ANGLETERRE
BBimx Tiiz , fils et successeur de Henri FJJ^ fut un prince cruel et d'uo caractère inconstant. Il publia d*abord contre Xu^W un traité qui lui fit donner , par le pape, le titre de défenseur de la foi. Mais le pape Clément TU ayant refusé d*approuver son divorce avec Catherine d Aragon^ tante de Charles Quint, Henri PlII&i abroger en 1534, par le parlement, Tautorité du pape en Angleterre , et prit le titre de chef de TEglise anglicane. Il supprima les couvents et établit une religion qui était un mélange de catholicisme et de protestantisme : c*est ce qu'on applle le schisme d*Anglelerre. Henri Vill fut marié éix fois, et fit mourir la plupart de ses femmes.
Ce prince» le premier des rois d'Angleterre qui prit le titre de roi
46ft 16" SIÈCLE.
dlrlande, fût enveloppé dans les différends qui partageaient alors les miissances du conlinent ; mais , au lieu de tenir la balance entre la France et PAutricbe, il se montra presque toujours Pami et l*allié de Tempereur Charles-Quint, qui avait su gagner le ministre fTols^ par Tespoir de la tiare.
Ses trois enfants régnèrent successivement après lui :
snovAAB vx , qu'il avait eu de Jeanne Seymour, introduisit le calvinisme pur ou presbytérianisme ;
joA&xs, qu'il avait eue de Catherine d*Aragon, rétablit la religion catholique, et, dans sa cruelle ferveur, fit brûler un grand nombre de protestants, entre autres rarchevéquedeGantorbéry,Thoma8Cranmer. Elle avait déjà préludé à ces exécutions par la mort de l'infortunée Jeanne Gray. Pour affermir le catholicisme en Angleterre, elle épousa Philippe II, héritier pré^iompUf de la couronne d'Espagne ;
SLXSABETB , qu*il avait eue d'Anne de Boleyn , fut une des plus illustres princesses des temps modernes; elle fut toujours heureuse dans ses entreprises , protégea la navigation et pacifia TAngleterre qu'elle préserva de l'invasion de Philippe II ; mais elle déshonora son règne par la mort de Marie Sluart. Elisabeth fut une femme vindicative ; amie impérieuse et ennemie implacable, son grand mérite fut d'établir en Europe la consistance politique de l'Angleterre. La lutte où cette puissance se trouva engagée avec PEspagne nécessita l'emploi de toutes ses forces et prépara sa grandeur en lui assurant la libre navigation. Les intérêts de la religion se trouvèrent intimement unis à ceux de l'organisation sociale, et le peuple se persuada de plus en plus que toutes deux devaient prospérer ou succomber ensemble. Lorsque les successeurs d'Elisabeth voulurent tenter de les séparer, ils ne firent que préparer leur ruine. Celte princesse mourut en 1603, et avec elle finit la maison des Tudors,
aso&T SB MAKXB «TV A&T. — Marie Stuart, fille de Jacques Y , roi d^Ecosse, avait épousé François II, fils de Henri II, roi de France. Après la mort de ce prince , elle retourna en Ecosse; elle y épousa Henri Stuart Darnley, son cousin. Ce prince était violent et cruel. Il mourut assassiné.
Le comte de Bothwell fut accusé de ce crime, et Marie, sur qui planaient des soupçons de complicité , s'aliéna tous les cœurs en épousant le meurtrier de son époux. Elle se vit obligée de céder le trône à son fils ; ses sujets Tabandonnèrent; elle se réfugia en Angleterre, où régnait Elisabeth sa cousine. Cette princesse la fit arrêter, la retint en prison pendant dix-huit ans, et, après un jugement irrégulier, la fit condamner à mort. Elle fut décapitée l'an 1587. Cette cruauté ternit, comme nous l'avons dit , le règne d'Elisabeth , qui , sous les autres rapports, fut des plus glorieux. Cette princesse recommanda en mourant le fils de Marie Stuart, qui était roi d'Ecosse, et auquel la couronne appartenait comme descendant de Henri VII.
Il s'était alors glissé dans l'Eglise anglicane une secte sévère , d'un zèle acre, comme les premiers moments de ferveur en produisent ordi-
nairemenU — Les disciples s^appebient Puritains, se croyant plus purs que tous les autres et dans leurs mœurs et dans leurs dogmes* —lis s'opposaient à la hiérarchie dans l'Ëglise. Jacques I*'au contraire re^;ardait la subordination des pouvoirs dans TËglise comme très«uti1e à rautorité royale. Il la soutint contre les Puritains qui triomphèrent, acquérant de l^ascendant et se multipliant de jour en jour. Lecture. — Marie Stuart, par Walter Scott, et Anquetil.
DÉCOIJTERTES.
BécouTfiRTB BB l'ilb saibtb'Bélèbb.— Un Portugais, allant à la côte de Malabar, reconnaît une tle escarpée située au seizième degré de latitude méridionale. Cette lie devait un Jour fixer les yeux de l'Europe entière par Texil de Bonaparte,quiy mourut le 5 mai 1821.
P&BBIXB& VOTAOE AUTOUR OU MOBDB , PA& M AOELLAH. —
Magellan, Portugais, mécontent de son gouvernement, se rendit à la cour d^Espagne où Charles-Quint lui donna cinq vaisseaux avec lesquels il entreprit le tour du monde. Il pénétra dans le Grand Océan par le sud de TAmérique, et découvrit le détroit qui porte son nom. De là il traversa rocéan, visita les Mariannes, auxquelles il donna le nom à'iles des Larrons, et s^avança jusqu'aux Philippines. Il s'engagea imprudemment dans une attaque où il perdit la vie (1521). Les Espagnols périrent presque tous par la cruauté du roi de Tile* Un seul vaisseau revint par le cap de Bonne-Espérance. C'est le premier qui ait fait le tour entier du monde.
