‹ Nouveaux éléments d'histoire généralChapitre 59 sur 162 · PUISSANCE D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

PUISSANCE D'ATHÈNES

THÉMiSTOCIiE ET PÉRICLÈS.

ÉVÉ9ÎEMENTS.

a»ÀCB. — Guerre persique. -— 490* Combat de Marathon, — 48e. Dévouement de Léoiiid;)» aux Thermopyles. — 480. Combat naval de Salamine. — 471. Exil de Thémislocle. -^ 460. Troisième et dernière guerre de Mesténie. — 451. Cimon. — 449. Gouvernement de Périclès. — 431. Guerre di* Péloponète. -^ 4)0. Peste d'Alhènes. — 415. Expéiiition de Sicile. — 405. Victoire de Lysandre à i^t;os-Potamos. — 404. Prise d'Atbènes. -* 404. Mort d'Alcibia'le. — 403. Patriotisme de Trasybule. — 402. Iava«»ion de TElide.

maasB. — 494. Retraite du peuple sur le mont Sacré. — 488. Exil de Coriolan. — 477. Dévouement de la famille des Fabius. — 458. Triomphe de Cincinnatus. — 449. Expulsion des décemvirs.

FBA8S. — 401. Retraite des Dix raille.

j>^couirBRTE8. — 480. Égouts, par Phœnix d^Agrigenle. — 479. ^rtde la mémoire, par le Grec Simonide. —450. La perspective appliquée aux décorations théâtrales, par Agatharque. — 441 . Le bélier, la tortue, machines de guerre, par Artémon de Clazomène. — 4^7. Lanatomie et la médecine dogmatique, par Hippocrale. — -401. Peinture sur cire et sur émail, par Arcési* laûs de Parcs.

DÉVELOPPEMENT

Conp d^œil sur Tétiit du monde

AVANT LE SIÈCLE DE 9ÉtklCLt$»

Le cbemin que Phomme a parcouru depuis Tarrivée des colonies étrangères , cVst-à-dire depuis mille ans, est immense. Il commence à connaître la place qu'il occupe dans Puntvers : un sentiment nouveau fait place à la stupéfaction; il admire au lieu de 8*élonner, et la sécurité vient ajouter aux délices de ses émati.^is. Malheureusement ce tableau delà vie sociale et intellectuelle a des limites fort étroites en comparaison du reste du globe.

La barbarie est encore profonde dans les contrées d'Europe et ii*Afri4iue que ne baigne pas la Méditerranée. Il faut avouer que ce

*'<> »• 6IIÛCLJC.

(](rand canal , percé par la main de Dieu pour servir de tien aux trois pariies de rancien monde, joue un bien grand rôle dans l'histoire de la civilisation.

En nous transportant à l'an 500 avant J. C. , les bords de ce vaslc bassin nous oifriront le plus imposant de fo'js les spectacles. A cette époque, les grandes dominations n'étaient pas encore venues donner des entraves au génie , et briser celle variété de formes politiques oui constituent la nationalité.

Depuis la Pliénicie jusqu'au détroit de Gadès, les bords de la Méditerranée étaient alors occupés par des peuples éclairés, industrieux et navigateurs. " ' -

Afpiqne.

Sur les côtes d'Afrique, depuis le promonloire Sacré jusqu^aux colonnes d'Hercule, Carthage avait fondé une chaîne de colonies parallèle à la chaînede PAllas. A l'Orient, Cyrène interrompait par ses monuments d'architecture grecque riiniformité du désert de Lybie. Plus loin s'élevaient, du milieu des eaux du Nil, des pyramides et des obélisques, et si la tour du Phare et Alexandrie n*exïstaient pas encore, du moins les Grecs malgré la répugnance des Egyptiens pour les étrangers , avaient obtenu qu'on leur ouvrit un port franc dans la vilie de Naucrate.

Asie.

