SUB I.ES LETTRES ET LES ARTS JUSQU'A CHARLEMAGNB
Toute ractivilé intellectuelle se porte du côté des écrits religieux et de la controverse ctirétienne ; toutefois , la décadence se fait partout •nitir. Du 5«au 8« siècle, les littératures laiine et grecque sont en lileine décadence ; les Pères de l'Eglise seuls fixent Tatlention. Le& plus célèbres sont saint Jean-Chrysostôme (407 ) ; saint Cyrille dA* UxandriB (442), dans T Eglise grecque; xatii^ i^terr^ Chrysologue (450) ; saint Léon le Grand (461) ; saint Grégoire le Grand (604). L*hiftoîre et la jurisprudence continuèrent à être cultivées avec quelques succès. Ceux qui s'y distinguèrent sont Sidoine Apollinaire y poète et épistolographe (488); Cassiodore (575); saint Grégoire le Grand (604), épistolographe; Jornandès (552); Grégoire de Tours (595); Isidore de Séville {éZ6) ; Frédégaire (658), chroniqueurs latins; Musée f le grammairien (500); Héliodore, d'Emèse (400); Longtis; romanciers: Zositne (5e s.), Priscus (5« s.), Procope^ de Cesarée (560) ; historiens: Etienne y A% Byzance (500), géographe; Tribonien y jurisconsulte, chroniqueurs grecs.
L'architecture, la peinture et la sculpture sont en décadence; les seuls monuments à citer sont la Rotonde de Ravenne^ ouvrage de Théodoric , el Sainte-Sophie de Constantinople , élevée par Jus' tinien»
DÉVELOPPEMENT
rrance.
IffTASioN pES Sarrasins en France au 8« siècle. — Longtemps avant Gbarles-Mariel, les Arabes avaient passé les Pyrénées, suumis la Gaule gothique, et s'étaient rendus maîtres de plusieurs villes même dans la Gaule des Francs. Sous le calife Yésid II, Zamay gouverneur de la Péninsule musulmane, franchit de nouveau les Pyrénées orientales, s^avança vers TÂquitaine, et forma le siège de Toulouse. Le duc Eudes le tua dans un sanglant combat, et défit de nouveau près de Cahors son successear Ambiza, qui portait partout le fer et la flamme. En 730, le fameux Âbdéramc prit les rênes du gouvernement de la Péninsule, et, après avoir étouffé la révolte d'un de ses lieutenants 9 Munuza , qui avait fait alliance avec Eudes et épousé sa fille, prit la résolution de ne repasser en Espagne qu'après
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s'être vengé et avoir étendu dans les Gaules les eonquétes des Musulmans. Arles fut assiégée et prise; deux fois les Français furent taillés en pièces sous la conduite du vainqueur de Toulouse et de Cahors,et déjà le projet de Porgueilleux musulman irétaîl autre que de s'étendre sur toute la France, de franchir les Âlpes, conquérir Tlialie , parvenir au Bosphore au travers des conlrées Illyricnnes, s'emparer des deux capitales du monde et sounnettre au croissant Rome cl Gonstantinople, rétcrnel objet de Tambilion des Sarrasins.Mais Charles-Martel, qui ville danger, rassembla les troupes de Neuslrie et celles d'Austrasie , passa la Loire , et fit des Arabes un épouvantable carnage dans les champs de Poitiers. Le général musulman perdit la vie dans cette bataille, et TEurope fut sauvée du joug du Prophète. C'est après cette victoire mémorable que Charles prit le nom de MarleL
Cependant les Sarrasins occupaient encore presque toutes les places qu'Abdérarae avait prises deux ans auparavant dans le bassin du Rhône et de la Saône ; le duc d'Âustrasie les leur reprit et les refoula dans la Gaule narbonnaise. Quelques années après il massacra de nouveau un corps d'armée musulman, commandé par ^utoman, qu'Âbdelmelic avait envoyé au secoure du gouverneur d'Avignon qui s'était déclaré indépendant , et la Gaule franque fut pour toujours délivrée des incursions et des ravages des infidèles.
Défaite des Saxons. — Pendant que Charles-Martel exterminait les Sarrasins dans la France méridionale, les Saxons avaient voulu secouer de nouveau^ la domination franque. 11 passa le Rhin, et les Barbares furent bientôt forcés de renouveler leurs anciennes promesses et de payer le tribut accoutumé.