VoTAGB A TRACER. — Consultemotre Atlas,
rsaiTABO co&TBK AV iTBXiQVB, OB 1519 A 1551. — CortsZj lieutenant du gouverneur de Cuba, partit de cette île avec six cents hommes, qiielques chevaux et quelques pièces de canon ; il entreprit ainsi la conquête du Mexique, dont on avait découvert les côtes. Il s'avança jusqu'à Mexico, tantôt effrayant les Indiens que déconcertait cet appareil guerrier, tantôt les attirant par des caresses : le roi^ofsiézuma le reçut avec respect et crainte. Gortez fonda des établissements et bâtit la Yera-Cruz. Quelques Indiens s'étant soulevés parles ordres de l'empereur, Cortex se rendit au palais, agit en maître , mit les fers aux pieds de Tempereur, et le força à se reconnaître vassal de Gbarles-Quint. Après quelques victoires, tant sur les troupesdeVelasquez, jaloux de sa gloire, que sur Guatimozin, neveu de Mootézuma, il acheva la conquête du Mexique et s*empara de la capitale,
piZAK&B AU PÉAou, SB 1529 A 1535. — Les Espagnols, ayant entendu parler d'un pays où Por se trouvait en profusion, résolurent de le soumettre. Pizarre et AlmagrOj gens de basse naissance, suivent la route indiquée et débarquent au Pérou. Ce pays était le plus cultivé et le plus civilisé de l'Amérique ; il était gouverné par des souverains nommés Incas, qui se disaient fils du soleil. On commença par offrir à Athualipa, dernier Inca, ralliance de Gharles-Quint. On chercha ensuite un préte^^tepour lui déclai^er la guerre. La petite ar-
mée de Pizarre triompha d'une multitude d'Indiens. Athualipa, chargé de fers, rachète sa liberté par des richesses immenses, et n'en est pat moins assassiné. Le Pérou est entièrement soumis aux Espagnols. Bientôt la guerre civile divise les chefs ; Almagro vaincu est mis à mort, et peu après Pizarre éprouve le même sort.
•TSTÈME COLONIAL Jusqu'uu 18» siècle. — Nous avons va les découvertes récemment faites par les • Portugais et les Espagnols. Un nouveau monde 8*oirrait à leur activité; tout le commerce qui jusque-là s'était fait par la Méditerranée , et auquel par conséquent ils avaient eu peu de part, passait dans leurs mains, et l'établissement des colonie» ouvrait une nouvelle ère commerciale. On peut distinguer quatre sortes de colonies d'après leur nature et leur objet : 1« Colonies agricoles: leur objet est de mettre les terres en valeur; 9* Plantations^ consacrées à certains produits déterminés pour l'usage de TEurope ; 5« Colonies pour l'exploitation des mines : leur but est rextraction des métaux ; 4^ Comptoirs , ayant pour objet le commerce des productions naturelles ain si que celui des produits de l'industrie.
Pendant la plus grande partie du seizième siècle, l'Espagne et le Portugal seuls fondèrent des colonies soit en Amérique, soit en Afrique, soit dans les Indes (1493-1515).
Durant cette période, la première ne fit guère qu'ébaucher son système colonial ; le second, autant par la manière dont s'étaient faites ses découvertes que par la nature de ses possessions, en acheva presque entièrement l'organisation. En effet, les Espagnols ne s'établirent guère que dans les lies du golfe du Mexique, dont Saint-Domingue était la plus importante, tandis que la domination portugaise, affermie par le génie de ses gouverneurs, Almeida et Albaquerque, s'étendit dans l'Inde et depuis la c6te orientale d'Afrique jusqu'à la presqu'île de Malaca et aux iles Moluques. Presque tou^ les établisse- > ments des Portugais alors étaient des comptoirs et des factoreries, et quoique le commerce ne fût pas le monopole d'une compagnie, on ne pouvait pourtant l'entreprendre qu'avec la permission du gouyernement.
(1515-1560.) Les Espagnols s'établissent sur le continent de PAmérique par la découverte du Mexique, du Pérou et d'autres vastes contrées. Us importent dans le nouveau monde, autant que possible, * la forme de leur gouvernement, et tâchent d'affermir leur dominalion par la religion, seul moyen de civiliser les sauvages. C'est alors que commencent les missions. De$ villes se fendent sur le bord de la mer ou des rivières : Porto-Bello, Carthagène, la Yera-Cruz, premier établissement des Espagnols dans le Mexique, Lima, la Conception. L'exploitation des mines prend d'immenses développements, et, la liberté personnelle ayant été assurée aux indigènes, le commerce des nègres devient plus étendu tous les jours.
Les Portugais, de leur côté, continuent leurs brillantes entreprises; leurs Jésuites, favorisés par Jean III, portent leur nom Jusque dans
16« SIÈCLB. é6S
la Chine et le Japon, où ils fondent quelques établissements, tandis qu'eux-mêmes étendent leurs possessions dans le Brésil, et élèvent au plus haut point de perfection l'édifice de leur domination dans lea Indes.
Ces deux nations se disputèrent les Moluquea sur lesquelles la ligne tracée par le pape avait laissé des incertitudes, et c'est à ce différend qu^on dut le voyage de Magellan.
