparèrent de la Neustrie et prirent pour roi Cbildéric H, qui se déclara pour les ennemis d'Ebroîn. Glotaire III étant venu àmourir, Ebroïn mita sa place Thierry Illsans même consulter les grands, et bientôt les intrigues de saint Léger, qu'il avait éloigné des affaires, le firent confiner dans un cloître avec sa créature. Ghildéric II, alors roi de toute la monarchie, fui assassiné avec ses enfants. Thierry III remonta sur le trône, ei EbroîUy rétabli dans sa mairie, exerça de terribles représailles

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Les leudès auslrasiens rappelèrent d'Irlande le fils de SigeberC, que nous avons vu dépouillé par son maire Grimoald. Ce malheureux prince fut aussitôt as8assiné,et dès lors les Francs orientaux abolirent la royauté et se donnèrent pour (/tics Martinet Pépin (THéristal, petit-fils de Saînt-Arnulfe. Les nobles de Neastrle mécontents se rangèrent du côté des nouveaux ducs qui prirent les armes pour soutenir rarislocratie et furent battus par le maire de Thierry. Maisie vainqueur fut assassiné Tannée suivante par un seigneur nommé ffermanfroy, qui lui fendit la tête d*un coup d'épée au moment où il se rendait à Téglise. Ebroîn fut un homme cruel sans doute, mais remarquable par sa politique. Il prévoyait la puissance prochaine des Austrasiens , et voulait rem|)écher ou la retarder ; pendant vingt ans il soutint la France neastrienne dont Thisloire finit avec lui. Il avait entrepris l'impossible ; c^était d'établir Tunité lorsque tout tendait à la dispersion, de fonder la royauté lorsque les grands se fortifiaient de toutes parts. Cependant les maires qui lui succédèrent restant fidèles à sa politique et s'attachant à abattre la puissance aristocratique , les leudes neustriens eurent toujours recours à Pépin qui s'était déclaré leur protecteur, et la guerre continua entre les deux'Etats.

Bataille de Testri. — Thierry III et son maire Bertaire ayant refusé de rétablir la noblesse mécontente dans ses anciens privilèges et TEglise dans ses biens immenses, le duc d'Auslrasie remporta sur lui la victoire de Testri, le prit lui-même dans sa capitale , lui laissa le titre de roi , et se fit nommer maire de Neustrie et de Bourgogne.

Le parti populaire était vaincu par les grands, et la Gaule germanique l'emportait sur la Gaule romaine. Pépin, maître absolu des deux royaumes, disposa trois fois de la couronne ea faveur de Clovis III, de Childebert III, de Dagobert III, et mourut en léguant sa puissance à son petit-fiis Théodebald , sous la régence de sa veuve Plectrude. Charles, fils légitime de Pépin, parvint à s'échapper de la prison où on l'avait enfermé , se mit à la tête des Austrasiens, battit les Frisons, défit les Neustriens qui avaient dépouillé le petit-fils de Pépin , pour donner la mairie à Rainfroy et se faire reconnaître maire de Neustrie par le roi Chilpéric III.

Ainsi finirent ces guerres entre les Francs orientaux et les Francs occidentaux. Quelques historiens de Técole moderne cal

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voqIo y voir une deuxième invasion, mais ils n*ëlayent leur système que sur des probabilités ; il ne nous reste aucun monument qui confirme cette prétendue invasion , et tout , au Contraire , nous prouve que ce ne fut qu'une rivalité entre un même peuple établi à la même époque dans une conquête faite en commun « rivalité qui prit naissance dans le partage du royaume entre les fils des rois, et qu'alimentèrent Tambiiion des grands et la résistance des rois et du peuple.

LKCTUiE. — Histoire de France y par Mîchelet (I).

RIAiaES DU PALAIS.

Les maires du p.ihis n^étaient, dans le principe, que de simples officiers qui mettaient sous les yeux du roi les pélilions et tes représentations de ses sujets; ils joi{;nirentà cette charge celle de surveiller les antres officiers delà maison du prince, et c'étaient, sous ce rapport, que des espèces de majordomes, d*intendants généraux, dont les fonctions peuvent en quelques points éire comparées à celles de nos intendants de la liste civile. Mais peu à peu ces fonctions s'étendirent» les maires passèrent de l'économie domestique au gouvernement de PEtat, quittèrent l'administration particulière pour les affaires publiques, et, comme nous Tavons dit, ce fut à Tépoque des guerres entre Brunebaut et Frédégonde, pendant la minorité des trois rois francs dont elles étaient les tutrices, que se révéla cette nouvelle puissance qui devait UD jour absorber toutes les autres. Lanary, cet amant de Frédégonde qui en avait fait un duc après Tassassinai de Chilpéric, et maire du pliais sous Clotaire II ; Garnier , maire de Thierry II, roi de Bourgogne, sont les premiers chez lesquels on remarque cette intiuence politique que devaient porter si haut leurs successeurs. La nature de leurs fonctions primitives peut nous expliquer ce changement, et la suite des événements nous donnera la clef de Taccroissement de leur puissance. Préposés qu'ils étaient à l'intendance générale du palais, les officiers devinrent insensiblement soumis à leur empire et souvent à leurs décisions. lisse trouvèrent ainsi d'abord à la tète des grands toujours en lutte avecia royauté; puis , quand avec leur aide ils furent entrés dans le gouvernement, tantôt soutenus par les nobles qui voulaient prévenir le despotisme royal, tantOt maintenus ou agrandis par les rois qui cherchaient à rc^primer les grands, se déclarant pour les uns ou pour les autres selon leurs intérêts , ils ne tardèrent pas à arriver au faite du pouvoir et à dominer à la fois les deux partis. Dès lors véritable premier ministre, tuteur presque de droit des rois mineurs, commandant les armées, disposant dej revenus, le maire du Mais fut souvent élu par les assemblées nationales, et par conséquent indépendant du roi qui ne pouvait lui ôtcr ce qu'il tenait du suffrage

(1) Bruxelles, Hauman et C»., 8 vol. in-J8.

S8€ 7* SikCLfi.

de la nation. Sa charge devint bientôt béréditaire , au moins de fait; 'Warnachaire, pour récompense de sa perfidie, s'était fait déclarer perpétuel par Clolaire 11 , du consentemeRt des grands , qui depuis longtemps prenaient part au choix de ces ministres et finirent par s*en attribuer exclusivement l'élection. Ghmoald succéda à son père Pépin de Landen, et probablement son fils lui eût aussi succédé ,s*il n'eût voulu devancer le temps , et accomplir une révolution qu'un siècle encore devait mûrir.

Avec la famille des Pépin, ces mordoms électifs, chefs des hommn libres, petits propriétaires, nommés anmans,eurent pour successeurs les ducs héréditaires d'Austrasiey capitaines des leudes ou hommes qui s^étaient également dévoués à un service également hériditaire, moyennant quelques concessions de terres.Ces ducs étaient secondés par tous les autres ducs qui combattaient pour l'aristocratie contre la royauté, et aussi voyons-nous tous les seigneurs,mécontents du gouvernement &Ebroïn qui voulait les réprimer, recourir à PAustrasien Pépin d'Héristal qui soutint leurs prétentions les armes à la main. Leur victoire fut signalée par un second triomphe de la langue teutonique sur la latine et par le rétablissement des diètes ou assemblées de la nation.

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