EMPIRE D'ORIENT
QUAT&li:MB C&018ADS, BISFIRB DBS LATIITfl. — Le pape
Innocent III fit prêcher une nouvelle croisade par Foulques, curé de Neuilly. Les rois , lassés de ces expéditions ruineuses, n'y prirent aucune part ; mais les seigneurs français se réunirent sous la conduite de Boniface, marquis de Montferrat. 11 traita avec les Vénitiens, qui se joignirent à lui au nombre de cinq cents, ayant Dandoto à leur tête. Les croisés se dirigeaient vers la Palestine ; mais, appelés au secours d'/saaCy empereur grec détrôné par son frère , ils volent à Constanlinople et détrônent l'usurpateur. En 1304, ils prennent de nouveau les armes contre Byzance, s'en emparent, et y fondent un nouvel empire, donné à Baudouin, leur ibef, comte de Flandre; le marquis de Montferrat fut roi de Tbessalie, et les Vénitiens eurent de helles possessions maritimes, telles que les îles de Corfou et de Candie, et des provinces en Grèce. Telle fut l'origine de leur prépondérance
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polUiqne en Orient et de leur puissance mârilime dans TArcbipel. Quelques débris échappés à fa conquête sésislèrent au pouvoir des princes byzantins. Thomas Lascaris se fit proclamer empereur de NlGée ; Alexis et David Comnène fondèrent i*empire de Trébisonde, et TEpire resta duché indépendant sous Michel Comnène.
liOVVEL BMPIRB ORBC ~ BIICBEL PALéOLOOVB. — Mlche
Psléolo^ue, prince {;rec, après avoir usurpé le sceptre des Lascaris > Nicée, détruisit Tempiredes Latins, s*en empara et reporta à Gonstantinople le siège de i*empire grec. G*est ainsi que finit l'empire latin. Michel déploya de grands talents. Sa politique délivra l*eraplre des TaKares et des Turcs, en armant ces peuples Tun contre Pautre ; U arrêta la vengeance des Latins indignés de perdre Tempire, enchaîna Pimpétuosité de Charles iTAnjoUy le plus formidable de ses voisins, et sut faire respecter son pouvoir. Le rétablissement de Tcmpire grec fut une source de grandeur et de prospérité pour Gènes, qui obtint du nouvel empereur, pour prix de ses services, le commerce exclusif de la mer Noire avec de grands privilèges à Constantinople. LiGTURi: — Esquisses historiques de Vauteur^ à Pemplre d*Orient. Alleniag;De.
tTABUSSBMBBT DB LA LIOVB pABSÉATIQOB. — Cette lîgue te
forma durant les troubles excités par Frédéric et son compétiteur Conrad. L'exemple des municipalités fit naître ces associations urbaines ; le besoin de se défendre les étendit bientôt dans toute TAUemagne, qui leur*doit la naissance de son commerce : c'est aussi à celle puissance nouvelle qu'est due Pabolition des iribunaux secrets ou vehmiquesj dont on ignore Torigine et qui régnaient par la terreur depuis le milieu du 15» siècle. Ce fut vers le même temps que s'organisa la ligue ow confédération du Rhin y composée de plus de soixante villes. Elle entretint des relations avec la ligue hanséatique , qui comprenait les villes et les ports situés sur la mer du Nord, sur la Baltique, et avait une vaste existence commerciale ; elle arrêta la fureur des guerres privées et veilla à la liberté du commerce et de la navigation. Les GanerHnats, autre société démocratique, prirent naissance à la même époque.
LB8 SEPT lÈLBCTBUiis. — Après la mort de Guillaume, Pun des successeurs de Frédéric, les trois archevêques, le roi de Bohème , le duc de Bavière, celui de Saxe et le margrave de Prandebourg, qui ' possédaient depuis longtemps le droit de prétextalion ou de première élection, s'arrogèrt^nt le droit exclusif d'élire Tempereur. Telle est 'origine des sept électeurs,
, MAisosf d'bapsbovrg. — RODOLPBB. — Depuls la mort de Conrad IV jusqu'à réleclion de Rodolphe, l'Allemagne fut livrée à un ^lat d'anarchie qu'on a appelé le gratut interrègne. L'empereur Guillaume de Hollande , engagé dans de longues querelles avec les Etats, mourut dans une guerre contre les Frisons, et le Jeune Conra din, à qui le pape lanc^est IV avait défendu de donner Tempire sous
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peine d*excommunteatîon, élait dllé lui-même trouver la mort en Sidie. hespréêeûPtats s'étaient parlagt^s entre Richard de Gqrnouailies, frère du roi d'Angleterre, et Alptionse X, roi d'Espagne ; mais ni Tun ni Vautre ne prit possession de la couronne, et Rictiard, qui parut seul en Allemagne, ne tarda pas à mourir. Ce fut un temps de guerres privées, de meurtres et de dissolution, et c'est alors que se formèrent les ligues démocratiques dont nous avons parlé. Cependant le pape Grégoire X menaçant de donner lui-même un chef à Tempire, lea électeurs désignèrent un seigneur suisse de la maison de Hapsbourg, descendant à'Etichon /«^r, duc d*AIsace, souche commune des maisons de Hapsbourg et de Lorraine, aujourd'hui confondues. Il se nommait Rodolphe, et commença cette famille d'Autriche , continuée jusqu'à Charles n iilAO).
