‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 123 sur 162 · S1È€LE · texte numérisé non relu

S1È€LE

MAltOtf DiSflOUABB :t:OHlLAD, XeS OUSUFSSXT LBS GIBSIilSB.

— Conrad de Franconie est étu empereur d'Allemagne et fait mettre au ban de Tempire Henri le Superbe, duc de Bavière «t de Saxe, qui refusait de le reconnaître. A sa mort, les Elats de Saxe, soulevés en faveur de son fils Henri, surnommé depuis le lion, chassent Albert, margrave de Brandi'bourg, qui avait été investi de la Saxe, tandis que Welf, tuteur du jeune prince, expulsait de la Bavière Léopold d'Autriche. Conrad 111 prend les armes et livre la bataille de Weinsberg au duc Welf, qui est défait. C'est à celte bataille qu'on entendit pour la première fois les cris de TVelfui IVibligen. tirés des fiefs que possédaient les concurrents et qui, devenus Guelfe» et Gibelins^ servirent dans la suite à désigner chacun des deux partis. Par Gibelins on signalait le parti impérial, par Guelfes le parti opposé. En Italie on donnait plus spécialement le nom de guelfe au parti républicain, qui fut toujours en lutte contre les empereurs de la maison de Souabe , tantôt protégés, tantôt combattus par les papes.

HEMAi VI BT CONSTANCE. — FrédéHc Barbcroussc avsit succédé à Conrad lU. Ce prince fit élire son fils Henri roi des Romains^ et, en lui faisant épouser Constance, fille de Roger Jly il lui assura la couronne des Deux-Siciles. Après la mort de son père, dans la troisième croisade, H(^nri lui succéda, et fut empoisonné en 11 &7.

Le règne de Henri VI est d'une célébrité malheureuse. Ce prince s*empara de la Fouille et de la Sicile et fit crever les yeux à Gtii(« tourne ///, encore fort jeune, pour se venger de ce que Tancrèdej frère du jeune prince, lui avait été préféré (1189) par les Napolitains. Il ordonna d'exhumer son corps pour exercer sa fureur sur le cadavre de son rival.

Ce fut Uenti VI qui retint quinze mois prisonnier RichardCcBUT" de-LlMy par les conseils perfides de Léopold, duc d'Autriche,éont le roi d'Angleterre avait blessé Pamour-propre au siège d'^crs. flenri était monté sur le trône en 11 90.

EMPIRE D'ORlEIilîT.

EMViRXs b'obient. — Matiucl Comnène suit le plan de ges aïeux; il se fait haïr des croisés par ses artifices, et chérir des Grecs par sa libéralité. Il penche pour la doctrine de Mahomet, meurt en 1180, et Jlea;ts II, gendre de Louis VII, est à peine sur le trône, qu'il est massacré par son oncle Andronic (1183), livré luimême â la fureur de la populace par Jsaac l'Ange^ qu*ii destinait au supplice (1185).

Suéde.

ÉBic SN SUÉDE. — Les Commencements de Thistoire de Suède sont très-obscurs. Ce pays , qui faisait autrefois partie de la Scandî^ navie, ne commence à être connu que dans le 8* siècle, par les invasions des Normands et des Danois; mais son histoire particulière ne date que du règne d'iETric, dit te^S'aine. Ce prince, élu par les Goths et les siens, succéda à Suraher. Ce fut lui qui introduisit en Suède le

flft* SlfcCLE. 887

cbristianisnle et qui forçâtes FU%iandais à se faire baptiser. Il régna avec sagesse et réunit les lois des Suédois en un seul code -auquel il donna son nom. Il fît cesser le brfgandage des peuples, fit élever des ^lises et établit des écoles : toutes ces améfioralions lui attirèrent la haine de ses ennemis qui firent entrer Ma^mo , roi de Norwége, dans la ligue contre Etic. Ils marchèrent contre ce prince et le joignirent dans les plaines (TUpsat .* Eric fut vaincu et eut la tète Iranciiée. Ce monarque fut bientôt vengé. Charles , fîls de Surcher^ se meta la tête des nombreux partisans d*Eric, marche contre ses ennemis, les bat, fait élever une église dans l'endroit même où il les avait vaincus, et, pour ajouter le mépris à la vengeance, lut donne, 'Suivant la coutume du pays, le nom de Danoise.

Espagoe.

ZHVASTOH vcs ALMOHADEs. — Les Mmôkades ou Unitaîres succédèrent en Afrique à la puissance des Almoravides. Jbd-el-Mou^ nien, leur second calife, passa en Espagne, s*empara de presque toute la partie musulmane, et fit bâtir la ville de Gibraltar pour être maître du détroit. Ce fut à cette époque que les rois chrétiens, pour opposer au fanatisme des nouveaux conquérants Pexaltation chevaleresque, créèrent les ordres religieux et militaires d'AtcantarOy de Calatram, àe Saint' Jacques tiùiAvis, qui devaient noblement atteindre le but de leur institution.

