‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 125 sur 162 · La tendance germanique est arrêtée · texte numérisé non relu

La tendance germanique est arrêtée

3. La royauté et le sceptre s'affermissent dans la famille de Philippe- AuguTste.

OBSERVATIONS

SUR LE BfeGNE DE PHILIPPE-AUGUSTE.

Le règne de Philippe-Auguste est Tépoque où la royauté qui, sous Louis le Gros et son successeur, n'avait prévalu que comme magistrature, n'avait eu la prééminence qu'en qualité de grand Juge de paix du paySy comme dit M. Guizot, prend enfin une forme politique certaine, conquiert une suzeraineté réelle et non plus fictive. En efifet, c'est alors seulement qu'elle devient héréditaire, et le fils de Philippe- Auguste est le premier depuis Hugues- Gapet qui n'ait pas été sacré du vivant de son père. Il semble, au premier coup d'œll, que les guerres qui ont rempli son règne n'ont été que personnelles , que la victoire ne devait décider que des querelles de quelques princes ; mais, au fond, c'était' la lutte entre deux grandes institutions , entre la monarchie qui voulait dompter la féodalité, et la féodalité qui résistait de toutes ^es forces aux efforts de la monarchie. Philippe ne perd jamais de vue Taffaiblissement des grands vassaux , dont la puissance , souvent ennennie de la sienne, en est toujours îa rivale; tout ce qui ne tend pas à détruire ou à diminuer le pouvoir des seigneurs n'est que secondaire, et il suit avec autant de fermeté que de sagesse les pians qu'a tracés HuguM^Gapet et dont Louis le Gros a commencé l'exécution. Dn instant Philippe semblerait s'en être écarté, c'est en favorisant la croisade contre les Albigeois; mais, en considérant les choses avec attention , l'on trouve que le résultat de cette guerre fut encore au profit de la royauté. Nous avons vu , en effet, que les communes du Midi penchaient vers la démocratie, ainslque les villes d'Italie, et pour les mêmes causes. Elles pouvaient donc échapper à la royauté, et runitéde la monarchie devenait impossible, comme Pitalie nous l'a

prouvé. Mais, une fois que le comte de Monlfort y eut implanté la fiodaUlé, les communesdu Midi, comme celles du Nord, furent forcées de recourir au roi contre les seigneurs, et dt^vinrent-^ainsi, pour la couronne, un utile auxiliaire, un puissant moyen '4'agrandi9semen t. L*entretien d*une troupe soldée , même en temps de paix, lui permit d'avoir moins besoin de sea vassaux 9 et par conséquent de lutter contre eux avec avantage.

Ce fut encore sous Philippe- Auguste quVut lieu la séparation du pouvoir spirituel d'avec le temporel. €e prince s'arracha entièrement à la tutelle du clergé, brava une excommunicalion d*Innocent lU qui mit le royaume en interdit, saisit 4es biens-des prêtres qui prirent le parti des pontifes romains, et sévit même contre quelques évêques récalcitrants; U se démentît pourtant <le cettefermeté, aussi généreuse que politique, en acceptant lelrône d'Angleterre de ce même Innocent à qui il reconnaissait par cela même des droits qu'il n'avait pas ; mais il montra bientôt que la politique avait seule déterminé son acceptation, en ne tenant nul compte d'une autre bulle du même pape, qui révoquait la donation de la première et se déclarait suzerain du royaume d'Angleterre.

8OUS ce roi de France, les ténèbres de Tignorance commencèrent à se dissiper, et les lumières #jeter une faible lueur. C'est à lui qu*on doit la création de l'Université, qui devait prendre un accroissement si rapide, l'établissement d'un prévôt t>our veiller à la police de la capitale qu'il venait de faire paver, et ses lois et ordonnances pour Tadministration publique lui assurent une des pr^emlères places parmi nos bons rois. C'est encore de son règne que date l'emploi de la boussole j qu'on appelait alors tnarùiette»

LscTURB. Histoire de PhUfppe-Aug'ii^ie , par Gapefigue. Quelques passages historiques du poème de Philippe-Auguste ^ par M. Perceval.

