‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 34 sur 162 · VOYAGE DES ARGONAUTES · texte numérisé non relu

VOYAGE DES ARGONAUTES

Les Argonautes s'embarquèrent au cap de Magnésie, en Thessalie ; abordèrent dans Tlle de Lemnos, alors gouvernée par des femmes : delà en Satnothrace, où ils consultèrent Phinée., roi de Thrace , qui leur promit , s^iU voulaient le délivrer des harpies , de les faire arriver tfains et saufs en Colchide; ses désirs ayant été satisfaits, ils entrèrent dans Vlieliesponi, côtoyèrent l'Asie Mineure , déboocbèrent

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d.ins le Pont'EuTfn , par le détroit des Symptêgade$ ; suiyirenC la rôle de Afatyondini, arrivèrent en6n sous les murs d^CCa, capitale de la Colcitide , et exécutèrent leur entreprise.

La (oison enlevée par le secours de Médèe, les Argonautes partirent pour la Grèce et furent poursuivis par ^etès , traversèrent le Poni^ Euxin , entrèrent dans le Danube qu*ils remontèrent plusieurs lieues, transportèrent leur vaisseau par terre. Peau venant à leur manquer, Tespacede plus de cinquante lieues jusqu'au golfe Adriatique, et arrivèrent dans la mer de Sardaigne par VEridan et le Rhône, Thétys et ses nymphes dirigèrent le vaisseau jusqu'au détroit de Charxhde ei Scylla ; et lorsqu'ils passèrent à la vue de Tlle habitée par les Sirènes , fies accords de la lyre dOrpliée les préservèrent de leurs encbantemenis. A Corfou , autrefois Drépane, ils rencontrèrent la flotte de la Colchide, qui, les ayant poursuivis à travers les Symplégades ^ vint sommer Alcinous , roi de Tile , de leur livrer Médée. Ce prince ne put le faire puisqu'ils s'étaient mariés. Alors les Argonautes se remirent en mer , et furent jetés sur des écueils d'Egypte , et, tirés de ce mauvais pas par la protection des dieux tulélaircs du pays, ils portèrent le vaisseau eur leurs épaules jusqu'au lac Triionts. Ils continuèrent leur vos^age qui fut interrompu par le monstre Taius, géant aux pieds d'airain , qui désolait la Crète. Enfin ils débarquèrent à Égine , et arrivèrent en Thessalie.

Lectubb. — Diodore de Sicile. — Strabon. » Justin. — - Médée^ tragédie de Longepierre.

Fondation de Mycènes. — Acrisius, roi d^Ârgos, ayant appris de Toracle que Persée , son petit-fils , lui donnerait la mort , tii mettre dans un coffre Tenfant nouveau-né et sa mère Danaé , et les fit jeter à la mer. Ils abordèrent sur une côte où Persée rut élevé. Devenu grand , il se distingua par des exploits nombreux, et vint à Argos où il tua, sans le vouloir , son aïeul au milieu des jeux. Il fut bientôt reconnu , et ce crime involontaire ne Tempêcha pas d*étre nommé successeur d*Acricius. Etant un jour à deux lieues d'Ârgos , il crut recevoir un avertissement des dieux pour y fonder une nouvelle ville ; il la nomma Mycènes et en fut le premier roi.

Hercole ou Alcide , fils d*Amphilryon et d'Alcmène , prince de la famille royale d^Argos , descendait de Danaûs. Hercule ne régna que sur Tyrintlie , démembrement du royaume de Mycènes, où régnait son cousin Eurysihée , qui le haïssait et Texposail inutilement à des dangers ; c*est , à ce qu'on prétend , rorigine de ces dtmze travaux que les poètes ont tant vantés. Au retour du voyage des Argonautes , il assembla ces derniers dans les plaines de TÉlide , et y institua les jeux Olympiques et les Néméem. Il se rendit célèbre par des actions glorieuses. La priu-

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cipale fut de parger la Grèce îles brigands et des monstres qni ia dévastaient. It est probable qu^on a réuni les faits de plusieurs Hercules dans rhistoire d'un seul ; on pense aussi que la vie de Samson, qui est un tissu de prodiges, a donné Tidée de tous les travaux d'Hercule.

Lectube. — Hercule dans la Mythologie. — Homère. — Virgile. — Hésiode. — Hérodote.

Thésée. — Thésée, fils ^'Égée, roi d'Athènes, et d'Elhra, fille de Pittée qui avait fonôé la ville de Trézène dans le Péioponèse et qui en était roi ,»fut un des plus grande princes de la Grèce ; il réunit toutes les petites républiques à TÂttique , et chercha à y faire dominer le gouvernement démocratique^ Il remporta d'éclatantes victoires sur les Cretois ^ agrandit et civilisa Athènes, qu'il affranchit du tribut honteux qu'elle payait à Minos (1516). C'étaient sept jeunes gens et sept jeunes filles que les Athéniens , en expiation du meurtre d'Androgée, fils du roi, envoyaient tous les neuf ans en Crète pour y être sacrifiés. Il y établit les Panathénées^ fêtes en Ihonneur de Minerve, et les jeux Isihmiques en l'honneur de Neptune ; mais plusieurs circonstances de sa vie ternirent sa gloire ; et ce héros qui s'était illustré par des exploits pareils à ceux d'Hercule contre Sinnis, Sciron , Procuste et le taureau de Marathon , lui qui avait sauvé son père Egée des attaques des Pallaniides , souilla ses dernières années par l'enlèvement de Proserpine » fille d'Aidenée» roi des Molosses , et par celui d'Hélène , fille de Tyndare.