(1560*1620.) L'avance, l'avidité des Portugais et les cruautés de Tinquisition soulèvent contre eux les indigènes, et ainsi commence la chute de leur puissance dans les Indes. L'Espagne augmente considérablement son commerce et sa puissance maritimes en acquérant dans les Indes orientales les possessions du Portugal et les Philippines, par la réunion des deux royaumes. L'Angleterre et la Hollande entrent avec eux en concurrence, et la dernière, tout en combattant pour sa liberté en Europe, se met en possession du commerce du moBde, en s*emparant des Moluques, d'un grand nombre d'autres fies où son commerce se trouve à couvert des révolutions du continent indien, et en désignant Batavia pour le centre de ses opérations et de son gouvernement. C'est alors qu'eut lieu la fondation et l'or^ ganisation de la Compagnie hollandaise pour le commerce des Indes orientales, compagnie qui devint bienlôt société de monopole et corps politique, et qui devait accomplir de si longues et si brillantes destinées. L'Angleterre, de son côté, commença aussi, sous le règne d'Elisabeth , à porter ses spéculations drins loules les parties du monde. Après avoir pénétré en Perse et jusqu'aux Indes par la mer Caspienne, que lui avait ouverte le czar Iwan Wasiliewitz, elle fonda quelques colonies agricoles sur les côtes de l'Amérique septentrionale, qui avait été négligée par l'Espagne et le Portugal. Chez elle aussi le monopole du commerce étranger fut donné à des compagnies, et ce système de privilège devait donner une nouvelle forme au commerce et au système politique des colonies. La France fit aussi à cette époque, dans l'Acadie et le Canada, quelques tentatives d'établissea ments coloniaux qui n'auront d'importance que dans la période suivante.
(1620-1660.) Les Hollandais conservent leur suprématie, s'emparent de presque toutes les possessions portugaises dans les Indes : Paliacata, Négapatam, Calicut, Cochin et une foule d'autres établissements importants; ils étendent leurs relations avec la Chine et le Japon; et la colonie qu'ils établissent an Cap de Bonne- Espérance devient le plus ferme boulevard de leurs possessions indiennes. En même temps, une nouvelle compagnie est créée pour l'exploitsflion des Indes occidentales et du Brésil, où elle fait quelques conquêtes sous la conduite du comte Jean Maurice de Nassau.
L'Angleterre, chassée par la Hollande de presque toutes les lies des Indes orientales, fonda dans les Indes occidentales, dans les petites Antilles, ses premiers établissements, et la conquête de la Jamaïque lui ouvrit un brillant avenir. En môme temps, les colonies du nord de
^Amérique prenaient chaque ]oiir une nouvelle extension et une nouvelle importance; il 8'sr fonda des Etats et des villes, entre autres Boston, sous la suzeraineté ae la métropole.
La France ne put réussir dans ses projets d^établissements aux Indes orientales ; mais elle établit dans les Indes occidentales quel' ques plantations et quelques comptoirs qui ne s*attachèrent pas k r£(at et restèrent propriété particulière. Par la séparation du Portugal et de r Espagne, celle-ci perdit les colonies portugaises que ces deux Etals possédaient en commun, excepté Geuta ; le premier ne conserva guère que le Brésil, dont la prospérité compensa ses autres pertes.
(1660-1700.) G*e5t durant cette période que la France commence a prendre une part fort active au système colonial et exploite trois diverses sortes dMndustrie : le commerce proprement dit, qui ne put prendre un grand essor à cause des entraves qu*y apportait le gouvernement; ragriculture , que le caractère national , impatient et peu propre à une longue contrainte, empêcha de se développer ; les plantations, où les Français réussirent au delà de toute espérance. Colbert, en achetant les établissements coloniaux des particuliers, les fit passer dans la main du gouvernement et y établit une administration régulière, s*empara vers le même temps d*une partie de Saint- Domingue, qui allait devenir une de nos plus importantes possessions maritimes, et fonda une compagnie privilégiée pour le commerce d«s S les occidentales. Les nouvelles tentatives que fit la France pour fonder des établissements dans les Indes orientales furent infructueuses.
Les colonies anglaises étaient en pleine prospérité ; les établissements de TAmérique septentrionale, favorisés par les migrations européennes et la révolution qui eut lieu dans la métropole, prenaient tous les jours de nouveaux accroissements, et les améliorations politiques qui en furent la suite secondèrent ces heureux développements.
Les Hollandais étaient les plus redoutables rivaux de TAngleterre ; ils avaient la possession exclusive des îles à épices dont ils fournissaient TEurope, tandis que la France et l'Angleterre exploitaient surtout les fabriques et les produits industriels. Leurs traités avec l'Espagne leur assurèrent leurs conquêtes dans les deux Indes, et de nouveaux établissements ajoutèrent encore à leur puissance et à leurs richesses.
L'Espagne, par rapport à ses colonies, était restée telle que nous Pavons vue dans la période précédente; le Portugal perdait le reste de ses possessions dans les Indes ets^assurait, par un traité avec la Hollande, la propriété du Brésil.
Le Danemark apparaît aussi à cette époque comme une puissance coloniale, faisant tousses efforts pour exploiter, au moyen de Tranquebar, le commerce des grandes Indes.
Les colonies se multipliant, les intérêts se compliquèrent, les diffi-
coItës 80?girent , et c'est à cette époque qii*i1 faut foire remonter Torigine des guerres coloniales qui éclateront dans le siècle suivant.
LscTGRE* — Études géographiques, à l'article Voyages. Espagne.
Les intérêts de la religion et ceux de la politique, soit par rapport à TEurope, soit pour les colonies, amenèrent la rivalité entre PEspagne et rAngleterre.^Philippe II, irrité des secours qu'Elisabeth fournissait aux insurgés des Pays-Bas, excité par le pape qui lui avait donné la couronne d'Angleterre, voulut conquérir ce royaume et équipa une flotte, la plus nombreuse qu'eussent vue les temps modernes. Mais Tinvincible Jrmada fut détruite par la tempête au sortir des ports d'Espagne, et la reine d'Angleterre, ainsi que les Provinces- Unies, profitèrent de ces désastres pour continuer la guerre avec avantage.