CROISâBE CONTRE £GS ALBIGEOIS.

CAUSES

Depuis les premiers siècles de Père chrétienne, une multitude de sectes s'étaient élevées. La paulicienne était la plus remarquable par la simplicité de ses dogmes qui, réduits à leur forme la plus austère, avaientquelqueanalogie avec ceux du protestantisme. L'autorité du pontife était rejetée , mais le purgatoire et i'efficacité des prières pour les morts étaient reconnus.

Persécutés par les empereurs grecs, les Paullciens passèrent en Asie Mineure et subirent le joug musulman , tout en conservant leur foi, devenue plus exaltée par Timagination orientale. Avec les Mores, ilf passèrent en Espagne, d'Espagne en Provence, et dans toute la France méridionale ; c'est surtout de la Bulgarie, où ils s'étaient multipliés , qu*ils se répandirent en France et 8*y établirent* Ils portaient d'abord

le nom de bans- hommes, étaient sans domicHe, et erraient en troupes comme des Bohémiens, avec lesquels on les a quelquefois confondus. Vers la fin du !!• siècle, les disciples de Pierre Valdo, appelés Vaudois ou pauvres de Lyon , se réunirent à eux et furent dans la suite enveloppés dans la même persécution. Ils avaient adopté la langue du pays , écrit leurs prières en roman , et comme leurs maximes sévères , leur morale , leur religion , leurs opinions , en un mot , étaient communes à un grand nombre d'habitants du diocèse d'Albi, ces sectaires furent appelés Albigeois.

Les Albigeois s*adonnaient au commerce, aux arts ; ils enrichissaient, par leur industrie , ces belles provinces du Midi, dont Tétat prospère formait un si grand contraste avec la France du Nord toute rude et toute militaire. Ils furent tolérés et protégés même par les comtes de Toulouse ; leurs temples étaient fréquentés, et leurs hymnes en langue vulgaire y étaient chantées librement. étAneheuts.

Tel était Theureux état de cette secte à la fin du douzième siècle. A cette époque monta sur le trône pontifical le continuateur des projets ambitieux de Grégoire, Innocent 111, Pun des plus grands génies qui aient existé.

Ce pape, dès Tannée ii93, avait envoyé dans la province de Narbonne deux légats pour convertir et accuser les hérétiques. Il leur adjoignit plus tard Pierre de Gastelnau , prêtre du pays. Les légats menaçaient Raymond YI , comte de Toulouse, et Roger, son neveu , comte de Béziers , de la colère du pape. Ceux-ci hésitent , promettent ; ils sont excommuniés deux fois. Le légat reprend la route de Rome, et, dans une auberge sur les bords du Rhône, il est insulté et assassiné par un gentilhomme de Toulouse.

Innocent lii fait entendre sa puissante voix dans toute l'Europe; le meurtre du prélat sera vengé. Une croisade est précitée dans toute la chrétienté contre les Albigeois. Raymond fait amende honorable et se voit contraint de marcher contre son neveu. En 4209 commença le siège de Béziers, par une armée de 50,000 hommes. La ville fut prise d'assaut et livrée aux flammes, les habitants tous passés au fil de Tépée. Comme il se trouvait dans la ville des catholiques, on demandait à un évéque de quelle manière on pouvait les distinguer des hérétiques, c Tuez tout le monde, répondit-il ; Dieu reconnaîtra les siens, i Le comte Roger fut jeté dans une prison et empoisonné. Garcassonne fut prise à son tour et pillée. Le comté de Toulouse fut

878 13* SlfeCLE.

donné à Simon de Honifort qui fonda, en 1225, Tordre des fréreê frtchmrê, dits Dominicains, et qu*il chargea du saint office de rinqnisition qui s'établit à cette époque.

Mais Simon ne fut pas reconnu par les Toulousains et mourut en i2i8, en assiégeant Toulouse. Raymond YI avait recouvré iesElatsà force de pénitences et d'humiliations, et les laissa à Raymond Yll, son 61s, qui, enveloppé dans la même persécution, ne put obtenir la paix qu*en cédant à la France une partie de son territoire et en lui assurant le reste par héritage. Les Albigeoi» furent alors livrés sans défense au fanatisme des Dominicains qui allumèrent partout des bûchers.