Par delà l'isthme de Suez , tout était plein des souvenirs de Moïse et de son Dieu, el la petite contrée de la Palestine renfermait l'avenir du genre humain. Sur ce point si rétréci, entre la Méditerranée et l'Euphrate, s'agitait une multitude de populations différentes, récemment réunies sous \m même joug par les conquêtes de Cyrus. Les unes avaient développé l'élément intellectuel de la civilisation; d'autres s'étaient attachées de préférence à l'élément matériel. Aux Juifs , le Liban avait fourni des cèdres pour bâtir son temple , aux Phéniciens pour construire des galères. Des caravanes régulières apportaient aux premiers de l'encens et des ornements pour les fêtes de Jéhovab, aux seconds des tissus précieux, des métaux et des épiceries pour alimenter le commerce de l'Asie et de TEurope, dont leurs ports étaient Tenirepôt, Sur les côtes de l'Asie Mmeure, la physiondnaie des peuples n!était m moins intéressante ni moins animée ; de là était parti le premier rayon de lumière qui avait éclairé la Grèce ; là le génie hellénique avait fait sa première explosion ; là Homère avait souffert et chanté.

Europe.

La partie que baigne le Poni-Euxin n'était pas restée étrangère aux progrès de la civilisation. Depuis Trapezus jusqu*à Byzance, une Jigne de colonies , fondées pour la plupart par les Milésiens , permettaient aux Grecs de faire le voyage des Argonautes sans entendre parler une langue étrangère , tandis que sur le rivage opposé , entre les Palus Méotides et le Boryslhènes, d'autres colomt^s déployaient sur

5« SUCLF.. 131

U ItfflUe des déierts de Scylbie toute-la magnificence des arts de la Grèce. En Italie , c*était le même spectacle et les mêmes bienfaits, ou plutôt c'était un spectacle plus imposant et des bienfaits mieux placés. Les Romains n'étaient encore maîtres que du Latium , et les f^alères étrusques, malgré la jalousie des Carthaginois , naviguaient encore librement dans la Méditerranée. Au midi de la Péninsule , la race lieUénique avait occupé (ootes les positions favorables à la navigation et au commerce : au fond des golfes , à Tembouchure des rivières , s'élevaient des villes élégantes et populeuses, dont les habitants trou- Tsient dans la culture d'un sol fertile une source peut-être trop abonilsnte de richesses. L'industrie et les arts y mêlaient agréablement leurs produits : d^une part , c'étaient des coteaux couverts d'oliviers et de vignobles ; de l'autre , c'étaient des temples , des théâtres , des tombeaux et d'autres monuments dont les ruines attestent la magnificence.

Eu Sicile, c^était même activité, même élégance , mêmes lumières , néme prédominance du génie dorien.

Surles côtes de la Gaule encore si barbare, depuis les Alpes jusqu'à l'aoboochure de l'Elbe , florissaient d'autres colonies. Itf arseiile , peuplée de Phocéens qui avaient fui le joug de €yrus, était la plus ■agnifique et la plus heureuse de toutes. Si , pour achever le tour de la Méditerranée , on joint à toutes ces colonies grec(|ue$ celles que les Phéniciens avaient fondées en Espagne , on aura pour une même période un tableau plein de vie et de variété qui embrasse la plu^ belle et la plus intéressante partie de notre globe. Intépieup de TAfrique.

Maintenant , qu'on place à côté de ce tableau celui qu'Hérodote a l«cé de l'intérieur de l'Afrique, et l'on verra quelle diff«^rence le voisinage ou Téloignement delà Méditerranée mettait dans la destinée des peuples. A quelques journées de marche , au midi de Cyrêne , les Gmdanes donnaient à la dissolution l'estime que chez les Grecs on vouait à ia chasteté, et les Atarantcs maudissaient le soleil à son plus baut point d'élévation.

nropd de TEarope.

