ASSEMBLÉES NATIONALES
6ous les rois de la première race fut institué le Champ de Man^ assemblée toute militaire où les guerriers venaient apporter des dons à leurs chefs.
Pépin transporta au mois de mal la convocation périodique des Francs ; de là le nom At Champ de Mai, Ce ne fut guère que sous Gharlemagne que les assemblées eurent un caractère moins exclusivement militaire. Les Placites étaient composés de laïques et d*ecclésiastiques qui réglaient ensemble les affaires d*adminislraiion et de gouvernement, sous la présidence du chef de Pempire. Des Placée» sont sortis les Etats Généraux après le mouvement comnnunal des 1l«,1â«et 13» siècles.
Lectorb* — Histoire de la civilisation en Europe, par Guizot.— MicheleU
AltABES D'OCCIDENT.
BATAXI.LB DB Z1ÊRÉ8. — Depuis la conquètc de l*Cçsrpte, lei Sarrasins s'étaient emparés de toutes les provinces seplentrionales de TAfrique jusqu'à TOcéan. De là ils jetèrentun œil d'envie sur les belles provinces de TEspagne, voisines deJa mer. Ils avaient plusieurs fbii ravagé les côtes de la Yandalousie (aujourd'hui Andalousie) ; mais leurs tentatives pour entrer dans ce pays furent inutiles. Quelques événements qui se passèrent en Espagne leur en ouvrirent les portes. Ce fut d'abord la vengeance d'un comte espagnol nommé Julten, que Rodrigue ou Rodric avait outragé dans l'honneur de sa fille, Florinde la Cava ou la Méchante, pendant qu'il défendait en Afrique avec gloire ei succès les possessions chrétiennes ; ensuite rambition des fils du cruel Witiza, qui voulaient remonter sur le troue de leur père aidés par leur oncle Oppas, archevêque métropolitain de Sévilte. Les Sarrasins, qui prirent alors le nom de Mores, parce qu'ils partirent de la province dUfrique appelée il/aurt/ante, entrèrent dans TEspagne sous les ordres de leurs généraux Tarik et Abuzara, Tarik débarqua au pied du mont Calpé, qui dans la suite s'appellera de son nom Gib-el-Tarik, montagne de Tarik, et par corruption Gibraltar, U s'empara de la ville avec l'aide du comte Julien , et tit brùier ses vaisseaux pour 6ler à ses soldats qui murmuraient tout espoir de retour sans la victoire. Après plusieurs petits combats, les deux partis se rencontrèrent à Xérès de la Frontera, et se livrèrent une ualaiUe sanglante. Elle fut décisive : les Mores furent vainqueurs, et Rodrigue, de la famille des Visigoths,se noya dans le Bétis. Bientôt la consternation fut dans l'Espagne ; toutes les places se rendirent spontanément. Mouza, général sarrasin qui commandait en Afrique au nom du calife Falid, passa lui-même eu Espagne avec de nou<
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si&««oldats« en acheva la conquête et sVmpara de Tolède, capUaYie ûa royaume Tisîgolb, qu'avaient abandonnée les gprands et la plupart des habitants, et qui se rendit après une résistance de quelquesjours.
En moins de cinq ans, depuis le débarquement de Tarik, les Mores s'emparèrent de toute PEspagne, à Texception de quelques cantons stériles des Jgiuries, de la Cantabre {Biscaye) et de la Navarre. La Septimanie ou le Languedoc passa avec TEspagne sous la domioaiion des Arabes. La victoire de Xérès mit fin au royaume des Yisjgotfas et commença celui des Mores, qui régnèrent en lEspagne pendant sept cents ans.
Pélasge, fils de don Favila, un des grands d'Espagne, assassiné par le féroce Witiza, s'était retiré avec les débris dit royaume visigotbdans les montagnes des Asturies, où^la cavalerie more ne pouvait l*alteindre. Habile et courageux, il s'était distingué dans divers combats, et il fut élu roi par ses compagnons, fonda le petit royaume des Asturies qui servit de point d'appui aux chrétiens pour reconquérir TEspagne, et c*est avec lui que commence la monarcbie espagnole proprement dite ou la deuxième monarchie visigolhe. Atchamon, envoyé par le gouverneur Alasior pour détruire le nouveau royaume, s^engage imprudemment dans les montagnes , est battu et tné,et rarchevèque Oppas, qui lui avait servi de guide, est fait prisonnier et puni par la mort de son apostasie et de sa trahison. A la mort de Pélasge, son fils lui succéda ; puis vint Alphonse le Catholique qui, profitant des dissensions élevées entre les Mores et les Arabes, réunit aux Asturies la Galice dont il a chassé les musulmans.