Portifg;al.

roADATicH sv ROTAUMs DE PORTUGAL. — Dâns le 5« stècle, les Suèves s*étaient emparés sur les Romains de la province espagnole appelée Lusitanie* Les Golhs la conquirent sur les Suèves, et la conservèrent jusqu*au 8« siècle que les Mores s'en emparèrent.

Alphonse VI, roi de Léon et de Gastille, demanda à Philippe /««', roi de France, des secours contre les Mores , qui envahissaient ses Etats.

Henri de Bourgogne, arrière-pelit-fils de Robert /»% et Raymond de Bourgogne offrirent leui^s secours à ce roi d^Espagne qui donna au premier sa fille naturelle , Thérèse , avec tous les Etals qu*il pourrait conquérir sur les Mores, depuis Porto jusqu'à la Gua^ diana, et sa fille Uraque au second C c'est-à-dire à Raymond), Henri défit les Sarrasins en dix-sept batailles, et donna au pays qu'il avait conquis le nom de Portugal (Petit port, Portocale); mais son fils, devenu plus célèbre que lui, est regardé commente premier roi de Portugal.

Alphonse Benrtguez vainquit, dans les plaines A^Ouriqué [Alentejo)^ cinq princes mores auxquels il enleva leurs cinq étendards. 2e fut après cette victoire qu'Alphonse, qui n'avait été jusque-là que comte, prit le titre de roi de Portugal, titre confirmé par les cortès de Lamégo, qui donnèrent au royaume une loi fondamentale et filèrent l'ordre de succession au trône.

LMcnKE.-- Esquisses historiques de l'auteur, à l'article Portugal*

Italie.

aaHAIflSAIIGB DO DROIT PUBLIC BU ITALXS ET COUP B^OBIIi «VU LA JVBXSPaUDBlfCB ET LES SCIENCES A CBTTB ÉPOQUE. —

Vn Allemand, nommé Imer ou fFerner, retrouve à Âmatfi, dans le royaume de Naples , les Pandectes de Justinien. Irner, chancelier de Loibaire II, empereur d* Allemagne , professe publiquement à Bologne rétude du droit romain, et engage ce prince à ordonner que ce droit reprendra son autorité dans les tribunaux, et que le code de Justinien et le recueil nommé Digeste seront enseignés dans les écoles publiques. Cet ordre et cet exemple firent naître une foule de Jurisconsultes. Ceux qui contribuèrent le plus à perfectionner la Jurisprudence furent Durand y Barthole et Cujas. Les Romains avalent mis en vigueur, chez les Gaulois, le Code Tkéodosien, publié en 435. Il perdit son autorité vers la fin de la deuxième race; celui de Justinien, publié en 529, D*avait jamais été promulgué en France : il devint alors lecfro/( écrit. Les papes, craignant pour leur pouvoir, essayèrent d'opposer au droit romain, sous le nom de Décrétales, le droit canonique, propre aussi à détruire la jurisprudence féodale. Ces améliorations furent accompagnées de la rédaction des statuts locaux, sous le nom de coulutnes, et contribuèrent à l*aboliliOQ du combat Judiciaire. La renaissance du droit romain contribua aussi à étendre Pautoritédes rois, et nous voyon8,sou8 Frédéric Barberousse, quatre jurisconsultes bolonais, disciples dUrner, consultés sur les prérogatives royales, déclarer que la volonté de Pempereur fait la loi, et que tout fief immédiat, tout droit, toute juridiction, émaoeot de son autorité.

Dans les coutumes du 13« siècle, on voit publier successivement les Etablissements de saint Louis en France, les Miroirs de Saxe et de Souabe en Allemagne; en Angleterre, la Grande Charte et celle des forêts; en Castille, le code de Las Parlidas.hts cours de justice, désertées par la noblesse, se remplissent de clercs et de légistes. Aiosi naît la magistrature, qui va devenir un ordre consacré dans la société européenne. Bientôt les écoles de théologie et de philosophie rivalisent avec les écoles de jurisprudence, mais une ténébreuse dialectique dégénère en vaines subtilités connues sous le nom de scoloê^ {îgue ; cependant rimpulsion est donnée; Tenlendement humais se développe, etles sciences mathématiques et naturelles sont acasi en progrès, grâce aux études sérieuses des Grecs, des Arabes et des Juifs. Le moine Roger Bacon figure à la tète des savants qui s'occupèrent, à cette époque, de chimie et d*optique.

rONDATlOB DU ROYAUME BB 8ICILB PAB BOOEB II. — 1129»