Après la triste expédition de dom Sébastien en Afrique, et la mort du cardinal dom Henri, qui lui avait succédé, le Portugal fut réuni à PEspagne, et Tenvahissement de ce royaume est la seule entreprise où Philippe ait réussi. (Voyez le Portugal.)
Le règne de Philippe II est remarquable, parce qu'il détermina le caractère politique du gouvernement espagnol. Il sacrifia tout au maintien du catholicisme, et, pour y parvenir, fit plier sous le joug du despotisme royal et de l'inquisition l'Espagne qui, « pour être M restée immobile, dit un historien, parut bientôt avoir reculé dans « la civilisation. » La prétention que ce prince eut d'exercer sur mer une domination exclusive lui attira des jg;uerres aussi longues que désastreuses de la part d'une portion considérable de l'Europe, sur» tout de la part de l'Angleterre et de la Hollande.
PortagaL
v&EMxisaB KÉvoLVTXon DU po&TvaAi.. — Jean III, fils et successeur du grand Emmanuel, marcha sur ses traces. L*ile d'Haynan, sur les côtes de la Chine, est conquise; Macao bâti et regardé comme un des entrepôts du commerce. Le Japon est la source d'un négoce prodigieux ; les Philippines, limitrophes des deux hémisphères, réunissent les vaisseaux de Lisbonne, qui sont venus par l'orient, avec les pavillons deSéville, qui ont fait voile par l'occident. Jean III reçut l'ambassade de l'empereur de VJbyssinie; c'est lui qui établit l'inquisition en Portugal. Dom Sébastien ^ son petitfils, lui succède (1557); la gloire du Portugal commence à s'éclipser. L'éducation de ce prince, qui n'avait alors que trois ans, fit le maN heur du pays : par un zèle religieux mal entendu, il fit une croisade en Afrique et y conduisit l'élite de la noblesse. Tne sanglante bataille se donna contre Moluc, usurpateur du trône de Maroc sur son neveu, Mulei- Mahomet, près ô'Jlcaçar, au royaume de Fez. Les Portugais y essuyèrent une défaite; le rot Sébastien y fut tué, bien qu'on fît courir le bruit contraire ; mais ce qui étonna, c'esi que pendant l'action, Moluc mourait de mort naturelle, et Mulet- Mahomet, l'allié des Portugais, se noyait dans sa fuite.
Le tràoe passa alors à Henri le cardinal ( 1578) , grand -onéie de Sébastien; ce prince, déjà vieux, prévoyant sa mort prochaine, convoqua rassemblée des Etats à Idsbonney pour y faire régler la succession. Les Etats nommèrent onze juges-commissaires , qui devaient discuter les droits des prétendants à la couronne. Ces prétendants étaient :
1* LA sucHBSss SB B&AOAMCB , filIc d*Edouard , duc de Guimaraens, petite-fiUe par le fils d^Emmanuel , mariée à Jean de Bragance ;
S» LB p&xHCB SB VAawB , général des armées de Philippe II , comme époux de Marie, par le duc de Guimaraens s
5o ABTOXHB, prince du Crato, comme petit-fils d'Emmanuel par Louis de Beja ;
4» PHILIPPE XI, petit-fils d*Emmaniiel par Isabelle de Portugal;
5<> BBiat AiruBL-PHXLiBERT , petit-fils d*£mmanuel le Grand par Béatrix, sa mère, épouse de Charles III, duc de Savoie;
6o LB PAPE o&ÉaoïKB xixx, parce qu'un pape avait donné la couronne à Alphonse Henriquez , et que les Etats de TEg^lise devaient hériter du cardinal ;
70 CATHBAiNE! SB B8ÉDICI8, fille de Laurcntll et de Marie Latour, héritière de Boulogne, comme descendante de Robert, comte de Boulogne, fils d'Alphonse III, arrière-petil-fils d'Alphonse Henriquez.
Les prétentions de Catherine et du pape étaient les moins recevables ; celles du duc de Bragance les plus Justes ; mais la force remporta» et Philippe II, n'attendant pas la décision des Ëtats,envoya, à la mort du cardinal , le duc d'Albe à la tête d'une armée , pour prendre possession du royaume de Portugal. La défaite d'Antoine , prieur du Crato , près û^Alcantaraj décida la cause, et tout le Portugal plia bientôt sous le joug des Espagnols (1580).
ËTAT DU PORTUGAL.
Depuis le règne de Sébastien , le caractère national des Portugais commence à dégénérer. Les vertus chevaleresques qui les avaient dis* lingues furent remplacées par un esprit mercantile , qui se glissa même dans les hautes classes. La force militaire qu*Emmanuel et Jean III avaient entretenue dans les Indes fut négligée; le clergé s'empara de toutes les richesses des colonies , et y exerça un pouvoir absolu pour les pourvoir de l'inquisition, qui ne fut nulle part plus terrible qu'à Goa.
La possession du Portugal par les Espagnols porta le dernier coup à la prospérité du pays. La haine des deux peuples devint plus grande encore ; le commerce avec le pays lui fut interdit i les Rolland lis , confédérés, s'en vengèrent en battant leurs anciens alliés à Bantam, ville de Pîlede Java,et bientôt ils les dépouillèrent de leurs possessions dans les Indes, ils s'établirent dans Pile de Java, et y fondèrent la vtlie de Batavia, dont ils firent la capitale et le centre de leurs nouveaux
éfablitseroent^ dans les Indes. Il ne resta plus aux Portugais que les places de Goa et de Diu. Les Espagnols appauvrissaient les Portugais; Tarmée et la marine étalent désorganisées, le domaine de la couronne dissipé, la noblesse éloignée des affaires, et la nation épuisée par des impôts onéreux. Un tel état de choses présageait la révolution qui éclata en 1640,
ÎIttède.
ovsTAYfl vTASA. — Ghristiem II , roi de Danemark « opprimait la Suède et exterminait la noblesse , afin de régner en paix. Un seul noble, nommé Gustave fVasa j échappe au massacreet se retire dans les mines de la Dalécarlie. 11 y demeure longtemps déguisé. Bientôt il se fait reconnaître, soulève les mineurs, marche contre Ghristiem et le détrône. La Suède est délivrée; Gustave est nommé roi, et le Danemark est donné à Frédéric de Uolstein , oncle de Ghristiem. Peu après, le luthéranisme est Introduit dans le Nord.