ARABES D'ORIEIXT.
&sa oacaKiABES st les abassibss. — Nous avons vi» que Ma horoet, se sentant près de mourir, avait chargé son beau -père Mou Bèkre de le remplacer dans ses fonctions sacerdotales. Telle fu< TorigiDe du Califat ou du vicariat du Prophète.
Les autres califes s*appelaient émirSy c'esi-à-dire, princes ou com mandants. Ceux qui succédèrent à Abou-Bèkre furent : Omar^ qu fit brûler la bibliothèque d'Alexandrie ; Osman-Àli, gendre de Mabo met, qui, entreprenant d'abaissor les Ommiadés dont Tambition lu portait ombrage, voulut retirer le gouvernement de Syrie à Moavie perdit le califat, et mourut assassiné à Caffa.
Son fils Hassan fit de vaines tentatives pour lui succéder, et fu assassiné par sa femme. C'est alors que s'éleva la première famill héréditaire appelée Ommiadés, parce que Moavie, le premier de ce califes, était le pelit-fils û'Ommias, Tun des principaux de la Mecque.
Ce fut sous cette dynastie qu'eut lieu la conquête de l'Afrique par Rassan, lieutenant du calife Abd-el-Malek, et Musa-benNaseîr, lieutenant de Walid, qui en acheva la soumission en 698, et força les habitants à embrasser la religion et les mœurs des conquérants ; la conquête de l'Espagne, les invasions en France et la soumission d'une partie de TAsie. A la mortd*Omar II, le parti des Alides voulut replacev
sur le trône les légitimes descendants du Prophète ; mais, décourasi par la pusiUanimilé des émirs de la race d'Ali, U se réunit en faveur des JbassideSy qui tiraient leur origine d*AHba8, oncle de Maliometk Alors commença, sous Merwan II, la sanglante querelle des Noir$ el des Blancs ou d'Abbas et d'Ommiade ; la famille des Abassides tîcIo* rieuse succéda aux Ommiade8,et devint célèbre. L^Efçypte, la Mésopo* tamie, la Perse, furent conquises en une seule campagne.
L*empire des Arabes, sous les Abassides, fut aussi considérable qu( celui des Romains, puisquM s'étendait,à Pépoque du califat de Cordou (en 756) , de t*océan Atlantique jusqu*au delà du fleuve Indus, et aval pour bornes, au sud, les déserts de PAfrique et les bords de Tocéai indien ; il s'élendait en Europe jusqu'aux Pyrénées ; il était borné» nord par la Méditerranée et en Asie par la chaîne du Caucase, ' mer Caspienne, les déserts au nord de riaxarles, et enfin les moni gnes de TAsie intérieure , bornes occidentales de Teropire chinois. Aboul-Abbas , premier calife abasside , succéda son frère Al-Mai Il fonda la ville de Bagdad , qui devint la capitale du califat oriental
CALIFAT DOGciDBivT. Un dcsccudant de Merwan !•', Abdéran était échappé avec son fils au massacre de la famille des Ommiades se tenait cacne en Afrique. Il passa de là en Espagne où i'appelaiei plusieurs Cheiks, se fit proclamer émir à Gordoue et fonda ainsi le califat d'Occident. Les guerres quUl fut obligé de soutenir contre lec partisans des Abassides l'empêchèrent de défendre ses possessions d*au delà des Pyrénées et lui firent perdre la Septimanie. Sous Usera !«' et Al-Hakkham !«', les dissensions intérieures favorisèrent les progrès des chrétiens qui avaient à leur télé Alphonse le Chaste, roi d*Oviédo.
C'est répoquede la plus grande puissance des Sarrasins par rétendue de leurs conquêtes, et de leur plus grande gloire par leur amour pour les sciences et par les progrès qu'ils y fireut.
