GLOIRE DES MORES
BT TftODÀLlTÉ DANS l'EUROPB OCGIDENTALB.
CAaACTtRB. — La féodalité se régularise, rauforité royale s'efface ; le pouvoir premi un accroissement immense par Thabile politique des papes , de TEglise , et un heureux concours de circonstances , et le christianisme devient le lien social entre les peuples el la base du droit international ; TAngleterre acquiert une nationalité et prend sa place en Europe ; les Barbares, cessant leurs courses, s'établissent et se font baptiser, et Ton voit le monde chrétien, qui a été si long à se former, tendre à se débrouiller, à prendre une forme, à s*as$eoir sur une base solide. Le monde mahométan brille un instant du plus vif édat ; mais il renferme en son sein des germes de mort qui se développent déjà ; il chancelle; il s^écroulera dans le siècle suivant.
ÉVÉNEMENTS
vmAwcB. — 881. Bataille de Fonlenay. — « 887. Etablissement du système féodal sous Charles le Chauve. — 879. Fondation du royaume de Bourgogne cisjuranne par Boson , et du royaume de Bourgogne transjurane par Rodolphe !«' ou Raoul- Welf. — Des rois de France depuis Charles le Chauve jusqu'à Charles le Simple , de 840 à 898.
AmASBS. — 813. Règne du calife Al-Mamoun.
BMViaB romain d'Oriefit* — 820. Race phrygienne. — Michel le Bègue.
ABftLBTBiiiiB. — 827. Fin de l'heptarchie. — Monarchie anglaise. — Egbert. — 871. Alfred le Grand.
BVBsiB. — 862. Fondation de la monarchie russe, par Rurick. — Nation du nord.
aoB«BiB. — 885. Excursion des Hongrois.
BOBBMB. — 894. Duché de Bohème : Borziwoy.
éiouBm» — 870. Schisme des Grecs.
DÉVELOPPEUENT.
Bataille de Fontenat. — Par les partages imprudents que Lonisle Débonnaire fit, de son vivant, entre ses enfants, il jeta dans sa propre famille des semences de discorde qui accélérèrent la chute de l*empire. Les guerres civiles qui avaient
601 9^ 81ÈCLE.
commencé sous lui continuèrent après sa mort. Louis, dit lo Germanique, et Charles le Chauve se liguèrent contre Lothaire, leur frère aîné, et lui livrèrent la fameuse bataille de Fonicnay, en Bourgogne, «ù périt toute la fleur de l'ancienne noblesse; le nombre des morts fut, dit-on, de cent mille. Louis et Charles, sortis victorieuK du combat, forcèrent leur frère de se sauver en Italie. Ils marchèrent ensuite sur Strasbourg , où ils renouvelèrent leur alliance et Sa confirmèrent par serment à la tête de leurs troupes (14 tévriep 842).
Ces princes étaient sur le point de se partager toute la monarchie , lorsque, par Teniremise des seigneurs, ils s'approchèrent de leur aîné et conclurent avec lui le traité de Verdun, qui consomma le partage formel de la monarchie (845).
Lothaire conserva , par ce partage, la dignité impériale avec le royaume d'Italie et les provinces situées entre le Rhône, la Saône, la Meuse, TEscaut, le Rhin et les \Ipes. Ces Etats furent dénommés Lolharingiens (de là le nom de Lorrains).
Louis le Germanique eut toute la Germanie au delà du Rhin, et, en deçà du fleuve, les cantons de Mayence, de Spire et de Worms. Enfin toute la partie des Gaules qui s'étendait depuis TEscaut, la Meuse, la Saône et le Rhône jusqu'aux Pyrénées, échut à Charles le Chauve qui eut aussi dans son partage la marche d'Espagne , composée du comté de Barcelone et des autres pays que Charlcmagne avait conquis au delà des Pyrénées. Origine de la France moderne. — Ici commence proprement la France moderne, qui est un démembrement de Fanciec empire des Francs ou de la monarchie de Charlcmagne. EII0 conserva longtemps les limites que le traité de Verdun lui avait assignées, et tout ce qu'elle possède aujourd'hui hors de ces limites provient des conquêtes qu'elle fit depuis le 14® siècle. Cependant les Etals de Lothaire , dépourvus des limites naturelles, devinrent l'objet d'une longue suite de guerres entre les Allemands et les Francs , dont les mœurs et le langage se confondent presque dans ces contrées. D'un autre côté , les privilèges que les rois germains furent forcés de concéder aux grands vassaux conduisirent ceux-ci à l'indépendance , et les seigneurs français s'agrandirent de même aux dépens des faibles successeurs de Charlcmagne, dont aucun ne sut tenir d'une maio assurée les rênes de TEtat.
»* SIÈCLE. ZÙ9
Charles le Chauve fat donc, à dire vrai; le premier roi do Fnnce, et c*est par lui qu*il faudrait commencer la suite de ces rois. Aussi est-ce depuis ce prince que le gouvernement changea de face chez les Francs occidentaux ou Neustriens. Avant Joi ce gouvernenvsnt était franc ou germanique ; les mœurs et usages des conquérants de la Gaule y prédominaient; leur langue Ja langue franque ou tudesque, était celle de la cour, do gouvernement. Mais depuis le démembrement dont nous parlons, les Gaulois remportèrent dans la France occidentale, dans la Neustrie ; leurs mœurs et la langue du peuple s'introduisirent à la cour et influèrent sur le gouvernement. La plus grande perte, à la bataille de Fontenay, étant tombée sur les tribus qui parlaient encore la langue germanique , les vainqueurs firent graduellement prévaloir les mœurs et la langue gallo-romaine. Cette langue devenue ainsi la langue des grands, s'épura insensiblement, et il en sortit, avec le temps, la langue française moderne. Une autre conséquence de la bataille de Fontenay fut Télëvation de la noblesse secondaire au premier rang , tous les grands seigneurs dealers y ayant perdu la vie. D*autres chefs francs prirent leur place, reçurent ou usurpèrent leurs droits et leurs biens , et de cette seconde noblesse franque personnelle sortit la première noblesse française héréditaire. C'est donc à cette époque, au règne de Charles le Chauve , que les Francs occidentaux cessèrent proprement d*être Francs , et qu'on doit commencer à les appeler Français. Le mouvement national qui 8*opéra à cette époque exerça principalement son influence sur la royauté. Gouvernée jusqu'alors par deux dynasties germaines, la Dation songea à placer sur le trône une dynastie française, c'est-à-dire neustrienne. Cette révolution ne s'accomplit que dans le siècle suivant, lorsque Hugues-Capet, chef de la troisième race, monta sur le trône des Carlovingiens. Quoique Eudes eût déjà partagé le trône avec tes descendants de Charlemagne, Hugues est le vrai fondateur de cette dynastie française, appelée par les vœux de la nation.
OBSERVATIONS ii:r l« démembrement de l'empire franc et sur celui des