D'un caractère ferme et d'une haute prudence , pour tirer l'empire de l'état d'anarchie où l'avait plongé le grand interrègne, il ne pouvait par sa puissance médiocre inspirer de craintes aux électeurs et aux grands vassaux, et ceux-ci, Toyant l'accroissement rapide que prenait la nouvelle maison par les succès et la sagesse de son chef, refusèrent à Albert la dignité de roi des Romains que l'empereur avait demandée pour son fils, et, â la mort de Rodolphe, lui donnèrent pour successeur Adolphe de Nasaau, qui, bientôt déposé, périt en disputant le sceptre à Albert.
ORDKB TBUTONiQUB. — 1226. C'cst dans le treizième siècle qae les chevaliers teutoniques s'établissent en Allemagne* Le duc de Masovie , les ayant appelés contre les Prussiens, qui faisaient de conCinuetles excursions dans ses Etats, leur accorda, sur ses frontières, la province d'Ulsu et tout ce qu'ils pourraient conquérir sur les bar^ bares. Commandés par leur grand maître Herman de Saltza , Ils ne tardèrent pas à s'emparer d'un territoire considérable, soumirent presque toutes les contrées prussiennes baignées par la mer, fondèrent plusieurs villes, et se réunirent aux chevaliers porte-glaives qui possédaient la Livonie. Depuis cette union, les conquêtes des deux ordres s'étendirent sur toute la Prusse proprement dite, la Gourlaude, la Poméranie, et les papes ainsi que les empereurs les confirmèrent dans leurs possessions.
Espagne.
RÊGHS d'alphohse z. — L'Espagno est toujours divisée entre les Mahoméians et les Chrétiens. Les premiers sont ùxés au sud, les seconds au nord. Les Chrétiens possèdent quatre royaumes: !• la Navarre, le plus faible des quatre, se lie avec la France, dont la protection lui est nécessaire ; S» V^ragon est augmenté du royaume de Valence et des îles Baléares : Jacques !•', auteur de celte prospérité, acheva, dans une vieillesse fort agitée, un règne aussi long que glorieux ;5o la CasliUey qui suit les lois A'Alpiwnse X, Ce prince réunit à ses Etats le royaume de Murcie; il perdit l'empire d'Allemagne, doni il avait été élu souverain, pour avoir négligé d'aller en prendre I)Oâsession. 11 était très-savant, et fonda plusieurs chaires dans Pu*"*-
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vertité de Salamanque ; il rédigea aussi les Tables aslronomtques coDDues sous le nom d'Mphonsines. La fin du règne d*Alphon$e X est troublée par rinvasion des Méridines qui avaient succédé en Afrique à la dynastie almohade, et par des querelles de succession entre ses p^lits-fils et son fils Sanclie , le vainqueur des Musulmans \ 4* ]» Portugal^ dont le brave Alphonse III recula de plus en plus les limites, par la soumission des Algarves. Italie.
&BS TORRIAHl ET LES TISOOHTI A KILAIT. — Milan CSt Une
des plus anciennes villes d'Italie. Bâlie par les Gaulois dans le sixième siècle avant Jésus-Christ, elle fit partie de la Gaule cisalpine, et tomba, dans le cinquième siècle, sous le pouvoir d'Odoacre, roi des Hérules. Théodoric, roi des Visigoths, la lui enleva et y fixa sa cour. Peu après, les Bourguignons s'en emparèrent ; elle fut reprise par les Goths, recouvrée par Narsès, général de Juslinien, et passa aux Lombards, dont Gharlemagne anéantit la monarchie en 774.
L'Allemagne la vit passer sous sa domination à la mort de Gharlemagne. Depuis que les évéques de Milan avaient perdu leur pouvoir, cette cité avait adopté le gouvernement démocratique et s'arrogeait la suprématie sur les villes libres de la Lombardie. Frédéric, profitant, pour reconquérir la couronne de fer à laquelle il avait des prétentions, des plaintes que lui adressent les habitants de Lodi et de Pavie, toutes deux à la tète d*une ligue opposée à Milan, passe en Italie, et fait éprouver tout le poids de sa colère et de son dépit k Tortone, ralliée de Milan qu'il n*ose assiéger. Mais Timpératrice ayant été insultée dans cette dernière ville, et la garnison allemande égorgée, Frédéric, indigné, marche contre elle, la prend d*assaut, la fait raser, et ordonne qu'on passe la charrue sur les débris de ses fortifications. Le parti guelfe est abattu , et les communes lombardes reçoivent les podestats de l'empereur.