OBSERVATIONS
SDR LES CONSÉQUENCES DE l'IBRUPTION DES ARABES EN ESPAGNE.
La conquête de l'Espagne par les Arabes produisit quelques e£Fets salutaires pour TEurope qui lui doit en partie sa civilisation. Le goût des lettres se communiqua bientôt de Bagdad au Caire, et des bords de TEuphrate et du Nil au Tage. Les mathématiques, Tastronomie, la chimie, la botanique, la médecine étaient les sciences que les Sarrasins affectionnaient le plus ; ils excellaient dans la poésie, dans TaK de conter avec agrément. Rhazès, Averroèsy Avicenne sont du nombre de leurs philosophes célèbres.
Ainsi TEspagne mabométane cultivant plusieurs sciences peu connues dans le reste de TËurope, les chrétiens occidentaux s'y rendaient fréquemment pour se livrer à Téiude dans les écoles de Cordoue.
L*agriculture , les manufactures et la navigation durent beaucoup aux Arabes; leurs tapiset leurs broderies d'or et d*argeut, leurs tissus de soie et ouvrages d'acier et de cuir, jouirent longtemps d'une per-
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fection Incdnnve anx antres nations de TEnrôpe. LVnnmératfon décimale que les Arabes rapportèrent des Indes, les chiffres indiens que le moioe Gerbert, qoi devint le pape Sylvestre II, nous rapporta de la Péninsule , et auxquels la reconnaissance de TOccident adonné le nom de chiffres arabes; Tusage du papier de coton , de la poudre à canon, toutxela nous est venu de ces peuples, et principalement des Arabes d'Espagne. Le mot algèbre montrerait seul que c'est à eux fu'on doit cette langue merveilleuse qui fit tant avancer les sciences 'en abrégeant et facilitant le travail; le nom arabe d'almanach est le premier qu'ils donnèrent à leurs recueils astronomiques. Eofiii, il ne faut pas oublier cette architecture de la mosquée de Cordoue et du palais de Grenade, mélange de la grâce et de la pureté grecques avec le grandiose, et qui, s'unissant plus tard avec la grave architecture germanique, devait former cetie architecture mixte que nous avons appelée gothique, et à laquelle nous devons de si beaux monuments.
AAKouN-AL-HAftCRiLD OU lb jvstb c alifb. — Aarouu était le cinqnième caliie de la race des Abassides; il monta sur le trône eo 786 et mourut en 800. C'était un prince inconcevable par le mélange de ses bonnes et de ses mauvaises qualités : brave, magniGque, libéral; mais perfide, capiicieux,. ingrat. Il répandit des bienfaits sur ses peuple» et fit périr la famille des Barmécides, à laquelle il devait une partie de sa gloire. Il avait donné sa sœur en mariage à Giaf-ar Barmécide, son favori; et soit que sa politique craignait la fécondité de cet hymen, soit qu'il eût pressenti un funeste amour pour cette princesse que la proximité du sang lui défendait de posséder, il loi imposa la condition de vivre avec sa compagne comme s'il eût été son frère. Barmécide manqua à sa promesse, et le calife le condamna an dernier supplice avec cinquante des siens. Ses conquêtes s*éten~ dirent depuis TËspagne jusqu'aux Indes. Huit batailles qu'il gagna en personne, les arts et les sciences ranimés, lesgens de lettres protégés, ont rendu son nom illustre. Ce calife fit présent à Charlemagoe, pour lequel il avait beaucoup déconsidération, d'une clepsydreon horloge d'eau, et d'un Jeu d'ér-hi^cs. G est à lui que le* français doivent leurs meîlleares espèces de fruits et de légumes.
Cd seul trait fera connaître l'administratioâ de ce (irince : une femme va se plaindre à lui que ses soldats, dans leur marche, ont fait de grands ravages sur ses terres. Aaroun lui rappelle qu'il est dit 4ans le Coran : c Que lorsque les armées des grands princes vont en f campagne, les sujets sur les terres desquels elles passent doivent t souffrir. — Oui, pr*Qce, répliqua la femme, mais il est dit aussi ■ que les terres de ces princes qui permettent l'injustice seront dét soiées. > Aaioun lui fit rendre ce ((u'ellç avajl perdu, e^ la combla le présents et d'éloges.