Là la réfèrmation fût une révolution politique encore plus que religieuse ; elle domina bientôt, et de prime abord servit de base à la constitution politique des pays qui Tadoptaient. La puissance des rois de Suède était restreinte par celle des diètes et de la noblesse.
Gustave mourut en 1560. Il avait été le protecteur des sciences, de l'industrie et du commerce.
Lbctubb. -> Histoire de Suède , dans les Esquisses historiques.
GoirréBâRATioii DBS TABizs cAHToif 8 SVIS88S. «— La Suisse» dont l'empereur Louis de Bavière avait reconnu Tindépendance, s'était depuis enrichie de Palliance des Grisons et de Taccession des cantons suivants : Fribourg, Soleure, Bflle, Schaffouse, Appenzell. Ges cantons, liés dUntérèt par une confédération générale, conservèrent néanmoins chacun leur gouvernement particulier.
Genève se soustrait, en 1533, à la domination du duc de Savoie, se déclare ville libre, et adhère aussi à la confédération helvétique. Elle adopte la réforme de Galvin, et obtient dans PËurope une importance considérable et toujours croissante, comme cei^tre d*un certain genre d'idées religieuses et politiques, du savoir et du républicanisme en action ; elle devient la première école théologique de cette secte, et la seide où la langue française fût dominante.
Pays-Ba«.
MORT VB8 COMTBS B'eGMOBT BT SB BORN, 1568.— A la mOrt
de Charles le Téméraire, une partie des Pays-Bas passa à la maison d^Autriche, par le mariage de Marie de Bourgogne avecMaximilien, et sous Charles-Quint les dix-sept provinces belges furent complètement réunies à la monarchie espagnole. Cependant chacune conserva SM Etats et sa constitution ; et le gouverneur envoyé par le souverain administrait avec le concours des trois conseils d'Etat, de justice et de finance ; un tribunal générai formait le grand conseil €t résidait A
Malines. Philippe II, despote par nature, se trouvait gêné de cette liberté, et la réformation s'étant introduite dans les Pa^rs-Bas , ce fut une occasion pour lui de la détruire. La nomination de Marguerite de Parme au gouvernement, sous la direction du cardinal de Graavelle, acheva d'indisposer les esprits, et la conduite des nouveaux gouverneurs fit craindre Tanéantissement de la constitution par Etats et rétablissement de Tinquisilion . Les provinces s'associèrent et signèrent le compromis de Bruxelles, premier acte d*hostilité contre le gouvernement espagnol.
Alors Philippe envoya dans les Pays-Bas le ducd*Albe, qui gouverna par la terreur et ne fit qu'envenimer les haines et exaspérer les esprits. Sous le nom de conseil des troublesy il créa un tribunal qui fut le comité de salut public de Tépoque. Les comtes d'Egmont et de Ilorn furent au nombre des vidimes, tout le pays fut déclaré en état d'insurrection, et, pour ainsi dire, mis en état de siège, et il ne resta plus aux malheureux habitants qu'à fuir leur patrie pour éviter la cruauté du despote. Cependant, la révolte devint bientôt ouverte; Guillaume d'Orange se mit à la tète, et , après la prise de Briel, qui donna plus de force à Pinsurrection, reçut le titre et les fonctions de gouverneur royal. La retraite du duc d'Albe, les secours de la reine Elisabeth et le traité deGand entre cinq provinces bataves et six provinces belges, purent faire espérer une prochaine délivrance, malgré la défaite et la mort du comte Louis et de son frère Henri de Nassau, à la bataille deMoeker. Après la mort de Requesens, qui avait succédé au duc d'Albe, don Juan affeçjla de reconnaître le traité de Gand ; mais Guillaume sut éviter les pièges qu'on lui tendait, et, reconnaissant la nécessité de fortifier l'union des provinces du Nord pour le triomphe de l'indépendance, il organisa la confédération d'Utrecht, qui devait servir de base à la nouvelle l'épubUque (1579).
GuiLLAUMB , sTATHOVDfiK. — Cette ligue Comprenait les États de Hollande, de Zélande, d'Ulrecht, de Zutphen, de Gueldre, d'Over- Yssel, de Friese, de Groningue, des villes deGand, d'Anvers, de Brufïs et de Bruxelles. Ces provinces rejetèrent formellement la domina'ioa espagnole, et Guillaume d'Orange fut proclamé s<a(AoiS€fer.
A la mort de Requesens , don Juan , qui prend le gouvernement des Pays-Bas , fait rentrer sous la domination de TEspagne tes provinces wallonnes et reprend les villes qui s'étaient déclarées indépendantes; cependant il ne peut arrêter la marche de la révolution qui s'opère ; après l'assassinat de Guillaume, son fils Maurice est reconnu son successeur par les Etats de Hollande et de Zélande ; il déjoue, avec OdeiiBarneveldt, les projets ambitieux de l'Angleterre qui, tout en secondant la révolution hollandaise, voulait la confisquer à son profit. La république, reconnue par l'Angleterre et par la France, eut encore longtemps à lutter contre son ancienne suzeraine, et ce ne fut qu'en 1609 que l'Espagne fatiguée, mais ne voulant pas renoncer formellement à ses titres de propriété, consentit à une trêve de douze ans.
i(fi SIÈCLE. 471
Empire Ottomiiii.