Cependant les habitants, qui avaient trouvé un asile chez leurs voisins, se joignent à l'association lombarde qui se forme pour l'affranchissement de ritalie, relèvent leurs murailles, protégés par le pape Alexandre III, ce zélé propagateur de la liberté italienne, et ayant assuré leur indépendance par le traité de Constance, se forment en république et se nomment un podestat. Ce fut Della-Torre qu'ils choi« sirent, chef de la maison des Torriani, qui acquirent un grand ascendant par leur popularité. Sous la famille des Della-Torre, Milan se trouva encore à la tète d'une seconde ligue lombarde contre Frédéric II, que Grégoire iX forçait à partir pour la Palestine.
Le retour des Visconti , exilés, fait perdre le pouvoir à la famille Della-Torre, et l'archevêque Othon s'étant fait déclarer seigneur per- |)étuel, fonde la grandeur héréditaire de sa maison. Les Torriani reparaissent sous Mathieu Visconti le Grand, et périssent presque tous dans une sédition où ce prince les avait engagés. Jean Galéas donna des lois à toute l'Italie lombarde qu'il avait soumise, et reçut de l'empereur Wenceslasia dignité ducale. La tyrannie de Jean-Marie,
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«on fils, fit rétablir le gouvernement républicain ; Philippe-tfarie , iieuxième fils de Jean Galéas , releva Pautorité des Yisconti , et à sa inorl, après quelques tentatives d'organisation républicaine , le Mila* nais passa au condottiere François Sforce, son gendre, malgré les prétentions de Charles d*Angouléme, petit-fils de Valenline de Milan, fille de Galéas.
Cette rivalité donna lieu aux guerres ruineuses de la France en Italie.
v]ÈPiiii8 siciLiBN HBs. — Lcs vêpfes siciliennes sont un massacre fait en Sicile au son de la cloche qui appelait les fidèles aux vêpres le lundi de Pâques, et ce massacre est celui de tous les Français qui étaient restés dans Tile après la conquête que Charles d'Jnjou ( frère de saint Louis, roi de France) avait faite du royaume de Naples et de Sicile sur la maison impériale de Souahe. Charles , non content d'avoir dépouillé cette maison , eut la cruauté de faire périr sur l'échafaud le i^unt Conradin, qui avait passé en Italie pour réclamer l'héritage de ses pères. Cet exemple nouveau d'un tel attentat contre une tête couronnée, joint aux vexations de toute espèce dont il accablait le peuple conquis, alluma dans tous les cœurs une haine générale contre Charles et contre tous les Français.
Un gentilhomme de Saler ne, nommé Jean de Procida, passionnément attaché au sang de ses anciens maîtres , voyant que la rage secrète dont tous les habitants étaient animés n'attendait qu'une occasion pour éclater, trama cette fameuse conspiration par laquelle tous les Français devaient être égorgés à la même heure.
Il parcourut les campagnes « sous Phabit de moine, pour tromper les espions de Charles attachés à ses traces , fomenta le mécontentement et soufilâ partout Tesprit de sédition et de vengeance contre les Français.
Jean de Procida atla voir en secret Pierre, roi d'Aragon , gendre de Maififroi que Charles avait dépouillé; il en obiint de grandes sommes d'argent , avec lesquelles il gagna aisément des conjurés. Pierre d'Aragon équipa une flotte, et, feignant d'aller contre l'Afrique, il se tint prêt à descendre en Sicile, et revint à Palerme dans le plus grand secret.
Enfin , le lundi de Pâques (1283), au son de vêpres, des attroupements se forment: on s'émeut, on sonne le tocsin, on crie : vt Meurent les txrans ! » Tous les Français sont massacrés dans Plie, les uns dans les églises, les autres sur les places publiques, d'autres dans leurs maisons. On compte plus de huit mille personnes égorgées. Le secret nardési longtemps par tout un peuple, des conquérants exterminés par la nation conquise, des femmes, des enfants massacrés, des filles siciliennes enceintes de Français tuées par leurs propres pères , ont rendu celte action à jamais épouvantable. Il n'y eut que deux gentilshommes français, Guillaume de Porcelet et Scaiambre , qui lurrnt sauvés du massacre général, à cause, disent les historiens» cfo /eur grande prud'homie et vertu.
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On ne parle dans Thistoire que de Guillaume de Porcelet, â qui on donna un vaisseau pour retourner avec sa famille dans son pays.
La petite ville de Sperlinga fut la seule qui donna retraite à quelques Âjgitifs. Cette action est consacrée dans Tinscription du château, ainsi conçue :
ce qui plot aux siciliens , les habitants de spbblinga seuls m'y trooyèrent pas leur plaisir.
Lecture. — La tragédie des Vêpres Siciliennes , par M. Casimir Delavigne.