Aaroun partagea , avant sa mort, Son vaste empiré entré ses trois fils, Amin, Mamoun et Motassem, Le règne d'Amin ne présente que commotions et guerres civiles entre ce calife et son frère Al-Mamoun. Son excessive indolence lui fait abandonner les rênes de son gouver- «emeoi ^ Âl'Fd^ei, ((ui doane à son maUrç to dangereux conseil de
Mi 6* 6IÈCL1I.
changer la succession ; conseil fatal qui précipite âmln da trûne sur lequel monte Al-Mamoun.
Lectur£. Espagne^ par Viardol ; tragédie des Barmécùies , par Laliarpe.
EHPiBE nOHAIN B'ORIEIVT.
Depuis la mort d'Héraclios (641) jusqu'à Tavénement des Comnèoes (1081), les annales byzantines présentent une succession uniforme de^ crimes, rarement interrompue par rapparilion de quelques princei guerriers, plus rarement encore par celui d'un prince vertueux. As milieu des révolutions sans intérêts et d'usurpations sans grandeur, une superstition universelle dégrade le culte et la morale pubUqae, en donnant matière aux plus indécentes querelles religieuses, et ei servant d'instrument à la politique. Nous signalerons dans celte périoî» les querelles religieuses, le schisme de TEglise grecque, les guerres avec les Russes, avec les Bulgares, contre les musulmans et les Turci leljoucides; nous nous arrêterons à la guerre des Iconoclastes.
Léonlil, PIsaurien, empereur d'Orient, humilié des reproches d'idolâtrie que lui adressaient les musulmans , ordonna la destruction deï images. Une secte d'iconoclastes ou briseurs d'images^ se i^rma dans i*Orient ; elle s'attacha à la lettre delà loi de Moïse, qui défend de rendre aucun culte à des idoles. Le pape Grégoire II se déclara contre Tempereuret condamna son édit, au deuxième concile de Nicée (787). Sous le règne des empereurs iconoclastes, cette ardeur, poussée àren- (bousiasme, fit cesser les travaux des artistes; les églises , les moaymenls furent détruits de toutes parts. Ce ne fut qu'au temps de l'impératrice Théodora que les arts reprirent quelque empire i Gonstantinople (842).
Constantin Y Gopronyme proscrivit, comme son père l*IsaarleD,li culte des images; son fils Léon iV se conduisit d'après les méoiei principes ; il avait épousé TAthénienne Irène, qui eut à sa mort (SOd) la régence de l'empire et qui changea de système.
i&ÈHB. — Cette princesse remporta de grands avantages sur les Sarrasins et les Bulgares, et convoqua à Nicée un concile contre la iconoclastes. Dans la suite, son fils Constantin Porphyrogéoèle voulut s'affranchir de sa dépendance, et il exila la régente. Mais da partis se formèrent, et la replacèrent sur le trône. Constantin fut renfermé dans un monastère où on le priva de la vue: Irène régna seiif«. Elle ne jouit pas longtemps de son triomphe; \e trésorier H^icéphon la détrôna, et la relégua à Mylilèneoù elle mourut peu après dam l'indigence. Elle a été, par ses crimes, la Frédégonde de l^Oneut.
Lectors. — Irène, tragédie de Voltaire.
Église.
DSBirs LE PBTXT, abbé romain, Scythe de naissance , qui vécut du temps de L'empereur Justinien, vers l'an de J.-G. 330, fut raoleur de Père vulgaire qui rcQutsa forme actuelle vers l'an 720, par les soios de JBéda le rénérable, moine anglais^ Des chroaologistes aioderaei
ont fatl observer que Denys et Béda s'éiaîent trompés dans leurs calculs , el font remonter la naissance de J.-C. jusqu'à 34 ans plus haut. CVst ce qui a donné lieu à la distinction entre Vère véritable de J,'C, et Vère vulgaire ou dyonisienne que Tusaf^e a consacrée. Cependant cette ère ne fut adoptée par les rois de France que depuis la 6n du 9* siècle, et par les papes seulement depuis le 1 !<>•