‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 103 sur 162 · SITUATION · texte numérisé non relu

SITUATION

INDUSTRIELLE, POLITIQUE, SOCIALE ET LlTTÉBillRB , DS LA GAULE AU 7« SIÈCLE.

Les arts avaient fait dans les Gaules des progrès considérables, si Pon en juge par la quantité de monuments religieux qu'on y avait élevés, par les draps de soie, par les ornemeuts d'orfèvrerie dont ils étaient décorés. Le commerce avait aussi recouvré une activité nouvelle ; le besoin des épiceries de Pinde, celui des manufactures de la Grèceétaient universellement sentis par les grands avides d'augmenter les produits naturels de leurs immenses propriétés. Quelques-uns de ces chefs entreprirent d*exercer le commerce à main armée, et d'éta* blir une communication entre ta France et la Grèce par la vallée du Danube. Les marchands partaient de la Bavière où finissait Pempire de France, et s'avançaient jusques au Pont-Euxin, défendant leurs convois avec leurs épées. L'un dVux, nommé SamOy se distingua tellement et rendit aux Vénèdes, peuple slave qui habitait la Bohème, de si grands services, qu'ils le nommèrent leur roi, et Samo conserva la royauté trente-cinq ans.

Si nous passons à l'état politique de la Gaule à cette époque, le partage du royaume entre les fils du roi, la rivalité de Bninehaut et de Frédégonde et les crimes qui en furent la suite, les guerres entre les Neuslriens et les Auslrasiens , la lutte des grands contre le peuple et les rois, l'autorité des maires pourront nous en donner une idée. C'était un choc continuel d'un pouvoir contre un autre pouvoir, et, de là, confusion partout. Cependant l'élection dominait ce chaos, ii08Séd(-e d^abord par le peuple, puis bientôt accaparée parles grands

t* sifccte. Mt

^ en firent Tinslrument de leur ambition. Quelques historiens qui onl fait école, et dont l'abbé Diibos est le chef, ont prétendu que sous la première race la royauté était héréditaire, et que le principe d'élection ne prévalut que sous les Carlovingiens. Mais tout dément ce système, et chaque ligne de nos vieilles annales atteste la souveraineté du peuple.

La société en elle-même était restée romaine; les Francs, qui n'avaient établi leur domination dans les Gaules que graduellement et avec le temps, n'avaient pu attaquer et détruire les lois et les coutumes des vaincus; mais eux-mêmes s'étaient soumis à leurs mœurs et avaient adopté leurs usages. D'ailleurs, depuis longtemps en contact avec les Romains dont ils avaient été tour h tour les ennemis et les alliés, ils n'étaient pas étrangers à la civilisation qu'ils rencontraient dans les Gaules. Tout donc était encore romain au 7« siècle, religion, lois, ad> ministralion. La nature de ta propriété ne changea pas ; Tesclavage ne fut pas le résultat de la conquête, comme quelques-uns l'ont prétendu, puisqu'il existait plus dur chez les Romains que chez les Barl»res qui leur succédèrent; les Gaulois, qui étaient libres avant, restèrent aussi libres après la conquête; les Francs ne firent personne esclave , ils prirent ceux qui Tétaient déjà. Quant à l'état des personnes, le tarif des compositions est une preuve de leur dégradation morale aux yeux du conquérant, mais nullement de leur changement d'état, de leur réduction à la servitude.

Le fait qui domine tous les autres à cette époque, c'est l'accroissement de l'influence du clergé, la marche ascendante de PEglise vers le plus haut point de sa domination. Seuls possesseurs des lumières, les évéques -appelés dans les assemblées nationales ne tardèrent pas à les diriger, à acquérir la prédominance. Réuni en corps, le clergé formait une société complète, indépendante et forte , qui , au milieu de Tapât hie et du découragement des curiales, leur succéda et s'em- |)ara des premières magistratures municipales. Ce fut là pour ce corps un immense moyen d'influence, et il s'en servit si habilement qu'il ne tarda pas à arriver à la tête des affaires et à gouverner TElal comme naguère il gouvernait la cité. Les rois et les grands dont tour à tour il soutenait les prétentions et les droits, contribuaient chacun à l'augmentation de sa puissance, et lui préparèrent ce règne brîHant qui commençait sous de si heureux auspices, et qui devait dans la suite du moyen âge atteindre l'apogée de Téclat et de la grandeur.

Le T siècle est une des périodes de Thistoire où les documents authentiques manquent pour suivre avec exactitude Tenchaînement des faits, et la raison en est que les lettres brillèrent peu au milieu de ess querelles terribles qui ensanglantèrent les Gaules. Grégoire de Tourgy qui écrivit jusqu'en 591, est partial et confus; Frédégaire jusqu'en 641 ne répand qu'une faible lumière sur les Francs. En Orient, aprùs les histoires de Procope et à^AgathiaSy contemporains de Justioien, on se trouve réduit à des récits incomplets, diffus, et à des chroniques qui n'offrent que des dates. Ces ténèbres cessèrent, lorsque les Arabes recueillirent tout à coup Théritage des lettres que TEurope laissait échapper.