Philippe-Auguste ne prit pas une part active à la guerre » mais il laissa son fils Louis se mettre à la tête des croisés. Après la mort de Montfort, et quand ce jeune prince fut monté 6ur le trône , il commanda lui-même une nouvelle croisade préchée par le pape Grégoire IX, fit le siège de la commune d*Avignon qui se défendit vigoureusement contre la chevalerie française, et mourut de la peste qui ravageait son armée , après avoir exterminé les hérétiques. Cette guerre atroce se prolongea au delà de la vie de Louis VIII et s'éteignit pendant la régence de la reine Blanche, au milieu des bûchers de Tinquisition. Et cependant, malgré ces funestes massacres, les Albigeois ne furent pas entièrement détruits. Sous le nom de Vaudois (partisans de Pierre de Vaud ) , ils se perpétuèrent longtemps, et aujourd'hui même il existe un grand nombre de leurs descendants dans les Gévennes et dans les montagnes du Piémont.

CONSÉQUEUCES.

La guerre des Albigeois est d'une haute importance, parce qu*elle paralysa les forces du Languedoc et de ia Provence, qu'elle y ruina de riches et commerçantes cités, et qu*elle détruisit ainsi» en même temps, une civilisation florissante. La croisade des Albigeois fut vraiment la lutte de la féodalité du Nord contre Porganisat ion municipale du Midi, organisation qui déclinait rapidement vers la démocratie, et qui, vaincue par Simon de Montfort, fut forcée de rentrer dans le vaste système féodal, toutefois, avec les modifications que ce système avait subies depuis un siècle. « Aussi, en considérant de près, dit « M. Mazas, les détails de celte guerre, on restera convaincu que la fl religion ne fut pas uniquement le prétexte de celte lutte entre le

• Midi et. le Nord , et qu'elle ne doit pas être eomptable ^es atrocités

• qui en signalèrent le cours. »

i5* &IÈCLB* ST»

Lbctuhb. — Histoire des Français, de M. SUmondl. -^Histoire de France, de Mazas. — Histoire des Albigeois, par M. Arragon.

RÈGNE DE SAINT Louis. -«- La royaolé avait conservé , sons LooîsVni» la supérioriié qu*elle avait eue sons Philippe-Auguste , et les vassaux avaient été obligés de plier devant son courage. En mourant il avait eu Fimprudence de disposer en faveur de ses fils cadets, à tilre d'apanages, des fiefs réunis à la couronne , et retarda par là ce que son père avait si heureusement commencé.

Louis IX , encore mineur, lui succéda , et sa mère , Blanche de Castille, fut régente. A peine les seigneurs virent-ils un enfant.6ur le trône et la régence aux mains d'une femme, qu*ils essayèrent de relever la tête , et une ligue formidable menaça Texistence de la royauté naissante, en réclamant du roi les terres confisquées par ses deux prédécesseurs , et la convocation d'un parlement féodal. La prudence de la régente vint à bout de la dissoudre, et le dévouement des communes fit justice de ceux qui s'obstinèrent dans leur révolte. La reine-mère affaiblit même le comte de Champagne , en achetant plusieurs de ses comtés qu*i] était obligé de vendre pour payer une indemnité à laquelle elle l'avait condamné , comme suzeraine , envers Alix , reine de Chypre , qui avait des prétentions sur la Champagne. Ainsi se continuait le système de Philippe- Auguste. Mais à peine le jeune roi eut-il atteint sa majorité qu'une ligue se forma plus terrible que la première, par l'appui que lui prétait Henri 111 , roi d'Angleterre. Les combats de Taillebourg et de Saintes firent triompher la cause royale et mirent les vassaux rebelles à la dispositioir d'un monarque clément. Nous avons parlé des croisades de Louis IX , de ses succès et de ses revers dans ces lointaines espéditions. Avant de partir pour la première, il avait proclamé \9i quarantaine-ie-Toi y ordonnance destinée à prévenir les désordres des guerres privées, et à régler la i^olice des terres féodales. G*est ainsi que la volonté du monarque commençait à devenir loi souveraine. A son retour, il continue d'utiles et nombreux changements dans Fadministration , et publie une série d'ordonnances de réforme qui règlent la justice et les droits de chacun, suppriment les lois et les usages bizarres ou cruels,

estreîgnent, au moyen de sauvegardes, le droit des guerres pri-

SftO 13* SIÈCLE.

