‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 105 sur 162 · DYNASTIE DES CARLOVINGIENS · texte numérisé non relu

DYNASTIE DES CARLOVINGIENS

752. Pépin le Bref monte sur le trône. Instruit par soi génie et son expérience , et surtout par les fautes de ceux qal ^ remplaçai! , il sent la nécessité de ramener tout à rautoril| royale, d^élever et de fortiûer de plus en plus ce palladium ék la tranquillité publique. Dans Tintention de rendre sa personaÉ inviolable, il se fit sacrer et couronner dans la cathédrale (M Soissons par saint Boniface, premier archevêque de MayefM$ etapôtrede la Germanie. Alors toutrevient au point d'unilé; le| assemblées se tiennent régulièrement, on s*y occupe sans cesai de remédier aux vexations qui, pendant des règnes faiblesi avaient pesé sur les peuples. Pépin , désirant conserver sa coih . ronne à ses descendants, fit légitimer son élection par h reli«' gion, et pour s^attirer la protection du pape Eltenne II ^ ils^eiH gagea d'enlever aux Lombards, Térarchat de Ravenne et de M donner au pontife ; en effet , Pépin entreprit succossivement deux vo} âges en Italie » et força le roi Lombard , Auolphe, dl

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In reeonnattre son vassal et de lui livrer IVxarchat dont il mil ce pape en possession. En 757, Pépin reçut de l'Empereur ;C<yDSlaniin Copronyme les premières orgues qu*on ait vues en jPnoce, et les plaça dans la chapelle de Saint-Corneille , à Compile.

Au milieu des ténèbres qui enveloppent ces siècles, Charigne présente un point de mire entre deux longues périodes trouble et d'ignominie.

Charlemagnb termina le grand ouvrage de son père, Pépin Bref, auquel il succéda en 768. Le règne long et glorieux de prince offre , au milieu de la barbarie qui régnait alors , un ictacle digne d'admiration : seul maître d'uu royaume puis- — it après la mort de Garloman , son frère , Gharlemagne porte s armes en Germanie contre les Saxons qu'il soumet après une erre de trente^trois ans, pendant lesquels des actes de lauté et d'injustice ternirent souvent la gloire de ses armes ; Vitikind, chef de cette belliqueuse nation, embrassa le chrislanisme et resta fidèle à Gharlemagne. Gelui-ci refoule en Espagne les Sarrasins qui possédaient encore quelques villes lans les Gaules, et la défaite de son arrière-garde «\ Roncevaux, ilù périt le paladin Roland, lui acquiert une gloire romanesque i^ai égale presque sa gloire historique. Le royaume de Lombarde est soumis à son tour. Didier, dernier roi des Lombards, 4ma Gharlemagne avait épousé et répudié la fille sans motif %itime, voulut, pour se venger, faire sacrer roi par le pape Adrien l*", le fils de Garloman, qui s'était retiré à sa cour après

rîGharles se fut fait déférer la couronne d'Àustrasie par la diète CarbonaCf aux dépens de son neveu, Adrien refusa^ et, tomme Didier se disposait à s'emparer de l'exarchat de Ra» ^oe, le souverain pontife appela à son secours le roi des Francs qui battit le roi des Lombards, l'assiégea dans Pavie, le it prisonnier, l'enferma pour le reste de ses jours avec Ser- . jMrc, fils de Garloman, et après avoir incorporé ses Etats à tt monarchie franke, confirma au saint-père les donations de Pépin, y en ajouta de nouvelles , et ainsi consolida et accrut la paissauce temporelle des papes. Il reçut après cette victoire les kmmagesdes ducs de France, de Spolette, de Bénévent, et 4011U1 à ses titres celui de patrice de Rome et de prolecteur du ^1 âége. Enfin ». éunt retourné à Rome pour protéger la vie

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du pape Léon III , il assista à la messe solennelle qui hj célébrée dans Féglise de Saint-Pierre le jour de Noél (^5d<| cembre 800), qui était alors à Rome le premier jour de Tan 801 Le pape, qui désirait témoigner sa reconnaissance au roi» choia le moment où le prince était à genoux au pied du grand aul^ pour poser sur sa tête la couronne impériale, et pour le faiij proclamer, par le peuple, empereur des romains ; c*est ce qa*lj appelle le renouvellement de C empire d^ Occident dont le titl| était disparu depuis trois siècles. De conquête en conquêtej Charlemagne avait tellement étendu son empire qu'il €ompvd| ûait 'une partie principale de TEurope.

Toutes les Gaules, l'Allemagne, TEspagne jusqu'à TEbre, ritalie jusqu'à Bcnévent, plusieurs fies de la Méditerranée, tella que la Sardaigne, la Corse et les îles Baléares, avec une partie considérable de la Pannonie, formaient proprement rempin français.