Lbctdrb. — Histoire de la cicilisalion en France, par Guizot ; Esquisses littéraires de Tailleur.

Empire d^Orient.

BÉKACLius, empereur d'Orient. — Héraclius, exarque d* Afrique, succéda à Phocas que le peuple avait élu el qui. par ses craautés, s'était rendu odieux. La première expédition de ce prince fut dirigée contre Chosroès, roi de Perse, qui avait env^Jhi la Syrie, livré aux flammes Jlntioche, Damas et Jérusalem. Héraclius porta la guerre en Asie , reprit loutes ces villes , balit Chosroès, et enfin conclut une paix solide avec Siroès, fîis de Chosroès, qui avait détrôné et fait périr son père. L'empire fut assoz tranquille jusqu^à Pinvasion des Arabes. Après la mort ^'Héraclius, Héraclius -Constantin, son fils et son successeur, fui empoisonné ; son aulre fils Héracléonas monta sur le trône.

LscTCRE. — La(ragédied'^érac/2W«, par P. Corneille. Arabie.

HtGiRB OS MAHOMET. — Mahomct uaquit à la àfecque, le 27 avril 570, de la famille des Koréiciiites, qui prétendait descendre d^Ahraliam par Ismael. Il se trouva de bonne heure orphelin et sans fortune ; un génie supérieur et une ambition excessive lui inspirèrent le projet d'établir une nouvelle croyance , et de se faire passer pour prophète. Ayant lait plusieurs voyages et étudié les religions juive et chrétienne, il en forma une appelée islamisme, c^est-à-dire soumission à Dieu. Son but principal fut sans doute de retirer le peuple arabe de Pidolàlrie, et de le rappeler aux vérités anciennes qu^il avait abandonnées, àTadoralion d'un seul Dieu. Les habitants de la Mecque le contraignirent à fuir à Yatrippa (depuis Médine). Celte fuite (hégire en arabe) servit d'époque aux Aralios (16 juillet 622). Mahomet arma ses prosélytes au nom de Dieu; il remporta de brillantes victoires et réunit ainsi le pouvoir reiigieux. Il fonda Tempire des Arabes, et mourut m milieu de ses conquêtes à Page de 05 ans, e» 653.

OBSEKVATIONS SUR MAHOMET.

MABOMST ne dut son élévation qu'à son génie étonnant. La révolution qu'il opéra dans la religion tn occasionna de plus ^andes encore dans les empires.

L'Arabie, ignorée jusqu'alors, devint illustre par ses triomphes, et les successeurs du Prophète, marchant sur ses traces, ravagèrent ces vastes provinces de la Perse inaccessibles aux armes des Ronaains. Les riches contrées de PAsie Mineure dont ils dépouillèrent les successeurs des Césars , la Palestine que tant de motifs rendaient si chère aux chrétiens , l'Egypte si féconde en ressources , la Libye, la Mauritanie, presque toute P Afrique , furent soumises. L'Espagne ou-vrit aux Arabes une porte en Europe, et ils menacèrent de leur joug tout notre hémisphère. Voilà cependant l'ouvrage d*un homme d'abord obscur, ignorant, pauvre, qui mourut honoré connme le favori de Dieu, el qui laissa après lui une mémoire éternelle*

dbyLaOOgle

HahomelsaiFaitqu^âun peuple sensible il fallaUdesémotionsvtfes; il les excita par un style correct et par Pliarmonie des vers.

Son Coran (liyre ou bible) est rempli d'images reproduites par le dialecte arabe le plus pur; il se divise en deux parliis : 1» Viman ou la doctrine de la foi ; 2» le din ou la morale.

Le dogme de son œuvre est la croyance en Dieu, en ses prophète» elen ses anges, rimmortalilé de l'âme, un jugement universel, el la prédestination.

Les plus grandes récompf^nses sont pour les guerriers qui combattent les mécréants ; la lâcheté est menacée des tourments de Tenfer.

Le reste du Coran contient des préceptes sur les pratiques exlé* rieares du culte, des règlements de police et de santé en rapport avec les mœurd et le climat de POrient.

La morale est dans la purification, la prière, le jeûne, Paum6ne, Tabstioence du vin, et les pèlerinages à la Mecque.

Lecturb. — La tragédie de Mahomet, par Voltaire ; dans les E$quis8€8 historiques y les Arabes.