Au nord de la Grèce, non loin des lieux où Orphée avait paru, la vie de l'homme était si trisie que, quund il naissait un enfant, la fa- Bille s^assemblait pour pleurer en commun sur le malheur qu'il avait eu de uailre. Au delà du Danube, on égorgeait des prisonniers pour arroser de leur sang ia rouilled'un vieux cimeterre qui était l'emblème, du dieu des combats, ou bien on leur crevait les yeux pour que rien ne pût les distraire des travaux serviles qu'on leur imposait. Aux funé* ntilies d*un roi, on étranglait sa femme et ses serviteurs, et au bout d'une année révolue, ce sacrifice était renouvelé sur cinquanla créatures humaines. Chez les Issédons, le fils se croyait obligé, à la mort <fe son père, de donner un npas funèbre où les parents mangeaient le corps du défunt, mêlé avec celui de plusieurs animaux. Enfin, dans Wvoisuiage de la o)tonie grecque de Mars^^àle, on apaisait la colêie

I3t 5* SIÈCLE.

d€s dieux en brûlant de* colonnes d*08ier remplies d'hommes et d*aiii* maux vivants.

Orèce.

GUERRE PEHSIQUfc.

Bataille de Marathon. — Causes. Pendant que Cambyse faisait la conquête de FEgypte , le mage Smerdis était parvenu à se faire nommer roi de Perse , en se faisant passer pour le frère du roi; mais Timposture fut découverte : il fut tué , et Darius, fils dllystaspes , fut élu roi. Ce prince entreprit des guerres qui ne lui réussirent point « entre autres celle contre les Scythes d*Europe. Il convoitait depuis longtemps la Grèce , et avait d*aiU leurs à se venger des Athéniens. Excité par Hippias, fugitif d'Athènes , il fil passer en Grèce une armée considérable , sous la conduite de Datis. — Ainsi le prétexte de la guerre persique fut de punir les Athéniens d avoir pris partàTincendie de Sardes ; mais le motif réel fut l'ambition de Darius , excitée par Hippias , fils de Pisistrate , qui , réfugié à la cour du roi de Perse , lui persuada qu il était facile de rendre la Grèce tributaire. Avant d'en venir à une rupture ouverte» Darius avait envoyé des hérauts dans la Grèce , demander en son nom la terre et Veau : les ambassadeurs furent assassinés : Tannée de Darius , partie des plaines de la Cilieie^ fut transportée par six cents vaisseaux dans Pile à^Eubée. La ville d'Erétrie est prise malgré le secours de 4,000 Athéniens; ses habitants sont passés au fil de Tépéeet ses temples rasés. La flotte aborde sur les côtes de TAtiique , et prend terre près du boui^ de Marathon, à six lieues d'Athènes; i 00,000 hommes d'infanterie et i 0,000 de cavalerie composaient l'armée de Darius. CaUimaque,J[ristide, Thémistoele, étaient à la tête de 11,000 Grecs, et if t^^iacle avait le commandement général. La déroute des Perses fut complète; repoussés de tous côtés , ils sont obligés de chercher un asile sur leur flotte , que le vainqueur poursuit le fer et la flamme à la main.

Miltiade fut blessé ; Hippias péril ainsi que Ctésilée et Gallimaque. Le combat finissait à peine : un soldat , excédé de faii* gue, forme le projet de porter la première nouvelle d'un si grand succès aux magistrats d'Athènes, et sans quitter ses armes , il court , vole » arrive , annonce la victoire et tombe mort à leurs pieds.

ft* blÈCLB. ISS

CONStiOCENGES.

L*année persane perdît environ 6,400 hommes , cetle des AibéDiens 199 seulement — Cette bataille se donna le 29 sep- Knbre 490 avant J. C, la troisième année de la soixante et doQzième olympiade. Cette première réaction de I^Asie contre la Grèce eut une grande inibence politique : la force matérielle detait céder à la force intellectuelle.

Cette victoire eût été funeste à la Grèce sans ractivité de NiUiade. Ibtis» en se retirant, avait conçu l*espoir de sur* prendre Athènes, qtt*il croyait sans défense, et déjà sa flotte doublait le cap Sunium, lorsque Miltiade , qui en fut instruit , arrin le mésue jour sous les murs de la ville , déconcerta par a présence les projets de Tennemi, l'obligea de se retirer sur les côtes de TÂsie , emmenant avec loi les Érétriens qu'il avait &its prisonniers. — Trois ans après mourut Darius (485) ; il projetait une troisième invasion que çnspendait une révolte celaiée en Egypte.