Les Athéniens le méprisèrent, et l'obligèrent de quitter Athènes. Thésée alla mourir de honte à la cour de Lycomède, roi de Scyros , après avoir prononcé des malédictions contre sa patrie.

Il avait eu un fils nommé Hippolyie, d'une reine desAniazones qui portait le même nom. Phèdre, la seconde épouse de Thésée, calomnia ce jeune homme auprès de son père ; le roi , trop crédule, le chassa de ses États. Hippolyte passait sur le bord de la mer, lorsqu'un monstre affreux sortit des eaux, effraya ses chevaux , qui emportèrent le char parmi les rochers et l'y traînèrent lui-même.

Lectube. — Phèdre, tragédie de Racine. -* Homère. — Tirgile. — Ovide. — Plutarque. •

Expulsion bes Héraclîdes. — Les fils d'Hercule, sous la eondoite A'ilus, firent valoii* par la force des armes les pré-

tentions de leur père à la couronne de Mycènes. Ils furent d'abord vainqtiears et tuèrent Eurysihée et ses fils ; mais bientôl lesPélopides les chassèrent du Péloponèse, et soumirent euxniénies presque toutes les provinces qu*il contenait. Atrce el Thyesle régnèrent à Mycènes et à Tyrinihe (1510) ; Agamemnon» peiil-flls d'Atrée, à Sicyone (1283); Ménélas, frère d'Againemnon, à Sparte, par son mariage avec Hélène, fille de Tyndare. Argos seule conserva ses rois particuliers. Les Hcraclides se réfugièrent à Athènes, auprès de Thésée, tandis que les Pélopides dominent alors sur la Laconie , TArgolide , la Corintbîe et la Sicyonie.

OEdipe. — Depuis la mort de Gadmus, le trône de Thèbes fut occupé succeissveraent par Lycus, qui usurpa la couronne sur le fils de Labdacus, Laïus, encore au berceau ; par Amphion qui détrôna à son tour Lyeus. A la mort de ce dernier prince , la famille de Cadmus ressaisit le sceptre et Laïus régna ; il épousa Jocasie, fille de Gréon, dont il eut OEdipe. Ce prince fut condamné au malheur dès sa naissance , parce que Toracle avait prédit qu'il tuerait son père , et deviendrait Tépoux de sa mère. Il fut élevé à la cour de Polybe, roi de Gorinthe, et se crut longtemps son fils. Dans la suite , il ^'enfuit de cette ville pour éviter les malheurs dont il était menacé; il rencontra bientôt Laïus, son père, et le tua sans le connaître; ensuite il épousa Jocaste. Pour se punir de ses crimes involontaires, il se priva de la vue. Ses deux fils, Ëtéocle etPoIynice, le chassèrent de ses États. OEdipe, accueilli par Thésée avec sa fille Antigène, mourut à Colone; ses deux fils se disputèrent sa couronne et donnèrent lieu à la guerre de Thèbes ^ Tun des principaux événements du second âge de la Grèce (1318-1307).

LECTURB. — OEdipe, tragédie de Voltaire; OEdipe à CoUme, tragédie de Ducisj ---OEdipe et Antigène, par M. Ballanche. — Sophocle.

Ëtéocle et Polynice. — La fin tragique d'OEdipe plaça sur le trône de Thèbes E^éode et Po/ymce; ils étaient jumeaux; leur haine est célèbre dans Phisloire. On a dit qu*ils s'étaient battus dans le sein de leur mère. Celte haine augmenta encore quand il s'agit de décider auquel des deux appartiendrait le trône. Gependant ils convinrent de régner chacun une année. EtéoclQ régna le premier, Polynice exécuta la convi^ntion de

honne foi; mais, pour ne pas vivre sujet de son frère, il alla passer la première année chez Adrastc , roi d'Argos, dont il épousa la fille. Il revint à la fin de Tannée , et son frère refusa de lui remettre la couronne. Polynice, outré de ce refus injuste, se retira chez son beau-père', qui lui donna une armée. Cinq auires princes se joignirent à eux , et touies ces forces réunies vinrent mettre le siège devant Thèbes, c*e$t ce qu^on appelle la guerre des Sept Chefs devant Thèbes.

Celte guerre fut malheureuse pour ceux qui Tavaient entreprise; et les cinq princes alliés d'Âdraste furent tous tués dans une bataille. Quant aux deux frères, ils se battirent en corn* bat singulier et se tuèrent Tun Tautre. On a dit que leur haine leur survécut, qu'elle éclata jusque sur le bûcher qui consuma leurs corps, et que leurs cendres se séparèrent.

Créon , qui leur succéda , fit rendre les honneurs divins aux cendres d'Ëtéocle, comme ayant combailu contre les ennemis de la patrie, et ordonna que celles de Polynice seraient jetées au Tent pour avoir attiré sur sa patrie une armée étrangère.

Tliésée vint alors mettre le siège devant Thèbes; les fils des princes qui avaient été tués dans la guerre des Sept Chefs se coD fédérèrent pour venger la mort de leurs pères. Cette guerre hit appelée la guerre des Epigones^ c'est-à-dire des fih. Ils éprouvèrent d'abord des revers ; mais enfin ils vainquirent les Thébains, assiégèrent Thèbes , la pillèrent , et se retirèrent ensuite (4307).

Depuis cette guerre jusqu'au temps où les Perses (5* siècle) attaquèrent la Grèce, la Béotie resta dans robscurilé.

Lbctdbiî. — La Thébaïde ou les Frères ennemis, par Racine. — KRCtiyle.

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