Après tant de victoires, Charles revint gouverner les Francs, sans s'inquiéter de nommer un successeur à Thierry iF de Chclles, et préparer par sa prudence les brillantes destinées de sa race. Le pape Grégoire III, qui lui envoya les premiers nonces qu'on ail vus en France, lui avait proposé de le proclamer consul de Rome, à condilion qu'il l'aiderait à se soumeltre à la demi* nation de Tempereur Léon. La mort seule de Charles-Martel empêcha Texécution de ce projet. En 74i , il avait institué Tordre militaire de la GenètCy dont In devise était : Eœaltat humiies.
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La ffraiire^
APKÈ5 lA BATAILLE VU TSSTRI , 687.
Maîtres, depuis celte victoire, du nord de la France, les maires d*Aastrasie, qui avaient pris les titres de duc et de prince des Francs , voulurent rendre ses anciennes frontières à un Empire devenu leur patrimoine. Par des expéditions souvent répétées, les j^Uemands, les Bavarois, les Tkuringiens, furent contraints de reconnaître de nouveau la suprématie des Francs. La Frise entière redevint une province tribu laîre , et après la grande victoire de Poitiers, les ducs mérovingiens d'Âquilaine prêtèrent serment de fidélité; enfin, les oracles furent chassés de la Septimanie alors conquise pour la première fois, tandis quà Tautre extrémité du royaume, les Saxons étaient repoussés dans leurs forêts et les contrées situées sur les bords de la Lippe ajoutées à la domination des Francs.
OBSERVATIONS SUR GHÀRLES-MARTEL« La maison austrasienne était opposée aux papes ; Charles lui-même, dit M. Mtchelet, se signala comme Tennemi de l'Eglise; son surnom païen Marteau ferait volontiers douter s'il était chrétien ; on sait que le marteau est Tattributde Thor, le signe de l'association païenne, celui de la propriété, de la conquête barbare; cette circonstance expli> querait comment un empire, épu/sé sous les règnes précédents, fournit tout à coup tant de soldats et contre les Saxons et contre les Sarrasins. L^appât des biens de l'Egli«e qu'il leur prodigua , les attira dans les armées de Charles, et prépara une génération de soldats pour Pépin le Bref et Charleraagne.
Dans cette familie des Carlpvingiens, tout ecclésiastique, le proscrit Charles-Martel offre une physionomie à part et très-peu chrétienne. Cependant il devint, vers la lin et par politique, Pami des papes et leur soutien contre les Lombards. Aussi Papôlre de TAllemagne, saint Bonifoee, fut-il rinstrumentde la grande révolution qui mit les Austrasur le trône.
Lectckk. -— Gaule poétique, par Marchangy.
Race Carlovingienne. — Charles-Martel en mourant partagea lempire entre ses deux fils Carloman et Pépin le Bref. \\s cureni d^abord à combattre les prétentions de leur frère Griffon, auqael Charles avait assigné pour apanage un certain nombre de villes démembrées des deux duchés d^Austrasie et de Neustrie ; à réprimer les tentatives de Hunalde, duc d'Aquitaine, pourre* eooTrer Tindépendance que leur père lui avait enlevée, à lutter enfin contre les généreux efforts des Gennains, Bavarois, Souabes LÉvi. 25
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et Saxons qui ? oolaient se soustraire â la domination des Franc et refusaient de payer les tributs. Cependant Pépin , dans « dessein de montrer aux Francs que le souvenir de Glovis attacha^ encore à ses descendants » combien était dégénéré le sang de à conquérant des Gaules, et pour éviter la lutte avec les grunq que n'aurait pas manqué de faire naître Pexécution trop précis pitée de ses projets, alla chercher un certain Childérie III, ta de Thierry, et le plaça sur le trône vacant depuis- longtempl Bientôt Garloman quitta la puissance pour se retirer dansai monastère. Pépin, avec adresse, se concilie les grands et pape^et se fait déclarer roi. Childérie est enfermé avec son^ fi dans un monastère, et la race des Mérovingiens est éteinte apr deux cent soixante et onze ans de durée depuis Clovis. La guer longue et sourde entre les Francs Saliens et les Francs Ripuaire c*est-à-dire entre les Neustriens et les Austrasiens , cesse i instant, TÂustrasie remporte; elle a su faire alliance avec théocratie. La puissante maison de Metz parait sur la scène. I France devient germaine ; c*est, comme on Ta dit , nue féodalà eliricale. |
^ LxGTUBE. — Généalogies européennes y par rauteur. — Hittfi^ deFrance, par Michelet. :