Lrs Thebmoptles. — Miltîade dirigea les armes des Âthé* nens contre Paros , et forma le projet de rendre sa patrie mal* tresse de la mer. Il échoua ; et les Aibéniens irrités jetèrent le vainqueur de Marathon en prison , le punissant ainsi de leur propre ignorance.

'l%imi$toele et Ariitide prirent alors les rênes du gouverne- ■eniet forent les véritables auteurs de la puissance de la répn- Miqoe athénienne. L'un réunissait, à un degré extraordinaire , lesplashrillantes qualités de Thomme d'État et l'esprit d'intrigue Béne à rinlérét personnel; Taulre, administrateur intègre, ne soirait que les idées de justice, même à son détriment, et tous ^ cependant voyaient , dans cette première invasion et dans l*ingnititode des Athéniens en>vers Mil tiade, le présage assuré de BOQTeaai dangers.

Cest pendant l'administration de ces deux grands hommes f^Xtrcè$ médite une seconde expédition contre la Grèce. La ^iie de Marathon en fut la cause. Quatre années sont em- P^ées à lever des troupes et à établir des magasins sur la route ^devait tenir l'armée de terre et de mer. Démocrate, prince |Ne, excitait Xercès à cet armement.

U roi de Perse partit de Suse au printemps de 481 , et se 'tedit mr les bords de l'Hellespont» avec la plus nombreuse

armée qu'on ait jamais rassemblée. Les troupes employèrenC sept jours et sept nuits à passer le détroit , et les bagages un mois entier; de là, prenant sa route par la Thrace et côloyanl la mer , Xerccs arriva dans la plaine de Doriscui , arrosée par Vffébre; il passa son armée en revue, et elle se ironva forte ie i ,700,000 hommes de pied , ei80,000 chevaux; 20,000 Arabes et des Ly biens conduisaient des chariots armés et des chameaux.

La flotte était composée de 4,207 galères à trois ran^s de rames, contenant chacune 200 hommes, en tout 241,400 hommes; elles étaient suivies de 5,000 vaisseaux chargés de machines de guerre.

A ces forces se joignirent 300,000 combattants tirés de la Thrace et de plusieurs autres régions de l'Europe soumises i Xercès ; les fies voisines fournirent aussi 120 galères montées par 24,000 hommes.

Cette multitude, que Ton fait monter en tout à 5,285,220 hommes, se mit en marche , campa d'abord près des villes da Therma et de PelUi ; de là dans les plaines de la Thrace , où elle se partagea en trois corps :

Le premier, commandé par Mardoniu$, suivit le rivage de la mer, et les deux autres firent route par Tintérieur des terres. Sergis, général expérimenté, conduisait celui qui prit les montagnes, et Xercès accompagné de Smerdones et de Mégabize, choisit le passage du milieu comme le plus commode et le plus sûr. Pour faciliter la marche de son immense armée» il avait fait percer le mont Mhoi et jeter un pont de bateaux sur THel* lespont. Le pont fut détruit par la tempête , mais le passage da montÂthos lui fut très-utile.

De leur côté , les Grecs s'emparèrent d'un pas difficile le seul endroit par où les Perses pouvaient pénétrer en Grèce ; c'était le défilé des Thermopyles.

La défense de ce passage fut confiée à Léonidoê rot de Sparte (480). Il plaça son armée près d'Jlnthéîa, non loin du courant d'eau chaude qui a fait donner à cet endroit le nom de Thermopi/les , et il jeta en avant'quelqucs troupes pour en défendre les approches. Mais il ne suffisait pas de garder le passage qui était au pied de la montagne : il existait sur la moutague même un sentier qui commençait à la plaine de Thrachis, et qui , aprèj» différents détours , aboutissait près du bourg d''Jlpéné$.\

^ ttV SIÈCLE. ISS

Léooîdasen conOa la garde aux 4,000 Phocéens qn^il avait avec loi, et qui allèrent se placer sur les hauteurs du mont OEta.

Ces dispositions étaient à peine achevées que Ton vit Farinée de Xercès se répandre dans la Trachinie , et couvrir la plaine d'oo nombre infini de tentes. A cet aspect , les Grecs délibérèrent sar le parti qu'ils avaient à prendre. La plupart des chefs proposaient de se retirer à V Isthme; mais Léonidas ayant rejeté cet avis, on se contenta de faire partir des courriers pour cesser le secours des villes alliées.