VBX8B BB BBODBS PAR «OLXMAB XI. — L^ilc de Rhodes appartenait encore aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Soliman H forma le projet de s'en emparer, et l'assiégea en 1532. Des espions lui donnèrent des renseignements utiles ; mais la trahison du chevalier André d'Amaval facilita cette conquête. Ce Portugais, pour se venger «rune injustice quUI prétendait avoir éprouvée, favorisa les Turcs. Le siège de Rhodes dura six mois ; Soliman y fit son entrée triomphante, et les chevaliers vaincus se retirèrent A Candie. En i530, Charles- Quint leur donna nie de Malte à titre de fief ; ils étaient tenus de combattre les infidèles.
IB VA8XOB SB SOUMAB DABS LA HOBGRIB. — Sollman II fOUdit
sur la Hongrie, qui avait pour roi Louis II. Ce prince, retranché dans la plaine de Mohalz, attendait un renfort de Ferdinand, son beaufrère. Les Hongrois impatients livrèrent bataille et furent entièrement défaits par les Turcs (15â0). Leur roi, en fuyant, s'étant noyé dansun marais, Ferdinand d'Autriche fut nommé roi de Bohême. Soliman après cette victoire prit sous sa protection le fils de Zapolia, rival de Ferdinand, s'empara de plusieurs places importantes, et deBude ellemême, capitale du royaume. Sa flotte, pendant ce temps , ravageait les cotes de l'Italie. Il mourut en 1566. Ses successeurs n'eurent ni son génie ni son désir de faire des conquêtes ; aussi de sa mort date le déclin de la prépondérance des Turcs sur terre et sur mer.
ABle.
sasvxBB 9B8 M0B60LS DABS l'xbdb. — Lcs mohométans avaient porté leurs armes dans les Indes ; Gengis-Kan s'était empare des provinces septentrionales , et Tamerlan laissa le pays dans l'anarchie quand il marcha contre Bajazec. en 1375. Babor, arrière-petit-fils de Tamerlan, ayant été dépouillé à Samarkande par les Usbecs, se retira dans le Caboulistan, dont le gouverneur lui donna la facilité de faire des conquêtes en lui fournissant des troupes. 11 traversa pour la pre- ' mièrefois Tlndus, en 1518, et fit cinq autres expéditions ; à la dernière il défit Tempereur de Dethjr et mit fin à la dynastie régnante. Son empire comprit tout le pays situé sur Tlndus et le Gange, et la pres-
I qu*ile au delà du Gange ; il fut dans sa plus haute puissance depuis le règne d'Aibak qui consolida la dynastie mongole dans Tlndostaq,
I jusqu'à la mort d'Aureng-Zeb , après lequel il se démembra et fut presque complètement dissous p^r la conquête de Nadir-Schah et la politique des Européens.
BCBAB-ABBAS BB VBR8E. — Schak-Jbbas le Grand, septième roi de Perse de la race des sofis, fut un des plus illustres de cette famille. Il conquit sur les Turcs et les Tartares plusieurs provinces
1 qu'ils avaient enlevées à son père. 11 reprit aux Portugais Tlle et la ville d'Ormuz dont ils s*étaient emparés. Il détruisit les Janissaires et donna de sages lois à ses peuples. Mais ce prince se livra à sa cruauté naturelle. L^eispire des sofis fut renversé par les Afghans (1723}, et
après le meurtre de Nadir-Schah, dont le règne (yranncque suivit celte invasion, il tomba dans l'anaretne. Afrique.
couquAvb SB L*teTVT8 »A& BÛLXM i«rr=^ Âptks la mottde Mahomet II, ses deux fils Bajazet et Sélim se disputèrent le trône : Bajazet l'emporta. U abdiqua dans la suite en faveur de Sélim 1er. Celui-ci fit mourir son père et ses deux frères, afin de régner plus tranquillement. Il s'empara de la Syrie et de PEgypte sur les Mameluks qui avaient succédé aux Ayoubites. Depuis cet événement, TEgypte a toujours été regardée comme une province de Tempire ottoman, qui la fait gouverner par un pacha.
BA&BE&OU88B Bw AFBXQUB. — Ycrs Ic Commencement du 16« siècle, trois frères natifs de Lesbos 8*étaient rendus célèbres par leurs succès dans la piraterie» Hariadan Tainé, depuis surnommé Barherousse à cause de la couleur de sa barbe, devint le plus célèbre. ' Les victoires qu'il avait remportées, la réputation dont il jouissait, engagèrent les Algériens à le supplier de les délivrer des Espagnols établis sur leurs côtes ; aussitôt Barberousse , à la tête d'une armée navale formidable , se xendit à Alger ; son arrogance indisposa les j Algériens qui s*apprêta1^nt à le chasser, lorsque le corsaire fit étrangler leur prince Sélim Eulémif et se fit proclamer par ses troupes. Sa conduite répondit depuis à cette cruauté : il ne régna que despotiquement; mais JboU'Hamou, roi détrôné de Tunis, demanda du secours à Charles-Quint qui envoya contre ce corsaire le général Martiti'Aryate, Barberousse combattit avec fureur; il céda eafin au nombre et périt avec tous les siens. Il était âgé de quarante-quatre ans; il y avait quatre ans qu'il régnait sur Ziséli, deux quUI commandait dans jiigeTy un enfin qu*il oécupait Tlemcen.