Charlemagne qui, pour épuiser la source des Barbares, était allé les combattre dans leur propre patrie , vit tes premières voiles nonnandes; il les considéra longtemps immobile, plenn en prévoyant les maux qui devaient fondre sur la France quand il ne serait plus là avec son nom et sa puissance pour imposer aux Barbares, et commença dès lors à créer une marine qui pût défendre les côtes et empêcher Tinvasion.

Charlemagne est , pour ainsi dire, le commencement et la Go de cette seconde race qui naît et meurt en lui. Il a 6xé, d'une manière puissante , les peuples barbares dans leurs caolonnemenls. Cette longue agitation qui presse les peuplades germaines vers l'Occident paraît s'afifaiblir. Il refoule les Germains derrière le Rhin, et les Sarrasins derrière les Pyrénées. Les Francs mêlés aux Gaulois vont bientôt former, par leot mélange , le peuple français. Mais il y avait un principe d< dissolution dans l'agglomération des races qui composaient la France de Charlemagne; chacune conservait son caractère, il n'y avait pas de fusion ; la nationalité française ne pouvait sortit que de Vunité»

Voilà, en quelques mots, la partie militaire et politique di règne de ce grand roi ; mais la sagesse de son gouvernement, s législation , son goût pour les lettres et les arts , etc. , c'est c< qui detnanderait et mériterait un développement quelesbornei

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de cet ouvrage ne compoiieni pas; car ce n*est point au mîiieu des guerres que Charles doit nous paraître grand» c'est quand on le voit s*occuper du bonheur de ses sujets , porter ses vues sur le gouvernement , les mœurs , la religion » les leiires et lc$ arts, sans lesquels il n'y a point de vériiable grandeur. Lbctuiib. — Histoire de la civilisation en France ^ par GuizoU

OBSERVATIONS

Sur Charlcmagne considéré dans sa vie politique, dans sa vie littéraire , dans sa vie privée.

Dans sa vie politique. On aime à voir Chariemagne, dans ces assemblées nationales^ qu'il eut soin de convoquer souvent, proposer les lois qu*il croit les plus avantageuses au bien public. Ses soins s'étendaient sur les parties éloignées de son vaste empire dans lesquelles il envoyait des missi dominici ou envoyés royaux, et sur toutes les classes d'hommes. Le peuple surtout fut Pobjel de sa sollicitude. Partout il chercha a le soulager et à lui procurer quelques avantages. C'est dans cette vue quMl répare les grands chemins , en UM de nouveaux , Construit des ponts , rend les rivières navigables. Pour faciliter le commerce, il conçoit le noble projet d'établir une corn oQunica lion entre VOcéan et la mer Noire, eu joignant le Rhin feU Danube par un canal.

Lei Capitulaires nous prouveiit que Chariemagne comprenait les droits et savait respecter la propriété et, jusqu'à un certain point, la liberté de ses sujets. Enfin , bien différent de ces conquérants qui ne font que dévaster la terre , il voulait réparer les désordres que les gu<'rres, l'ignorance et la barbarie avaient faits partout.

Dans sa vie littéraire. Les e£forts que Chariemagne fil pour dissiper les ténèbres de l'ignorance ne sont pas la partie la moins brillante de son règne. L'étude fut son occupation constante et journalière. Au camp comme à la cour, il avalises heures fixes pour cultiver son esprit; il aimait la société des savants : il les assembla de toutes les parties.de l'Europe autour de lui, et forma, dans son palais, une espèce d'académie dont lui-même était membre, sous le nom de David, Le savant anglais Alcuin avait pris celui &^Horace, CharUmagne établit des écoles dans les cathédrales et les principales abbayes, pour y enseigner l'écriture , l'arithmétique et la grammaire. L'amour des lettres que montra ce grand monarque, les eifoils qu'il fit pour les répandre et les multiplier, méritent tous les éloges de la ^ postérité.

Dans sa vie privée. Bon père, bon époux, généreux envers set amis, pardonnant plus volontiers qu'il ne punissait, veillant lui-même à l'éducation de sa famille, faisant régner dans sa maison comme dans ses Etats Téconomie jet l'ordre, sa personne était un modèle de simplicité et de vraie grandeur. • Un seul mot peint ce grand homme, « dit Montesquisu ; il ordonnait qu'on veniJit les œufs de ses basses -

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« coure et Ieslierbes>inutilet4e ses Jardins , et 11 avait distribuft^ set « peuples toutes les richesses des Lombards et les immeosès trésors tt de ces Huns qui avaient dépouillé l'univers ! •

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