Cependant les Perses allaient franchir le défilé; le roi de Sparie sétait arrêté avec 7,000 hommes; — Rends tes armes, loi dit Xercès. — Fiens les prendre, lui répondit-il avec un lacoaisine Spartiate. — Nos ennemis sont si nombreux^ lui dit un loldal effrayé, ^«c leurs flèches obscurcissent U soleil. — Tant 9mx, s'écrie-t-il , nous combattrons à l'ombre.

Xercès est indigné de ce sang-froid, qui pour lui est de Torgoeil; il ordonne de faire marcher les parents de ceux qui soBlinoris à Marathon, exigeant qu^ils ramènent les Spartiates prisonniers. Ce combat partiel est favorable à Léonidas.

Mais la trahison devait vaincre le patriotisme. Un Grec, Epiaitès, découvre au roi de Perse un sentier connu des bergers, et Léonidas voit ses ennemis sur le sommet de la montagne ; alors les alliés sont bientôt renvoyés, il ne veut avec lui que ses tdèles Spartiates ; il les engage à bien dîner, car ils souperont t^Z Pkton. Le repas terminé, les trois cents se précipitent Mr le camp des Perses et meurent en héros. Xercès eut la l^té de faire mettre en croix le corps de Léonidas.

Après leur délivrance, les Grecs élevèrent, à la place où était ■m le roi de Sparte, un lion de marbre qui rappelait à la fois toonomet son courage, avec cette inscription : Passant, va i^t à Sparte que nos concitoyens sont morts pour obéir d ses Ui.

La bataille des Thermopyles fut livrée le 4 août 480 , la f^ière année de la soixante et quinzième olympiade, — Le |Mrmên)e de cette mémorable action, il se donna un grand

! «nW naval près d'^rtp'mt^e, promontoire de l'île d'Ëubée.

t l^Grecs, secondés par la tempête , eurent quelque avantage ,

. ^ celte résistance fut comme le prélude d un succès plus

. àbuoi.

• S« ft* SIÈCLE.

Lbctoki. — La tragédie de léotiitlant par Piehald, Détails avr tA

événement dan» AnacharsU»

Salaiiine. — Les Perses, mattres da détroit, 8*avancèraA dans l*Attique. Les Athéniens abandonnèrent leur ville , et se retirèrent sur leurs vaisseaux. La flolie des Grecs , fon inférieure en nombre à celle des Perses, mais beaucoup plus légère, se tint resserrée dans le détroit de Salamine, La valeur dei Grecs et les talents de Thémistocle, leur général , triomphèrent de la multitude des Perses, qui prirent la fuite. Xercèsinimême, qui avait été spectateur du combat , d'une éminence oi il avait placé son trône, fut très-heureux de trouver une barqae pour gagner ses États. Mardonius, avec 300,000 hommes, venait de recevoir un renfort de 50,000 Grecs auxiliaires; m armée était donc de 350,000 contre ii 0,000 Grecs. Cependant les Perses avaient perdu 200 vaisseaux par la tempête. Mardonius fut vaincu à Platée , par Pausanias , général lacédénonien, et par Aristide. Le même jour, Xantippe rem|M>rta à MycaU, en Asie Mineure , une victoire décisive. Aristide , surnommé le Juste, s'était distingué dans celte guerre. Mardonius ayant péfi dans le combat, Artabaze, Tan des principaux officiers desoo armée, prit, avec 40,000 hommes qui loi restaient, le chenil de la Phoeide^ traversa la mer de Byzanceei se rendit en Asie. Xercès fut encore obligé de s'enfuir de Sardes ,'aj^ès avoir ordonné que tous les temples des colonies grecques fussent brûlés.

La bataille de Salamine, due principalement au gënîe et à h prudence de Thémistocle, est Tune des plus mémorables de Tlustoire. On admire avec raison la modestie de ce général , dans b réponse qu'il adressa à Euribiade , général lacédémonien q«i levait le bâton sur lui : c frappe, mais écoute. > Ainsi la victoire de Salamine fut le fruit du courage et de la patience.