ABOV-BEKRs, premier calife, publie le Coran, -^ Abou-Bekre succéda à Mahomet sous le litre de calife (vicaire), après des contestalions avec son gendre qui fut vaincu et dont le parti fut dissipé. 11 publia le Coran, annoncé pir Mahomet comme venant du ciel. Ce livre fut revu par le calife Olhman. Les actions et les discours de Mahomet^ conservés par la tradition, ont été consignés dans la sunna ou loi orale, et forment avec le Coran les princi{)ales sources de la théologie et de la jurisprudence mahumétanes.

Les adhérents de Tislamisme, quelque temps après la mort du Prophète, se divisèrent en deux sectes principales : les Sunnites , qui reconnaissent le Coran et la tradition, et se fractionnent en plusieurs sectes orthodoxes; lesSchiites (apostats), qui n'adoptent que ieComn^ et regardent Ali, gendre de Mahomet, et les descendants d*^/t,comme de yéritables tmafM. LesSchiites se divisèrent à leur tour en un grand nombre de sectes , dont les plus remarquables sont les druses et les. ismaélites.

Les conquêtes des y^ra&e« commencèrent sous le calife Abou-Bekre (633-634). Caled, son général , après avoir envahi la Syrie jusqu'à Pâmas, entreprit la soumission de la Perse, qui ne futachevée qu^après desgu/^rres longues et sanglantes (651). Elles mirent fin à la dynastie ûm Sassanides qui gouvernait la Perse depuis 226 ans.

Le calife Omar fut élevé à la dignité de calife par les intrigues d'^jeska^ fille A*AboU'Bekre; excellent général, il est considéré comme le fondateur de la puissance politique des Arabes ; il termina la conquête de fa Syrie en y ajoutant celle de la Palestine et de TEgypte (636-640). 11 prit le titre d'émir Al-Moutfiénin (prince des croyants).

Le cruel Amrou, lieutenant du calife, s'empara d^Alexandrie et détruisit, dil-onja bibliothèque des Ptolémée (640^ Elle était composée de 400,000 volumes (quelques-uns disent même de 700,000) égyptiens, grecs et indiens. On chauffa pendant six mois les bains de celte ville avec les précieux manuscrits de cette collection. Les Arabes, qui

parcouraient alors TAFrique et l'Asie, y déCraîtafent tous les monuments des arts. €e ne fut que parvenus à une puissancenon contestée, sons les Abassides, qu'ils firent fleurir à leur tour les sciences et lei arts.

De nouvelles conquêtes furent entreprises et consomnaées sous le

califat d'Othman (644) : celle de la Perse, des Iles de Chypre (648) et

de Rhodes(653) où les Arabes trouvèrent en morceaux le fameux colosse

' de Rhodes ,* ils les vendirent à un marchand juif qui en chargea, dit-

on , sept cents chameaux.

Le meurtre d'Othman (655) fit éclater de grandes divisions. ^It^ gendre de Mahomet, proclamé calife, eut à lutter contre les conspirations delà famille &Omar, Afoavijah, gouverneur de Syrie ^ allM d*jémroUf se souleva contre Ali, qui fut détrôné et égorgé. Moamjàh rendit le califat héréditaire dans la dynastie des Ommindes (660). Les dissensions entre les sectateurs d'Omar et ceux d'Ali n^empêchèrent pas les Arahes d'étendre leur domination en Asie et en Afrique sous le glorieux règne de Valid 1«' (705).

Lecture. — Vie de Mahomet ^ par Garnier. — Histoire du mahométisme, par Charles Mills.

CHARLEMAGNE, ou l'empirb d'orient renouvelé par les français.

GA&Ac^rÈRB Ds CB siÈGUB. — L'Europc orientale voit des révolutions sanglantes élever au trône de Constantinopleet en précipiter des empereurs cruels. L*Europe occidentale au contraire est en progrès du côié des lumières. Les Mores, vainqueurs des Fisigoths, appor tent le goût des arts et des sciences; les Francs sous Charlemagne s'élèvent au-dessus de tous les autres peuples; les papes commencent à jouir de Tautorilé temporelle ; TAsie occidentale brille du plus vif éclat sous les califes arabes,

ÉYÉNEMErïTS.

rKANCB. — 732. Défaite des Sarrasins et des Saxons par Charles* Martel. — 752. Dynastie des Carlovlngiens. — 768. Règne de Charlemagne. — 771. Défaite des Saxons. — 774. Fin de Tcmpire des Lombards. — 800. Renouvellement de Vempîre d'Occiden^^

AKABBs d'Occident. — 711. Le» Mores en Espagne} bataille <U5 Xérès.

AKAMms d'Orient. — 749. Les Ommiades et les Abassides. *- 786.

Règne du calife Aaroun-al-Raschid.

EMPIRE romain d'Orient — 726. Guerre des îconoclasles. — 780.

Règne de Timpératrice Irène et de Conslanlln V, son fils. ■cjLisB. — 720. Emploi de Têre dionysienne ou ère vulgaire. — 756.

Puissance temporelle des papes.

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