DE BOSSUET SUR LES TEMPS QUI ONT SUIVI LE DÉLUGE
Près du déluge se rangent le décroissemenl de la vie humaine, le changement dans le vivre, et une nouvelle nourriture, substituée aux fruits de la terre. A mesure que les hommes se multiplient, la terre se peuple de proche en proche; on passe les montagnes, les précipices ; on traverse les fleuves, et en6n les mers, et on établît de nouvelles habitations. La terre, qui n'était au commencement qu'une forêt immense, prend une autre forme; les bois abattus font place aux champs, aux pâturages, aux hameaux, aux bourgades, et enfin aux villes. On s'instruit à prendre certains animaux, à apprivoiser les autres et à les accoutumer au service. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches; les premiers héros se signalèrent dans ces guerres. Elles firent inventer les armes que les hommes tournèrent bientôt après contre leurs semblables.
Avec les animaux l'homme sut s'approprier les fruits et les plantes; il plia jusqu'aux métaux à son usage, et peu â peu il y fit servir toute la nature. Gomme il était naturel que le temps fit inventer beaucoup de choses, il devait aussi en faire oublier d'au* très, du moins à la plupart des hommes.
Ces premiers arts, que Noé avait conservés, et qu'on voit encore en vigueur dans les contrées où se fit le premier établissement du genre humain, se perdirent à mesure qu'on s'éloigna de ce pays; il fallut ou les reprendre avec le temps, ou que ceux qui les avaient conservés les reportassent aux autres; c'est pourquoi on voit tout venir de ces terres toujours habitées où les fondements des arts demeurèrent en leur entier, et là même on apprenait beaucoup de choses importantes.
La connaissance de Dieu et la mémoire de la création s'y conserw. vèrent; mais elles allaient s'afiaiblissant {)eu à peu; les anciennes traditions s'oubliaient et s'obscurcissaieht; les fables qui leur succédèrent n'en retenaient plus que de grossières idées; les fausses divinités se multipliaient.
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ÉVÉNEMENTS
Hltftolre SAlntc, — • 2907-SS68. Dispersion des hommes, origine des dififérenles races. — Formation des penpies pur migrations et par colonies. — Succession des peuples de l'histoire ancienne.
Chine. — Première dynastie chinoise. — Fo-Hi.
DÉVELOPPEMENT
Histoire Sainte.
NoÉ et ses enfants ne s'éloignèrent pas dn lieu où Tarche s^éiait arrêtée; mais leurs descendants se répandirent dans les contrées voisines, comme dans la Syrie et dans la Mésopotamie. Environ cent cinquante ans après le déluge, les descendants de Noé, forcés de se séparer, voulurent laisser un monument de leur puissance pour se former un point central de réunion et pour se préserver d'un second déluge, en bâtissant une ville avec une tour dont le sommet devait atteindre le ciel. Ils commencèrent ce grand ouvrage au sud de la Mésopotamie, dans la plaine de Sennaar, qui s'étendait jusque dans la Babylonie ; mais Dieu, pour confondre ce projet insensé, mit une telle diversité dans leur langage, qu'ils ne s'entendirent plus les uns les autres, et qu'ils furent obligés d'abandonner l'entreprise. Cette tour fut appelée Babel, mot qui signifie confusion» On croit que, dans le même endroit, fut bâtie par la suite la ville de Babylone.
Babel n'était sans doute que la tentative trop précoce d une unité réservée aux siècles postérieurs. Dispersés dans le reste du monde, ceux qui avaient tenté cette audacieuse entreprise allèrent continuer séparément un projet qui devait un jour se réaliser.
C'est du lieu même où fut élevée la tour de Babel qui se fit la dispersion des hommes après le déluge, sous Phaleg, fils d'Héber, arrière-petit-fils de Sem. Ils étaient alors partagés en trois races issues des trois fils de Noé ; et nous devons d'abord remarquer en général que les enfants de Sem s'établirent au milieu, et dans la partie orientale de l'Asie, depuis les monts Amanus et Jaurti# jusqu'à la mer du Japon ; ceux de Cham vers le sud-
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ouest et en Afrique : iU fondèrent Tcmpire de Babybne ; c^est d'eux que sortirent les Egyptiens, les Ghananéens, les Phéniciens et plusieurs autres nations : ceux de Japhet s'établirent dans Is partie occidentale et dans la partie septentrionale de l'Asie, ainsi qu'en Europe*
Après avoir jeté un coup d'œil sur ces émigrations, entrons dans quelques détails.
1. Japhet peut être regardé comme le tronc originaire de la race blanche ou arabe indienne, cellique et caucasique.
Le nom de cette race a été connu des anciens Grecs et Romains ; Audax Japeti genus (Hobace. Od.], Vaudacieuse race de Japhet.
â. Sëm sera la tige de la très-nombreuse race basanée et olivâtre, ou chinoise-kalmouke, mongole et lapone.
Les Américains paraissent être une branche de cette grande famille.
3. Chàm maudit par son père, qui lui prédît qu'il serait l'esclave des descendants de ses frères, peut se reconnaître dans la race nègre et hoUentote.
Les Malais paraissent être un mélange des génératioos de Sem et deCham.
Cet ensemble comprend donc tout le genre humain sous trois tiges originaires principales. .
Présentons maintenant le tableau de ces émigrations suivant le système le plus moderne.
Nota. L'élève suivra ces émigrations sur l'Atlas complet de Taateur*
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TABLEAU synoptique des premières émigrations suivant U système le plw moderne.
Blanche.
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