A la mort de Robert Guiscard , son second fils lui avait succédé, mais n^avait pas hérité des talents ni de la valeur de son père. Guillaume vint aprèâ lui, et sa mort livra au fils de Roger ?% comte de Sicile, rhéritage de Robert Guiscard. Alors Roger II prit le titre de roi , se rendit mditre ùc ISaples, et devint ainsi le Auidateur du royaume des Deux-Siciies*

li* SIÈCLE. ft69

V81I18B — 11 73. F'ital Michêli II ayant rapporté la peste d*une expédition contrôles lies de Tempire d*Orient, le peuple, irrité des ravages que faisait le fléau, se souleva et massacra le doge. Les grands profitèrent du trouble et de PefiFroi général pour changer la constitution à leur avantage et au détriment du dogat et de la démocralie. Douze électeurs tirés des six quartiers de la ville choisirent quatre cent soixante-dix conseillers pour prononcer sur les affaires qu*on avait portées jusque-là aux assemblées générales du peuple* Telle fut l'origine du Grand Conseil, d'où devait sortir plus tard le Uibunal des Dix. Les électeurs du doge ne durent plus être tirés que d*un nombre limité de citoyens, et le doge ne put plus rien entreprendre que de l'avis de six conseillers nommés tous les ans par le grand conseil.

Asie.

u« xBo^WA&BSMifiiis siT VBKSB. — 1146. Lcs Seljoucîdes avaient été jusqu'à cette époque les maîtres delà Perse et d'une partie de l'Asie. Ils avaient permis à des colonies de Turcomans de s'établir dans une des provinces de leur empire, c'est-à-dire à Test et à Touest de VOxuB» Ce pays fut appelé Khowaresmie, parce que les SelJoU" ddeij avaient remporté des victoires faciles. On compte neuf princes delà dynastie des Khowaresmiens, Le premier resta fidèle aux engagements qu'il avait pris envers les vainqueurs ; mais tes autres se révoltèrent et s'emparèrent successivement de tout le pays des peuples qui leur avaient donné Thospitalité. Les Khowaresmiens mirent fin à la dynastie des Séljoucides : leurs Etats étaient immenses ; ils s'étendaient de la Syrie au lac Aral ; mais l'éclat qu'ils jetèrent ne fut pas de longue durée : £^^M-JK'aii renversa leur empire en 1199.

LBS ATOUBiTBs BIT AoTPTB. — Après Ics malheurcuses expéditions dans la Palestine, les princes d'Occident s'affaiblissent de jour en jour par leurs prétentions réciproques. Un tremblement de terre vint répandre l'effroi dans tout l'Orient , et les conquêtes d'une nouvelle famille turcomane jetèrent les croisés dans le découragement ; cette famille était celle des uâyoubites, ainsi nommée parce que Jjr^nêbe ou Job était son fondateur.

Saladin, fils de Job, s'empara avec une rapidité inconcevable de la Mésopotamie, de la Syrie et de l'Egypte, sur les Faiimites, Chaque jour ses conquêtes augmentaient. Il tourna ses armes vers Jérusalem, après avoir fait prisonnier le roi de cette ville, Guy de Lusignan, auquel 11 laissa la vie. Jérusalem fut assiégée et prise en 1187.

Saladin fit grâce aux -habitants en faveur des femmes qui étaient venues se jeter à ses pieds en implorant le pardon de leurs familles.

Les temples des chrétiens furent lavés à l'eau de rose pour être purifiés. Ils servirent de mosquées aux soldats du vainqueur.

iJB visuz BB LA MOMTAoïfB OU priuce des Ismaéliens. On a écrit beaucoup de fables et de romans sur ce personnage d'Orient, si terrible par sa puissance invisible, et si célèbre par un mélange d'actions à la fois héroïques et barbares, principalement à la mémorable

570 i%^ SIÈCLE.

épo^e des croisades. Le fait est qu'on nommait ainsi te prince oa nillan de VJrak Persien. Les Musulmans l'appelaient schismatique, et ses sujets se dévouaient pour assassiner ceux que ieur prince désignait comme impies.

Les Assassins ne sont qu'une branche des Ismaélites , secte qui a pris naissance au sein même de Vislamismey et qui ne descend pas, comme le disent certains auteurs, d'ismaël, fils d'Agar, mais de l'iman Istnaêl, fils de Dschafer.

L'ordre des Assassins formait un Etat au sein des Etats, et demandait à sts membres une soumission que n'avaient pas encore exigée de leurs sujets les dc^spotes de l'Orient ; celte association de fourlies et de dupes, sous le prétexte d'améliorer les mœurs et d'épurer les croyances, ne faisait que saper les bases de toute morale et de toute religion. Cet ordre tenait toujours suspendu le poignard sur la tête des princes. Pendant deux siècles entiers, ils furent tout- puissants, parce qu'ils étaient partout redoutés. Enfin, cette tourbe û^ Assassins fut exterminée, et disparut sous les débris du califat^ dont elle avait juré la ruine, parce qu'il éuit te centre de toute autorité spirituelle et séculière.