Sa tète , planlée au bout d'une pique, fut portée en triomphe dans cette ville , et le jeune Abou-Hamou , en remontant sur le trône, fil hommage de sa couronne à Charles-Quint.
BxtÉoxTiOB DB CBA&LBs-QuxvT. — Eu 1547, Houon-Âga avait été placé sur le trône d*Alger par Sélim I«r ; c'était un reniai sarde qui désolait les côtes hispaniques et italiques. Le pape Paul 11/ sollicita Charles-Quint de prendre contre ces pirates la défense de la chrétienté. L'empereur se rendit à ses désirs et se prépara à tirer ven- ' geance des déprédations de ces corsaires.
Celte expédition, à laquelle présida quelque chose de Pesprit à la fois poétique, chevaleresque et r^eligieux des croisades, est un des épisodes les plus curieux dePhistoire algérienne. 26,500 hommes partirent pour l'Afrique. Cette campagne fut malheureuse pour les Espagnols dont la tempête brisa les vaisseaux, et Charles-Quint se vit obligé de rentrer dans ses Etats.
ÉGLISE
POBTXFXCAT SB L^OB z DB MBDXGxs. — Ce poutifè succéda ail pape Jules II qui avait ligué toute l'Europe contre Louis XII* liéon x'
fut quelque part aux éTénements de la guf rre d*I(alie. Il balança longtemps entre les deux rivaux ; il traita d^abord avec François Ur, <>n lui promettant Ifaples ; Tannée suivante, il se ligua avee Charles- Quint pour chasser les Français de Plialic. Ce pape fil renaître les lettres et les arts; sa cour était le rendez-vous des beaux esprits ; le luxe et la magniticence y furent portés à leur comble*
C'est à Bologne (1615), où il avait attiré le roi de France, qu*il abolit la pragmatique sanction et qu'il dressa le fameux concordat» Après avoir lait prêcher une croisade contre Sélim, il publia dt9 indulgences en faveur de ceux qui voudraient contribuer d la dépense . nécessaire pour achever la basilique de Sainl-Pierre. C'est i celte occasion que le luthéranisme prit naissance.
Léon X mourut le l«r décembre 1531, à quarante-quatre ans. Parmi les successeurs de Léon X nous remarquons dans ce siècle : Clément YII (1523), sous lequel eut lieu le schisme d*Angleterre: Paul m (1534), qui embellit Rome et sous lequel Ignace de Loxola fonda Tordre des jésuites (1534); Pie V (1566) qui publia la bulle In ccenâ Domini, et voulait affaiblir Tautorité royale; Grégoire XI il (1573), le réformateur du calendrier ; Sixte V entin (1585), très^distingué comme gouverneur et comme homme d'Etat : il purgea de brigands, les fatals de l'Eglise enrichit la bibliothèque du Vatican et construisit un superbe aqueduc.
RËffORME.
CAvasa. — NoU9 avons vu, dans le 15« siècle, deux tentatives de réforme religieuse M'une aristocratique par le concile de Bâie, Tautre populaire par Jean Huss et Jérôme de Prague ; toutes deux échouèrent ; mais leur coïncidence était une preuve qu'une révolution religieuse ne tarderait pas à éclater. On a cherché, dans la vente des indulgences, la jalousie des augustins et les abus de PEglise romaine, la cause de la réforme; elle a une origine plus puissante et plus pro« fonde : c*est IVmancipation de Tesprit humain, le besoin de liberté dans le monde intellectuel, Tindépendance à Tégard du pouvoir ah» )>olu dans Tordre spirituel, résultat de la situation de la société à cette époque. Ainsi, et avant tout, la réforme est une grande tentative d'affranchissement de la pensée humaine, une espèce d'insurrection contre la puissance coercitive qui, jusqu'alors, avait pressé les intelligences. Tel est son caractère général et dominant.
tv±MWKVT». — Depuis Luther {IhM) jusqu'aux anabap* listes (1535). Luther, né dans le comté de Mansfeld, le lO novem** bre 1483, d'un père forgeron, fut le moteur de cette révolution religieuse qui devait changer la moitié de TEurope. H commença par attaquer la vente des indulgences dont Léon X consacrait le revenu ^ Pachèvement de Téglise Sainl-Pierre; bientôt il s'éleva contre les indulgences elles-mêmes, nia leur efficacité et attaqua la puissance spirituelle des souverains pontifes. Alors le pape, qui d'abord avait LtVI, <0
négligé lé nouTedu réforma(«ur, lança contre lui une exeommuniea- 4lon. Luther brûla la bulle sur la place publique de Wittemberg«tse sépara ainsi officiellement de TEglise romaine. Il avait su ineilre dans ses intérêts la plupart des princes d'Allemagne, en leur faisant t^nTîsager la riche dépouille du clergé; et ceux-ci, sentant le besoio de résister aux projets de domination de Charles-Quint, n'avaient pas élé fâchés de saisir cette occasion d'intéresser leurs peuples dans leurs querelles, en faisant d'une affaire de politique une affaire de religion. Gilé devant la diète de Worms, Luther est banni, et son affaire, jusqu'ici purement ecclésiastique, se change en une affaire d*Etat. lise retire dans un château du duc de Saxe, et c'est de là qu'il s'attaque au dogme, rejette Vautorité et n'admet pour règle de foi que l'Ecriture interprétée par la raison Individuelle. Garlstadt, adhérent de Luther, nie la présence réelle; cette nouvelle hérésie engendre la guerre des sacratnentaires ou guerre des paysans soulevés par Thom^is Muns* ter^ guerre qui désole l'Allemagne et finit par la bataille de Franhet^ ' hausen où ces sectaires furent exterminés. Les réformés prévalent à la diète de Nuremberg ^ et c'est en vain que le pape Adrien YI réclame l'exécution de i'édit de Worms. Les catholiques forment à Ratisbonoe une association où entrent l'archiduc Ferdinand, le duc de Bavière et les évêqucs allemands pour le maintien de l'édit ; les luthériens répondent par la ligue de Torgau ; i^électeur de Saxe, le landgrave de Hesse embrassent la nouvelle doctrine, et le grand maître de l'ordre Teulonique, Albert de Brandebourg, se sécularise par l'adoption de la réforme, et se déclare duc héréditaire de Prusse.