vées, et qui, connues sous le nom (TEtablissemenU, sont un des plus beaux monuments du moyen âge. Pour la première fois les députés de la bourgeoisie furent admis dans quelques assemblées politiques. La réputation de sagesse et de vertu que Louis s'élait acquise le fit choisir pour médiateur entre Henri III' et ses barons ; il s'efforça aussi de réconcilier le duc de Bretagne avec le roi de Navarre , et Grégoire IX avec Frédéric 11. On peut cependant reprocher à sa politique d'avoir cédé , au roi d'Angleterre, plusieurs comtés qui avaient été réunis à la couronne, et qu'il aurait pu garder tout en obtenant l'hommage de Henri UI pour le fief de Guyenne.

Pragmatique sanction. — Quoique la piété du saint roi dégénérât quelquefois en zèle trop ardent pour l'inquisition luttant déjà contre l'esprit français et la justice parlementaire qui la repoussait, il se montra pourtant ferme et indépendant dans ses relations avec la cour de Rome. Par sa pragmatique sanction, qui longtemps a servi de règle, il fixa les rapports duroiavecle pape, déclara que le royaume de France ne dépendait que de Dieu seul, soumit au droit commun les différends civils entre le clergé et les moines, et fonda les libertés de TËglise gallicane, en lis2G9. C'est Ja première barrière opposée aux envahissements et aux usurpations de la papauté à cette époque.

Lecture. — Saint Louis, dans M. Slsmondi ; de Cholsy, Histoire de saint Louis ; Gapeflgue, Histoire constitutionnelle et admîniS' tralive de la France depuis la mort de Phiiippe^Auguste (l).

Règne de Philippe le Hardi. — Les événements les plus remarquables de son règne sont : la réunion à la couronne du Poitou , de l'Auvergne et du comté de Toulouse , par la mort du comte de Poitiers et de sa femme ; la mort de Pierre de Labrosse, barbier de Louis IX, favori de son fils, et qui avait accusé la reine d'empoisonner les enfants du premier lit pour assurer le trône aux siens, laquelle fui justifiée par l'oracle de la béguine de Nivelles , espèce de sibylle en réputation de sainteté ; enfin la première lettre d'anoblissement en faveur d^un roturier, l'orfèvre Raoul de Grépy; maiâ en même temps une ordonnance déclarait que les nobles seuls avaient droit à la chevalerie.

(1) Bruxelles, Hauman et G». 1 vol. in-8o ou 4 volumes in«l8.

«ô® SIÈCLE. S6I

Philippe 8*engagea dans plasienrs guerres sans résultat pour la succession an trône de Navarre et de Gastille , et prît le commandement d'une croisade prêchée contre Pierre III d'Aragon , après les vêpres siciliennes , par Martin IV qui donna le trône de Sicile au comte de Valois, second fils du roi de France. Après a?oir perdu une partie de son armée par les maladies , il repassa tes monts et mourut à Perpignan.

Le règne de Philippe sert de complément à celui de son prédécesseur, et forme la transition à une nouvelle période.La puissance royale est maintenant tout à fait affermie.

Legtore. '^ Saint Louis, dans M. Sismondi.

Ansleterre.