Toutefois, on ne peut nier que quelques-unes des institutions des Assassins ne fussentréellement dignes d'éloges; elles n'avaient d'autre but que la propagation des connaissances et la protection réciproque des initiés. La maison des sciences du €aire était le temple des sciences et le modèle de toutes les académies. C'était en proclamant partout les lumières de leurs âmes , leur bienfaisance et leur philanthropie, qu'ils réduisaient la multitude et parvenaient à leur but.

Le prince ou le rieux de la Montagne se nommait Hassan-hen- Sabah Bomaïri, fils d'^/t qui, environ l'an 1099 de notre ère, fOnda la seconde branche des Ismaéliens de Perse , que nos historiens ont appelés Assassins y sans doute à cause d'une préparation dont ils s'enivraient, connue sous le nom de haschisch.

Ce haschisch y dont le chanvre et la jusquiame formaient la base, se prenait soit en pastilles, soit en fumigation, et l'ivresse qu'il causait jetait ou dans l'extase ou dans le délire. Hassan s'était fixé à Damaghan, et plus tard dans la forteresse d'Alamont. C'est de là qu'il dictait ses lois. Il établit sur des bases solides son système politique et religieux, dont la maxime fondamentale était : Hien n'est vrai ni défendu; tout est permis.

Conrad» marquis de Montferrat, fut assassiné en 1191, au moment où il se promenait sur la place publique de Tyr. Le prince de Toroiie et Richard, roi d'Angleterre, étant accusés de ce crime , le Vieux de la Montagne écrivit une lettre pour les disculper, déclarant qu'offensé par le marquis de Montferrat, il lui en avait demandé satisfaction; mais que ce seigneur ayant négligé cet avertissement. Il avait envoyé un de ses sujets qui, en ôtant la vie à Conrad , s'était rendu digne de récompense. On peut juger parce trait de la puissance et delà barbarie pu Vieux de la Montagne , comme on jugera de sa magnificence et de

41* SIÈCLR. 8^1.

sa poIfCesse par lea présents qu*i1 fit à saint Louis, lorsque ce roi était dans Acre , et par les égards qu*il lui témoigna dans le temps de sa captivité.

Après un règne de trente-cinq ans, Hassan mourut à Tâge de 70 ans, en 11S4. Sous ses successeurs , Tordre prit de raccroisseoient ; mais, après une existence de 172 ans, Tordre des Assassins fut écrasé par la grande invasion mongole. Le dernier prince fut Roknedden. On dit que quelques descendants des Assassins existent encore sous le nom de Nosaïris : mais les anciennes doctrines de Tordre sont entièrement perdues.

On a remarqué des analogies entre Tordre des Assassins et Tordre des Templiers; à part les cruelles exécutions, les statuts occultes, l'accroissement de domination par la conquête des citadelles et des châteaux forts , paraissent avoir été les mêmes. Les Assassine portaient des habits blancs et des bandelettes rouges; les Templiers^ un manteau blanc et une croix rouget c*est un point de ressemblance très-remarquable. La procédure des tribunaux secrets de plusieurs ordres d'Allemagne offrait aussi quelque ressemblance avec celle de Tordre des Assassins.

' LicTUBB. -- Détails sur le pouvoir^ des Assassins, dans notre Histoire de France. — Histoire de l'Ordre des Assassins j par Hammer.

rOlfDATXON DES OBD11S8 MILITAIBE8 A JÉRUSALEM. --

Plusieurs ordres religieux et militaires se formèrent à Jérusalem, en différents temps: l» \e% Hospitaliers (ordre de Malte), fondés par Gérard de Martigues en IlISs et dont Raymond du Puy fut le premier maître; 2» les Templiers, qui eurent pour fondateur Hugues de Payens, en il 18; 5» VOrdre Teutonique, établi plus tard par Henri Walpot, en 1190 : les membres de ces associations se dévouaient au service des pèlerins et à la défense de la Terre-Sainte ; 4» VOrdre de Saint'Lasare , destiné particulièrement à soigner les lépreux, émana des Hospitaliers, et ne devint militaire qu'à Tépoque de la croisade de Louis IX.

0BDRE8 MONASTIQUES. — Le rôle important que les religieux ont joué dans le monde depuis leur origine , Tinfluence qu*ils exercent encore dans les mêmes contrées du midi de TEurope, et , paiHiessus tout , le grand nombre de savants et d'hommes d'Etat qu'ils ont fournis au monde chrétien depuis le moyen âge jusqo^à nos jours, ne permettent pas de les passer entièrement sous silence , môme dans un ouvrage aussi élémentaire que ce mité.

l«* SIÈCLE.

Page 1