La bauille de Salamine se livra le 20 octobre 480.

CONSÉQUENCES PAaTlCULllËRES ET GÉKÉEALES*

La bataille de Salamine eut pourconséquences Tex pulsion des Penc»; elle changea entièrement la silualion des Grecs, tant au dehors qu'an dedans. D'atlaquéi qu'ils étaient, ils devinrent agresseurs, et TafÀ-anchissement de leurs compatriotes d^Âsie fut le motif ou le prétexte dont ils se servirent pour continuer une guerre si avantafjeuse daas laquelle Sparte couserva le privilège du commandement .

Mais la trahison et la chute de Pausanias, qui mourut de Faim dans î'encelnte du temple où il s'était enfui , firent changer les affaires de face. L^honneur du commandement passe des Spartiates aux Athéniens, qui en profitent pour former une espèce de confédération militaire , dont le Péloponèse esl le centre. C'est l'époque de la jalousie d'Athènes et de Sparle.

Avant celte époque , les nombreux petits Etats de la Grèce étaient sans cesse armés les uns contre les autres; séparés ainsi d'intérêts, ils ne pouvaient rien faire de grand , et il fallait qu*une circonstance extérieure les excitât à développer leurs forces , en les réunissant pour le salut commun de la Grèce. Les guerres persiquea jetèrent les fondements de la grandeur de la Grèce, et bienlôt quelques Etats devinrent le centre de toute Tactivilé hellénique. La Grèce se trouvait triomphante au dehors \ mais nous verrons bienlôt Athènes et Sparte se diviser et faire éclater une funeste rivalité.

Napoléon demandait si Ton devait croire aux grosses armées dont il esc question dans Thistoire; il pensait que la plus grande partie des citations étaient fausses et ridicules. Ainsi il ne croyait pas aux grandes armées des Carthaginois en Sicile. «Tant de troupes, disatt-il, eussent « été inutiles dans une aussi petite entreprise; et si Garthage eût pu « en réunir autant, on en eût vu davantage dans'i'expédition d'Annt- «( bal. » Il ne croyait pas non plus aux millions d'hommes de Darius et de Xercès, qui eussent couvert toute la Grèce, et se seraient sans doute subdivisés en une multitude d'armées partielles. Il doutait même de cette partie brillante de Thisloire de la Grèce. Il ne voyait dans le résultat de celte fameuse guerre persique que de ees choses indécises où chacun s'attribue la victoire : Xercès s'en retourna triomphant d*avoir pris, brûlé, détruit Aliiènes; et les Grecs exaltèrent leur victoire parce qu'ils n'avaient pas succombé. Quant aux détails pompeux des victoires des Grecs et des défaites de leurs innombrables ennemis , qu'on n'oublie pas , faisait observer Napoléon , que ce sont les Grecs qui le disent; qu'ils étaient vains, hyperboliques, et qu'aucune chronique de Perse n'a Jamais été produite pour assurer noire jugement par un débat contradictoire* Mais Napoléon croyait aux armées de Gengis-Kban et de Tamerlan, quelque nombreuses qu'on les eût prétendues , parce qu'ils traînaient à leur suile des |»eu|)tes nomades entiers, qui se grossissaient encore d'autres peuples dans leur route; « et il ne serait pas impossible, disait-il, que Tturope finit un jour de cette manière. » La révolution opérée par les Huns, et dont on ignore la cause, parce que la trace s'en perd dans le désert, peut se renouveler!