— Depuis l'origine de la secte des anabaptistes (1525) jusqu'à la convenéion de Passaw (1552).
3îuncer et Storck, fanatiques cruels, donnent naissance aux anabaptistes , prêchent l'égalité absolue et s'élèvent contre le pouvoir temporel comme leur patron Pavait fait contre la puissance spirituelle. Cette secte dévastatrice sème le carnage et l'incendie dans la moitié de l'Allemagne. La dièie catholique de Spire (1529) défend la propagation des nouvelles doctrines ; les évangélisants protestent contre celte décision, et de là leur nom de protestants. Ils exposent leur profession de foi à la diète d'Augsbourg (1530), et il devint évident qu'il n'existait aucun moyen de concilier les deux doctrines^ le projet d'un concile déjà invoqué depuis longtemps suspend toute décision. Les termes prescrits par l'empereur qui ordonne le rétablissement du culte catholique amènent la ligue de SmaUcatde (1531), à laquelle l'élection de Ferdinand comme roi des Romains vient donner un tiouveau motif. L'orage est près d'éclater, quand l'invasion de Soliman H en Hongrie force les deux partis de déposer les armes et de conclure la paix de r^uremberg, désignée sous le nom ù^Hnlérim, paix «qui assurait aux alliés de Smalkalde la liberté de leur culte jusqu'au moment du concile. Philippe de Hesse rétablit dans ses Etats le duc Viricde Wurtemberg appartenant au parti prolestant, ce qui accroît i'animosité entre les deux partis. \x% anabaptistes recommencent
16* 81ÈCLE. 479
( ravages et établissent leur domination à Munster, sous la conduite de Jean de Leyde. Elle cesse par la prise de la ville, et les fanatiques sectaires sont encore exterminés. La ligue de Snialkalde est renouvelée pour dix ans, et on détermine le contingent de troupes à f6urnir par chaque confédéré ; mesure qui la consolide et commence à la rendre redoutable.
Les confédérés chassent le duc de Brunswick de ses Etats ; et à son tour Tarchevéque de Cologne, qui avait embrassé la réformation pour se marier, est expulsé par les catholiques •
Le concile si longtemps désiré et promis est convoqué à Trente par le pape Paul 111 ; il s'ouvre en 1545 et dure près de dix-huit ans. Sa florme et ses premières décisions mettent les prolestants dans l'impossibilité de le reconnaître.
Luther meurt sur ces entrefaites, à Vâgede 63 ans, laissant toute TAllemagne en feu. 11 eut des imitateurs qui se séparèrent de lui et formèrent secte à part :
Zwingle, en Suisse, tué près de Gappel, dans un combat contre les catholiques; Calvin en France, et surtout à Genève où s'établit i*école théologique de cette communion. Dès lors, le protestantisme se divise en trois branches : Luthériens, Zwingliens et Calvinistes.
Cependant la guerre continue de toutes parts, et les partis remettent à la force du glaive la décision des querelles que la discussion n'avait pu résoudre. Le parti prolestant ayant à sa tète Jean Frédéric, électeur de Saxe, et Philippe deHesse, est battu à Muhiberg où le premier est fait prisonnier; et bientôt le second tombe aussi, par trahison, entre les mains de Gharles-Quint. L'électorat de Saxe fut donné à Maurice, duc de Saxe, qui d*abord avait servi dans les rangs des catholiques; mais ce prince pénétrant les projets de Charles sur TAllemagne , et sentant le besoin de résistance, profite de la mission qu'il a reçue d'exécuter le ban de Tempire contre la ville de Magdebourg, fait 'secrètement alliance avec Henri 111, roi de France, se met à la tète des réformés, manque de surprendre Pempereur, le force à rendre la liberté à Philippe de Hesse, son beau -père, et à signer la convention de Passaw (1552), qui renverse les projets de l'empereur et consolide la religion protestante. Par suite de cette transaction, on convoqua une diète (1555) à Augsbourg, pour y conclure une paix durable entre les catholiques et les sectateurs de la réforme*
BÉ8ULTAT8 DE LA BÉFORME.
Le grand, le principal résultat de la réforme a été Taffranchissement de l'esprit ; elle a été un immense progrès dans l'activité et la liberté de la pensée. Sans doute, en favorisant cet accroissement de la liberté intellectuelle, elle a pu seconder la tendance vers la liberté politique, vers la licence même, car elle a bouleversé l'Europe ; sans doute elle eut une grande part à l'émancipation générale qui lui a succédé; mais ce n'a pas été un résultat immédiat : cette émancipa* tiofi n'entrait même pas dans ses vues ni dans sa nature ; d'abord elle a adopté les gouvernements tels qu^ils étaient, elle s'est accommodée
é1$ 16® SIÈCLK»
de la monarchie absolue corme de la république ; tnais partout elle a donné à Peiprit humain des développements nouveaux, un élan qu*il ii*avait pas connu ju«nu*a{ors. G*est dans ce ftiit qu*il faut chercher toute rinfiuence politique de la réforme sur les destinées des p*>uples. Quant à l'influence religieuse qu'elle exerça, elle fut immense, i&iis nous n^avons pas à la juger dans un ouvrage classique. LccTDBB. -« Portrait de Luther.
TROXaiÈMB SIÈCLE LITTÉRAIAB.