GRAHDE CBAKTE BR auclstsare. — Jeon «Afif TetTe était monté sur le trône à la mort de Richard Cmur- de- Lion ^ au préjudice ^Arthur, fils de son frère Geoffroi, que Richard avait d'abord désigné comme son héritier au moment de la révolte de Jean pendant et après sa captivité, et dont ensuite il avait révoqué la nomination en faveur de son frère rentré en grâce. Le roi de France résolut de seconder les prétentions du jeune ^r^/«f*r, qui, bientôt fait prisonnier, fat assassiné à Rouen par son oncle. Philippe^ Auguste ayant sommé Jean sans Terre de comparaître comme son vassal (au nom de Con* itance, mère du prince assassiné, qui avait invoqué la protection des pairs français)^ confisqua, sursonrefus, tous les biens, toutes les terres qu*il tenait de la couronne. Le règne de Jean est encore mémorable par l'opposition systématique que raristocratie anglaise commençait â foire contre la royauté. Déjà en lutte avec les barons qui regrettaient les prérogatives dont jouissaient les grands d'Angleterre sous les princes saxons et danois et qu'avait confirmées Henri I^r, il se brouilla encore avec le clergé et encourut de la part d'Innocent III, qui donna son royaume à Philippe-Auguste, une excommunication dont it ne fut absous qu'en se déclarant le vassal et le tributaire du saint-siége. Cette humiliation, son despotisme, le mauvais succès de ses guerres, mirent enfin les armes aux mains des seigneurs anglais, qui exigèrent une constitution qui réglât les intérêts du roi et de ses sujets. Jean fut obligé de signer et de sceller la Grande Charte et la charte des forêts, qui confirmaient et étendaient les droits et privilèges dont les prélats et les barons avaient Joui sous les monarques saxons. Les Anglais les ont toujours regardées comme les bases de leur constitution et de leur liberté. Ces chartes furent surtout favorables aux libertés du clergé ; les privilèges de la noblesse y furent considérablement augmentés ; quelques droits furent accordés à la iM>urgeoisié, mais le sort des vilains n'y fut que médiocrement amélioré, tt Cependant, dit un historien, tout en maintenant et en con- • sacrant la Féodalité, elles furent faites pourtant aussi pour le peu-

SSt WS* SlÈCLIf.

« pie, dontranenUment et la force étaient néoetsairet aux succès det « projets des barons et des prélals ; elles reconnurent et posèrent les t fondements de toutes les libertés. Avec un jury et un conseU « commun, r^e nation finit toujours par être libre. »

CDNQUtTfi BVFAT8 DBOALtBS , F AK éDOVÀ]lBl<^ ^ffenrilfl

8*était montré aussi faible que Jean sans Terre , son père ; mais Edouard I*', son fils et son successeur, se rendit célèbre par son courage et sa fermeté. La conquête du pays de Galles est un des événements les plus remarquables de son règne. Cette contrée, à Toccident de TAngleterre, avait été gouvernée, depuis les temps les plus reculés, par des princes qui liraient leur origine des anciens rois bretons : ils étaient vassaux et tributaires de TAnglelerre ; mais ils exerçaient les droits de souveraineté dans leur pays. Lèolyn était , dans le 15« sièele, chef de cetle principauté, lorsque Edouard /«', voulant le punir d'avoir cherché à se rendre indépendant, marcha contre lui, le tua, et réunit le pays de Galles à la couronne.

Les vexations et le despotisme d*Edouard entretenaient l'agitation au milieu de ces braves Gallois, qui, retirés dans leurs montagnes, soutenaient avec intrépidité, depuis la conquête saxonne, l'indépendance des vieux Bretons. Pour les calmer et leur faire illusion, il voulut que la reine fit zes couches dans le pays de Galles , et ayant rassemblé les principaux chefs , il leur montra son fils nouyeau-né, leur disant que né chez eux il était leur compatriote, et leur demanda de le recevoir pour duc. Les Gallois, pour éviter un pire sort, l'acceptèrent, et depuis, le titre de prince de Galles passa au fils alué du roi o'Anglelerre. Ce fut après cetteguerre que Roger Morlimer, qui8*était signalé dans un grand nombre de combats, voulut rappeler la valeur de ses frères d*armes et donna un magnifique tournoi au château de Kenilworth. 11 y réunit commetenants cent chevaliers qui prirent le nom de chevaliers de la Table-Ronde.

Page 1