Exil de Thémistocle. — Le vainqueur des l^erscs à Salamine, Tiiémistocle, profita de son influence pour persuader aux Athéniens la nécessité d*une marine puissante. Mali'ré fopposilion des Spartiates jaloux, il releva les murs d'Athènes, bâtit le Pyrèe et lit assigner des fonds pour construire des vaisseaux tous

fS8 t* SIÈCLE.

les ans. Cependant ses services furent mal récompensés. Il fut accusé d'avoir trempé dans la conspiration de Pausanias, conspiration qui avait pour but de livrer la Grèce aux Perses, et les Athéniens ne purent rien prouver contre lui; mais il fat con« damné par la voie de Tostracisme. Averti qu*on se préparait à l'arrêter, il se relira d'abord à Corcyre, puis à la cour d'Admède, roi des Molosses, et ne trouva de refuge qu'en Perse, à la cour d'Artaxercès Longue-Main (467),

Ce prince chargea Thémistocle, alors gouverneur de Magnésie, du commandement général de ses armées. Cet Athénien ne voulut pas porter les armes contre sa patrie; mais craignant de déplaire au roi, son bienfaiteur, il s*enipoisonna en 464. Il avait alors 65 ans. Les Perses le regrettèrent autant que les Athéniens.

JLectukb. — Biographie de Thémistocle.

Troisièhk guerre de Messénie. — Les Messén jens et les Spartiates reprirent une troisième fois les armes. Abrès deux cents ans de paix , les Messéuiens se réunirent aux ilotes révoltés, et rassemblèrent leurs forces à Ithome. Les Spartiates furent vainqueurs, et forcèrent leurs ennemis à s'exiler de leur patrie; un grand nombre d'entre eux quitta la Grèce ; les uns passèrent en Libye , les autres en Sicile , où ils s'établirent dans la ville de Zancle, qu'ils appelèrent depuis Messine. Ceux qui restèrent devinrent esclaves et furent confondus avec les ilotes.

Lectdre. -■' Jnacharsi$,cUanls éLégiaques d'un jeune Hessénien.

CiHON, fils de Miltiade, s'était distingué dans la dernière guerre (480). Il conduisit les Athéniens contre les Perses , et leur fil remporter de grands avantages. Il fut exilé injustemeni , et rappelé au bout de cinq ans par ses concitoyens qui avaient besoin de ses talents. Une sanglante bataille venait de se livrer près de Tanagre (455) , entre les Athéniens et les Thébains , soutenus par les Spartiates. Les Athéniens vaincus rappelèrent alors l'exilé, qui ménagea la paix entre Sparte et Athènes, alla ensuite avec trois cents vaisseaux attaquer les Perses ; il les défit près du fleuve Eurymédon et dans l'île de Chypre , et les réduisit à demander la paix : elle fut conclue à condition que les villes grecques de l'Asie Mineure resteraient libres, que les vaisseaux perses n'entreraient point dans la mer Egée , et n'approcheraient de la mer qu'à une lieue de cheval : ce traité fut imposé aux Perses 51 ans après que Darius eut envoyé ses hé-

raut9 demander à la Grèce la terre et Teau. Cîmon ne recueillit pas les fruits des services qu'il avait rendus : il mourut en 449 cPu ne blessure qu'il avait reçue au siège de Clitiutn (Cliypre). On a dit de Cimon qu*on retrouvait en lui le courage de Mil-^ tiadé , la prudence de Thémistocle et la jusiice A* Aristide,

La Grèce civilisée est dès lors appréciée par les Romains qui envoient recueillir les lois de Selon et d'autres célèbres législateurs; ce voyage des ambassadeurs de Rome donna lieu à l'établissement des décemvirs.

Gouvernement de Périclès, — Après la mort de Cimon , les Athéniens enivrés de leurs victoires , de leur domination , et fiers de tous leurs succès , accablaient les alliés de leur insolente tyrannie; ce n'étaient plus les vainqueurs de Marathon aux mœurs si simples , c'étaient des maîtres absolus qui se vantaient d*avoir V empire de la mer : ils portèrent au pouvoir PéricUe^ fils de Xantippcy dont l'esprit adulateur convenait parfaitement à leur caractère léger. Périclès, politique adroit « grand capi« taine, plus grand orateur, sut mettre à profit l'ascendant que lui donnait son éloquence pour s'élever au-dessus de la magis-* tralure et irriter la multitude contre ses rivaux. Les divertissements, les fêtes, les spectacles qu*il prodigua aux Athéniens, les monuments admirables dont il embellit Athènes, la protection qu'il accorda aux arts et aux sciences, des éloges fuhèbres qu'il consacra aux soldats morts au champ d'honneur, achevèrent de le rendre l'idole du peuple. Périclès fut vraiment roi pendant trente ans; mais son règne fut une des plus brillantes époques de l'histoire d'Athènes. Les arts , les sciences , le commerce firent des progrès rapides. Les écoles des sophistes et des rhé* teiirs se formèrent. On apprit à penser et à s'exprimer avec élégance et facilité. D'un autre côté , la poésie avait devancé l'éloquence, et Homère était toujours le poète par excellence et le fondement de toute culture de l'esprit. C'est au glorieux patronage de Périclès qu'Athènes dut la gloire d'être la patrie des arts , des sciences et des lettres , et le siècle de ce grand homme résume toute la gloire littéraire. Sparte offrait un tout autre spectacle ; la rudesse des mœurs et la sévérité dçs lois empêchaient tout développement moral. — A Sparte , a-t-on dit , on apprenait ieulement d mourir pour la patrie; à Athènes, d vivre pour elle. Tout diflërait dans la constitution de ces deux

républiquei^ et à quelques lieues de distance on est étonné de rencontrer une si complète opposition de caractère let d^idées.

Sparte veut la liberté pour elle, liberté jalouse et exclusive; elle n'est pas conquérante , et cependant elle s'attire la haine de tout le monde grec.

Aihênei est ambitieuse , elle s'indigne des usurpations; on craint son despotisme capricieux et mobile, mais on laime. A Sparte, la loi est toute-puissante et le citoyen asservi.

A Athènes^ c'est la loi qui plie, et le citoyen est libre jusqil^à la licence.

A Sparte, VÊtat est tout, Vhomme rien.

A Athènes, la constitution ne vaut rien , mais les hommes y valent d'autant plus que les lois valent moins ; curieux contraste qui réunit dans ce coin étroit de terre que l'on appelle la Grèce, l'expression la plus complète et la plus tranchée de ces deux formes de gouvernement , Variètocratie à Sparte, la démocratie à Athènes, et enfin , aux portes du monde grec , comme pour compléter cette grande trilogie historique, la monarchie pure et absolue; la monarchie du grand roi qui venait d'apprendre à ses dépens ce qu'est le pouvoir sans l'intelligence et la force sans la liberté. Une guerre était devenue inévitable entre les deux républiques rivales.

L£CTtjnx. — Périclès, dans Anacharsis.

Guerre du Péloponèse. — Causes. La guerre du Péloponèse dura vingt-sept ans ; elle eut lieu entre Athènes et Sparte. Des secours donnés par Athènes aux Gorcyriens en furent le prétexte ; mais la tyrannie qu'Athènes exerçait envers ses alliés et la jalousie qu'inspirait sa puissance en furent les véritables motifs. Périclès lui-même l'avait excitée pour la faire servir à ses intérêts particuliers. Athènes et Sparte eurent tour à tour l'avantage : la première , maîtresse de la mer, était soutenue par des alliés tributaires que la crainte lui attachait ; la seconde , puissanté sur terre , et secondée par une grande partie de la Grèce , semblait représenter la cause de la liberté. Ainsi la Grèce se divisait en deux parties :

HMtt L«S ATBimiSK S , POUm VBÊ LACÉDÉHOimif S ,

Les babilaos de :

Mégare*

Leucade.

Ambracie.

Anactorium.

La Béotie, excepté les habitants dé

Platée.

Les Locrides.

Les Etotiens et les Phocidiens.

Le Péloponèse , à Texception des

Arglens et des Acliéens.

PMée.

Letbos.

Zacynlhe.

Chios.

Corcyie.

Masène.

U Carie.

U Doride.

U Thrace.

UCéphaléfiie.

Us îles Cyclades, à Texceplion

d^Eubée, de Samos, de Mélos et

deTbéra, et de quelques princes

de la Tfaessalie.

Les grands ëvénements de cette guerre mémorable sont : l'Àttique ravagée. — Vexf édition désastreuse en Sicile. — Le combat naval d'jEgos-Potamos» — Le siège et la prise iAthineê.

tKB FE&aORHAOES RSBKARQirABLBS BOUT :

f DBCÔté des Athéniens, J ^^^^^ ^^^^^^

Page 1